Catharsis

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Nom du groupe Machine Head (USA)
Nom de l'album Catharsis
Type Album
Date de parution 26 Janvier 2018
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Sharkbite Studios
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album76

Tracklist

1.
 Volatile
 
2.
 Catharsis
 
3.
 Beyond the Pale
 
4.
 California Bleeding
 
5.
 Triple Beam
 
6.
 Kaleidoscope
 
7.
 Bastards
 
8.
 Hope Begets Hope
 
9.
 Screaming at the Sun
 
10.
 Behind a Mask
 
11.
 Heavy Lies the Crown
 
12.
 Psychotic
 
13.
 Grind You Down
 
14.
 Razorblade Smile
 
15.
 Eulogy
 


DVD - Recorded live at the Regency Ballroom, San Francisco, USA, 21/02/2015.
1.
 Imperium
 
2.
 Beautiful Mourning
 
3.
 Now We Die
 
4.
 Bite the Bullet
 
5.
 Locust
 
6.
 From This Day
 
7.
 Ten Ton Hammer
 
8.
 This Is the End
 
9.
 Beneath the Silt
 
10.
 The Blood, the Sweat, the Tears
 
11.
 Darkness Within
 
12.
 Bulldozer
 
13.
 Killers & Kings
 
14.
 Davidian
 
15.
 Descend the Shades of Night
 
16.
 Now I Lay Thee Down
 
17.
 Take My Scars
 
18.
 Aesthetics of Hate
 
19.
 Game Over
 
20.
 Old
 
21.
 Halo
 

Durée totale : 00:00

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Machine Head (USA)


Chronique @ Eternalis

03 Fevrier 2018

Sans être un échec total, "Catharsis" est une réelle déception

« Il n’y a rien de métaphorique dans cet album. Le vocabulaire est vulgaire, c’est celui du hip-hop, de la façon dont les gens parlent dans la rue. Vous savez exactement de quoi je parle cette fois »
Rob Flynn, à propos de Catharsis

Le charismatique chanteur / guitariste, désormais seul rescapé du navire originel depuis l’éviction d’Adam Duce avant la sortie de "Bloodstone & Diamonds", voulait changer la donne cette fois-ci. Pas forcément connu pour sa modestie mais plutôt pour sa franchise et une certaine arrogance, le ‘sieur semble plus fier que jamais du monstre qu’il a créé, de l’entité Machine Head, de ce qu’elle est devenu malgré tous les sacrifices qu’il a dû consentir pour en arriver là.
Sans refaire l’histoire des américains, et malgré les deux opus cultes que sont ses deux premières offrandes, c’est bien avec "The Blackening" que le monde s’est plié aux pieds du groupe. L’album s’est vendu plus que de raison, il a été réédité sous de multiples formats et le quatuor a tourné plusieurs fois autour du globe pour le promouvoir. "Unto the Locust" a conservé une dynamique similaire et "Bloodstone & Diamonds", malgré une réussite artistique plus discutable, n’a pas ralenti la machine de guerre formidable qu’est le groupe sur les routes.

Cependant, nous pouvions sentir sur ce dernier album que Machine Head avait composé avec un certain confort, signant chez Nuclear Blast et perdant peut-être une certaine rage par la même occasion. Qu'en sera-t-il de "Catharsis" ?
Annoncé comme un album très cinématographique, d’une longueur inédite de soixante-quinze minutes pour quinze titres (!) et comportant du « jamais vu » dixit Rob, le compositeur semble monstrueusement fier de son dernier bébé. Pourtant, les premiers extraits ont laissé sceptiques plusieurs observateurs (évitons le terme de fans avec internet …), qui plus est quand un tiers de l’album est dévoilé par Nuclear Blast avant la sortie (cinq titres). Est-ce que la bande n’aurait pas enclenché un pilotage automatique si confortable et tentant qu’il ne parvient pas à en sortir ? Rien n’est moins sûr …

Le premier constat, évident et sautant aux oreilles, écoutes après écoutes, est que l’album est beaucoup trop long. Que les quatre musiciens ne soient pas parvenu à faire un choix pour la tracklist est une chose mais peut-être quelqu’un aurait-il pu réagir sur le caractère bien trop superficiel d’une telle longueur. Si "The Blackening" et "Unto the Locust" gagnaient en longueur car les morceaux étaient longs, progressifs et très construits, le précédent avait déjà souffert d’un certain remplissage.
Malgré un accueil des plus vindicatifs avec un « Fuck the World » introducteur, "Volatile" ouvre le bal en soufflant le chaud et le froid. Certaines choses sont évidentes. Le son est gras, puissant et épais, rien à dire de ce côté-là. Le chant de Rob est fidèle à lui-même mais on distingue déjà, par petites touches, un retour à un phrasé plus rappé comme à l’époque de "The Burning Red". Côté guitares, rien n’a vraiment changé et les doubles leads mélodiques introduits depuis "The Blackening" sont encore de la partie tandis que les sonorités typiques du groupe reviennent sur le break. En résumé ? Un condensé de tout ce qu’est le groupe depuis plus de vingt ans…sympathique apéritif en attendant le plat de résistance non ?

Sauf que s’il est copieux et généreux sur la quantité, ce plat se fait cruellement creux sur le plan qualitatif. Il y a clairement à boire et à manger dans cet album, toutes les époques sont représentées et tous les fans pourront se retrouver dans une partie des morceaux mais la désagréable sensation de n’entendre qu’un panorama de toute la carrière du combo reste en travers de la gorge. "Catharsis" est un titre rappelant directement l’évolution récente du groupe. Beaucoup de chant clair, un riff incisif mais sonnant déjà entendu, une progression logique mais surtout un manque de hargne, de rage qui rend les cris vides d’émotion et de sens. Le break donne de l’épaisseur au titre, notamment par ce riff déstructuré et saturé qui sert de plateforme pour un solo offrant de l’énergie à l’ensemble. Un morceau très symptomatique d’un manque criant d’inspiration, malgré tout ce que veut bien dire Rob car à aucun moment nous n’avons l’impression que Machine Head se met en danger ou ne prend un quelconque risque.
Difficile de faire un papier exhaustif sur un disque aussi long mais certains titres méritent qu’on s’y attarde, que ce soit pour la bonne cause ou pas. Sans revenir sur le scandale (ou peut-être le buzz ?) autour du riff principal de "Beyond the Pale" qui ressemble comme deux gouttes au "Love ?" de Strapping Young Lad (même Devin Townsend a déclaré qu’il s’en foutait royalement), le titre navigue entre un refrain furieusement lourd ne sortant pas de la tête (les quelques coups de pédale de grosse caisse bien placés aident bien) et des couplets d’une platitude en chant clair à pleurer, Rob prenant désormais la fâcheuse habitude d’en coller partout là où ces parties étaient avant une respiration bienvenue. Quant à la partie solo, prenez simplement "Aesthetics of Hate" et on recommence. Pas très consistant tout ça.
Évoquons dans ce cas le hargneux et hip hop "Triple Beam" qui nous ramène dans le meilleur de "Through the Ashes of Empire" côté fusion. Les guitares distillent une ambiance malsaine et des riffs suffocants sur lesquels Rob hurle sa rage et sa haine. "California Bleeding" se penche peut-être plus du côté d’un "Burn my Eyes" pour son aspect syncopé, ses multiples changements de rythmes et son rendu très urbain. Là encore, le refrain rentre en tête et permet à Jared MacEachern de pousser la chansonnette pour un résultat assez punk / rock étrangement. Quand on dit qu’il y a à boire et à manger…

On mettra aussi en avant le très intéressant "Heavy Lies the Crown" (seul morceau « long » de l’album, avec quasiment neuf minutes au compteur) qui rappelle beaucoup, par ses qualités et ses défauts, "Sail into the Black". Une intro très (trop) longue, des paroles susurrées, quelques arrangements symphoniques donnant un côté cinématographique (c’est le seul moment où on le ressent, malgré les propos de Rob), une ambition progressive parfaitement maitrisée mais toujours cette sensation que le groupe prend son temps pour gonfler artificiellement la durée de ses compositions. Il y a aussi "Grind you Down" qui revient sur les terres de "Bite the Bullet" ou "Left Infinished" de TTAOE en y ajoutant certains vocaux quasiment death metal et d’autres parmi les plus mélodiques que Machine Head n’ait jamais eus, pour un résultat très percutant il faut bien l’avouer.
Mais à côté de ça, il faut aussi faire avec une quantité non négligeable d’erreurs de casting. La plus évidente est forcément "Bastards" qui n’écopera que du terme de ridicule pour ne pas en dire plus. Mais de sa mélodie initiale (comparée à la sonnerie d’un camion de crème glacée sur le net) à son chant narratif en passant par certains moments complètement ratés (la partie de batterie après la 3e minute et les « No no no » de Rob qui sont vraiment à côtés de la plaque), tout est à jeter dans ce titre, malheureusement en plein milieu de l’album et cassant complètement la dynamique. Le morceau n’est pas aidé par son prédécesseur, "Kaleidoscope" et son introduction vocale pas très inspirée. Là aussi, les vocaux se font plus urbains mais la colère et la violence n’y semblent pas empreints de sincérité et on peine à y croire. On pourrait aussi parler de "Screaming at the Sun" qui se veut bien trop générique pour figurer sur un opus aussi long.
Tous ces éléments confortent l’impression de remplissage et desservent finalement les bons titres, trop noyés dans la masse. On ressent un impressionnant « ventre mou » en plein milieu du disque, reprenant du poil de la bête sur son dernier tiers mais qui aura peut-être laissé l’auditeur abandonné depuis quelques temps. Rob critiquait les auditeurs qui n’écoutent plus les albums en entier mais "Catharsis" est le parfait contre-exemple de ce qu’il ne faut pas faire pour donner envie aux gens d’écouter des disques du début à la fin.

Sans être un échec total, "Catharsis" est une réelle déception d’un groupe qui semblait pourtant ne plus redescendre de son olympe musical. Il se fracasse cette fois douloureusement à la terre, empilant ses propres gimmicks ("Eulogy" terminant l’album sur une touche quasiment identique à celle de "The Burning Red"), renvoyant constamment à son passé mais ne se tournant jamais vers l’avenir.
Loin d’être une prise de risque (volontaire du moins), "Catharsis" sonne comme une compilation paresseuse qui risque de ne pas très bien vieillir avec les années. Il convient aussi d’évoquer la prestation de Dave McClain, clairement en manque de puissance et parfois dans le dur sur les passages les plus heavy. Évidemment, Machine Head reste l’auteur et certains instants sont d’une qualité et d’une puissance que bien des groupes idolâtraient d’avoir mais c’est justement ce statut qui nous rend si exigent. Et cette exigence est loin d’être comblée cette fois-ci.
Prenez garde Mr Flynn. A vouloir acquérir un statut à tout prix, le retour de bâton (comme à l’époque de "Supercharger") pourrait être plus violent que prévu. C’est une histoire que nous n’espérons pas mais qui pourrait être envisageable. Seul le public décidera. Lui et uniquement lui.

15 Commentaires

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kiss222 - 05 Fevrier 2018:

Fan de MH depuis le début mais là Quelle déception !!!  Aucun frisson rien allez 1 ou 2 titres sur 15 à retenir c'est peu !!!! Un manque d'inspiration totale , c'est  bien étonnant de la part d'un groupe qui a quand même sorti de très bons albums . J'ai beau l'écouter plusieurs fois et non aucune émotin !!! Reste plus qu'à attendre le 10 ème album en espérant que MH retrouve   la hargne de la magie  des vibrations   des riffs  dignes de ce nom !!!! Soyons optimiste  le prochain va tout déchirer  !!!! 

Arioch91 - 06 Fevrier 2018:

@ Goneo , ce que tu dis a beaucoup de sens.

Mais j'y réponds par ceci : on verra si MH a toujours des couilles avec leur prochain album si le groupe se vautre avec Catharsis en terme de chiffre d'affaires.

Goneo - 07 Fevrier 2018:

@Arioch97 : très bonne remarque c'est plus que probable. Après ce que je voulais exprimé, c'est surtout ce manque de "lachage de ballons" du monde du thrash metal en général, certain groupe comme MH n'ont plus grand chose a prouver, malgré tout il propose autre chose avec cette album (même si on reste dans du MH) et je salus l'effort.

Je voudrais bien voir ça chez d'autre groupe (jene parle pas de changement de style non plus) mais voilà, j'ai envi de dire "allez Osé les mecs!!"

vinyard - 07 Fevrier 2018:

Merci pour la chronique (toujours respect pour cet exercice difficile). Beaucoup de musiciens reveraient d une carrière musicale comme la leur. Si à ce jour, ils ont eu envie de se faire plaisir et de se mettre à l aise, meme comme cela, il est loin d etre mauvais, hé bien ils peuvent dire Fuck! et pour çà,respect.

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