The Shadowthrone

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Nom du groupe Satyricon
Nom de l'album The Shadowthrone
Type Album
Date de parution 12 Septembre 1994
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album397

Tracklist

1. Hvite Krists Død 08:27
2. In the Mist by the Hills 08:02
3. Woods to Eternity 06:13
4. Vikingland 05:15
5. Dominions of Satyricon 09:25
6. The King of the Shadowthrone 06:15
7. I en Svart Kiste 05:24
Total playing time 49:01

Chronique @ Fabien

12 Janvier 2012

Kampen mot Gud og hvitekrist er igang!

Bien que plusieurs groupes issus de pays foncièrement différents soient à l’origine du revival blackmetal que l'on peut situer à partir 1991 (citons cette année les LP de Samael, Rotting Christ, Master's Hammer, Goatlord ou Beherit, sans occulter quelques Root ou Blasphemy parus une année auparavant), il n’aura fallu à la Norvège qu'une poignée de groupes majeurs pour se hisser au premier plan de ce mouvement noir grandissant, devenu rapidement incontournable dans le paysage extrême des nineties. Entre 1991 et 94, c’est ainsi l’arrivée ou la consécration de plusieurs formations déterminantes comme Arcturus, Darkthrone, Emperor, Enslaved, Immortal, Mayhem, Burzum ou Satyricon, autant d’entités gravitant autour de l’influent Oystein Aarseth, le défunt leader de Mayhem. Articulé autour du duo Satyr et Frost****, ayant bien connu ce cercle noir à partir du fameux magasin ‘Helvete’ à Oslo, Satyricon se taille une place de choix lors de la sortie du mémorable Dark Medieval Times en 1993/94, monument de froideur, de noirceur et de mélancolie unanimement salué par les blacksters de l’époque.

Principalement en cette seconde partie d’année 94, sans occulter l’arrivée du terrible album éponyme de Gorgoroth, principale sortie d’une seconde vague où l’on retrouve Ancient, Hades, Gehenna, Dimmu Borgir ou Forgotten Woods, c’est ainsi la confirmation très attendue de tous ces premiers groupes majeurs, sans Mayhem dont la carrière est brutalement stoppée à la mort tragique de son leader. Satyricon propose ainsi sur son propre label Moonfog son second album baptisé The Shadowthrone, paru dans les mêmes temps que l'invincible In The Nightside Eclipse d’Emperor ou l’estimable Frost**** des guerriers nordiques d’Enslaved.

Impossible d’évoquer The Shadowthrone sans immédiatement penser à son titre d’ouverture, le somptueux Hvite Krists Død, où se superposent ou se succèdent des guitares aux mélodies entêtantes, des nappes de clavier tout aussi feutrées, un piano tout aussi envoutant, et le chant à la fois sobre et arraché de Satyr, qui s’exprime sur ce premier morceau en langue natale. Les montées en intensité, la lecture simple en apparence et pourtant sujette à de multiples rebondissements, alliées à la noirceur & la majesté qui s’en dégage, sont tous ces éléments hissant le titre parmi les standards du style.

Au fil de son avancée, l’album conserve cette atmosphère à la fois sombre et mélancolique qui lui donne tant de force et de majesté, lâchant des In the Mist by the Hills et Dominions of Satyricon tout aussi essentiels, sans oublier Woods to Eternity et la somptueuse partie acoustique sur sa partie centrale. The Shadowthrone, c’est aussi les parties de batterie désarmantes de Frost****, capable d’accélérer aux endroits clés par quelques blast-beats foudroyants, ou encore d’enrichir considérablement l’ossature des morceaux par son jeu d’une richesse sans limite, pour citer ses multiples variations peu après la guitare classique de Woods to Eternity.

Vikingland et ses nombreux chœurs annonce quant à lui un retour à un chant en norvégien et une plongée plus précise au cœur de la mythologie et des racines nordiques, malgré quelques accélérations sans pitié de Frost**** nous rappelant toute la hargne du morceau, tandis que la pièce finale I En Svart Kiste, plage instrumentale à la teinte médievale entièrement jouée au clavier, nous montre la facette la plus paisible de Satyricon et annonce déjà l’album Fjelltronen de Wongraven, le projet folk/ambient éphémère de Satyr.

Immédiatement identifiable par le jeu de Satyr et le son unique de sa guitare, en osmose avec son inséparable batteur Frost****, sans occulter la présence impériale et respective de Samoth (Emperor) & Steinard (Arcturus) à la basse & aux claviers, The Shadowthrone confirme toute la force d’écriture et d’interprétation du binôme, parvenant à se dépasser après un Dark Medieval Times, qui pourtant avait tant marqué les esprits. Moins noir que son prédécesseur, à l’ambiance plus feutrée et au caractère entier, ce second album de Satyricon alterne passages colériques, instants sombres ou triomphants et moments de plénitude avec un talent exceptionnel, se hissant parmi les œuvres les plus majestueuses du blackmetal norvégien. Incontournable, indétrônable, atemporel.

Fabien.

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opeth59 - 13 Janvier 2012: Je suis d'accord avec Mr Propre. Cet album est l'une des pièces maitresses du Blackmetal, bien plus abouti que Dark Medieval Times.
Un de mes albums favoris tous styles de metal confondus (voir ma signature).
NICOS - 13 Janvier 2012: à Mr Propre: 1/D'accord pour dire qu'il est bien meilleur que le premier album
2/ " le moyen nemesis divina": Je viens de faire un bon jusqu'au plafond. Je sais que les gouts et les couleurs, ce ne se discute pas....mais Nemesis Divina qui est mon préféré de Satyricon et de loin est une perle de Black metal, et est reconnu pour etre le must du groupe. Les principaux morceaux cultes sont dans cette galette. Peut etre devrait tu le redécouvrir.
sargeist - 05 Fevrier 2012: Ah, "Vikingland", hymne de mes premières années Black Metal. Tout l'album est excellent, sûrement le meilleur. Cette belle chronique m'a donnée envie de me le repasser.
Ghul - 28 Août 2015: Un de mes albums préférés de Black Metal dans la mouvance atmosphérique, et ce n'est pas rien. Il suffit de l'écouter en se promenant dans les bois, par exemple, pour s'en rendre compte. Les claviers de Steinard, d'Arcturus, doivent y être également pour quelque chose (J'aime également beaucoup Arcturus). Encore une fois, Fabien, ta chronique apporte un travail documenté bien fournie. On sent que t'as vécu l'époque de la sortie de tous ces grands albums de la Seconde Vague. Merci encore à toi.
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Commentaire @ Paganwinter

10 Août 2007
Voici donc le deuxième méfait de Satyricon, et pas des moindres. Presque tout nous rappelle le mythique "Dark Medieval Times". L'ambiance archi médiévale est toujours bien présente, majestueuse. Le rythme est à peu près identique, bien que quand même plus rapide sur certains passages. Le son s'améliore, plus propre, ce qui ne veut pas dire que c'est mieux. En bref, "The Shadowthrone" reprend la recette de son cultissime grand frère, rajoute quelques ingrédients et voilà, Satyricon nous offre sa nouvelle œuvre en l'année 1994.

A la différence du premier opus, le groupe se compose toujours de Satyr et Frost****, mais on retrouve à la basse le très célèbre Samoth (Emperor). Le bonhomme étant bien sûr célèbre pour son immense talent musical, mais également pour ses activités au sein de l'Inner Circle. Et oui, la réputation nous précède. La basse de Samoth donne bien entendu à l'album un son plus pro, plus posé. Satyr, cette fois-ci, va plus pousser la chansonnette que sur l'album précédent : plus présent, toujours la même voix fantastique, quoiqu'un peu plus rauque. Frost****, quant à lui, est bel et bien présent derrière sa batterie, sublime.

Les 7 morceaux s'enchaînent facilement : fantastique "Hvite Krists Dod", mythique "In The Mist By The Hills", et ainsi de suite. Arrivant au morceau n°7, on se retrouve en pleine compo symphonique archi médiévale, sans gratte ni vocifération. Parfait pour clore l'album. Celui-ci dure environ 50 minutes ; aucune chanson n'est de trop, enfin peut-être que pour les non-adeptes ce serait peut-être un peu répétitif. A noter que certains morceaux sont en anglais et d'autres en norvégien, langue natale des membres du groupe. Ceci était déjà le cas sur "Dark Medieval Times".

L'album est produit sur le label de Satyr (Sigurd Wongraven) Moonfog Productions. Pour la petite histoire, ce label produira Darkthrone à la suite de la séparation entre ces derniers et le label anglais Peaceville.

Donc, à posséder absolument, monument dans une discographie de Blackeux.

Note : 18/20

4 Commentaires

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Paganwinter - 01 Décembre 2008: Exact, bon album, et comme tu dis, seul le black metal me procure des émotions fortes
vince666 - 08 Janvier 2010: Niveaux du son il est comment? plutot crade? ou plutot bon ?
Skyggeheim - 13 Septembre 2011: Le son est plutôt bon, d'ailleurs, je trouve que Satyricon a toujours été assez propre au niveau de la production comparé à d'autres groupes de la même époque.
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Commentaire @ Svartevolf

02 Avril 2007
The Shadowthrone, rien que le titre met dans l'ambiance, second album de Satyricon "The Shadowthrone" est dans la lignée du précédent ("Dark Medieval Times") donc toujours cette ambiance de magie noire et d'obscurs rites médiévaux mais en un peu moins ambiant néanmoins. En effet l'album est tout de même plus agressif et se rapproche plus d'un "Under a Funeral Moon" avec clavier que le premier album.
Les guitares grésillent juste comme il faut pour nimber la musique d'une aura malsaine et obscure et les passages de claviers sont tout simplement une ode à la nuit et aux ténèbres. Tout ici nous ramènes dans des anciens âges où le paganisme et le christianisme se côtoyaient encore et où le mélange des deux religions donnaient chaque jour naissance à des superstitions et à des rites mêlant satanisme, paganisme et christianisme, bref une ambiance médiévale impie.
Les riffs sont froids, agressifs et païens tout en laissant filtrer un zeste de mélancolie. La voix misanthropique à souhait nous emplie de visions païennes quand elle passe au chant clair et profond de Satyr.
Frost**** est comme il fallait s'y attendre très bon derrière sa batterie et martèle jusqu'à plus soif tel un démon au fond de sa forge maudite.
Le tout donne donc un album de True Black Païen totalement incontournable et il est pour moi le meilleur album de la discographie de Satyricon.

Svartevolf.

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sargeist - 02 Avril 2007: Pas 20/20 à "The Shadowthrone"? Voyons Svartevolf lol
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