Deep Calleth Upon Deep

Liste des groupes Black Metal Satyricon Deep Calleth Upon Deep
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Nom du groupe Satyricon
Nom de l'album Deep Calleth Upon Deep
Type Album
Date de parution 22 Septembre 2017
Style MusicalBlack Metal
Membres possèdant cet album66

Tracklist

1.
 Midnight Serpent
 06:21
2.
 Blood Cracks Open the Ground
 04:53
3.
 To Your Brethren in the Dark
 06:08
4.
 Deep Calleth upon Deep
 04:37
5.
 The Ghost of Rome
 04:27
6.
 Dissonant
 04:14
7.
 Black Wings and Withering Gloom
 07:12
8.
 Burial Rite
 05:43

Durée totale : 43:35


Chronique @ Icare

08 Octobre 2017

Deep calleth upon Deep est un bon album, lourd, noir, entraînant, mécanique et froid comme seul Satyricon sait les faire

Avec ses plus de vingt-cinq ans de carrière et une trilogie intouchable dans le petit monde du black metal norvégien, Satyricon est ce que l’on peut justement appeler un groupe culte. Ceci dit, contre toutes attentes, après la sortie de l’invincible Nemesis Divina qui consacra Satyricon comme l’un des meilleurs groupes de la scène, le duo prit un virage à 180 degrés et accoucha à la surprise générale d’un Rebel Extravaganza extrêmement moderne et froid aux relents indus. Depuis, Satyr s’est toujours complu à suivre la ligne artistique mouvante et chaotique de son inspiration, laissant une grande partie de ses fans de la première heure sur la touche. Deep calleth upon Deep est désormais le neuvième album des Norvégiens, et comme chaque sortie du groupe, nul doute qu’il fera parler de lui et qu’il divisera, en faisant probablement autant de fans que de détracteurs.

On reconnaît d’emblée le style si particulier du duo sur Midnight Serpent, avec ce grain de guitare unique, les vocaux si identifiables de Satyr, cette lourdeur imposante martelée par un Frost***** au jeu toujours aussi mécanique, et ce côté à la fois froid et groovy. Les riffs, à la fois tordus et distordus, tantôt simples et puissants, tantôt plus lancinants, rappelant de loin le black originel d’antan, nous enveloppent dans une sensation de malaise tenace, appuyée par la double pédale infatigable et quelques accélérations bien senties. Ce premier titre de 6,20 minutes est extrêmement varié et nous montre le meilleur du Satyricon moderne, aussi à l’aise dans le martelage rythmique que dans les mid tempi plus rampants et vénéneux. On repère d’emblée le subtil travail d’orchestration en arrière-plan, avec le jeu de cordes feutré qui ajoute encore un peu de tension dramatique à la musique de Satyricon. Blood Cracks open the Ground et plus progressif et allumé, me rappelant presque un Mastodon black sous substances par moments, avec ces parties de guitare en roue libre qui dansent insolemment sur ces cassures rythmiques abruptes et ces dissonances sifflantes à vous donner le tournis. D’une manière générale, même si ce nouvel effort est assez diversifié dans ses influences, on retrouve dans chacun de ces huit morceaux la pâte qui fait de Satyricon un groupe unique, avec les vocaux sombres et articulés de Satyr, cette distorsion glaciale si propre au groupe, ainsi que cette noirceur insidieuse et rampante incarnée par des guitares bourdonnantes, menace omniprésente et latente insidieusement larvée, dont on ne sait jamais quand elle se décidera à attaquer.

Tandis que To your brethren in the Dark est un titre lent, désespéré et empreint d’une certaine majesté, le titre éponyme, au début étonnamment rock et groovy, se fait plus écrasant et impérial, avec cette double pédale dont l’écho se répercute sur ce mur roulant de guitare, toujours drapé dans cette aura de noirceur et de décadence. Sur ce morceau, les réminiscences du Live at The Opera sont bien présentes, avec quelques choeurs fantomatiques et des parties de violon exécutées par l’Orchestre Philarmonique d’Oslo. Ces arrangements, toujours discrets et en filigrane, donnent plus de profondeur et de relief à la musique de Satyricon que l’on pourrait penser monolithique et minimaliste au détour d’une écoute distraite. The Ghost of Rome rappelle les mélodies mélancoliques et entêtantes de l’album précédent et fait beaucoup penser à un titre comme Phoenix, notamment grâce au chant plaintif d’Akon Kornstad, alors que Black Wings est sans doute le titre le plus rapide de l’album, se fendant d’un riffing glacial et extrêmement dissonant nous ramenant quelques courts instants à la belle époque de Nemesis Divina.

Oui, après plusieurs écoutes attentives, Deep calleth upon Deep est définitivement un bon album, lourd, noir, entraînant, mécanique et froid comme seul Satyricon sait les faire, et empreint de la personnalité unique du groupe. Un peu trop peut-être, car il faut faire ce constat évident qui vient un peu ternir l’appréciation générale: malgré quelques titres ovnis qui feront office de timides innovations (Blood Cracks open the Ground avec ses cassures schizophrènes et son riffing imprévisible qui éclabousse dans tous les sens, Dissonant, qui se la joue à la Glorior Belli ancienne époque, mélangeant la lourdeur du stoner aux dissonances du black orthodoxe sur fond de saxophone psychédélique), ce neuvième opus sonne plus comme une compilation de ce que Satyricon fait depuis près de quinze ans, et les meilleurs moments de ces 43,35 minutes renvoient tous plus ou moins directement à des morceaux issus des opus précédents, The Age of Nero et Satyricon en tête. En effet, malgré un travail de composition fouillé et une grande richesse dans les arrangements que l’on captera en tendant l’oreille, Satyricon ne se renouvèle pas beaucoup, jouant sans prendre beaucoup de risques sur toutes les variations d’un style qui a déjà montré son excellence mais qui risque de finir par s’essouffler. Certains avanceront sans doute que le duo d’Oslo est en train de finir sa mutation avec ce nouvel album, mais d’autres, déjà impatients, reprocheront probablement au groupe de se reposer sur ses lauriers et de tourner un peu en rond.
En tout état de cause, voilà un album qui ne laissera pas indifférent, et finalement, c’est peut-être là l’apanage d’un grand groupe, qui, plus de vingt-cinq ans après sa formation, prouve avec brio qu'il compte encore dans le paysage black metal international...

6 Commentaires

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kiol - 09 Octobre 2017:

Je suis un fan inconditionnel de Satyricon, mais cet album là a du mal à passer. Je les ai vu 3 fois sur la tournée 2017 et les nouveaux titres peinent à se transcender. Je n'aime pas vraiment la production de leurs albums en général qui ne reflètent en rien leur puissance quand ils sont joués live (je les ai vu 17 fois déjà). Le nouveau style que Satyr veux donner à sa musique me fait plus penser à du dark ambient ou atmosphérique qu'à du black metal. Frost n'envoie pas toute la sauce qu'il est capable de lancer sur les albums de 1349 par exemple. Les titres ronronnent mais m'enflamment pas. Seul le titre éponyme me fait vibrer pour le moment. L'album précédent bien que déjà moins black metal que ses prédécesseurs m'avait beaucoup plu. à voir sur la distance si d'autres titres arrivent à remonter ce nouvel album dans mon estime, mais pour le moment c'est assez mal engagé. un 12 sur 20 pour l'instant.

 
David_Bordg - 09 Octobre 2017:

je pense tous le contraire, il est excellent cet opus et justement FROST est bien plus technique et varié dans son jeu qu'auparavant montrant qu'il peut jouer différemment.

svad - 10 Octobre 2017:

Je lui trouve un côté presque doom, à cet album. Parfois quelques côtés prog'...  De fait, il n'est pas facile d'accès, moins que les précédents en tout cas. On reconnait immédiatement le style Satyricon par contre. Une note ? Difficile.... Personnellement je l'aime bien, et de plus en plus au fur et à mesure que je l'écoute.

blasphemeur - 19 Octobre 2017:

On se fait chier dans cet album frownet qu'elle pochette banale angry

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