Show No Mercy

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18/20
Nom du groupe Slayer (USA)
Nom de l'album Show No Mercy
Type Album
Date de parution 03 Décembre 1983
Enregistré à Track Record Studios
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album1056

Tracklist

1.
 Evil Has No Boundaries
Ecouter03:12
2.
 The Antichrist
Ecouter02:50
3.
 Die by the Sword
Ecouter03:37
4.
 Fight Till Death
Ecouter03:40
5.
 Metal Storm / Face the Slayer
Ecouter04:55
6.
 Black Magic
Ecouter04:07
7.
 Tormentor
Ecouter03:46
8.
 Final Command
Ecouter02:33
9.
 Crionics
Ecouter03:30
10.
 Show No Mercy
Ecouter03:08

Durée totale : 35:18

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Slayer (USA)



Chronique @ Fabien

25 Juin 2007
Slayer se forme en 1981 à Los Angeles, autour de Jeff Hanneman & Kerry King, qui complètent rapidement le line up avec l’arrivée de Tom Araya puis de Dave Lombardo, jouant une musique résolument lourde & sombre, à l’image de Black Magic, premier témoin d’une évolution vers des contrées encore inédites. En parallèle d'une apparition sur la compilation Metal Massacre III, le groupe décroche un deal avec Brian Slagel, boss du très jeune label Metal Blade Records, débouchant sur les sessions de son premier album en novembre 1983. A sa sortie tout début 1984, Show No Mercy révolutionne alors le monde du metal, présenté par son label comme l'album le plus rapide et le plus heavy de tous les temps.

S’inspirant du heavymetal hybride de Venom, Slayer déboule en effet avec des titres accélérés et un son incroyablement massif. De plus, les compositions articulées autour de riffs de guitares en accords mineurs, sur lesquels le chant vient ensuite se greffer, rompent avec les structures traditionnelles du metal où les instruments accompagnaient la voix avant tout. Ainsi, l’essence même du speed/thrash metal est née, Show No Mercy étant considéré comme son véritable géniteur, aux côtés de Kill Em All sorti cette même année.

A l’image des britanniques de Venom, Slayer joue sur un concept et des textes sataniques. La formation s’affiche d’ailleurs avec un maquillage noir autour des yeux, l’abandonnant toutefois quinze jours après la parution de l’album, mais gardant toujours un lien étroit avec Satan, plus par imagerie que par réelle conviction.

Dès l’écoute du premier titre Evil Has No Boundaries, l’auditeur est soufflé à l’époque par une telle vitesse d’exécution et un son si heavy. Le jeu du jeune Dave Lombardo est lourd et complexe mais aussi terriblement précis, apportant une puissance rythmique notoire aux guitares d’Hanneman et King, aux riffs tranchants & agressifs et aux soli rapides & endiablés. Enfin, en ajoutant les cris de Tom Araya, Show No Mercy restitue au final une violence encore jamais atteinte, faisant fuir à l’époque nombre de metalheads, comparant sa musique à un mur du son impénétrable.

Brutalité et vitesse sont certes bien présentes, mais chaque titre est pourtant parfaitement contrôlé, renfermant nombre de riffs, de breaks, d’accélérations, rendant le produit extrêmement intense et varié, à l’image des terribles The Antichrist et Black Magic devenus des classiques absolus, pour ne pas tous les citer.

Sans s’affranchir encore pleinement de ses racines heavy, Slayer initie non seulement toute la scène thrashmetal en cette fin d’année 1983, imposant une structure musicale et une violence encore inédites, mais aussi la scène black par son image ouvertement satanique. Show No Mercy se pose carrément en album clé des débuts de la scène extrême aux côtés du Kill Em All de son homonyne Metallica.

Fabien.

28 Commentaires

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mechant - 19 Août 2018:

cet album monopolisa mon walkman pendant des mois. face A cet album et face B le suivant. autant vous dire que j'aime tout particulièrement cet album. il y a 1 cote maiden tres agréable montrant 1 Slayer encore en devenir ...pour autant show no mercy est 1 sorte de "black metal" avant l'heure ...je  mesure apres 27 ans d'écoute  l'influence  qu'il  représente .

LeMoustre - 10 Mars 2019:

Que du tube, de l'hymne qui trouve sa place dans les différents lives futurs et où les accointances heavy sont encore présentes (Face the Slayer). Le point de départ de toute une scène et aucun titre faible dans cet album. L'assemblage proposé ici trouvera son apogée dans la décennie mais d'ores et déjà, les bases sont posées avec une alchimie palpable.

adrien86fr - 18 Mars 2021:

Bonjour Fabien, aurais tu une source concernant l'année de création 1982 du groupe, car de nombreuses informations indiquent une formation du groupe l'année précédente en 1981. D'avance merci pour ton retour sur ce point.

Fabien - 19 Mars 2021:

Houlà, tant de choses ont évolué sur internet entre 2007 et 2021. Il y a notamment bien plus d'informations disponibles aujourd'hui que lors de la publication de cette critique, où je faisais davantage appel à mes connaissances personnelles ! Donc allons-y pour 1981, puisque les principaux sites s'accordent sur cette date. ++ FABIEN

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Chronique @ TDH75

17 Mars 2021

Naissance d'un monstre

Slayer ou l’archétype même du groupe qu’on écoute à l’adolescence pour énerver ses parents ? Certes, avec les pionniers du thrash metal américain on a souvent affaire à du mauvais goût, du politiquement incorrect et à des volumes sonores largement trop répulsifs pour les fans d’artistes plus mainstream. Mais peu importe ce que pensent les « biens pensants », j’aime ce groupe depuis fort longtemps et c’est donc avec un grand plaisir que je m’en vais chroniquer leur premier album « Show No Mercy » sorti en l’an de grâce 1983.

Slayer s’inscrit dans cette vague de groupes comme Metallica, Megadeth, Exodus et Anthrax, qui, au début des années 80, donnèrent naissance à un nouveau courant musical dérivé du heavy metal : le thrash metal, plus rapide et violent que son prédécesseur. « Show No Mercy » possède donc toutes les caractéristiques de ce courant musical. Peu de moyens donc, un son vintage ultra roots, une pochette « sataniste » assez ridicule comme dessinée par un gamin de cinq ans, mais en contre partie toute l’énergie, toute la fougue et l’audace d’un jeune groupe de blancs-becs forcenés décidés à dévorer la terre entière.

Dès l’entame de ce disque, « Evil Has No Bondaries » assène les premières déflagrations. Le tempo frénétique, les riffs surpuissants, les solos supersoniques de la paire infernale Kerry King/Jeff Hanneman assaillent l’auditeur de toutes parts en vagues successives irrésistibles. La voix de Tom Araya, elle, est déjà si caractéristique, grondante, claquant comme un fouet, basculant même de manière aussi subite qu’exaltée dans les aigus sur des textes malsains parlant de violence, de meurtres et de satanisme.

Mais l’atout majeur de Slayer est sans nul doute son batteur Dave Lombardo, l’homme capable d’insuffler du punch et une certaine fluidité à une musique aussi violente. Les charges explosives se succèdent en une tornade sonore de puissance et de brutalité totalement maîtrisée et canalisée. Ainsi, le sulfureux « The Antichrist », le très cinglant « Die by the Sword » ou le sans concession « Fight Till Death » s’enchaînent dans un déferlement continu laissant l’auditeur sonné, malmené, emporté comme un fétu de paille par ce torrent de puissance sauvage.

L’enchaînement avec l’instrumental « Metal Storm » puis « Face the Slayer » vient apporter une courte accalmie à laquelle l’auditeur s’accroche tel un naufragé à un radeau de fortune, mais c’est pour mieux ensuite succomber à la tempête finale tant le pilonnage intensif des artilleurs de première classe reprend.

Altérée, enivrée, la raison renonce, laissant la place à l’instinct guidé par un plaisir intense et bestial. Ce faisant, le très obscur « Black Magic » l’irrésistible « Tormentor » avec ses vocaux déraillant dans les aigus, la pure leçon de thrash à 1000km/h « The Final Command », puis le légèrement plus calme « Crionics » et le final « Show No Mercy » viennent porter le coup de grâce à un auditeur agonisant.

En conclusion « Show No Mercy » n’est certainement pas l’album que vous utiliserez pour faire la cour à une femme ou pour jouer le jour de votre mariage, ou alors pour provoquer quelques crises cardiaques dans la famille des beaux-parents découvrant un peu tard que leur fille chérie épouse un sociopathe au lieu d’un gendre idéal.

Cet album paraîtra aux puristes sans doute également un peu linéaire mais il contient une telle spontanéité, une telle énergie, une telle fougue, qu’il paraît difficile de résister un tant soit peu à ses attraits si on apprécie la musique intense. Plus encore, le son « old school » excellent, les intro vicieuses, les riffs assassins, les solos subsoniques vrombissants et surtout ces tempi ultra rapides si caractéristiques font de « Show No Mercy » un monument du thrash metal et du hard rock tout court.

Aussi, avec cet album, les quatre mouflets de Huntington Park accouchent d’un Monstre, d’une Légende, et donnent le coup d’envoi à une carrière des plus mythiques. « Evil has no boundaries » dit l’album en introduction ? Cela tombe bien, Slayer non plus.

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opeth59 - 21 Mars 2021:

Bon, les gars, va fallor se calmer un peu...

 

 

judasblade - 22 Mars 2021:

Toute la difficulté de chroniquer des albums anciens réside dans la remise en perspective de l'époque à laquelle il est sorti.

Concernant la pochette , quant tu as 16 ans en 1984, elle te faisait pétocher...

Pour le contenu, évidemment nous parlons de pains dans la gue...

largod - 22 Mars 2021:

Monsieur l'écrivain, pour commencer tu evites de m'insulter ok ? Tes textes sont truffés d'erreurs donc sans intérêt, ça c'est une critique pas une insulte. Et deuxio, te demander de t'essayer au disco, ça c'est un conseil.

PhuckingPhiphi - 22 Mars 2021:

@JudasBlade : je me revois encore faire la queue aux caisses de la FNAC Montparnasse avec mon album de "Welcome to Hell" dans les mains quand j'étais ado, avec ce bouc qui me regardait d'un œil louche avec l'air de dire "Plus que trois mètres avant la caissière, il est encore temps de faire marche arrière, de reposer cet album et de sauver ton âme… Plus que deux mètres… Plus qu'un mètre… Bon ben voilà, tu viens de te damner pour l'éternité ! Autant aller l'écouter maintenant, t'as plus rien à perdre, niark niark !".

Ça me l'a refait avec "Reign in Blood", et puis comme les flammes de l'enfer n'avaient finalement pas l'air de s'intéresser plus que ça à ma chambre, hé bien je n'en ai plus rien eu à foutre pour les suivants… et une décennie plus tard, j'étais dans Mayhem et Darkthrone, haha !

Hé oui, un pauvre diablotin, bien innocent vu avec les yeux d'aujourd'hui, ça en faisait flipper des gamins, à l'époque. En achetant ça, on avait l'impression de faire quelque chose de mal ! \m/^_^\m/

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Commentaire @ NightViking

01 Septembre 2011

Album à l'aura particulière et d'une sincérité déconcertante qui inspire le respect...

Beaucoup adulent ce "Show No Mercy", premier album de ce monstre sacré du Thrash, alors que moi, je ne le trouve pas si exceptionnel que çà. Peut-être cela vient du fait que j'ai découvert Slayer avec le violent et rapide "Reign in Blood", album Culte du groupe. Ce "Show No Mercy" fait donc bien pâle figure avec ses influences "NWOBHM", bien digérées cela dit, et son chant clair pas toujours gratifiant. Pourtant, l'intensité de cet opus se ressent tout au long de l'album qui fut enregistré dans une urgence palpable, tel un loup prêt à bondir sur sa proie. La production, plutôt moyenne, n'arrange pas les choses et fait un peu défaut aux compositions. Après, c'est sûr, il faut se replacer dans le contexte des premiers balbutiements de la musique extrême avec à ses côtés le mythique "Kill'Em All" de Metallica. A cette époque, les productions n'étaient pas vraiment mises en valeur, faute de moyens, mais aussi par choix des groupes qui choisissaient de sonner de cette façon.

Les racines heavy/speed se ressentent par une vitesse d'exécution et des solos bien maitrisés par la paire de guitaristes, Hanneman et King, qui nous régalera les oreilles sur les albums suivants avec une dissonance peu commune, plutôt originale et tellement jouissive. Sur cet album, les solos envoient bien mais n'ont rien de transcendant pour autant. L'influence Thrash ne pointera le bout de son nez qu'à partir de "Hell Awaits"; par contre, l'essence satanique des morceaux, elle, est bien présente et deviendra la marque de fabrique des californiens. Le jeune Dave Lombardo, derrière les fûts, s'en sort plutôt bien, mais ne possède pas encore ce jeu précis et incroyable, si caractéristique qui lui vaudra sa célébrité. La puissance rythmique est plus à aller chercher du côté des riffs, comme sur le classique "Black Magic" ou sur l'excellent "The Antichrist". Album à l'aura particulière et d'une sincérité déconcertante qui inspire le respect, Slayer cherche son chemin dans les méandres de la musique extrême et satanique, qu'il trouvera sur les albums suivants car, nous le savons tous, le meilleur reste à venir...

15/20

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Lamikawet - 01 Septembre 2011: Je partage l'avis de Karnivor et Ephiros sur cet album.
Il a posé les bases du thrash au même titre que Kill 'em all ou Fistful of Metal.
C'est sûr qu'il parait assez abordable aujourd'hui mais comme le souligne Ephiros, il faut se remettre dans le contexte de l'époque.
En 83, Slayer ou Metallica passaient pour des foux furieux, il en était de même pour Motörhead ou Black Sabbath en leur temps.
BARONROUGE - 01 Septembre 2011: Redoutable cet album , et n'oublions pas que ce skeud et "Kill'Em'All" feront les bases du Thrash.
666Metalhead666 - 07 Avril 2012: T'a raison \m/
PhuckingPhiphi - 22 Mai 2015: Critique bien sévère pour l'un des albums les plus fondamentaux du genre, mais après tout, les goûts et les couleurs... Et puis je peux comprendre que, découvert après le définitif "Reign In Blood", "Show No Mercy" ait pu voir son effet édulcoré.

Par contre, là où je suis beaucoup plus circonspect, c'est quand tu affirmes que la production faiblarde des opus de cette époque était parfois "par choix des groupes qui choisissaient de sonner de cette façon". Si la volonté de sonner crade est bel et bien devenue l'un des poncifs du "true" Black Metal à partir des années 90, c'est justement pour retrouver l'essence des premières productions de Slayer, Sodom, Venom, Kreator, Hellhammer et autres pionniers du genre. Or, contrairement à leurs descendants, ces premiers groupes rêvaient tous d'avoir le "gros son" et la plupart, à leur grand dépit, devaient se contenter de productions rudimentaires, voire catastrophiques, faute de moyens. En d'autres termes, si le rendu pourrave de ces premiers disques est aujourd'hui devenu consubstantiel du style et que nombreuses sont les formations qui sonnent à présent volontairement comme ça, ce n'était au départ en rien une volonté réelle de leurs auteurs, mais bel et bien le résultat malheureux des limites techniques et budgétaires de l'époque.
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