Scorn Defeat

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Nom du groupe Sigh
Nom de l'album Scorn Defeat
Type Album
Date de parution 1993
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album59

Tracklist

Re-Issue in 2000 by Psychic Scream with a bonustrack and with a new artwork.
1. A Victory of Dakini
2. The Knell
3. At My Funeral
4. Gundali
5. Ready for the Final War
6. Weakness Within
7. Taste Defeat
Bonustrack (Re-Issue in 2000)
8. The Seven Gates of Hell (Venom Cover)

Chronique @ ArchEvil

27 Janvier 2009
La première vague du black metal se propagea au delà des frontières asiatiques et déjà lors de l'éclosion progressive de la seconde vague, le Japon intégrait certaines entités dont l'importance était vouée à se confirmer avec le temps. Parmi elles, il y eut Sabbat et Sigh, deux groupes fortement inspirés par le thrash proto-black de Venom. Le premier officiera toute sa carrière dans un cercle similaire, devenant pour beaucoup le groupe de thrash nippon de référence. Le cas du second se voudra bien plus atypique.
A ses débuts, Sigh était encore l'un de ces petits groupes sans histoires, rejeton de cette première vague déjà libérée de sa chrysalide. Créé en 1990, il signa chez Deathlike Silence Production ( label d'Euronymous ) son premier full-lenght en 1993, Scorn Defeat, résultat du travail effectué précédemment sur deux démos et un EP. Composé de trois membres, Mirai ( chant, basse et claviers ), de Shinichi ( guitare ) et de Satoshi ( batterie ), le groupe évoluait d'une manière très traditionnelle à cette époque.

Hormis ses premières influences telles Venom, Hellhammer ou Bathory, le black thrash de Scorn Defeat se rapproche fort de ce que Zemial, pionnier de la scène grecque, proposait déjà en 92 : Un metal posé, presque solennel, parsemé de claviers placés soit en fresques atmosphériques soit en mélopées aux consonances baroques. Nos japonais ont ici le mérite de transmettre un art sensiblement varié dans ses compositions ainsi qu'une aura franchement occulte, de par cette production sèche et peu puissante ainsi que par ce registre harmonique caverneux. Souvent, cela rend à merveille, à l'image de titres comme At My Funeral aux couplets structurés au moyen de quatre accords obscurs mis en relief par un clavier ombrageux. Chaque morceau possède aussi son empreinte, la progression bien que homogène est préservée d'une linéarité fatigante. Cela va des coups de synthés introductifs de The Knell dont on appréciera la sonorité de clavecin plutôt fraîche aux riff thrash agréablement mémorisables de Ready For The Final War. Ce dernier déploie une certaine énergie par l'arrivée de rythmiques plus pêchues, celles-ci sont plutôt les bienvenues au sein d 'un disque construit principalement sur ses mid tempos. Le chant reste lui aussi un point fort du disque, se présentant comme un phrasé lyrique aux touches cyniques des plus sympathiques. L'intérêt du disque repose aussi sur sa structure globale, ses titres étant ponctués par des passages entièrement exécutés au claviers à l'image de Gundali, cette marche funéraire est une bonne représentation de la qualité de composition du disque, sa conclusion au piano se veut apaisante et mélancolique, dessinant un tableau à tendance lovecraftienne.
Mais si l'idée reste intéressante, on aura aussi envie de tirer la grimace à l'écoute de cette organisation approximative. Car Scorn Defeat n'a pas été conçu de manière expérimentale, à l'instar de l'avenir glorieux du groupe.
Ainsi, à l'écoute de ce solo défaillant et ces riffs peu transcendants sur A Victory of Dakini, de ces passages aux chant clair clamés deux tons en dessous ou encore de cette fausse flûte ridicule sur Taste Defeat, la désagréable constatation d'un projet peu abouti atteint nos cellules grises. La reprise de The Seven Gates of Hell de Venom quant à elle se montre parfaitement inutile.

Scorn Defeat ne devrait en rien présager la suite de l'histoire, même la pincée de magie que le groupe y insuffle ne pourrait laisser deviner à l'auditeur que Sigh deviendrait un unique et gigantesque monument d'un metal expérimental aussi psychédélique que farfelu. Il faudra attendre 97 pour que le groupe libère de sa cage un monstre hallucinant du nom de Hail Horror Hail et passe définitivement la porte de la légende avec Scenario IV : Dread Dreams.
Scorn Defeat est un point de départ sympathique malgré son petit bagage d'imperfections. Et puisqu'il faut bien commencer quelque part, rendons à César ce qu'il lui appartient : Scorn Defeat mérite que l'on se penche dessus.

A suivre.

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fabkiss - 01 Fevrier 2009: les qualité et les défauts d'un 1er album
beaucoups de pretention et de retenue modeste
révélant un vrai talent d'improvisation
qui ne demande qu'a s'affirmer
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