Scenes from Hell

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17/20
Nom du groupe Sigh
Nom de l'album Scenes from Hell
Type Album
Date de parution 19 Janvier 2010
Style MusicalBlack Avantgardiste
Membres possèdant cet album44

Tracklist

Re-Issue in 2012 by Mort Productions with 4 bonustracks.
1. Prelude to the Oracle
2. L'Art de Mourir
3. The Soul Grave
4. The Red Funeral
5. The Summer Funeral
6. Musica in Tempora Belli
7. Vanitas
8. Scenes from Hell
Bonustracks (Re-Issue)
9. L'art de Mourir
10. The Soul Grave
11. The Red Funeral
12. The Summer Funeral

Chronique @ Matai

24 Fevrier 2010
Sigh nous revient cette année pour leurs vingt ans de carrière avec une idée en tête : nous pondre un album…barré.
Pionniers du black métal au Japon, les nippons décident cette fois-ci de frapper encore plus fort dans la composition de leur album. Et comment ? En mettant une fois de plus leur musique sans dessus dessous.

Le thème principal : l’Enfer, et tout ce qui y appartient - ténèbres…mort…folie destructrice… murmures…
Sigh tente de transformer sa musique en une sorte de théâtre de l’absurde, nous jouant des scènes de-ci de-là à travers un black métal plutôt progressif (les structures variant régulièrement même si les titres ne sont pas les plus longs du monde) mais surtout épique : orchestres, chœurs et j’en passe.

Alors tout ça peut paraître « bizarre » pour les non connaisseurs de Sigh mais ceci est bien leur marque de fabrique. Mélangez des cris black partant dans tous les sens, des guitares agressives et bien bourrines, une batterie bien frappée, des violons et trompettes aux accords extrêmement bizarres, un orgue aux sonorités monstrueuses et vous obtenez…une véritable cacophonie.

« Prelude to the Oracle » s’annonce comme une véritable descente aux enfers avec tous ces vocaux aigus et graves, comme deux voix se répondant mutuellement, ces instruments à vent complètement à côté de la plaque, ainsi que ces autres créateurs de bruit (on peut les appeler ainsi !) qu’on peine à percevoir mais qui donnent plus de profondeur et de noirceur à cette bizarrerie musicale. Les guitares, elles, semblent être les seules à rester le plus « normales » au cœur de cette aliénation, incisives à souhait et solos en prime.

Si « Musica In Tempora Belli », avec son intro digne d’une arrivée massive d’extra-terrestres, possède une musique loin de coller parfaitement avec le titre (« Belli » n’étant pas approprié tant les aigus, les bruits bizarres et les vocaux torturés sont mis en avant), « L’Art de Mourir » en revanche nous livre une leçon difficile à oublier : comment créer un chaos total avec une touche de mélodie. Le réel mélange de vocaux enragés avec une batterie furieuse, des guitares boostées à la poudre à canon et des instruments à vents jouant des airs de n’importe quoi, surtout pendant le refrain ! (amenant la mélodie). Ajoutez à ça un génial rire sadique à la première seconde…Mon titre favori.

Le plus étrange avec cet album, c’est qu’on a aucun mal à voir les scènes directement tirées de l’enfer tant la musique correspond bien à chaque titre, un vrai théâtre en direct.
Etonnant encore, on a réellement l’impression que ce ne sont pas les musiciens qui jouent de leurs instruments mais les instruments qui jouent tout seuls : une sorte d’improvisation et de notes sorties de n’importe où. Quand on n’a pas une sirène imité par un hautbois ou un écho à nous rendre fou, on a une orchestration digne d’une BO de film de John Williams ou limite une musique de fête foraine… Sur « The Summer Funeral », on aurait presque l’impression d’entendre du Edith Piaf remastérisé à la Sigh… (J’exagère…un tout petit peu…), ou d’assister à une manifestation, les parties guitares étant presque absorbées dans cette cohue et donc, presque oubliées (à chacun son interprétation des titres, tel est l’avantage…).

Finalement, retrouvons-nous vraiment quelque chose d’original ? Peut-être le vrai orchestre mais au bout du compte, ce huitième album, tout aussi barré que les autres, n’est sans doute pas le plus abouti ni le plus noir, « Scor Defeat » ou « Infidel Art », premier et deuxième albums du combo, répondant plus à cet adjectif.
« Scenes from Hell » c’est du Sigh, sans plus, c’est du grand n’importe quoi, c’est du black traditionnel avec de la symphonie…ok…le seul hic, c’est l’effacement des guitares à certains moments, l’accent étant mis sur la batterie et l’orchestration. Cependant, ça n’est tout de même pas un mauvais album, il faut voir les bons côtés des choses. Même si c’est parfois difficile à écouter, on peut s’éclater en écoutant certains titres comme je me suis éclatée avec « L’Art de Mourir ». Le déjanté a souvent du bon et nous fait sortir de nos petites habitudes…

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KingMetal - 26 Fevrier 2010: Whatever!!!
Deathpair - 01 Mars 2010: Pareil je le préfère au précédent. Et je pense pas que n'importe quoi est à prendre mal, les japonais sont réputés pour être extravagants, et cet opus ne fais pas exception à la règle, avec plein d'instruments, d'inspirations et d'orchestrations variées
Matai - 06 Mai 2010: Figure toi que je me suis renseignée avant de faire la chronique, et ils sont en fait réputés pour faire parti des pionniers du black metal au Japon (il y a peut-être Sabbat mais Sign en fait aussi parti)..

Renseigne toi d'abord avant de juger..
Keyzer - 26 Janvier 2015: L'art de faire du grand n'importe quoi, et de manière parfaitement grandiose !
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Chronique @ bojart

01 Décembre 2010
Certains groupes osent transcender les limites tyranniquement établies. Les diables suédois du Diablo Swing Orchestra marient jazz et métal, les amerloques barrés du Sleepytime Gorilla Museum proposent une musique haute perchée dans l’expérimentation sonore et puis il y a Sigh…le premier groupe de black métal à avoir osé expérimenté au pays du Soleil Levant. Sigh ou comment, albums après albums, métamorphoser le black de la première vague(ah!les années 80!) qui les nourris et les inspirent en opéra souvent proche d’une opérette BM loin d’être d’opérette ! (on prend quelques secondes avant de dénigrer ce mauvais jeu de mots !). Trois ans après le bordélique « Hangman’s Hymn », voilà « Scenes from Hell », huitième acte de la grande pièce de théâtre nippone de Mirai Kawashima ayant commencée par l’inoubliable « Scorn Defeat » de 1993.

Lights ! Cameras ! Action !

Comment ne pas d’abord parler de la magnifique cover ? Une plongée picturale saisissante dans l’Enfer selon Kawashima…le livret en papier glacé est agréable à feuilleter, je dois l’admettre !
Dans cet album, le Monde Souterrain est dépeint de façon spectaculaire voire grandiloquente, comme dans « Prelude To The Oracle » et ses trompettes chantantes sonnant de nulle part ; répliquant au saxophone ; du fond des Puits de Démocrite. Les guitares et la basse, comme souvent dans ce disque, s’effacent presque sauf lors du solo tout droit venu des années heavy speed versus thrash métal. Un solo qui semble vraiment sortir d’un passage spatio-temporel entre le 20éme et le 21éme siècles…surprenant ! Les vocaux de Miraï filent comme des flèches, donnant le sentiment d’une collision entre black métal et fanfare de Saint-Louis, Nouvelle-Orléans. Troublant bien qu’appréciable !!
Mais sachez que dans ces différentes scènes se déroulant à Hadès, le savoureux mélange entre compo dark métal, ambiance cabaret et samples horripilants de « The Soul Grave » peut côtoyer la Marche Funèbre façon Comedia Dell’ Arte d’un « The Summer Grave ». Un morceau drôlement épique et optiquement fantasque. Tout de go, sonnante et trébuchante, l’instru fait son bonhomme de chemin au travers de cette Géhenne japonaise, véloce et parfois brutale. Les différents instruments à cuivres répercute avec affront leurs sonorités tout contre les percussions, remplaçant allégrement la classique 6-cordes et sa copine la basse…un road-trip animé et gouteux, entre grotesque américain et symphonies synthétiques, poursuivi des soli de violons et violoncelles puis du retour d’outre-tombe de la guitare.

Des rires distordus déforment l’intro de « L’art de Mourir », un Hara-kiri qui débute par de malicieux riffs tordus comme d’innombrables sourires offerts à la Bête, fantasmée par les hommes, multitudes d’âmes scribouillardes qui enfanteront le fascisant 666. Les multiples cris des trois saxophones du Dr.Mikannibal et du violon de Rinzo proposent un interlude pas plus joyeux que comique mais presque moqueur. Cette composition foldingue fanfaronne d’elle-même, transformant son contenu en course-poursuite cartoonesque. Jolie réussite musicale !
« 12012 » est, lui, un des seuls morceaux BM à part entière, résonnant comme un vrai titre de black malgré les trompettes. L’orgue et le solo de gratte ne jurent pas tellement l’un après l’autre et la nouvelle intervention des cuivres clôture plutôt bien ce morceau noir mais symphonique.

Ce nouveau chapitre de la formation japonaise n’étonnera guère que les néophytes du genre tout en ravissant tout amateurs de métal dit expérimental. Sigh a bien sûr enregistré des albums bien plus novateur et marquant comme « Hail Horror Hail », « Scenario IV : Dread Dreams » ou même « Imaginary Sonicscape » mais ces scènes infernales sont subliment interprétées et en écoutant ce huitième épisode, j’arrive à m’imaginer le Diable/Antéchrist/Satan (garder les mentions inutiles) se dandiner sur ces tempos psychotiques. A découvrir !

Métalleux pour la vie/ Beumeux jusqu’à la mort.

Bj

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Vinterdrom - 02 Décembre 2010: Jolie description de l'album, et très personnelle. Enjouée autant que dynamique, ta chronique reflète bien l'esprit de "Scenes from Hell".
Cependant, il y a deux points historiques au niveau du paragraphe d'introduction avec lesquels je ne suis pas d'accord.

Tu dis texto que Sigh est "le premier groupe de black metal a avoir éclos au pays du Soleil Levant". C'est oublié qu'avant eux, il y avait déjà Sabbat qui donnait dans un "prototype" de black / thrash. Evidemment, Sigh a apporté ensuite toute sa personnalité et son excentricité. Donc Sigh : pionnier oui, premier non.

Tu écris aussi qu'ils s'inspirent et se nourrissent du BM scandinave. Je ne suis pas d'accord car quand on me dit "BM scandinave", je pense tout de suite seconde vague des 90' et black à tremolos. Hors, la base black metal de Sigh se rapproche davantage d'un heavy / thrash à la Venom / Hellhammer, donc plutôt inspirée de la première vague des 80'.

Pour revenir à "Scenes from Hell", Sigh poursuit l'orientation rapide et spectaculaire amorcée par "Hangman's Hymn" à grands coups de riffs tranchants, de rythmes speed et d'attaques orchestrales vivaces, plus ramassées et offensives que par le passé.
Je continue à préférer les œuvres précédentes, notamment "Scenario IV" et "Imaginary Sonicscape", leurs expérimentations jusqu'au-boutistes et leurs orchestrations magiques, tout en déliés envoûtants. Néanmoins, je reconnais le talent de la formation nipponne à parvenir à renouveler, rafraîchir son style tout en gardant sa personnalité aventureuse, barrée et son imagination qui est, semble-t-il, sans limite.

Petite curiosité pour finir : j'adore la façon dont le nom du groupe se fond dans la pochette. Il en fait vraiment partie intégrante, ça change des habituelles superpositions en copier / coller. Suffisamment rare pour être signalé en tous cas.
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