Providence

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Immolation
Nom de l'album Providence
Type EP
Date de parution 11 Octobre 2011
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album41

Tracklist

1. What They Bring 03:16
2. Illumination 03:34
3. Still Lost 03:14
4. Providence 04:12
5. Swallow the Fear 04:40
Total playing time 18:56

Acheter cet album

Immolation


Chronique @ Fabien

07 Novembre 2012

Quietam fortitudo.

Auteur d’un debut-album culte dès 1991 et s’étant illustré par la suite grâce à une suite d’une excellence qui ne peut être remise en cause, Immolation compte parmi le cercle très restreint des poids lourds du deathmetal, ces quelques formations brillantes et intègres, à l’instar de Cannibal Corpse, sans lesquelles la scène deathmetal se sentirait bien orpheline. Un an après le très bon Majesty and Decay paru chez Nuclearblast, le quatuor emmené par Vigna & Dolan organise contre toute attente la sortie d’un mini-album à l’automne 2011 avec Scion Audio Visual (tout comme Enslaved quelques mois auparavant), écurie bien en dehors du circuit metal que nous chérissons tous. Cette parution est d’autant plus surprenante que le mini-CD en pochette carton n’est officiellement distribué que durant la tournée nord-américaine du moment, ou bien mis à disposition en version digitale via un téléchargement légal sur le site du label. Autant dire que les spéculations sur la version manufacturée ont été immédiates sur un marché dicté par la loi de l'argent.

Enregistré en août 2011 aux Millbrook Sound Studios sous la houlette de Paul Orofino et mixé par Zack Ohren aux Castle Ultimate Studios, ce mini-album baptisé Providence et mis en image par P.Olofsson a été immortalisé dans des lieux et par des ingénieurs du son qu’Immolation connaît bien, d’où ce rapprochement assez évident avec les précédents efforts du géant new-yorkais, notamment Shadows in the Light et Majesty and Decay. On y retrouve ce groupe massif et impérial, instantanément reconnaissable par son mélange imparable entre noirceur et force tranquille, sans occulter le growl profond de Ross Dolan et le jeu si singulier de Bob Vigna, qui tronçonne littéralement avec sa guitare tant en concert qu’en salle d’enregistrement.

Premier titre dans la grande tradition d’Immolation, What they Bring est un morceau imposant, dominé par le jeu de batterie complexe de Steve Shalaty et les riffs de guitares lourds & croisés du duo Taylor / Vigna, tandis que l'on retrouve ce même pouvoir d’attraction sur l’excellent Still Lost où le groupe jongle habillement entre un middle tempo terrassant et des blast-beats tout aussi dévastateurs. Si l’on monte encore d’un cran en termes d’intensité sur l’imparable morceau éponyme, digne des meilleurs titres de l’invincible Failures for Gods, on s’agenouille une fois encore devant le talent du quatuor lors de l’immense final Swallow the Fear, Immolation ayant toujours jalousement conservé le secret d'une finition impeccable à chaque album. C’est alors Illumination choisi pour le clip qui sort plus particulièrement des sentiers battus, non loin de l’approche directe et des riffs plus atypiques de l’album Harnessing Ruin, un morceau en contraste idéal avec le côté massif des autres plages, sans représenter toutefois la facette du groupe que je préfère.

Si le prédécesseur Majesty and Decay reste un disque de très haute tenue, il se situe également parmi les œuvres les plus compactes dans la discographie d’Immolation, un monolithe de 45 minutes parfois difficile d’accès. A ce titre, ce mini-CD Providence lui emboitant le pas referme les mêmes qualités, tout en étant plus digeste grâce une durée de 19 minutes qui lui sied idéalement, mais aussi grâce à cinq titres inédits se détachant naturellement les uns des autres. On obtient au final une nouvelle pierre indispensable dans l’édifice d’Immolation, valant un investissement notoire ne serait-ce que pour l'illustre Still Lost ou le final Swallow the Fear tout aussi immersif, des trous noirs d'une densité et d'une force d'attraction sans équivalent.

Fabien.

4 Commentaires

16 J'aime

Partager
AmonAbbath - 07 Novembre 2012: Enfin une chronique de cet excellent EP, que je n'ai encore qu'en version digitale d'ailleurs... C'est amusant, moi c'est justement le morceau "Illumination" qui m'a marqué, je trouve qu'il sonne d'une façon vraiment imposante, un mélange de noirceur et de grandeur. L'ensemble est de toute façon excellent, un groupe vraiment terrible.
Merci ;)
Wyndorel - 20 Novembre 2012: Ce Providence retrouve à mon sens et pour mon plus grand bonheur la magie d'un Shadows In The Light et précédentes oeuvres, tout en restant une pièce unique à l'instar de chaque production du groupe, bien sûr. Disons que Majesty And Decay montrait à tous égards un Immolation certes puissant mais, précisément, peut-être trop distant de son empreinte sinistre à travers laquelle il développe selon moi sa plus pure et profonde essence. J'ai eu du mal à l'apprécier pleinement (en dehors de quelques gemmes intouchables), à vrai dire (d'autant plus que j'ai tiqué sur un détail de l'illustration, entretenant toujours chez moi une relation essentielle avec la musique...), et je suis heureux de voir un Immolation de si haut niveau sur cet admirable EP. Je ne trouve pas tellement Illumination en contraste avec le reste, si ce n'est qu'il possède quelques touches uniques, et se pose en hissant comme une cathédrale dont la majesté se confond avec l'apocalypse amenée par cette escadrille d'anges noirs dépeint encore une fois par Olofsson (étrange syntaxe pour le coup ^^). Still Lost et What They Bring sont de solides titres proposant néanmoins quelque chose de plus classique, malgré le terrible break de ce dernier me faisant inévitablement chavirer. Pour finir, les deux derniers titres se démarquent à leur tour, avec l'éponyme que je n'aurais pas instinctivement comparé à Failures, mais il est vrai qu'en faisant abstraction du style plus massif et de cette rythmique davantage assise aujourd'hui, on y retrouve un certain tempérament commun. Enfin, Swallow The Fear est une pièce maîtresse qui se passe de commentaires, mais dont il serait fâcheux d'ignorer les paroles cependant (et la réflexion en résultant)...


Quoi qu'il en soit, je déteste cette manie de sortir des éditions limitées rapidement introuvables si ce n'est à prix d'or...
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire