Presto

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Nom du groupe Rush
Nom de l'album Presto
Type Album
Date de parution Novembre 1989
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album98

Tracklist

1. Show Don't Tell 05:01
2. Chain Lightning 04:33
3. The Pass 04:51
4. War Paint 05:24
5. Scars 04:07
6. Presto 05:45
7. Superconductor 04:47
8. Anagram (for Mongo) 04:00
9. Red Tide 04:29
10. Hand Over Fist 04:11
11. Available Light 05:03
Total playing time 52:11

Chronique @ frozenheart

24 Juin 2017

Une fin de décennie au-delà de nos attentes...

En 1988 , Rush donne une tournée des plus mémorables qui donnera naissance à un troisième album live, A Show of Hands, en différents formats dont une vidéo regroupant les shows de Birmingham (Royaume-Uni), de la Nouvelle-Orleans, Phoenix et San Diego durant la tournée Hold Your Fire de 1988. Les titres "Mystic Rhythms" et "Witch Hunt" étant issus de la tournée Power Windows de 1986.

Le trio canadien nous revient en 1989, avec sous son chapeau non pas un lapin, mais une nouvelle production intitulée Presto.
Si l'album Hold Your Fire possédait encore beaucoup de sonorités électroniques, Presto, lui, annoncera un léger retour aux sources avec des morceaux qui laisseront plus de place aux guitares, les claviers n'étant relégués qu'à de simples outils additionnels. Par ailleurs, nos trois compères miseront sur des chansons moins longues, mais aussi sur des textes qui traiteront d'autres sujets que ceux de la science-fiction (le thème de prédilection du groupe). Des sujets de société aussi graves que le suicide des jeunes, avec "The Pass" et le réchauffement climatique sur "Scars" et "Red Tide" entre autres. Le tout sera bâti autour d'une instrumentation de haut niveau, pour un rendu global toujours aussi innovent et en avance sur son temps.

D'autres changements notoires s'opéreront au sein du groupe, à commencer par un nouveau contrat sur le label Atlantic (le groupe ne renouvelant pas celui avec Mercury), mais aussi par un changement de producteur. En effet, après avoir travaillé avec Terry Brown sur l'album Grace Under Pressure (1984), puis avec Peter Collins pour Power Windows (1985) et Hold Your Fire (1987), cette fois-ci le groupe portera son choix sur le musicien britannique Rupert Hine, plutôt connu dans le milieu de la New Wave et producteur de groupes Pop, Rock tels que : Tina Turner, Chris de Burgh, mais aussi et c'est le sujet qui nous intéresse des groupes issus du Rock Progressif comme par exemple Camel et Saga. Rupert Hine apportera à Presto un son plus Rock, raffiné et plus coloré que ses illustres prédécesseurs.

Presto débute prestement (désolé pour la métaphore, mais fallait que je la sorte), rentrant directement dans le vif du sujet avec la piste une "Show Don't Tell". Ce titre au refrain entraînant et à la technique incroyable, plutôt lent, annoncera la trame de l'album. En effet, celui-ci disposera d'un nombre important de tubes et morceaux très variés et percutants. À commencer par des mid-tempos dignes d'intérêt tels que le surprenant "Red Tide" et son chant dramatique, le remuant "Hand Over Fist" aux textes soignés et guitares flamboyantes (qui à l'origine devait être un instrumental).

D'autres morceaux se détacheront du lot, comme le déstructuré et très entraînant "Superconductor" qui, à l'époque, sera choisi comme premier single. Sans oublier, "Scars" doté d'une basse ronde obsédante et groovy de Geddy Lee, accompagné de belles percussions signées Neil Peart (les deux hommes s'en donnant à cœur joie sur ce magnifique titre), l'étrange "Anagram (for Mongo)" aux textes recherchés et sortant tout droit du cerveau fécond de Peart, qui à mon sens, signera l'une de ses meilleures et plus énigmatiques compositions. En effet, chaque ligne contenant un ou plusieurs mots, sera formée en utilisant des lettres venant dans un autre mot de cette même ligne dont certaines lignes contenant des anagrammes, comme par exemple "Miracles will have their claimers" (miracles aura ses réclamants).

Avant de terminer, je mentionnerais la très belle ballade "The Pass" au texte grave, traitant du suicide des jeunes. Sujet plutôt d'actualité à l'époque, les groupes Grunge émergents alors dénonçaient ainsi dans leurs textes le mal-être d'une génération pleine de doutes. L'album s'achève sur le très mélodieux "Available Light", qui dévoilera un chant plus dramatique qu'à l'accoutumée, mais aussi et surtout les guitares majestueuses, gorgées de feeling d'Alex Lifeson.

La pochette et l'artwork de l'opus, quant à eux, seront une nouvelle fois l'œuvre de Hugh Syme, le cover designer attitré du groupe connu aussi pour son travail auprès de groupes prestigieux tels que : Megadeth, Queensrÿche, Iron Maiden et Dream Theater entre autres. Revenons à cette magnifique pochette qui montrera un chapeau de magicien trônant sur une butte de terre d'où sort une multitude de lapins et rendant cet effet de surprise perceptible tout au long de l'album.

Au final, nous sortirons conquis et émerveillés par l'écoute de cet opus alambiqué, innovant et technique avec ce souci du détail, qui lui est propre. Le groupe Rush, grâce à son sens inné de la composition, dont des guitares plus rageuses et expressives, arrivera sans grand mal à entamer cette nouvelle et tumultueuse décennie que seront les années 90. Presto, sur bien des points se posera comme l'album de la transition entre les années 80 et 90, au même titre que l'étonnant et expérimental Hemisphere, paru en 1978.

Rush un groupe toujours en activité et intact depuis maintenant 40 ans (qui dit mieux).

5 Commentaires

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frozenheart - 25 Juin 2017: Merci;-)
Tout à fait d'accord, cet album marque une certaine évolution artistique et annonce la nouvelle ligne de conduite du groupe, mais tout en revenant à des sonorités plus acoustiques, dont des guitares plus présentes. Sinon, c'est une excellente idée de vouloir relever le défi de chroniquer l'album Grace Under Pressure. Si je ne l'ai pas déjà fait d'ici là!
Mozabi649 - 25 Juin 2017: Aaaaaaah. Si en plus tu me lances une contrainte de rapidité je suis mort moi XD
frozenheart - 25 Juin 2017: Nan, t'inquiète pas, tu as le temps. J'ai d'autres chro en cours.XD
melpo - 03 Novembre 2017:

Merci pour cette chronique et d'ailleurs pour toutes celles que tu as rédigées sur Rush. Cela me donne l'occasion de redécouvrir ce super groupe. Il n'y a pas grand chose à rajouter à ce qui a été dit. Mais à mon avis, cet album est moins alambiqué que certains autres opus du groupe, j'ai un ressenti de quelque chose de plus direct, plus rock en quelque sorte. Mais cela reste du Rush, rien n'est jamais trop simple dans les compositions de ce groupe.  Mon morceau préféré est probablement Superconductor. 

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