Opus Nocturne

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Nom du groupe Marduk
Nom de l'album Opus Nocturne
Type Album
Date de parution 01 Décembre 1994
Enregistré à Unisound Studio
Style MusicalBlack Brutal
Membres possèdant cet album420

Tracklist

Re-Issue in 2008 by Blooddawn Productions
1.
 Intro / The Appearence of Spirits of Darkness
 00:33
2.
 Sulphur Souls
 05:41
3.
 From Subterranean Throne Profound
 07:48
4.
 Autumnal Reaper
 03:31
5.
 Materialized in Stone
 05:10
6.
 Untrodden Paths (Wolves Pt. II)
 05:27
7.
 Opus Nocturne
 02:33
8.
 Deme Quaden Thyrane
 05:06
9.
 The Sun Has Failed
 07:21

Durée totale : 43:10


Chronique @ BEERGRINDER

24 Septembre 2008
En 1994 Marduk n’est encore qu’un groupe de Black Metal parmi tant d’autres, loin des Emperor, Mayhem et Darkthrone. Les suédois avaient pourtant trouvé leur voie avec Those of the Unlight déjà chez Osmose Productions (1993) après un premier album Dark Endless (1992) plus Death que Black mais bien moins percutant que le Soulside Journey de leur voisin norvégien Darkthrone.

Voilà donc B.War (basse), Fredrik (batterie), Joakim (chant) et Morgan (guitare, membre fondateur du groupe et seul rescapé du line-up de 2008) prenant le chemin du Hellspawn Studio pour enregistrer leur troisième album. Ils ne confient pas le mixe et le mastering à n’importe qui puisque les blackeux font appelle à Dan Swanö, déjà connu en tant que maître à penser du groupe de Death Edge Of Sanity. Alors vous vous dites peut-être que le sieur Dan aura concocté une énorme prod’ de derrière les fagots ? Que nenni, mais c’est heureux, quel impact aurait-eu Opus Nocturne (1995) avec un gros son stéréotypé ? Moindre m’est d’avis, comme nous verrons ça plus bas.

Visuellement, Opus Nocturne est une merveille : la peinture du jeune Kris Verwimp (qui travaillera plus tard pour Absu, Thyrfing, Moonsorrow, Enthroned,…) quasiment inconnu à l’époque est une véritable ode au démon, à l’occultisme, à la luxure et à la décadence païenne. Cette fabuleuse pochette, l’une des plus marquantes de l’histoire du Black Metal, fut déterminante, aussi bien pour la carrière de Marduk que pour celle de Kris Verwimp.

L’orgue d’église en intro nous met simplement en condition avant de recevoir Sulphur Souls violemment dans les esgourdes, « Praise Hail Satan » sont les premiers mots de l’album et posent le décor, c’est rapide, agressif, blasphématoire et avec cette production crue (les détracteurs diront creuse) et minimaliste on a vraiment l’impression que les musiciens jouent live, d’où cette atmosphère noire et sincère suintant de ce disque. Même les mélodies semblent tout droites sorties des enfers et n’affaiblissent en aucun cas les chansons.

Les titres sont oppressants grâce aux blast-beat omniprésents, mais agrémentés ponctuellement de breaks, aérant magistralement le tout, à l’image du long et dévastateur From Subterranean Throne Profund. Qui dit album culte dit titre du même acabit, Autumnal Reaper au début duquel Joakim hurle à en glacer le sang, est un modèle du genre, et quelle intensité dans le jeu de guitare ! Le linéaire situé à 1:50 est diaboliquement entraînant tout comme le pont qui suit, le titre le plus brutal de l’album, préfigurant déjà du suivant Heaven Shall Burn...

Seul Materialized In Stone semble calmer un peu le jeu avec une agressivité moins marquée sans pour autant négliger le côté occulte, on croirait presque entendre sur ce titre une version Black des vieux In Flames et Dark Tranquillity. Mais après un repos du guerrier bien mérité Marduk retrouve très vite ses velléités belliqueuses sur Untrodden Paths (Wolves 2) qui est la suite d’un titre présent sur Those of the Unlight, débutant dans un déluge de guitares acérées, de basse vrombissante et de coups de caisse claire claquants comme un fouet (quand je vous dis que la production est un atout), le supplice ne finira qu’à la fin du morceau, l’auditeur restant accroché à une telle démonstration de force malgré un pont central comme pour souffler un peu entre deux séances de torture avant l’agonie finale...

Opus Nocturne est plus atmosphérique : les voix parlées (présentes aussi sur Deme Quaden Thyrane) accompagnent des guitares mélancoliques dans un hommage convaincant à la nuit, sa beauté et bien sûr sa noirceur.
Bref plus qu’un riff particulier par ci ou un changement de tempo par là sur tel titre, c’est l’ambiance générale de Opus Nocturne qui captive, moins crasseux que Darkthrone mais plus agressif. Marduk redéfinira avec ce disque les bases du Black Metal suédois, se singularisant par rapport à la scène norvégienne et entraînant dans son sillage les Setherial et autres Dark Funeral, brutaux et impitoyables (au détriment de l’ambiance diront certains).

Marduk sort ici son chef d’œuvre incontesté, loin de ses productions plus récentes oscillantes parfois avec hésitation entre Death et Black Metal. Aucune ambiguïté d’ailleurs sur The Sun Has Failed clôturant le CD, une ultime déflagration de rage nous menant tout droit à la damnation et on finit seul, comme sur la fin du disque : seul avec notre haine, au milieu du froid, de l’orage et du vent...

BG

29 Commentaires

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alester - 24 Août 2010: je trouve la chronique excellente, surtout que l' album,je l'ai depuis début 1995 et que je le trouve toujours aussi bon.

à partir de nightwing j'ai décroché.

eclectic - 27 Décembre 2012: Oui, surement le meilleur opus du groupe. Il est assez rare qu'un groupe de Black condense brutalité et ambiance comme sur Opus Nocturne. Mon intérêt pour Marduk s'est émoussé à partir de Plague Angel. Pas que le groupe soit devenu mauvais, mais je ne retrouve plus ce "quelque chose" qui distinguait Marduk de la masse, cette recherche d'ambiance et ces riffs mémorisables entre tous.

Pour la chronique, tu sais de quoi tu parles. Je te lis toujours en général. Merci .
BEERGRINDER - 27 Décembre 2012: Merci, content que mes écrits te plaisent. Parfois j'ai l'impression que personne ne lit les chroniques d'anciens albums, mais visiblement si...
 
baroudeur421 - 26 Janvier 2018:

Oh que si on les lit les chroniques! 

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Commentaire @ Kuroikarasu

21 Novembre 2008
Encore un très bon album de Black Brutal commis par nos Suédois infernaux. Que dire, à part que c’est du Marduk ? Aussi bien dans les compos, que dans la façon de jouer, que dans l’éxécution parfaitement maîtrisée. C’est violent, plein de haine envers les « empêcheurs de penser en rond », et vengeur. Le son qui reste toujours assez « raw » (ce qui, bien évidemment, est voulu !!), est très dévastateur et puissant, grâce à un excellent mixage et une production léchée. On a tout ce qui fait le Black Brutal : les riffs violents, la batterie qui abuse de la double pédale et une rapidité exténuante (le « tennis elbow » n’est jamais loin quand on joue du Marduk !!). Le seul point noir de ce déchaînement, c’est le manque de variété, qui donne l’impression d’écouter toujours le même morceau. Mais bon, après tout, c’est un peu le lot de tout bon album de Black Brutal qui se respecte et puisque la musique est bonne...à quoi bon se plaindre !! Pour moi, c’est un album trop dense, donc difficile à écouter d’une traite mais attention, cela reste entièrement subjectif... Ne vous y trompez pas, c’est un album incontournable que tout bon blackeux se doit de posséder.
Mes morceaux favoris : « Materialized in Stone » et « Deme Quaden Thyrane » (ce dernier pour s’adoucir un peu les cages à miel!!).

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