Frontschwein

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Nom du groupe Marduk
Nom de l'album Frontschwein
Type Album
Date de parution 19 Janvier 2015
Labels Century Media
Enregistré à Endarker Studios
Style MusicalBlack Brutal
Membres possèdant cet album179

Tracklist

1. Frontschwein 03:13
2. The Blond Beast 04:26
3. Afrika 04:00
4. Wartheland 04:17
5. Rope of Regret 03:52
6. Between the Wolf-Packs 04:28
7. Nebelwerfer 06:17
8. Falaise: Cauldron of Blood 04:58
9. Doomsday Elite 08:11
10. 503 05:12
11. Thousand-Fold Death 03:45
Total playing time 52:39

Chronique @ Icare

29 Janvier 2015

Marduk sort victorieux de cette treizième bataille, laissant derrière lui une trainée de cadavres, de sang et de poudre

Plus besoin de présenter l‘institution Marduk qui s’évertue depuis presque 25 ans à martyriser les tympans de chevelus masochistes et qui a imposé un black metal ultra rapide, violent et direct devenu un sous-genre à part entière, j’ai nommé le black brutal suédois.

Après une flopée d’albums cultes dont la référence Panzer Division Marduk, encore citée par nombre de metalheads définitivement traumatisés comme l’un des albums les plus intenses et bourrins de l’histoire du metal, notre quatuor opère un virage stylistique après le départ du redoutable Legion au chant, insufflant à sa musique une aura plus morbide. En effet, Mortuus, le nouveau hurleur, impose son empreinte vocale et imprègne l’entité d’une ambiance plus noire, délétère et épaisse, se couplant à un ralentissement général du tempo. Pour certains, c’est la trahison, les vétérans suédois semblant renier le style qu’ils ont en grande partie crée, pour d’autres, c’est une nouvelle révélation, quoi qu’il en soit, difficile de nier que la horde tend depuis Plague Angel à se rapprocher d’une nouvelle tendance de black orthodoxe justement incarnée par l’autre formation de Mortuus - alias Arioch - à savoir Funeral Mist.



Frontschwein est donc le treizième full length de Marduk, et la deuxième réalisation pour Century Media, et autant dire que lorsque l’on fait du black metal, le nombre 13 revêt une certaine importance symbolique. Qu’en est-il donc de ce dernier rejeton ?

La première piste éponyme débarque et nous présente d’emblée un black particulièrement martial et destructeur : les enceintes crachent un riff au parfum oriental à la Melechesh avant que le roulement de la batterie ne vienne amplifier les guitares en une montée en puissance irrésistible et indéniablement militaire, prélude avant l’explosion qui intervient sous forme de blasts implacables et du chant haineux de Mortuus : rapide, agressif, et presque catchy en même temps grâce à l’excellence et au côté direct des riffs, ce premier morceau nous présente un Marduk en pleine forme, qui n’hésite pas à proposer quelques passages plus sombres et insidieux.
The Blond Beast vient d’ailleurs confirmer ce fait, lent, robotique et imparable, rappelant la lente et inexorable marche vers la mort d’une chair à canon lobotomisée sous le feu nourri des bombes : avec ce mid tempo catatonique insoutenable, ces guitares lourdes nimbées de dissonances nauséeuses qui nous enveloppent d’une beauté délétère, un peu comme les gaz toxiques utilisés pour annihiler toute forme de vie restant dans des tranchées dévastées, ce morceau hypnotise autant qu’il horrifie: cette pulsation métronomique, ces guitares terrassantes qui vous remuent les tripes et surtout la prestation saisissante de Mortuus, entre râles étranglés et déshumanisés et éructations plus rauques vibrantes d’insanité, en font un titre particulièrement intense malgré la simplicité de sa structure.

Si un mot peut résumer cet opus, c’est incontestablement celui de guerre : à l’instar de la troupe germanique d’Endstille, à qui il empreinte aussi quelques harmoniques et cette beauté morbide assez surprenante, Marduk réalise ici un album entièrement articulé autour de la Seconde Guerre Mondiale. En premier lieu, le titre, que l’on pourrait traduire par « porc du front », allusion tant à la cruauté humaine qu’aux conditions misérables dans lesquelles survivaient initialement les Poilus dans les tranchées, et la pochette, arborant la tenue et l’armement d’un soldat allemand anonyme, nous mettent immédiatement dans l’ambiance. Et la musique ensuite, particulièrement martiale, chargée de samples, et servie par ce son incroyablement épais et massif, notamment cette batterie dont chaque coup se répercute comme l’explosion froide et meurtrière d’un obus : les Suédois enchainent avec réussite rafales hypersoniques rappelant le mitraillage incessant d’un M16 ( le martelage d’Afrika, Rope of Regret s’ouvrant sur le cliquetis d’un barillet, extrêmement rapide et agressif avec ces blasts impitoyables, rappelant la furie destructrice qui transforme l’homme en bête sur le champ de bataille, le fulgurant Thousand-Fold Death qui vient conclure ces 52 minutes de manière plus que sauvage, probablement l’un des titres les plus violents et rapides composés par le groupe, avec ces mélodies de guitare qui exaltent notre fierté patriotique et notre humeur belliqueuse) et morceaux pesants et lents, résonnant comme la charge insensible et inexorable d’un char d’assaut se frayant un chemin sanglant parmi des piles de cadavres carbonisés (la lourdeur presque indus de Wartheland, avec ces riffs stridents et tournoyants pareils au sifflement des bombes, cette batterie décharnée et sans-âme qui résonne comme un lointain tambour de guerre, et la voix impérieuse du commandant en chef Mortuus s’élevant au milieu des nuées noires du ciel, semblant lancer l’ultime assaut avec ce « Come In ! » âpre et vindicatif presque vidé d’émotion, le suffocant et rampant Nebelwerfer, rappelant le calme hébété après la bataille, où les quelques survivants, à moitié sourds et fous de douleur, comptent leurs morts et balayent d’un regard éteint le charnier nauséabond qui les entoure et les retient prisonniers).

Les riffs caractéristiques du groupe, extrêmement tranchants et rapides, sont de la partie, servant à merveille les visions apocalyptiques et militaires de Morgan, mais l’identité plus sombre et malsaine présente ces dix dernière années est également magnifiquement incarnée par ces riffs lancinants et ces parties plus lentes et funèbres (le début de Doomsday Elite), pour un album qui, malgré la filiation évidente de leurs thématiques, s’éloigne donc musicalement d’un Panzer Division Marduk, Frontschwein étant bien plus aéré, varié, subtil et, osons le dire, intéressant.



Ce treizième opus est donc une franche réussite, certes pas extrêmement originale, mais effroyable de violence, de lourdeur et de cohérence, les 11 titres étant cimentés par le concept parfaitement mis en musique de la Seconde Guerre Mondiale. Ce Frontschwein est une belle synthèse de l’entité Marduk, restant fidèle à la violence débridée des débuts du groupe, et ajoutant une aura peu commune à certaines compos grâce à un son abrasif, à certains riffs d’une simplicité robotique mais d’une épaisseur à couper au couteau et aux vocaux incroyablement torturés et haineux de Mortuus qui livre ici encore une prestation époustouflante.

Après 25 ans de bons et loyaux services, le commandant Marduk sort une fois de plus victorieux de cette treizième bataille, laissant derrière lui une trainée de cadavres, de sang, et de poudre. Cette nouvelle offrande est une véritable tuerie et ne laisse aucun survivant, montrant la détermination sans faille de la horde à faire parler les armes, encore et encore. A savourer sans modération, en attendant la troisième guerre mondiale.


22 Commentaires

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Pipotron3000 - 11 Fevrier 2015: Le côté redondant est le signe d'une impasse....ou du fer de lance d'un style/mouvement ;) Rien n'est plus redondant que AC/DC, cela ne les a jamais empêché de remplir des stades. Iron Maiden est moins redondant , mais tourne en rond quand même. Slayer aussi. La liste serai trop longue. Soit on aime à fond, et on oublie la redondance. Soit (comme moi avec AC/DC) on écoute quelques titres, en oubliant les albums associés. Une sorte de "best of" :D Merci pour la kro !
Chab - 26 Fevrier 2015: Il est plutôt cool cet album ! Mais pourquoi les gens n'aiment pas le titre "The Blond Beast". Ok il est pas spécialement recherché mais je le trouve super efficace !
ludess79 - 16 Mai 2015: En fait "the blond beast" aurait d'avantage sa place sur un album de Funeral Mist , meme si je l'aime bien aussi !
Concernant la chronique je ne trouve pas très judicieux de mélanger soldat allemand et m16 ainsi que poilus et seconde guerre mondiale!
Je sais , c'est facile de critiquer mais ça ma tiquer dès la première lecture .

Ludo
ludess79 - 17 Mai 2015: Les premières écoutes m'ont complètement refroidis , mais en approfondissant l'album révèle quelques bons titres , dommage que des "503 , Nebelwerfer, Wartheland" viennent ternir l'ensemble !
Au final Frontschwein est bien en-dessous du précedent Serpent Sermon !

14/20

Ludo
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