Viktoria

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Nom du groupe Marduk
Nom de l'album Viktoria
Type Album
Date de parution 22 Juin 2018
Labels Century Media
Style MusicalBlack Brutal
Membres possèdant cet album85

Tracklist

1.
 Werwolf
 02:02
2.
 June 44
 03:49
3.
 Equestrian Bloodlust
 02:51
4.
 Tiger I
 04:12
5.
 Narva
 04:31
6.
 The Last Fallen
 04:25
7.
 Viktoria
 03:06
8.
 The Devil's Song
 03:46
9.
 Silent Night
 04:12

Durée totale : 32:54


Chronique @ Icare

04 Juillet 2018

Viktoria est un parfait condensé de ce que Marduk sait faire de mieux : foncer et tout défoncer sur son passage.

Et voilà que du fond de leur fjord nous reviennent les guerriers de Marduk pour un quatorzième album sobrement intitulé Viktoria. Toujours signés chez Century Media, les Suédois semblent reprendre les choses là où ils les avaient laissées trois ans auparavant avec Frontschwein, continuant à creuser le sillon sanglant de la Seconde Guerre Mondiale, et le résultat est explosif, comme on était en droit de s’y attendre.

Le morceau d’ouverture, Werwolf, est une première grenade dégoupillée, deux petites minutes de metal aux relents punk (oui, vous avez bien lu !) propices au headbang avec ce riff thrashy et ce refrain scandé de manière obsédante. Puis les choses sérieuses commencent avec le mitraillage en règle qu’est June 44, où on reconnait le riffing à la fois millimétré et tranchant de Marduk appuyé par le feu nourri d’une batterie dévastatrice qui envoie des blasts à n’en plus finir. Non, Marduk ne révolutionne toujours rien, mais son black metal intense et guerrier est définitivement bien composé, sacrément bien produit et dégage une puissance de feu phénoménale qui en fait une arme de destruction massive parfaitement huilée. Le son est énorme, avec des guitares bien mises en avant, la batterie résonne lourde et mate, avec un Fredrik Widigs qui nous assomme de sa frappe ultra rapide et régulière, et encore une fois, il convient de souligner la performance vocale de Mortuus, au chant polymorphe aboyé et cruel, capable de passer de hurlements black aigus à un chant plus profond et glaireux en passant par des éructations graves et impérieuses, distillant haine, rage, dépression et destruction avec une sincérité plus que convaincante.

Comme sur l’album précédent, Marduk est capable de ralentir le tempo (Tiger I, très lourd, avec quelques accélérations sporadiques, rappelant la trouée impitoyable du fameux Panzer à travers un charnier boueux et sanglant jonché de cadavres et de corps agonisants, le début de The Last Fallen, qui se rattrape bien par la suite, ne vous inquiétez pas, le lent et traînant Silent Night où le chant de Mortuus, très expressif, fait froid dans le dos), mais d’une manière générale, le rythme est frénétique, et on reconnaît bien la marque de fabrique du groupe sur des titres comme June 44, le furieux éponyme ou l’excellent Narva, qui se fend d’un break plus sombre et mélodique, permettant de souffler un peu et de nuancer judicieusement l’ensemble.

Les détracteurs – et même peut-être les autres - reprocheront assez justement que Marduk n’évolue pas et qu’il a tendance à se répéter, mais le constat est sans appel, encore une fois : malgré un manque total d’originalité (presque vingt ans depuis Panzer Division Marduk, ça commence à dater !), la qualité est là, et les amateurs du groupe et de violence en général en prendront méchamment pour leur grade. Avec ses 33 petites minutes au compteur, Viktoria est plus court, direct et ramassé que Frontschwein, moins nuancé aussi, comme une bête assoiffée de sang prête à bondir sur sa proie : vous. Finalement, Viktoria est un parfait condensé de ce que Marduk sait faire de mieux avec quelques timides innovations (le côté thrash et ‘n roll de Werwolf, les leads envoûtantes et superbes de The Devil’s Song qui montrent le groupe sous un nouveau jour) : foncer et tout défoncer sur son passage. A l’instar de l’équipe de foot nationale, le panzer Marduk ne fait pas dans la finesse technique et le raffinement, mais continue à avancer, encore et toujours, avec une efficacité surprenante malgré le poids des années, et ceux qui aiment le black brutal de la horde suédoise ne peuvent que s’en réjouir. Reste à espérer que les vétérans ne déposent pas de sitôt les armes, et en attendant ce jour funeste, savourons sans modération cette nouvelle victoire !

13 Commentaires

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svad - 07 Juillet 2018:

A la lecture de tout ça , je ne sais même pas si l'achat vaut le coup, le précédent ne m'ayant pas emballé.... Et pourtant j'adore Marduk mais je trouve que le groupe tourne un peu en rond depuis 2/3 albums (Mortuus et son style n'y étant pas étranger). En vérité, personne ne semble vraiment emballé par Viktoria ? .... musicallement parlant, car l'attitude reste irréprochable.

Icare - 07 Juillet 2018:

Oui, soyons sincères, Viktoria n'est pas meilleur et surtout pas différent de Frontschwein. Marduk fait du Marduk, point, cet album n'est ni meilleur ni moins bon que les autres. Pour certains, ça suffira, pour d'autres non, et je comprends tout à fait la lassitude qu'on peut resentir à l'écoute d'un groupe qui semble se répéter et se reposer sur ses acquis. Ceci dit, ça reste efficace, fracassant, bien produit, en un mot dévastateur, et c'est ce que beaucoup attendent des Suédois. 
Maintenant, j'avoue que j'attends Marduk au tournant : comme pour Shining, je serai beaucoup moins indulgent sur le prochain effort si c'est un simple copier coller des précédents car j'attends d'un groupe qu'il évolue un minimum. L'efficacité, c'est bien sur quelques albums, et ça fait maintenant deux full lenghts que le sujet de la Seconde Guerre Mondiale a été exploité à fond, je pense qu'il serait grand temps de passer à autre chose, thématiquement comme musicalement. Perso,  j'aimerais bien un retour à quelque chose d'un peu plus audacieux et "expérimental" (je le mets entre guillemets, on parle quand même de Marduk) genre la Grande Danse Macabre, qui ralentissait les tempos et proposait une ambiance plus épaisse...  Wait and See!

 
nemesisirae - 09 Janvier 2019:

Bonne chro, j’aime cet album autant que les autres de MARDUK, avec une préférence pour PLAGUE ANGEL (dans tous les albums de MARDUK on ressent la Mort, avec Plague Angel, on est dans le cerceuil...). L’innovation dans Viktoria est peut être la simplicité des riffs et le fait que la guitare ni doublée, ni triplée..., et quand on voit MARDUK en concert, c’est ce son là que l’on entend, donc pas de mauvaises surprises avec cet album. Pour les fans qui veulent du brutal et rapide, je leur conseille le dernier FUNERAL MIST, làc’est la grosse baffe!

 

LeMoustre - 04 Mars 2019:

Avis très positif sur ce court Marduk, qui regorge de passages sublimés par la violence des blasts tout en restant furieusement musical. A ce titre "June 44" et ses choeurs, "Equestrian Bloodlust" et ses riffs vicieux, "Tiger I" et son phrasé martial, certes déjà entendu mais au refrain prenant ou le pont de "Narva", pour n'en citer que quelques uns. Chaque morceau a ainsi son petit truc en plus qui le magnifie. J'apprécie aussi particulièrement les leads de "The Last Fallen" et le up-tempo général assez fracassant, contrebalancé par le lancinant "Silent Night", peut-être le moins bon titre de l'album, qui évoque un peu la lourdeur de La Grande Danse Macabre.  

Alors, certes, la pochette est moche, le premier titre quelque peu raté (c'est dommage, car c'était une bonne idée de commencer avec un morceau décalé), et l'album est bien court, mais pour le reste, un vrai sans faute à mon humble avis.

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