Un album éponyme en guise d’épitaphe.
Ils sont finalement trop peu nombreux à posséder les armes, le temps et la maturité nécessaire de choisir leurs funérailles, leur ultime fin avec l’ampleur et l’émotion que cela engendre (quand ce n’est évidemment pas un coup marketing).
Dave Mustaine a donc décidé de livrer son ultime offrande “avant de ne plus pouvoir jouer convenablement”. Quarante ans au service de sa musique, pas épargné par sa santé et les nombreuses difficultés de la vie (bien souvent engendrées par ses propres choix et ses propres excès). De multiples sommets, de nombreuses baisses de régime, quelques trous noirs (encore récemment) mais un retour au premier plan depuis l’arrivée de
Kiko Loureiro et Dirk Verbeuren. Si le brésilien, pourtant parfaitement intégré depuis “
Dystopia” et bénéficiant d’un crédit absolu aux yeux de “Megadave”, a décidé de quitter le navire pour des raisons personnelles et familiales, il a lui-même choisi son successeur (ce qui aurait été improbable avec un autre guitariste) en la personne de Teemu Mäntysaari (
Wintersun), un ami depuis que lui-même vit en Finlande avec sa femme.
Sans surprise, le style virtuose et progressif du finlandais ne se percevra pas dans son jeu au sein de
Megadeth, tout comme Kiko n’a jamais initié son côté latino et si particulier avant (bien que quelques intro acoustiques portaient sa marque).
Quid de ce dernier baroud d’honneur ?
Là où certains avis dithyrambiques le sont peut-être par le contexte de l’album, il faut admettre que ce dix-septième opus s’inscrit du bon côté de la force, dans une certaine inégalité (comme souvent) mais avec une rage et une conviction ne laissant aucun doute sur la volonté de terminer les choses âprement et avec honneur.
Un artwork magnifique et une superbe galerie de visuels pour chacun des titres mettant en scène tous les sujets de
Megadeth (la guerre, l’argent, la corruption du pouvoir, la religion, l’héritage des hommes) en guise d’imagerie.
“
Tipping Point” avait mis tout le monde d’accord dès sa publication en ligne. Dans la lignée des brulots speed et thrash rappelant les heures dorées du groupe tout autant que les monstres récents, il conjugue agressivité, vélocité (quel riff d’intro), un chant vénéneux et une multitude de soli comme on aime les entendre. Mustaine est en grande forme et il faut admettre, comme dit plus haut, que Mäntyssari fait un job d’enfer.
Parler de cet album comme d’un bilan de carrière n’est pas totalement absurde tant on y retrouve toutes les époques du combo. Le côté punk des premiers jours (“
I Don’t Care”), les rythmes endiablés (l’hommage au shred justement bien nommé “
Let There Be Shred” qui enchaine les soli), les mid tempos plus mélodiques initiés avec “
Countdown To Extinction” et “
Youthanasia” (“Another Bad Day” et son refrain très chanté, “
Puppet Parade” qui sent totalement le “
Countdown …”) et les velléités plus progressives (si l’on peut dire) des expérimentations des années 2000 (“Obey the Call” qui monte doucement en puissance et développe un côté vocal très narratif, qu’on a déjà entendu dans “
United Abominations” ou “
Endgame” par exemple”).
On pourra reprocher au disque de manquer de véritables hits en puissance (à part “
Tipping Point”) mais il se révèle plus cohérent que “The Sick, The
Dying … and the
Dead” qui alternait le chaud et le froid (des titres vraiment excellents et d’autres beaucoup plus dispensables). Nous n’aurons bien sur pas de “Peace Sells …” ou “
Rust In Peace” partie II mais un disque honnête et passionné. “The Last Note” laisse forcément une saveur différente, autant par sa tonalité très grave et sombre et la voix solennelle de Dave. On aurait aimé un rythme plus soutenu pour une fin (comme “
Victory” ou “We’ll Be Back”) plutôt qu’un énième mid mais j’ai apprécié ce passage acoustique, le travail sur le solo et surtout ces derniers mots presque testamentaires (“So here’s my last will, my final testament, my sneer. I Came. I Ruled. Now, I disappear”). J’ai à peine envie de parler de la reprise de “Ride the
Lightning”, épiphénomène de l’album plus médiatique que réellement artistique. La version est finalement très proche alors qu’on aurait pu s’attendre à une réécriture plus vindicative ou tranchante. Un Verbeuren plus technique mais un Mustaine n’étant pas Hetfield. C’est tout ce à quoi l’on pouvait s’attendre.
Des adieux dignes. Avec talent et honneur. Respect éternel (on se revoit pendant les cinq années annoncées de tournées !).
Merci pour la chro. Je trouve aussi qu'il s'agit d'un (dernier?) album réussi, davantage que les 2 précédents que j'aime bien néanmoins. Tipping point, let there be shred sont pour moi de vrais gros temps forts. Et le final sur the last note est émouvant, dommage que la musique ne soit pas aussi puissante que les lyrics.
Ouais moi j'aime beaucoup ce testament musical de la par de Megadave.Par contre je suis pas trop d'accord quand tu dis que The Sick l'album d'avant souffle le chaud et le froid et alterne du bon au passable alors que justement depuis Endgame concernant les albums récents je trouve que c'est vraiment le plus réussi.
Enfin c'est ma vision des choses,en tout cas un grand merci à Dave Mustaine pour toute ces années dévoué au Métal .
J'aime énormément The Sick ... moi aussi, et je le trouve assez régulier dans la qualité, tout comme ce dernier album d'ailleurs.
Ah je l'aurais parié venant de toi mon pote !
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