Machine Messiah

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Nom du groupe Sepultura
Nom de l'album Machine Messiah
Type Album
Date de parution 13 Janvier 2017
Labels Nuclear Blast
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album88

Tracklist

1.
 Machine Messiah
 05:54
2.
 I Am the Enemy
 02:27
3.
 Phantom Self
Ecouter05:30
4.
 Alethea
 04:31
5.
 Iceberg Dances
 04:41
6.
 Sworn Oath
 06:09
7.
 Resistant Parasites
 04:58
8.
 Silent Violence
 03:46
9.
 Vandals Nest
 02:47
10.
 Cyber God
 05:22

Bonus
11.
 Chosen Skin
 03:17
12.
 Ultraseven No Uta
 01:17

Durée totale : 50:39



DVD (Deluxe CD/DVD)
1.
 Building a Messiah - The Making of Machine Messiah
 

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Sepultura



Chronique @ LeMoustre

22 Décembre 2016

Gambling Machine

Qu'attendre en 2017 d'un nouvel album de Sepultura ? Le monde se divise en deux parties, ceux qui ont largué le groupe à l'issue de leur période la plus faste (au choix avant ou après Chaos A.D./Roots), selon les goûts personnels, et ceux qui continuent à croire à une rédemption sinon stylistique du moins artistique. A celles et ceux qui ne jurent que par Schizophrenia (1987), ceux-là peuvent direct aller voir chez les Chiliens Ripper si le tempo est meilleur. Les adeptes de Beneath the Remains/Arise (1989/1991) iront chez Besieged ou Devastation. Les fans de la toute première heure ont le choix dans toute l'effervescente scène sud-américaine "evil" du moment. Les autres, ceux qui ont apprécié les albums à partir de Chaos A.D. peuvent lire ce qui suit, en intégrant que Derrick Green possède toujours un organe vocal bien différent de celui de Max Cavalera, plus que jamais typé hardcore (mais pas que, et c'est assez nouveau ici), et que le principal compositeur Andreas Kisser aime bien varier les plaisirs sur cette nouvelle offrande à la pochette aussi colorée que la précédente était monochrome.

Enregistré au FasciNation Street Studios par Jens Bogren (Kreator, Opeth, Ihsahn), l'album réserve son lot de surprises. Débuter son quatorzième album studio par une mélodie et un chant suave que n'aurait pas renié Moonspell (l'opener "Machine Messiah") montre que le groupe souhaite surprendre l'auditeur. Le travail de ce titre sur les soli, (et on retrouvera ce point tout au long du disque à l'instar du final "Cyber God" ou de "Sworn Oath"), est palpable, réussi, et la montée en puissance, à la rythmique lourde et aux leads aériens fait finalement mouche, dans une veine qu'on ne connaissait pas au groupe. Sans les passages plus classiques dans le chant de Green, cette composition aurait très bien pu se retrouver chez un Paradise Lost, par exemple. Surprenant. Les riffs chaloupés typiques du groupe sont pourtant bien présents ("Phantom Self" et ses violons orientaux, "Alethea", ou "Silent Violence"), renforcés par le jeu de Eloy Casagrande, impressionnant sur l'instrumental "Iceberg Dances". Ce titre, sans doute le meilleur du disque, évoque un mix entre un Opeth (version metal) et les premiers Mastodon. Superbe moment, où chaque musicien s'en donne à cœur joie tout au long de quatre minutes jouissives. Les fans de metal progressif adoreront. Citons également l'inespéré "Vandals Nest" un morceau rapide au riff initial purement thrash, qui devrait remuer des fesses dans le pit, et le menaçant "Sworn Oath" parmi les vrais bons moments de l'album. On navigue presque à travers plusieurs ressentis en fonction des surprises dans le contenu des chansons (ici un lead aérien, là un rythme oriental) mais au fil des écoutes, la cohérence s'installe et l'album pourra être considéré comme le plus ambitieux artistiquement de la formation. Même un morceau a priori commun comme l'énervé "Resistent Parasites" renferme des soli subtils et possède sa propre griffe, avec un goût de reviens-y qu'on trouvait peu dans les derniers disques du quatuor.

Tout n'y est pourtant pas complètement réussi. Les morceaux hardcore ne sont pas tous fantastiques ("I Am The Enemy", poussif), et l'auditeur pourra se retrouver facilement déstabilisé par ce patchwork qui demande plusieurs écoutes pour être pleinement appréhendé. La voix de Green pourra encore et toujours énerver quelque peu également, à étirer parfois inconsidérément ses cris. Après avoir sorti un Kairos agréable mais un poil convenu dans sa tentative de revenir à quelque chose de plus fidèle à son passé (sans doute le plus apprécié de l'ère Green par les fans nostalgiques), ce Machine Messiah est à l'opposé. Varié, intéressant et ingénieux dans son rendu final, il surprendra forcément, et constitue un vrai pari.

Possédant toujours son lot de titres rapides (l'immédiat "Silent Violence"), ce disque est sans doute, artistiquement du moins, le plus abouti du groupe depuis le siècle dernier. En prenant en compte les bémols évoqués et en zappant le passé du groupe, cet album est une bonne surprise. En terminant son album avec un "Cyber God" (gâché par son fade-out final) de manière presque aussi surprenante qu'il l'a commencé 46 minutes plus tôt, Sepultura joue avec sa fan-base, du moins celle qui lui reste. Les esprits les plus ouverts risquent fort de se régaler, et disséqueront les nombreuses subtilités d'un album riche en émotion, d'autant que la multiplication des écoutes renforce clairement le plaisir, passé l'effet de surprise. Les autres, découragés par l'orientation générale courageuse des Brésiliens, se seront arrêtés au premier paragraphe de ces modestes lignes.

19 Commentaires

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Huron - 20 Janvier 2017: Je trouve cet album très bon même si j'ai du mal avec deux ou trois passages... Sworn Oath est actuellement mon titre favori.
Un album avec Machine Messiah, Phantom Self, Alethea, Iceberg Dances, Sworn Oath, Silent violence et Vandals Nest serait parfait.
Je met quand même un bémol sur "Vandals Nest", le chant clair passe mal pour ma part, je peux plus m'encadrer ces refrains "néo métal". C'est dommage le reste sonne bien Thrash/Hardcore. Si les parties claires sont hurlées en concert ça peut le faire.
 
El_Totor - 21 Fevrier 2017: A la première écoute, je trouve déjà qu'il y a beaucoup d'éléments très interessant dans cet album et que certains passages sont réellement prenants ou agréables. Intellectuellement, j'ai apprécier certaines choses dans Dante, Alex et médiator : cette nouvelle approche plus sombre lourde lente et lancinante mais sans jamais réellement y prendre plaisir ni accrocher réellement à part le titre "grief" c'est dire (à croire que Kisser était devenu depressif à l'écoute de ces albums). Mais ce dernier est plus variés et semble posséder des passages plus envolés, plus aériens,ou du moins plus catchy ça fait du bien.
Goneo - 21 Mars 2017: Oh lala la Daube!! si avec KAiros et The mediator, je trouvais que Sepultura avait vraiment repris du galon et redevené très intéressant, ce "Machine Messiah" est plus que moyen. Rien a retenir.... déçus.
Molick - 27 Mars 2017: Pour ma part, j'ai accroché dès ce premier morceau assez... surprenant, qui possède une ambiance bien pesante.

Après l'album est assez inégal. Y a de très bonnes idées et passages, mais d'autres moins inspirés. Je le trouve d'un côté plus intéressant que le dernier, mais moins bon dans sa globalité.

Alors certes, les fan-boys "depuis-que-max-il-est-parti-c'est-nul" du sieur Cavalera n'apprécieront toujours pas (en même temps les fans de Max, ils ont pas l'habitude d'entendre plus de 3 riffs par album).
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