On le sentait depuis quelques temps. L’effervescence à la sortie des albums, une maison de disque multipliant les publicités élogieuses, des ventes grimpant exponentiellement et surtout un leader des plus charismatique et talentueux,
Firewind allait exploser. Ce "
Live Premonition", premier dvd live des grecs semble seller un succès et un talent qui n’est désormais plus à démontrer.
Enregistré sur le Premonition Tour ayant écumé l’Europe entière, de la Norvège à la Finlande en passant par l’Italie ou la Serbie, le groupe du formidable guitariste
Gus G, sous la houlette de son fidèle bras droit
Bob Katsionis (claviers, guitare), ont décidés de filmer la prestation du 12 janvier 2008 à Thessaloniki, à domicile, devant un public grec conquis d’avance.
Un premier témoignage vidéo qui fera bien plus que remplir son contrat, et s’imposera comme l’un des meilleurs dvd du genre depuis un bon bout de temps, trônant sans problème entre un
Edguy et un
Helloween, et surpassant les dernières livraisons vidéos de
Gamma Ray ou de
Savage Circus. Très complet, dépassant les deux heures et demi, proposant l’intégralité du concert en Grèce, des extraits à Montréal, d’autres en umplegged, les clips (dont il manque le très dispensable "
Tyranny" mais également l’indispensable "
The Fire & the
Fury") ainsi qu’un court documentaire sur le groupe.
Allons droit au but, nous pouvons tarir d’éloge un concert absolument succulent, captivant de bout en bout, ne laissant perler pas une seule seconde d’ennui et en saupoudrant le tout d’une technique imparable, souvent impressionnante. Gus est un génie de la six corde, ce n’est plus un secret, et le voir débouler à chaque coin de couplet, sans tomber dans le shred stérile, procure un bonheur intense. Formant un duo d’exception avec son claviériste, les deux compères ne tablent pas sur la déboule de notes mais belle et bien sur la fluidité, la beauté de l’assemblement harmonique des sons, le feeling artistique lié à une technique sans commune mesure, et surtout à des riffs écrasants et très puissants.
Admirablement filmé, avec une qualité d’image et de son impeccable (on regrettera l’absence de son 5.1, uniquement disponible en dolby dts 2.0), très propre mais sentant le feeling live.
Le feeling. C’est ce qui saute aux yeux et aux oreilles. La salle n’est pas très grande, et on ressent une atmosphère très underground, très live, avec un groupe proche de son public, d’un public pouvant toucher la scène et les musiciens. L’impact est direct, et il reçoit de plein fouet les riffs terrassant des grecs.
Repassant en revue la quasi intégralité de "
The Premonition" (huit morceaux sur dix) et de nombreux extraits d’
Allegiance, le combo fait la part belle à son line up actuel. Débutant au pied levé par "
Allegiance" et le génial "
Insanity", les grecs se mettent dans la poche un auditoire visiblement sous le charme.
Apollo parait en forme, même si le début de concert parait un peu poussif. Il sera néanmoins de plus en plus décontracté, notamment sur les titres des anciens albums ("
Between Heaven and Hell", "
I Am Anger", le magnifique "Brother’s Keeper").
Enchainant les morceaux, le groupe s’octroie une petite pause à l’heure en enchainant un solo de claviers planant et un de guitare très influencé par Satriani pour aboutir sur l’énorme et indispensable "
The Fire & the
Fury", au riff tétanisant et aux envolées solistes divines. Que dire face à ce Bob magistral derrière ses touches noires et blanches, se permettant même un solo de guitare et de claviers en même temps, à la manière d’un
Sadist (à noter que Bob est également guitariste, et qu’il rejoint le reste du groupe quand les claviers ne sont pas utiles).
Absolument époustouflant, le groupe évite le piège de la parodie dans lequel tombe parfois
Children of Bodom dans son utilisation abusive des solos. Il n’y a qu’à écouter ce final un brin improvisé de "Angels
Forgive Me" aux claviers, splendide.
Un concert qui se terminera par un rappel composé du tube absolu "
Falling to Pieces", déchainant littéralement le public, et d’un "
Tyranny" joué avec des musiciens à « la banane » bien visible.
Au chapitre des bonus, les titres de Montréal, filmé à caméra fixe, sont plus dispensable que les versions intéressantes des umplegged. Le documentaire, quand à lui, bien que court, traite surtout du dernier album en date, de sa conception et du but fixé pour sa sortie.
Au final, nous avons à faire à un produit très complet, d’un groupe ayant encore de belles années devant lui et tout à montrer au grand public. Malgré la qualité affichée par ses précédents opus, il est certain que
Firewind peut aller encore plus haut, et développer un style encore plus personnel. Mais actuellement, régalons nous de ce témoignage visuel véritablement excellent, que l’on regardera encore et encore, avec un bonheur toujours aussi fort.
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