Stand United.
Un patronyme aux multiples visages pour un dixième opus qui peut autant parler du monde actuel que du groupe lui-même qui a justement connu de nombreuses dissensions dans son histoire mais qui enchaîne un second disque avec le même line-up. Quatre ans après “l’opus covid” de
Firewind,
Gus G remet le couvert avec Herbie Laughans au micro et toujours accompagné de ses fidèles lieutenants que sont Petros Christo et du jeune (enfin, un peu moins désormais) Jo Nunez qui martèle la batterie depuis "
Few Against Many".
Entrecoupé d’un quatrième album solo pour le grec, cette fois-ci instrumental et répondant pleinement aux attentes de nombreux fans, ce cap symbolique du dixième album est aussi un moyen de continuer son bonhomme de chemin en se faisant plaisir, presque libéré de ce besoin de toujours être plus flamboyant et déferlant dans son approche.
"
Stand United", malheureusement encore une fois présenté par un artwork franchement laid (à croire que c’est un sport national chez eux), ne trompe en revanche personne sur la marchandise. Le riffing de
Gus G est désormais totalement reconnaissable, la précision et la vélocité de ses soli ainsi que sa capacité à, malgré son niveau technique incroyable, de proposer de véritables chansons aux mélodies entêtantes et accrocheuses.
J’en veux pour preuve un "
Destiny Is Calling" à la mélodie tellement chantante qu’elle se calque totalement sur le refrain de Herbie (qui a dit caricatural ?), ce dernier réussissant toujours le travail de funambule consistant à user de sa voix rocailleuse et grave pour rendre plus imposante une musique globalement toujours très mélodique. Comment ne pas headbanger sur le simple et efficace "
Fallen Angel", transfuge d’un "
Falling to Pieces", du
Helloween single des années 2000 couplé aux débuts d’
Edguy pour un morceau court, efficace, au refrain fédérateur, aux riff simple accompagné de quelques claviers qui propulse un solo court mais qui donne juste envie de jouer de cet air guitar qui nous va si bien. Du pur
Firewind dans le texte, qui fait parfaitement le job.
Du pur
Firewind également sur un title track véloce et agressif, plus sec et incisif autant dans les guitares que chez un Herbie bien plus mordant et sombre sur les couplets. L’énorme riff central du morceau n’est d’ailleurs pas sans rappeler le classique "
The Fire and the
Fury" et devrait, en ce sens, tout écraser sur son passage lors des prochains live. "
Land of Chaos" est aussi surmonté d’un riff épais et “in your face”, toujours parfaitement mis en lumière par le travail d’orfèvre de Dennis Ward à la production (comme pour l’opus précédent et les deux derniers albums solo du guitariste). Le riff juste avant le solo, dévoile d’ailleurs un Gus plus groovy, puis un solo un peu différent, moins apte à déverser des tonnes de notes (quoique …) et plus bluesy dans l’esprit. Il est intéressant de voir comme le jeu du grec évolue, après les incartades plus pop ou rétro 80 présentées par intermittence dans "Quantum Leap".
On ne pourra totalement éluder que certains titres manquent un peu de consistance, comme ce "The
Power Lies Within" redondant et plus plombé, ou encore "Days of Grace" qui termine l’album entre la ballade musclée et le titre power qui ne se lance jamais vraiment. Dommage de terminer le disque sur un morceau un peu écartelé, ne profitant pas totalement du jeu clean de Gus qui excelle pourtant dans ce domaine quand il en puise une véritable atmosphère. On profitera plus d’un "
Come Undone" qui fait apparaître des lignes de claviers, un refrain dantesque qui donne envie de les accompagner sur scène et un solo virtuose comme il les maîtrise à la perfection. On connaît la passion du musicien pour les années 80 et c’est ici "Talking in your
Sleep" de The Romantics qui est repris mais le morceau n’a pas l’aura d’un "
Maniac" pour raisonner auprès de tous et si la reprise est sympathique, elle n’en reste pas moins anecdotique.
S’il est maîtrisé de bout en bout, "
Stand United" marque sensiblement le pas chez
Firewind, comme un constat que le groupe a probablement, à un moment donné, raté le bon wagon pour franchir un cap supplémentaire et faire partie des poids lourds du power metal européen. De ceux qui remplissent les grandes salles et génèrent une attente plus conséquente. Ce n’est pas une question de talent intrinsèque tant les musiciens en sont pétri, mais peut-être la faute à une recette trop souvent répétée, à quelques facilités d’écriture (rarement de titres vraiment épiques ou plus long, un peu de remplissage ici et là) et une instabilité chronique dans les rangs du groupe. Cela ne boudera pas notre plaisir à l’écoute de ce nouveau disque qui comprend quelques pépites mais ne changera probablement pas le statut du groupe à ce niveau (même la présence durant 7 ans de Gus aux côtés de Ozzy n’y a rien changé). Néanmoins, restons unis et soyons forts ensemble. C’est le message positif véhiculé ici et la meilleure chose à retenir !
Assez d'accord avec Eternalis dans l'ensemble ce Stand United tient bien debout : très efficace et sans fioritures, ça envoie dès l’entame, Gus brille toujours dans ses soli sur des rythmiques bien carrées sans être trop originales dans des titres très compacts, …je connais l’appétence de Gus pour les structures prog ( dans ses albums solos) c’est peut-être ce qui fait un peu défaut dans cette galette, des titres moins balisés mais je chipote un peu, c’est normal quand on a l’habitude du haut niveau,on devient plus exigeant…
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire