Hatebreeder

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Nom du groupe Children Of Bodom
Nom de l'album Hatebreeder
Type Album
Date de parution 26 Avril 1999
Style MusicalHeavy Black
Membres possèdant cet album1154

Tracklist

Re-Issue in 2005 by Nuclear Blast with 2 bonustracks.
Re-Issue in 2008 by Spinefarm with 3 bonustracks.
1. Warheart 04:07
2. Silent Night, Bodom Night 03:12
3. Hatebreeder 04:21
4. Bed of Razors 03:56
5. Towards Dead End 04:54
6. Black Widow 03:58
7. Wrath Within 03:54
8. Children of Bodom 05:14
9. Downfall 04:34
Total playing time 38:10
Bonustrack (Japanese Release)
10. No Commands (Stone Cover) 04:47
Bonustracks (Re-Issue 2005)
10. No Commands (Stone Cover) 04:47
11. Downfall (Enhanced Video)
Bonustracks (Re-Issue 2008: Special UK Edition)
10. No Commands (Stone Cover)
11. Aces High (Iron Maiden Cover)
12. Downfall (Enhanced Video)

Chronique @ Matai

28 Avril 2010
On se souviendra de « Something Wild », le tout premier album des Children of Bodom, l’album qui les avait fait connaître, la grande révélation. Une bombe. Ce mix entre speed métal pour la rapidité du rythme et des guitares, et black pour les ambiances et le chant. Et cette fameuse pochette, une faucheuse l’habitant en son centre, et cette couleur bien rouge…Mais les finlandais ne chôment pas et deux ans plus tard arrive, signé chez Nuclear Blast…”Hatebreeder”, « celui qui engendre la haine »…

« Hatebreeder » ou un somptueux mélange entre black et power…
« Hatebreeder » ou la virtuosité des musiciens…
« Hatebreeder » ou un superbe album…

Il faut le dire tout de suite. Cet opus est une réelle réussite et est souvent nommé comme le meilleur album de Children of Bodom. Le combo fait fort et n’y va pas de main morte. Le tout est très homogène, les titres ne se ressemblent pas…ils dépassent les limites, affirment leur style, étoffent leur technique, et jouent avec les mélodies…nous ne pouvons que nous régaler à l’écoute de ces neuf titres…
Progressant dans un style extrême, mais très power, les jeunes prodiges arrivent à nous faire un puissant alliage d’agressivité, de technicité et d’harmonies. Les claviers prennent plus de place, mélodieux et fantasmagoriques, mystérieux parfois, épiques aussi…les atmosphères sont dans une optique black, les jeux sont très recherchés et très agréables mais surtout…ils n’étouffent pas les guitares qui sont les pièces maitresses de la mélodie sur chacun des titres…rapides, magiques, harmoniques, telles un piano ou une harpe, les notes s’envolent, les tessitures varient, aigue, grave, encore et encore…leurs accords majestueux forment des refrains inoubliables, les riffs sont flamboyants et l’on sent aisément l’osmose entre le musicien et son instrument…le néo classique à l'état pur.

Never seen the fooled beast inside of me”:

La fluidité est déconcertante…tout leur semble si facile à faire, tout a l’air si accessible...le chant d’Alexis Laiho est si précis et charismatique, ses cris black modulés, son timbre de voix si particulier…ses lignes de guitares particulièrement incontrôlables et techniques à souhait, aériennes, subtiles, soutenues par des claviers indispensables, créant un duo harmonieux des plus intenses…la fusion basse/batterie est quasi parfaite et la rythmique que celles-ci imposent est résolument dans la veine du métal extrême…c’est rapide, compact, brutal…

« From now on, we are enemies; you and I! »:

Alors que « Warheart » et son rythme assassin très power, ses guitares explosives, ce « From now… » scandé au début et ce « Warheart » crié au refrain débute l’album parfaitement, le reste se veut être de la même veine, varié, à souhait, les structures des titres sont très recherchées. Rien ne se ressemble, tous les titres sont bons. « Bed of Razors » et sa harpe en introduction emmène l’auditeur dans un monde magique et mystérieux, les riffs et le chant des plus tranchants, les solos très bons et bien sous pesés, les claviers style baroques en mode clavecin…
« Towards Dead End » impressionne par sa rapidité digne des groupes de heavy speed mélodique, mais avec ce côté extrême…les mélodies faites à la guitare sont enivrantes, les notes s’envolent encore et encore, la batterie est pointilleuse et le chant incisif…idem pour le titre « Children of Bodom », un des plus longs de l’album ; atmosphères black prenantes, ensemble rythmé, tout pour passer un bon moment…
« Downfall » est sans doute le morceau le plus épique, les claviers aux premières loges, tantôt mystérieux, tantôt guerriers, les guitares bien death montant en puissance progressivement, et ultra technique, ce chant black parfois caverneux…un vrai régal.

Neuf titres composent « Hatebreeder », deux de plus que « Something Wild ». Ils sont trop courts malheureusement, on aurait bien voulu que ça dure plus longtemps mais bon. On est pris dans leur musique, le plaisir est intense, les harmonies sont envahissent, les guitares se veulent même symphoniques : imaginez-les en train de remplacer les violons de Mozart ou de Bach ! Néo-classique? Bien sûr.

Quant à la pochette, elle ne se veut pas très différente de « Something Wild ». Le rouge est remplacé au profit du vert (couleur mystérieuse, mais surtout, celle prédominant dans les aurores boréales des pays nordiques). Les sapins et le lac (un fjord ?) remplace le désert infernal. La faucheuse est toujours présente, moins effrayante semble-t-il, nous montrant le chemin…une invitation à l’écoute de l’album ? Pas de soucis !

Une réelle merveille qu’est ce « Hatebreeder », une des plus belles réussites de Children of Bodom. Le tout est immensément puissant, technique, mélodique mais aussi agressif.
On regrettera la montée en puissance du style pratiqué par ce groupe, ramenant des copies de copies de copies de nos virtuoses préférés, les rendant avec les années, de plus en plus quelconques…toutefois, les petits génies ne perdent pas pour autant leur identité…
A écouter encore et encore…

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Matai - 05 Mai 2010: J'ai écouté "Follow the Reaper" dernièrement, et je sais pas...trop de solos, j'ai vraiment l'impression qu'ils en font vraiment trop sur cet album, c'est moins naturel que sur "Hatebreeder" par exemple ou même "Are You Dead Yet"...m'enfin bon, ce n'est qu'un point de vue ^^
Tfaaon - 05 Mai 2010: lol, c'est pas trop pour moi... mais c'est sans doute parce que je suis guitariste. ils sont vraiment très très beaux , comme celui de follow the reaper... o_O mes oreilles en saignent encore.
Matai - 05 Mai 2010: Pourtant j'aime bien les solos, je trouve ça beau aussi, mais trop, c'est de l'indigestion, j'ai pas pu écouter Follow the Reaper jusqu'au bout et les seuls titres que j'ai vraiment aimé sont "Northern Comfort" et "Everytime I Die".

Quant à "Hatebreeder", ça se
sera sans doute vu, c'est "Downfall" et "Towards Dead End" ^^
Tfaaon - 05 Mai 2010: downfall, larme à l'oeil...
dire que je connaissais pas cette chanson quand je les ai vu en concert,en 2006. xD
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Chronique @ BadaOfBodom

23 Mai 2010
En 1997, avec "Something Wild", album aussi révolutionnaire que savoureux, nos joyeux compères de Children of Bodom avaient mis la barre très haut. Leur inspiration débordante et leur technique instrumentale pointue imposaient le respect, surtout à leur âge. Et naturellement, une telle démonstration de talent laissait augurer d’excellentes choses pour la suite. Mais cette œuvre magistrale des premiers instants n’allait-elle pas, paradoxalement, leur faire de l’ombre ? Les Finlandais allaient-ils parvenir à évoluer tout en conservant les ingrédients de leur recette unique ? Pouvaient-ils se surpasser et faire mieux qu’en 1997 ?

Après avoir décroché un contrat avec le médiatique Spinefarm Records grâce à son opus précédent, le groupe ne tarde pas à signer avec le prestigieux Nuclear Blast. Bon point pour le groupe qui va gagner en notoriété, et pari gagné pour le label qui vient, sans le savoir, de se lier avec une énorme vache à lait ; si vous me permettez l’expression… Il faut dire que "Hatebreeder" fut un franc succès lors de sa sortie en 1999, et ce n’est pas pour n’importe quelle raison. "Hatebreeder" est en tout point un album de grande qualité que je ne vais pas manquer de vous présenter en détails.

Sans surprise, ce nouvel opus entretient jusqu’au bout le côté expérimental qui rythme l’intégralité de "Something Wild". En effet, la fusion de genres hétérogènes est toujours d’actualité et se veut toujours aussi fascinante par la subtilité de sa réalisation. Ne croyez pas cependant que ce "Hatebreeder" est une pâle copie de son grand frère. Les Finlandais ne s’étant pas reposés sur leurs lauriers, l’innovation est bel et bien au rendez-vous. Au cœur du changement : l’atmosphère véhiculée. Eh oui, la noirceur originelle est en fait quelque peu atténuée au profit d’un style plus aérien. Avec "Hatebreeder", Children of Bodom va encore davantage piocher dans le Metal "soft" que dans le Metal "extrême", comme en témoigne notamment le recours désormais quasi systématique au Heavy. Les atmosphères se raréfient, laissant ipso facto la place à un style plus direct ; et l’on assiste à un glissement d’un Metal plutôt symphonique vers un Metal plutôt mélodique, tant le clavier se laisse guider par les guitares. Il va de soi que la production, propre et sans bavure cette fois-ci (quand bien même l’album a été enregistré une nouvelle fois par Ansi Kippo au Astia Studio), joue aussi un rôle déterminant dans cette évolution. Car la limpidité du son empêche toute dérive vers un Black Metal sectaire, Black qui, rappelons-le, se retrouvait à petite dose dans "Something Wild", n’en déplaise aux puristes.

Cela dit, le Black reste une source d’influence non négligeable pour Children of Bodom. Il y a tout d’abord ce fameux chant d’Alexi Laiho, incisif à souhait, très Black dans l’esprit. Mais il y a également des riffs typiques de ce style qui s’avèrent parfaitement repérables dans l’album qui nous préoccupe. La première chanson de l’album, "Warheart", ne nous contredit pas puisque le riff d’introduction s’inscrit volontiers dans un registre Black Symphonique et le riff commençant à 01:15 dans un registre particulièrement Black Mélodique. "Hatebreeder" n’est pas en reste avec un riff bref mais destructeur à partir de 00:43, tout comme "Children of Bodom" quand arrive 02:42.

D’autres influences "extrêmes" sont à dénoter, bien qu’elles ne représentent qu’une infime partie du disque. Il s’agit bien sûr du Thrash et du Death que l’on retrouve à peu près dans les mêmes morceaux. Juste après son riff introductif, "Warheart" nous livre effectivement un riff plus ou moins Thrash / Death (idem à 02:45), ce que l’on retrouve dans "Hatebreeder" dès que le titre commence. Pour "Wrath Within", le côté Thrash s’étale presque du début à la fin, le morceau étant inspiré de la discographie des compatriotes du groupe Stone qu’Alexi affectionne depuis son plus jeune âge (l’hommage qui est rendu à Stone avec la reprise de "No Commands", bonus track présent dans certaines éditions, en est une preuve éloquente).

Mais comme je l’ai indiqué plus haut, le style qui est la véritable matrice de l’album, c’est le Heavy ; à la sauce Yngwie Malmsteen principalement. J’entends donc par là un Heavy fortement imprégné de la Musique Classique, naturellement virtuose et accrocheur. Tous les morceaux s’arc-boutent sur ce schéma.
"Warheart", malgré son impétuosité affichée, nous offre de vrais interludes néo-classiques dont Janne Wirman en est le principal artisan avec son harpsichord (cf. 01:46 et 03:28). Mais ne négligeons pas non plus le rôle déterminant des guitares véloces et suraiguës d’Alexi Laiho et d’Alexander Kuoppala qui sonnent quasiment comme des violons (cf. 02:30).
"Silent Night, Bodom Night" va bien plus loin. Emmenés par un clavier prodigieux (cf. 01:04) et des guitares toujours aussi acérées (cf. 02:17), les riffs frénétiques de cette chanson invoquent presque à chaque instant les fondamentaux de la Musique Classique. Un régal...
"Hatebreeder", pourtant assez direct, au même titre que "Warheart", ne déroge pas à la règle… Quand arrive 02:49, on sent très bien le penchant néo-classique. Et pour cause ! Le groupe s’est ici inspiré de quelques arpèges présents dans le célèbre "Air de la Reine de la Nuit" extrait de l’opéra "La Flûte Enchantée" de Wolfgang Amadeus Mozart ; Mozart étant, il faut le savoir, une source d’inspiration intarissable pour Alexi Laiho et ses acolytes, ce qui s’entendait déjà distinctement dans "Something Wild". À cela, vient se greffer la fin très néo-classique du morceau ; fin en crescendo qui n’est pas sans rappeler celle de "Red Light In My Eyes Pt. 2", dans "Something Wild" également.
Concernant "Bed Of Razors", une rumeur selon laquelle le morceau aurait dû être intitulé "Red Light In My Eyes Pt. 3" va bon train. Info ou intox ? Difficile à vérifier… Toujours est-il qu’une telle appellation n’aurait pas été incongrue parce que "Bed Of Razors" conserve lui aussi une approche très néo-classique. Le riff principal qui est donné par le clavier au début et qui est ensuite repris par les guitares nous le montre, de même que le riff commençant à 01:42 puis réapparaissant à la fin, ou que le bref interlude à 02:20.
"Towards Dead End" ? De la même manière que "Silent Night, Bodom Night", ce morceau est profondément néo-classique de bout en bout. Mais ce qui est probablement le plus intéressant survient à 04:15. Car, en tant que fan de Stratovarius, je n’ai pas pu m’empêcher de faire le rapprochement avec le morceau "Rebel"…
"Black Widow" poursuit ce travail néo-classique assidu avec un refrain - et c’est flagrant – issu du Concerto pour piano n°20 en ré mineur de Wolfgang Amadeus Mozart ; refrain auquel viennent s’ajouter le passage à partir de 02:34 ainsi que le crescendo final (quasi identique à celui rencontré précédemment, juste avant que la chanson "Hatebreeder" ne se termine).
"Wrath Within" enfonce irrémédiablement le clou avec son solo intervenant à 02:33 ; solo qui évoque sans équivoque la Musique Classique dans sa forme la plus conventionnelle.
Idem pour "Children of Bodom" (cf. 03:57), avec en plus un bref interlude au clavier, comme Janne Wirman savait les faire dans "Something Wild" (cf. 03:48).
Quant à "Downfall", il n’y a pas grand-chose de plus à mettre en exergue à son sujet, si ce n’est de signaler une nouvelle fois un solo particulièrement néo-classique (cf. 03:17).

Comme vous pouvez le voir, "Hatebreeder" est une œuvre néo-classique sur toute la ligne. Attention, cependant. Une telle omniprésence des structures empruntées à la Musique Classique ne doit en aucun cas nous faire oublier les autres aspects musicaux de l’album, également très présents pour certains d’entre eux.
Notons tout d’abord ce fameux aspect progressif, hérité de "Something Wild". Cet aspect est encore d’actualité avec des morceaux qui sont d’une richesse interne incroyable, pouvant alterner en un clin d’œil entre le Black et le Power Européen, comme par exemple dans "Warheart" ou "Hatebreeder". Manœuvre peu commune, on en conviendra… Surtout que les morceaux ne sont pas très longs. L’archétype de cette dimension progressive reste néanmoins "Wrath Within" où les structures ne cessent de changer pendant près de quatre minutes, et ce de façon parfois abrupte.
Notons ensuite la présence d’arrangements symphoniques, distillés ici et là avec intelligence. De tels arrangements sont nettement moins fréquents que dans "Something Wild", c’est une évidence. Mais ils restent tout de même essentiels par l’ébauche d’atmosphère qu’ils génèrent à chaque fois, et qui donne indubitablement un charme supplémentaire à cet album. Le riff d’introduction de "Warheart" est encore une fois très illustratif, de même que les riffs reprenant en partie les symphonies de Mozart dans "Hatebreeder" et "Black Widow" ; ce que nous avons vu tout à l’heure…
Quant à la dimension atmosphérique - stricto sensu - inhérente à "Something Wild", je rappelle qu’elle a été relativement évincée dans "Hatebreeder". En effet, quand on met à part le court interlude mystique de "Silent Night, Bodom Night" où le clavier sonne comme une harpe (cf. 01:53), les premières notes de "Bed Of Razors" qui instaurent un climat plus ou moins inquiétant, le fameux interlude de "Children of Bodom" que j’évoquais précédemment, et "Downfall" qui exprime haut et fort la mélancolie, peu d’ambiances sont créées.
Notons enfin le réel côté épique des compositions, encore une fois hérité de "Something Wild". Preuves à l’appui ! Il y a déjà le riff quasi Power / Folk de "Warheart" (cf . 00:54 et 03:05), mais il y a aussi les refrains évocateurs de "Hatebreeder", "Bed Of Razors", et "Towards Dead End", épiques à souhait et non moins jouissifs.

Face à une telle richesse musicale, il va de soi que la performance technique des musiciens devait être à la hauteur de l’ouvrage pour ne pas faire sombrer les compositions dans l’anarchie auditive. Et quelle réussite ! En témoignent le jeu de guitare toujours aussi virtuose d’Alexi Laiho et d’Alexander Kuoppala (cf. "Silent Night, Bodom Night"), la basse véloce de Henkka Seppälä (cf. "Warheart"), le clavier supersonique de Janne Wirman (cf. "Children of Bodom"), la batterie imperturbable (cf. "Wrath Within"), et le chant diabolique du "Wildchild" (cf. "Downfall"). En témoignent aussi les nombreux "duels" guitare lead / clavier remarquablement menés, respectivement par Alexi Laiho et Janne Wirman. "Hatebreeder" est probablement le morceau qui illustre le mieux cette pratique entre 03:39 et la fin.

Petites anecdotes, maintenant.
Tout d’abord, il faut savoir que dans l’album "Hatebreeder", Children of Bodom continue d’insérer ses fameuses références cinématographiques. "From now on, we are enemies. You and I" qui introduit "Warheart", et donc par extension l’album, est une citation extraite du film "Amadeus" de Miloš Forman ; film qui conte la vie de Wolfgang Amadeus Mozart, comme vous pouvez vous en douter. Ces mots, prononcés par Antonio Salieri, compositeur classique et compatriote de Wolfgang Amadeus Mozart, sont destinés à ce dernier. Car malgré son talent, Salieri ne peut que s’incliner devant le génie de Mozart, ce qui suscite en lui une jalousie maladive s’approchant asymptotiquement de la haine. D’un certain point de vue, cette citation est parfaite pour introduire l’opus des Finlandais parce qu’elle révèle d’emblée la musique que l’on va avoir la chance de découvrir : un Metal néo-classique sans concession. Sinon, toujours dans les références cinématographiques, sachez que l’on a droit une nouvelle fois à un air tiré de la série télévisée américaine "Miami Vice". Oui, je dis bien "une nouvelle fois" car dans "Something Wild", juste après "Touch Like Angel Of Death", je rappelle qu’il y a une piste cachée où un air de "Miami Vice" est interprété au clavier… Bref. Dans l’opus qui nous intéresse présentement, l’air issu de "Miami Vice" est perceptible au début de "Black Widow". Vous savez, le petit air gentillet soufflé par la flûte…
Et puis, il faut savoir aussi que pour l’écriture de "Towards Dead End", le quintette s’est largement inspiré du titre éponyme de sa démo intitulée "Shining". Cela saute aux yeux - ou plutôt aux oreilles - comme le nez au milieu de la figure…

Côté concept, Children of Bodom ne sort pas des sentiers battus avec "Hatebreeder". Le triple meurtre sanguinaire qui avait été commis jadis en Finlande sur les rives du lac Bodom reste au centre des préoccupations du groupe.
C’est en cela que l’on retrouve sur la pochette l’incontournable faucheuse, coupable, dans l’imaginaire collectif, de ces trois meurtres nocturnes d’une rare violence. Détail intéressant, il semblerait que la faucheuse soit placée devant le lac Bodom sur le dessin, ce qui ne fait que donner encore davantage de crédit au concept entretenu. D’autant que la faucheuse tend son bras dans cette direction, comme si elle voulait qu’on y mette les pieds pour nous réserver le même sort funeste qu’aux trois jeunes malheureux ayant croisé son chemin en 1960. Par ailleurs, la couleur verte répartie uniformément sur toute la pochette (et présente de la même façon dans le clip de "Downfall") n’est peut-être pas anodine, même si elle demeure surprenante, tant le rendu visuel est kitsch. Parmi ses innombrables significations symboliques, le vert peut effectivement représenter la maladie et la mort, en référence notamment à la couleur écœurante d’un corps en putréfaction. Erkki Johansson pourrait certainement en témoigner, lui qui avait découvert la scène macabre lors de sa baignade matinale dans le lac Bodom, un certain 5 juin 1960…
Les paroles, quant à elles, se rapportent soit explicitement au triple meurtre sus-cité (cf. "Silent Night, Bodom Night" et "Children of Bodom"), soit implicitement en évoquant entre autres la mort, la souffrance, la haine, et l’obscurité.

Voilà, je crois que la boucle est bouclée à propos de "Hatebreeder". Et quel album, mes amis ! Je ne vous cache pas que s’il ne devait en rester qu’un, ce serait probablement celui-ci que je choisirais. Pourquoi ? Parce qu’il m’a complètement subjugué musicalement par son ingéniosité à tous les niveaux, et parce qu’il revêt une dimension particulièrement affective pour moi. "Hatebreeder" est un de ces albums qui m’ont fait tomber de façon irrémédiable dans la marmite du Metal, et je ne l’en remercierai jamais assez pour cela. Plus qu’un album, un mythe !

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BadaOfBodom - 11 Avril 2011: Pas grave. C'est un pavé, donc t'es excusé. ;)
BadaOfBodom - 25 Mars 2012: Merci pour ton commentaire. :)

"Hatebreeder" est un excellent album, c'est certain. D'ailleurs, c'est probablement l'album que j'ai le plus écouté de ma vie...
seppuku - 25 Mars 2012: EH bien je me suis faite le même genre de réflexion ce matin avec Something wild. c'est fou ce que c'est deux albums sont riches et complexes. C'est ce qui fait leur beauté :). Il y a toujours de nouvelles découvertes qui se font à chaque écoute !
samolice - 12 Juin 2013: Excellente chronique. Merci beaucoup.
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Commentaire @ Julien

02 Mars 2005
S’il devait y avoir une définition de l’album parfait il faudrait mettre la pochette de Hatebreeder à coté. C’est probablement l’un des albums les plus homogènes qui existent, il n’y a rien à jeter.

Hatebreeder est donc le second album studio de la bande à Alexi et on voit clairement qu’ils ne craignent personne.
Dès le premier titre, on sent l’évolution du groupe vers un style résolument plus death, délaissant un peu la pointe de black qui teintait leur musique. Il est claire que ça ne plait pas à tous le monde et que certains lâcheront à l’album suivant. Moi j’adore ce style très agressif et très technique.
Je vous rassure, il y a toujours ce qui a fait le succès de Bodom à savoir le combat clavier/Guitare, mais ici c’est vraiment exécuter à la perfection.
C’est véritablement l’album de référence du groupe, quatre de ces titres sont déjà devenus des classiques.
« Warheart » est le morceau idéal pour entamer un CD, non ? Puissant, rapide, refrain qui assure, c’est l’archétype même de l’excellent morceau de métal. Le titre qui suit arrive à surpasser le premier ce qui n’était pas une mince a faire. « Silent night, bodom night » rend honneur au groupe par sa consistance et son peps. Le headbanging est probablement a son paroxysme lors à ce moment là.
Tous les titres qui suivent sont un poil en dessous et encore (c’est dire le niveau). Le petit passage typé Buffy au début de « Towards dead end » est franchement sympa (bien que la comparaison ne soit pas forcement flatteuse) et le sample genre flûte de pan qui suit, même s’il ne dure que 5 secondes, est bien fendard.

La fin du CD est à l’image des fins de concert : c’est le finish him. On a droit au mythique « Downfall ».Son intro au clavier est reconnaissable entre mille.

Achetez le c’est l’un dès plus grand album de métal de tous les temps, j’y vais fort mais quand on aime on ne compte pas.

UN MUST !!!!!!!!!!!

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conspiracy49 - 22 Août 2008: excelent album, rien a dire!
DarkRenegade - 03 Fevrier 2009: c'est vrai que c'est un bel album,mais au risque de perpétrer un sacrilège, je dirais "putain mais bordel c'est quoi ce clavier playskool à la con qui casse tout dans un si bel album?".
Enfin c'est vrai quoi, les solos de clavier sont super, le problème c'est qu'ils sont exécutés au clavier...désolé mais c'est LE truc que j'aime pas dans children of bodom,enfin pourquoi ils font pas la même chose à la guitare et ils renvoient pas leur clavier playskool à maxitoys?
pielafo - 16 Octobre 2009: Les habitues de Thrash ou de Heavy n'aiment souvent pas le Death( se n'est pas mon cas cepandant) et en particulier ces claviers.

Children of Bodom est un groupe de Death metal MELODIQUE!!! alors le fait de ne pas utiliser de claviers rendraient cet album vide. Ce ne serai juste que des notes que l'on nous balance- Qui a dit Endgame de Megadeth?- la ou avec les claviers, on reste accroche du debut j'usqua la fin.
keketomax - 08 Décembre 2012: Tu as tout a fait raison, Julien!
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Commentaire @ Metzly

04 Avril 2007
Aaah le Hatebreeder de COB...Ou comment un groupe en moins de 2 ans reussi d'une pierre deux coups en signant sur l'un des plus grands labels métal et faire de leur second album une référence, un classique, que dis-je un chef d'oeuvre du speed mélodique. Peu de groupe peuvent se targuer d'en avoir fait autant!
On démarre donc très très haut avec ce petit bijou, qui malgré une pochette verte pas du meilleur goût (mais ce n'est que mon humble avis) est une réelle mine d'or pour nos oreilles.
A l'époque, la sortie de Something Wild fut une véritable petite révolution, jusque là aucun groupe n'avait encore allié du speed mélodique avec influences et voix black, une petite touche de baroque, sans compter la technicité et la virtuosité de Laiho qui prend un malin plaisir à enchainer des soli à s'arracher les cheveux.
On pourrait donner une liste non exhaustive d'adjectifs élogieux qualifiant Hatebreeder, mais celui qui s'y appreterait le mieux serait: perfection. Non franchement rien n'est à jetter. Les structures des chansons sont impressionantes, en constante variation, rapidité, fluidité et technique ne font qu'une, grandes influences de J.S.Bach aux petites interludes baroques, envolées de claviers et guitares tranchantes omniprésentes et menant la troupe au fouet.
Mais comment et par quel moyen un second album pourrait-il être mieux?? Pour cela il faudrait sans doute en trouver la faille...mais laquelle?
Hatebreeder c'est aussi la rencontre entre Kimberly Goss et Laiho pour qui elle écrira les paroles de Silent Night Bodom Night et fera une très furtive apparition vocale sur Black Widow (si si le petit hurlement de fond c'est bien elle).
Avec cet album un nouveau souffle dans le métal finlandais voit le jour, mais c'est aussi l'album de la reconnaissance pour COB aprés les années de galère et de dur labeur, celui qui confirme le statut incontournable du groupe qui impose ainsi son style unique et dans lequel s'engoufreront de nombreux groupes. Mais soyons honnêtes un album du cabarit de Hatebreeder ou tout du moins espérant rivaliser avec lui, n'a toujours pas vu le jour....

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morgothduverdon - 01 Mai 2007: Il y a également des influences de Mozart. écoutes la chanson hatebreeder vers 2 minutes 49 jusquèà 3 minutes 00, ru verra l'air de la reine de la nuit en version accélérée (en plus c'est proche de la signification de ton pseudo), qui se trouve dans l'opéra la flute enchantée.

Bonne chronique sinon.
Metzly - 01 Mai 2007: LoL quel connaisseur! C'est vrai qu'il y a un peu de Mozart...
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Commentaire @ Fetus

17 Décembre 2007
Pas mal de personnes disent que le Metal d’aujourd’hui (depuis le milieu des années 90, du moins) est mort et ne content que sur Iron Maiden et Black Sabbath.
C’est totalement faux, et Children of Bodom en est la preuve.

Hatebreeder, ce second opus, est à mettre dans les classiques du Metal. « Warheart », qui entame l’album comme il faut, nous montre quelques changements par rapport au précédent album des Enfants de Bodom : des parties Death Metal plus présentes et des refrains un peu plus Hard Rock par exemple. Continuons. « Silent Night, Bodom Night » nous fait comprendre que l’on n’a pas faire à des débutants en matière de technicités. Le maître Alexi Laiho maîtrise complètement son sujet avec le claviériste Janne Warman : Les deux bonshommes nous livre des démonstrations techniques dignes de Sébastien Bach. Heureusement, ce n’est pas que la technique qui est mis en avant dans Children of Bodom : Les morceaux ont vraiment quelque chose de nouveau mais avec des influences de heavy metal qui sont largement présentes. Le titre éponyme en met plein la face à son auditeur, tout comme « Bed Of Razors »avec son intro au clavecin assez délirante. Je pourrais continuer longtemps comme ça à décrire les morceaux, mais cela n’a aucun intérêt.

Hatebreeder est un album réunissant la rapidité du Speed Metal, la puissance du Power Metal et la morbidité du Death et du Black. Un album quasi-parfait que je ne cesse d’écouter en boucle et qui –il me semble- a fait l’unanimité auprès des metalleux. Une petite note tout de même au magistral et angoissante « Downfall » qui clôt aussi bien l’album qu’il a été ouvert.
A écouter très vite même si pour la plupart d’entre vous, cela doit déjà être fait.

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