Frost

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Nom du groupe Enslaved (NOR)
Nom de l'album Frost
Type Album
Date de parution 01 Décembre 1994
Enregistré à Grieghallen Studio
Style MusicalBlack Viking
Membres possèdant cet album374

Tracklist

1.
 Frost
 02:52
2.
 Loke
 04:21
3.
 Fenris
 07:16
4.
 Svarte Vidder
 08:43
5.
 Yggdrasil
 05:23
6.
 Jotunblod
 04:07
7.
 Gylfaginning
 05:31
8.
 Wotan
 04:12
9.
 Isørders Dronning
 07:45

Durée totale : 50:10


Chronique @ eulmatt

04 Mars 2008
Fort de son premier album sorti en ce début 94, et d’une renommée qui s’affirme depuis le fameux split avec Emperor l’année précédente, le trio de jeunes Norvégiens figure désormais en bonne place au sein de la scène black metal de Bergen, qui en cette période particulière est au centre des attentions.
La créativité d’Ivar et de Grutle apparaît débordante, certainement pas rassasiée par un Vikingligr Veldi fort seulement de cinq morceaux. Les jeunes vikings retournent donc dès le mois de juin 1994 aux studios Grieghallen pour mettre en boîte un second album plus consistant prénommé Frost.

La ligne de conduite d’Enslaved ne dévie pas d’un iota: bien que très proche du noyau dur du black norvégien, le groupe affiche son indépendance au travers de son attachement à des thématiques qui n’ont rien d’occultes. Enslaved joue du viking metal, comme il l’affiche clairement dans le livret du disque. Poussant le concept jusqu’au bout, ils s’affichent fièrement arborés de costumes vikings, côte de maille et casque vissé sur le crâne. Le chant en norvégien est bien entendu plus que jamais de rigueur.

Côté musical, Enslaved confirme également les promesses entrevues depuis deux ans. Attaquant le disque par une relativement longue introduction instrumentale, où froid et neige viennent immédiatement s’incruster dans le paysage (Frost), Loke vient frapper un premier grand coup de hache. Délivrant un black épique et guerrier où le talentueux Trym déroule son jeu galopant, avec les riffs tranchants relativement haut perchés d’Ivar, ce morceau témoigne comme quelques autres (le furieux Jotunblod notamment) de l’appartenance claire d’Enslaved à la scène de Bergen d’alors, en allant jusqu'à parfois batailler sur des territoires pas si éloignés que cela de l’Immortal de l’époque (les membres des deux formations sont d'ailleurs très proches).

Le caractère martial du metal d’Enslaved, s'il est une constante tout au long de l’album, se présente toutefois sous différentes formes, ce qui tend à confirmer le vIsage à la fois varié et cohérent de Frost.
Le style caractéristique d’Enslaved prend réellement corps dans Fenris: plus long, plus travaillé, ce morceau débute d’abord par un metal viking mid-tempo, avec toujours ce mur de riff très acérés (et très inspirés) accompagnant les hurlements rageurs de Grutle, puis s’accélère pour donner une teinte plus martiale au morceau, qui immerge de manière imparable l’auditeur dans un univers de bataille, de haches et d’épées. Un black/viking de haute volée, que l’on retrouve (peut-être un peu moins inspiré) sur Gylfaginning ou Wotan par exemple.

Frost prend encore de l’altitude avec le magnifique Svarte Vidder, titre composé en 92, très dépouillé de par sa structure minimaliste, et pourtant d’une force mystique considérable. Véritable travail hypnotique, la répétition de ce riff basique et lancinant, inlassablement soutenu par un chant féroce et une solide rythmique, provoquant lors des quelques breaks superbes d’émotions un effet époustouflant. Presque neuf minutes d’une atmosphère austère mais vraiment magique. L’effet est d’ailleurs renforcé grâce à l’enchaînement d’Yggdrasil, balade semi-acoustique où la beauté rugueuse du chant norvégien renforce un peu l’authenticité de l’atmosphère, et où les touches folkloriques ne sont jamais loin. Cette bouffée d’air pur tout droit sorti des fjords, resservi sur un autre morceau aérien en final (Isoders Dronning), permet de donner encore un peu plus de relief à l’album, dont on doit reconnaître un enchaînement de morceaux particulièrement équilibré et pertinent. Son écoute en est d’autant plus plaIsante que la rudesse, voire l’austérité glaciale des parties les plus furieuses de Frost peuvent facilement mettre en difficulté un auditeur peu rôdé à cet univers spartiate...

L’album se fait donc fort d’une identité forte, à l’atmosphère médiévale et guerrière indéniable, tout en s’appuyant sur des inspirations musicales variées, entre la vitesse du black metal, le lyrisme d’un viking metal où l’inspiration du grand Quorthon n’est jamais loin, et les touches progressives quand guitare acoustique et claviers viennent nuancer la froideur martiale du disque. Il augure en fait parfaitement du devenir d’Enslaved, et incarne ainsi sa véritable naissance artistique, même si Frost reste un disque de son temps, avec ses qualités (la pureté et la vigueur d’un black metal vivace tout au long du disque), mais aussi ses limites.

La première – de taille- concerne la faiblesse du son mis à disposition d’Enslaved. Sans doute le disque le plus mal produit de la discographie des Norvégiens, le manque de puissance des guitares ou l’écho monstrueux venant amplifier le chant étant symptomatiques des maux frappant de nombreuses production de l’époque. Pourtant, alors que cela n’est pas vraiment préjudiciable pour les groupes jouant un black metal cru et primitif, le black/viking d’Enslaved, plus subtil et plus travaillé, souffre certainement davantage de ces faiblesses et perd de fait une partie de son impact, même si la froideur incisive qui se dégage sauve l’essentiel.
Autre léger point noir de l’album : l’emploi pas toujours opportun des claviers, dont les sons frisent par moment le kitsch, avec des interventions dispensables et peu judicieuses (comme sur la fin de Fenris). On mettra ces maladresses sur le compte de la naïveté juvénile d’Enslaved ; elles ne pèsent de toute façon pas bien lourd à l’heure du bilan, tant le talent des Norvégiens éclate sur le disque.

A la fois acte de naissance artistique d’Enslaved, qui parvient à affirmer avec force son épanouissement dans un style – le viking metal – qui diverge de la mouvance norvégienne d’alors, et pour autant symbole de son attachement héréditaire à cette même scène black metal, Frost est un disque essentiel à plus d’un titre.
Et au-delà de son importance historique, il demeure un bien bel album, notamment grâce à la force de son atmosphère glaciale, épique mais jamais dénuée de subtilité et de magie.

8 Commentaires

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David_Bordg - 28 Décembre 2014: enorme avec un trym monstrueux!!
 
David_Bordg - 28 Décembre 2014: mais neanmoins je lui prefere eld
Roots77 - 07 Septembre 2016: Une bien belle chronique. "Frost" est un indispensable, selon moi. Un style de Black un peu atypique qui ne fait peut-être pas l'unanimité mais auquel je suis très sensible, pour ma part. Dès l'intro, on sent que l'on tient quelque chose. Puis viennent "Loke", "Fenris", "Svarte Vidder", "Yggdrasil" etc, qui achèvent de nous convertir une bonne fois pour toutes. Furieux et dépaysant à la fois, "Frost" est un chef-d'oeuvre que je déguste avec toujours autant de plaisir.
LeMoustre - 27 Août 2018:

Le dynamisme de certains morceaux ("Gylfaginning" en est un bon exemple avec ces rythmiques qui galopent), couplé à l'ambiance viking/black ("Wotan", "Loke") donne à mon sens une belle pièce qui me réconcilie avec Enslaved. Effrené, sec comme un vent glacé, et conforme à ce à quoi je m'attendais de la première partie de la vie de ce groupe. Personnellement, la prod ne me dérange pas du tout, au contraire, elle est bien adéquate au style développé. Comme quoi, c'est toujours mieux de commencer par les débuts d'un groupe, alors que le seul disque que je connaissais d'eux m'avait laissé froid (Isa). 

 

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Commentaire @ Extremesound

13 Mai 2011

Pas mal pour un début

Après un Vikingligr Veldi tout en islandais Enslaved change de style et nous envoie un album tout en norvégien, leur langue maternelle.

L'album commence avec une intro atmosphérique à souhait à la Vinterriket
ensuite vient Loke rien de vraiment particulier à part l'outro avec les rires bien pensés mais dans l'ensemble Enslaved nous déçoit avec de nombreux riffs sans intérêt. C'est avec Fenris qu'il se rattrape et on trouve des paroles chantées en norvégien ce qui rend ça un peu plus mystérieux. Un peu plus tard la guitare clean démarre et ensuite les riffs se déchainent.

C'est un morceau à riffs,riffs et encore riffs comme la majorité de cet album tout est déjà dit.Et ces riffs sont plus ambients et pas tueurs parce que c'est ça le black. Ensuite Svarte Vidder est assez épique grâce à ses claviers, et est sans doute un de mes préférés. De nouveau ne nous concentrons pas sur les riffs mais plutôt sur l'ambiance c'est le but du true black metal.

Yggdrasil est quant à lui très différent des autres il est très beau et triste et puis vers la fin il devient légèrement plus dynamique. Jotunblod arrive ensuite avec son ambiance guerrière assez satisfaIsante l'on imagine bien des vikings sur une colline avec leur haches en train d'écraser leur ennemis. Les deux suivants sont totalement dispensables je ne vous les conseille pas il ne dégage pas vraiment d'ambiance. Le dernier quant à lui, Isöders Dronning, est mélancolique et bien pensé.

En conclusion je conseille cet album à tout chercheur d'ambiances et d'expérimental dans l'underground black metal (bien que le son ne soit pas encore trop crasseux). Je le déconseille aux métalleux amateurs de riffs tueurs qui ne comprennent rien à ce qui est atmosphérique et calme.

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David_Bordg - 28 Décembre 2014: belle chro, meme si courte mais note un peu faible je trouve
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