Will to Power

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Nom du groupe Arch Enemy
Nom de l'album Will to Power
Type Album
Date de parution 08 Septembre 2017
Labels Century Media
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album181

Tracklist

Bonustrack from Digipack Edition
1.
 Set Flame to the Night
 01:20
2.
 The Race
 03:15
3.
 Blood in the Water
 03:55
4.
 The World Is Yours
 04:53
5.
 The Eagle Flies Alone
 05:16
6.
 Reason to Believe
 04:48
7.
 Murder Scene
 03:50
8.
 First Day in Hell
 04:48
9.
 Saturnine
 01:09
10.
 Dreams of Retribution
 06:40
11.
 My Shadow and I
 04:05
12.
 A Fight I Must Win
 06:35

Bonus
13.
 City Baby Attacked By Rats (Charged GBH Cover)
 02:48

Durée totale : 53:22


Chronique @ Eternalis

11 Septembre 2017

Dans son ensemble, "Will to Power" se veut cohérent avec le passé récent d’Arch Enemy

« La plupart des hommes au pouvoir deviennent méchants »
Platon

La quête du pouvoir et l’avilissement des masses est un sujet qui tient décidément à cœur de Michael Amott qui, sans signer d’album conceptuel, évoque un sujet déjà évoqué sur "Rise of the Tyrant" ou "Khaos Legions".
L’artwork semble donner une indication d’une direction musicale plus crue et dépouillée. Désormais ancrée en frontwoman, Alyssa White-Gluz ne sera plus l’attraction qui fera que l’on s’intéresse au disque et "Will to Power" se veut en cela un défi différent de "War Eternal", celui d’une certaine confirmation de la vie sans Angela, bien que les fans semblent avoir accueilli à bras ouverts la canadienne aux cheveux bleus.

On entend déjà une certaine grogne monter suite aux premiers extraits et, une fois n’est pas coutume, il faudra saluer l’intelligence (ironie bonsoir !) des « gros » labels (Century Media ici, Nuclear Blast souvent) de choisir des extraits non seulement peu représentatifs des opus finaux mais également complètement sortis de leur contexte, leur ôtant leur impact et souvent leur force. C’est d’autant dommageable que l’on peut avoir une mauvaise idée de départ d’un opus ou encore juger une orientation sur une vision tronquée et, à l’heure du téléchargement et des albums souvent disponibles avant les dates de sortie physique (c’est malheureux mais c’est ainsi), il devient de moins en moins utiles de proposer autant d’extraits séparés les uns des autres sans cohérence.

"The Eagle Flies Alone" en est un bon exemple. Introduction de quelques notes de piano, une mélodie en clean, un riff mid tempo et un résonnement tel un mantra confère un aspect presque spirituel avant qu’Alyssa ne place ses vocaux. Le refrain est simple à retenir, martelant des « I » et placé sur des harmonies très mélodiques qui pourraient laisser penser qu’Arch Enemy n’a plus rien d’extrême (le soli est cependant sublime). Pourtant, à l’écoute de l’album, il est en fait un rafraîchissement bienvenu après un démarrage radical de trois titres s’enchainant sans temps mort. Suite à une introduction typique des suédois (rappelant fortement "Khaos Overture"), "The Race" démarre pied au plancher sur une agression vocale et un riff speed bien agressif à la manière du Never Forgive, Never Forget de l’opus précédent. Les soli sont destructeurs et la patte de Jeff Loomis surgi sur certaines parties plus torturées qu’à l’accoutumée (cette partie de tapping) même si on peut penser que Michael le retient, lui-même avouant que Jeff peut jouer de manière très étrange et parfois incompatible avec Arch Enemy. "Blood in the Water", moins rapide mais tout aussi lourd, ne fait pas redescendre la pression et montre surtout une Alyssa variant ses vocaux avec des parties narratives intégrées directement au couplet. Les soli surgissent de partout, entre les couplets et les refrains, comme à la grande époque, tout en possédant parfois un feeling proche d’un heavy metal 80s. Quant à "The World is Yours" qui précède juste "The Eagle Flies Alone", il s’ouvre sur un riff décapant, une double pédale galopante et un refrain archétypale des suédois/canadienne/américain. Le niveau technique est toujours aussi haut sur des morceaux de cet acabit et on appréciera fortement la production de Jens Borgen qui permet de distinguer chaque élément avec une immersion précision, notamment sur le break écrasant qui voit le tempo s’alourdir et la basse prendre une place plus importante.

Au rayon des surprises, "Reason to Believe" en est une souvent évoquée dans les interviews récentes de Michael, lui qui parle de Scorpions en présentant le titre. Effectivement, Alyssa chante (enfin) une véritable partie en chant clair chez Arch Enemy mais qui surprendra ceux qui attendaient quelque chose de similaire à The Agonist puisqu’il n’en est strictement rien. Des claviers, un chant dépouillé, des arpèges mais surtout un rythme et un riff qui s’emballe après quelques minutes pour rapidement revenir à ce que nous connaissons du groupe, même si le titre pourrait se rapprocher de ce que l’on appelle communément une ballade. Comme pour prouver que tout ceci ne changera en rien la nature du combo, "Murder Scene" déboule juste après sur un tempo rapide et une entame vocale d’Alyssa des plus graves.
On ne peut s’empêcher, lorsque l’on réécoute "War Eternal" et après plusieurs écoutes attentives de "Will to Power", de penser que Michael Amott souhaite faire évoluer sa création mais n’ose pas non plus aller trop loin dans certains aspects. Alors que les claviers prennent de plus en plus de place, le groupe se borne souvent à les utiliser uniquement pour appuyer les harmonies en termes d’arrangements plutôt que leur offrir un rôle plus important. On aurait pu penser que "Time is Black" ou "Avalanche" seraient un point de départ de quelque chose de plus ambitieux mais mis à part "A Fight I Must Win", aucun élément un tant soit peu symphonique ne ressortent du disque. Des cordes ouvrent le titre et le ferme, à l’instar d’une véritable pièce classique, mais elles n’interviennent presque jamais à l’intérieur même de la structure de la composition. Mid tempo tournant autour d’un lead mélodique servant de fil rouge musical, Alyssa parvient à la densifier et lui donner une aura lunaire mais l’on aurait pu espérer une approche encore plus ambitieuse du titre, notamment à l’écoute du pont sur lequel les orchestrations se mêlent au lead mélodique mais d’une façon un brin scolaire, avant de voir débouler le riff dans une approche très hard rock, accompagné d’un Daniel martelant ses toms basse. Et ce n’est pas "Saturnine", instrumental inutile d’une minute au clavier et à la guitare, ne débouchant sur rien, qui nous sortira de cette sensation de retenue globale. "Dreams of Retribution" et son introduction formant le lien avec l’instrumental se suffisait amplement à lui-même et à surtout le mérite de voir débouler un riff supersonique très thrashy à la Megadeth ponctué d’une multitude de petits solis et d’attaques de caisse claire.

Dans son ensemble, "Will to Power" se veut cohérent avec le passé récent d’Arch Enemy et termine d’imposer Alyssa comme leader charismatique du groupe sans que rien ne puisse lui être reproché. On regrettera simplement une évolution musicale relativement frileuse vis-à-vis de "War Eternal", les mêmes choses étant tentées sans oser aller véritablement plus loin, notamment dans l’utilisation des claviers et de cette emphase plus lyrique que semble vouloir Michael. Toujours mélodique à foison, ce onzième cru regorge de son lot de soli à tomber par terre et de refrains qui détruiront les futures planches des nombreux concerts à venir. Une valeur sure pour la rentrée, que l’on peut se procurer sans se tromper sur la marchandise. Un label de qualité, en quelque sorte.

24 Commentaires

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CHUCKMAURICE - 14 Décembre 2017:

Bof bof comme d'habitude avec ARCH ENEMY depuis pas mal  de temps à mon goût (interprétation évidemment au top,  musique "efficace" mais  trop prévisible, on attend en vain le riff ou la mélodie qui tue), d'autant que pour moi la période la plus intéressante du groupe est celle des trois premiers albums avec LIVA au chant.  (J'en profite d'ailleurs pour conseiller à ceux qui ne le connaissent pas de jeter une oreille au premier album de NONEXIST, "Deus deceptor" sorti en 2002 -  groupe formé par LIVA et le guitariste d'ANDROMEDA, dans une veine "arch enemyesque" en un peu plus technique).

Concernant l'arrivée de LOOMIS, mon intuition est qu'il vient uniquement pour cachetonner (je ne lui en veux pas, il faut bien  remplir le frigo !) avec un des groupes de metal qui tourne actuellement le plus, et je ne serai pas surpris d'apprendre qu'il quittera le groupe d'ici deux ans quand il en aura marre d'occuper le rôle de simple soliste exécutant.

Quant à la présence d'une femme au chant dans ce groupe...pour moi aucun intérêt autre que visuel (je trouvais la voix de la précédente chanteuse monocorde et insupportable au possible ; la nouvelle a évidemment plus de capacités, mais je ne trouve pas que sa voix grognée apporte grand chose à la musique du groupe).

witchfucker - 08 Fevrier 2018:

Véritablement déçu par cet album lors de sa sortie, au final je le trouve pas si mal. Certes les mélodies sentent un peu le réchauffée du précédent album, néanmoins ça le fait quand même. En revanche, pour le prochain il y à fort à parier que les fans se montreront moins cléments si Amott ne se renouvelle pas un minimum. L'heure de la remise en question a sonnée, je pense.

pielafo - 08 Fevrier 2018:

Ouais... En fait cet album c'est le Haven de Arch Enemy quoi. Comme War Eternal en était le Silverthorn.

Civers - 27 Mai 2019:

J'avais apprécié WAR ETERNAL et je retrouve ici du réchauffé. Pas foncièrement mauvais, mais on attend le riff qui va nous faire nous déboiter le cou, et il ne vient pas... 

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