Burning Bridges

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16/20
Nom du groupe Arch Enemy
Nom de l'album Burning Bridges
Type Album
Date de parution 21 Mai 1999
Labels Century Media
Enregistré à Studio Fredman
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album484

Tracklist

1.
 The Immortal
 03:43
2.
 Dead Inside
 04:13
3.
 Pilgrim
 04:33
4.
 Silverwing
 04:08
5.
 Demonic Science
 05:23
6.
 Seed of Hate
 04:09
7.
 Angelclaw
 04:06
8.
 Burning Bridges
 05:31

Durée totale : 35:46


Chronique @ sargeist

25 Juillet 2007
Même pas 6 mois après la sortie du semi-raté "Stigmata", Arch Enemy reprend le chemin du studio Fredman, sûrement conscient de son échec. Le batteur Daniel Erlandsson participe cette fois à la totalité de l'album, et les frères Amott recrutent un bassiste de choix, l'excellent Sharlee d'Angelo (Mercyful Fate, Dismember...).

On a affaire ici à une production en béton, bien lissée, collant parfaitement à ce gros Death Mélodique de qualité. Les morceaux sont plus ramassés, on oublie les errances et les longueurs de "Stigmata". Les compositions ont une structure souvent simple, aérée. Quant à la qualité musicale, elle est tout sauf simple. Les frères Amott illuminent ce disque une fois de plus. Le jeu mélodique, bourré de feeling et assez Seventies de Michael se marie parfaitement avec le jeu plus technique, plus chargé en notes de Christopher. Les soli sont d'une qualité ébouriffante.

La basse de Sharlee est bien présente, et Daniel éblouit par quelques patterns de batterie bien sentis. Quant à Johan Liiva, le chanteur bientôt éjecté (pas assez glamour ?), sa voix est très bien posée, elle respire la hargne, oscillant entre pur Death et hurlements plus Hardcore.

Les morceaux en eux-mêmes : on démarre par un "The Immortal" doté d'une paire de soli proprement hallucinants (sans exagérer, c'est le guitariste qui vous parle). S'ensuit un "Dead Inside" qui développe des riffs plus Thrashy, toujours accompagné d'un solo de Michael bien exécuté, comme d'habitude. "Pilgrim" joue le contraste entre son couplet assez sombre et ce refrain plutôt enjoué. "Silverwing" est clairement le meilleur titre de l'album, les harmoniques qu'il contient et ce solo chargé en émotion me touchent au cœur. Hormis la voix on s'éloigne pas mal du Death là, mais quand la qualité est telle, on oublie les étiquettes. A noter, parsemés ça et là tout au long de l'album, quelques rythmes Carcassiens du meilleur effet, Amott oblige.

"Demonic Science" est le morceau le plus travaillé de l'album. La fin du morceau, mélancolique est presque bluesy, quoique puissante, est un vrai bonheur, avec ces harmoniques à la twin guitar à pleurer et ce solo gorgé de sentiments. "Seed Of Hate" est plus classique, limite Power Metal. La petite déception vient peut-être de "Angelclaw" avec un refrain peu marquant, malgré un solo Helloweenien qui dénote dans le bon sens. Pour terminer, la surprise vient de "Burning Bridge", morceau carrément doom, rehaussé de beaux claviers et pianos par monsieur Wiberg (Spiritual Beggars, le groupe Heavy Rock de Amott, la famille est petite...). Un doom qui ressemble un peu à du My Dying Bride, une sorte de beauté figée et suspendue, et un joli fondu ou chaque instrument s'efface, laissant, hanté, un clavier fantomatique.

La totalité de l'album est assez courte, 35 minutes. Il vaut mieux avoir la version digipack, qui contient en bonus un morceau plus foncièrement Death, "Diva Satanica", ainsi qu'un petit instrumental psychédélique, "Hydra". Du tout bon, malgré le mixage légèrement moins puissant.

En conclusion, "Burning Bridges" reste pour moi, de loin, le meilleur Arch Enemy. Un groupe à son top. La suite, l'intégration d'une chanteuse, la médiatisation qui en découle, et des albums parfois un peu faciles, ce n'est pas moi qui vous la conterais.

16/20

Excellence : "Silverwing", "Demonic Science",...
Bof : "Angelclaw",...

3 Commentaires

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LaBalafre - 25 Juillet 2007: Salut Sargeist,

Tu décris le final "Burning Bridge" comme "Un doom qui ressemble un peu à du MDB". Pardonne mon ignorance, mais qu'est-ce que du MDB ?

Sinon, bonne chronique, très descriptive ; j'aime cela : on sait à quoi s'en tenir.
sargeist - 25 Juillet 2007: MDB: My Dying Bride. Désolé, habitude. Merci à toi. Corrigé.
WarMetal - 26 Juillet 2007: Très bonne chronique qui a le mérite d'être claire. Neanmoins je ne suis pas du même avis concernant "stigmata" qui est un très bon album à mon sens avec des soli de très grande qualité (ce qui n'est plus à démontrer pour les frères Amott) et des riffs assez recherchés ce qui manque énormément au death mélodique de nos jours. J'avoue toutefois que lors des premières écoutes on a l'impression que c'est un album raté mais quand on redécouvre après une bonne période alors là c'est vraiment la claque...

Même remarque par rapport à Anthems of Rebellion qui a marqué une nouvelle orientation dans le style du groupe avec un death plus direct moins mélodique mais de grande qualité.
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Chronique @ Icare

07 Novembre 2011

Violent, entraînant, rapide, mais extrêmement mélodique et irrésistiblement accrocheur sans jamais tomber dans le mièvre

Pour les plus jeunes ayant découvert Arch Enemy à partir du très bon Wages of Sin, il convient de rappeler que la carrière du groupe était déjà bien entamée avant l’arrivée de la plantureuse et explosive Angela Gossow, et que la troupe suédoise, menée de main de maître par la mythique et géniale paire de guitaristes que sont les frères Amott (l’ami Michael est quand même co-fondateur du cultissime Carcass, excusez du peu!), s’était déjà fendue de trois albums dont ce Burning Bridges qui reste pour moi la pièce maitresse de leur discographie encore 12 ans après sa sortie.

Qu’est-ce que cet album a de plus que les autres du groupe, et, soyons fous, du style en général me demanderez-vous, car, après tout, de nos jours, Arch Enemy peut être considéré comme un groupe de death mélodique résolument moderne, certes excellent, mais à la musique un poil trop propre et convenue… Difficile de répondre concrètement, et pourtant… l’écoute de cette galette est édifiante, et s’il se retrouve toujours, bien que largement dilué, sur les plus récentes sorties des Suédois, ce feeling typique d’Arch Enemy, cette marque de fabrique unique distillant en un savant mélange brutalité et mélodies, se retrouve ici à l’état brut, enrobé par une musique plus rugueuse, plus âpre, et moins aseptisée. Ici, on sent aisément la furie qui guide un jeune groupe aux dents longues et qui, après un Stigmata plutôt moyen, a encore tout à prouver.

D’entrée de jeu, Immortal attaque fort, et dés que le premier riff déboule, renforcé par une basse bien audible, l’opacité et la lourdeur du son nous explosent à la gueule. Le mur de guitares est incroyablement dense et puissant et Arch Enemy ne semble avoir qu’une envie, nous écraser impitoyablement sous la lourdeur de ses grattes. Les choses se confirment méchamment, quand, à la 33eme seconde, la rythmique s’emballe et épouse sans vergogne la vélocité d’un thrash furibard, avec une puissance de feu et une profondeur décuplée. Le ton est donné, et on comprend très rapidement qu’on risque de s‘en prendre plein la tronche durant les 35 minutes que dure cet album. Dans ce premier titre, tout ce qui fait la magie d’Arch Enemy est là: des riffs propres au headbang, une section rythmique emballée et des soli virtuoses et vibrants de mélodicité qui, loin de se contenter d’être une simple suite de notes démonstratives et vides plaquées sur des riffs bétons, font vraiment vivre le morceau et lui confèrent une atmosphère lumineuse. Violente, entraînante, rapide, mais extrêmement mélodique et irrésistiblement accrocheuse sans jamais tomber dans le mièvre, la musique des Suédois peut difficilement laisser de marbre pour peu que l’on ne soit pas réfractaire à ce style de death un peu moins sombre et extrême que celui pratiqué par les cadors du genre.

En fait, on pourrait presque dire qu’Arch Enemy crée son propre style, piochant ce qui leur semble le meilleur dans différentes scène pour créer un bloc compact d‘une homogénéité étonnante, le son Arch Enemy: la lourdeur et l’agressivité du death scandinave, la mélodicité et la sensibilité de la scène de Göteborg, l’agressivité et le côté direct du hardcore (les vocaux de Johan Liiva en témoignent, sortes de grognements hargneux et rauques à mi-chemin entre le death et le hardcore, un peu déroutants au début, mais donnant un surplus d‘âme à la musique), le tout saupoudré d‘une bonne pincée de heavy qui transparaît dans le feeling de certains solos (Dead Inside par exemple). Inutile de préciser que l’ensemble est maîtrisé de main de maître grâce à une science du riffing absolument imparable et que la musique d’Arch Enemy en devient une arme de destruction massive, tout bonnement irrésistible. Les perles s’enchaînent, chaque titre possède un passage dévastateur, une montée en puissance entêtante ou des plages carrément virtuoses et hypnotiques (putain, ces chorus de guitare sur Silverwing, juste magnifiques, on caresse du doigt l’émotion pure! De même que dire du final mélancolique et poignant suintant de feeling qui clôture Demonic Science, titre pourtant un peu long à décoller?). Pour un album de cette trempe, il conviendrait presque de faire une description track by track tant chaque piste regorge de merveilles, mais en plus des pépites citées ci-dessus, contentons-nous de parler encore du refrain ultra accrocheur de Angelclaw et de la dernière chanson, Burning Bridges, dénotant étonnamment d’avec le reste de l’album, une piste lente, mélancolique et désolée à la teinte résolument doom, afin de ne pas gâcher l’effet de surprise de l’auditeur qui viendrait à découvrir ce skeud grâce à ces modestes lignes. En bref, on ne peut s’empêcher de headbanger violemment et d’agripper tout ce qui pourrait faire office de guitare pour s’essayer à reproduire ce déluge de notes, on saute dans tous les sens, on hurle à s‘en péter les cordes vocales, on secoue la tête et la violence jouissive de la musique s’empare de notre être ravi. C’est simple, les Suédois nous délivrent ici l’alliance parfaite entre brutalité contrôlée, rapidité et mélodicité addictive pour un résultat explosif débordant d’une énergie communicative et positive. Car oui, la musique d’Arch Enemy est résolument positive, lumineuse, pleine d’espoir, le genre de musique, qui, même si violente, vous file une patate d’enfer et vous laisse avec un sourire béat aux lèvres, la B.O. parfaite pour accompagner le combat quotidien du pantin humain cherchant à se soustraire de l’étau de la société qui cherche à le broyer impitoyablement.

Avec ce Burning Bridges, Arch Enemy démontre brillamment qu’il n’y a pas besoin d’alternances chant clair/voix gutturale, de moult breakdowns brise-nuque et de blasts à 200bpm pour faire une musique qui tue, et s’impose comme l’un des maîtres d’un style musical périlleux qu’il a très largement contribué à rendre populaire, un death moderne, lourd et ultra mélodique totalement jouissif et inspiré. Un classique indémodable à écouter sans modération!



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warforth - 06 Avril 2015: Album culte et excellent !
BestXIII - 19 Fevrier 2016: Merci pour cette chronique qui décrit toutes mes émotions parfaitement que je n'aurait pu mettre en mot j'aurais mit 20/20 pour le niveau énorme d'Arch Enemy sur cet album qui décoche des riffs et des solos de légende, notamment l'arrivée de Sharlee d'Angelo à la basse à donné encore plus de punch à la formation.
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