Voivod

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16/20
Nom du groupe Voïvod
Nom de l'album Voivod
Type Album
Date de parution 04 Mars 2003
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album105

Tracklist

1. Gasmask Revival
2. Facing up
3. Blame Us
4. Real Again ?
5. Rebel Robot
6. The Multiverse
7. I Don't Wanna Wake up
8. Les Cigares Volants
9. Divine Sun
10. Reactor
11. Invisible Planet
12. Strange and Ironic
13. We Carry on

Chronique @ Al_Maazif

23 Juillet 2017

Un album qui oscille entre le Voïvod du début des années 90 et le disque alimentaire

On peut dire globalement que tous les albums de Voïvod sont uniques, par leur contenu bien sûr, mais également par leur contexte.


Cet album éponyme est sans doute l'un des plus symboliques de l'histoire du groupe: enregistré après un bref arrêt du groupe, premier album avec Snake au chant depuis 10 ans (qui avait quitté le groupe pour désaccords et problèmes personnels, il partageait cependant toujours ponctuellement la scène avec ses anciens coéquipiers), album qui marque l'intégration de Jason Newsted (ex-Metallica) à la basse (ainsi que le départ d'Eric Forrest pour son projet E-Force) et à posteriori, dernier album du vivant de Piggy...


Pour toutes ces raisons, on attendait beaucoup de cet album: retour aux sources du groupe avec son line-up d'origine quasi au complet, un accroissement de notoriété avec la présence de Newsted - qui est un ancien soutien sincère du groupe, et voulait profiter de sa notoriété acquise entre autre chez Metallica (avec qui il s'était mis en froid, contribuant indirectement à la catastrophe St Anger) pour leur filer un coup de main -. Retour du groupe après une pause aussi, sans doute propice à l'inspiration...


L'album a eu un accueil mitigé à sa sortie pour toutes ces raisons qui furent plus ou moins remplies. Pas tellement de visibilité supplémentaire, pas tellement de retour aux sources d'avant les années 90 (qui leur auraient valu l'intérêt des thrashers), une coupure complète avec l'ère Forrest et globalement, un album à qui l'on a reproché une approche commerciale, tout comme la plupart des sorties de Voivod de la dernière décennie dont cet album s'est inspiré. Il fut parfois même désigné comme l'un des moins bons albums du groupe dans certaines chroniques de l'époque.


Avec le recul que l'on a maintenant, que peut-on dire sur cet album?


D'abord la pochette: Away, tout en restant dans sa thématique très SF et personnelle, nous gratifie d'une pochette qui se détache des sorties précédentes du groupe avec un dessin isolé entouré du nom du groupe, un peu à la manière d'un sceau (on ne retrouvera cette disposition que sur Infini quelques années plus tard). Les textes de Snake restent aussi dans la même thématique mais abordent aussi des thèmes plus personnels comme sur We Carry On et I Don't Wanna Wake Up.


Après les livrets très sombres de Negatron et Phobos, on retrouve beaucoup plus de couleurs et de références psychédéliques dans celui ci, finalement un peu à l'image de la musique comme nous allons le voir.


On a reproché le côté commercial et radio-friendly de l'album par rapport au mélange Rock/Metal qui le compose, piochant comme on l'a déjà dit dans leurs sorties des années 90, en particulier Nothingface, Angel Rat et The Outer Limits.
Ce n'est pas faux, l'album contenant son lot de tubes: We Carry On avec ses riffs entêtants, les très radiophoniques et sans risques Gasmask Revival et Real Again, les très floydiens The Multiverse et I Don't Wanna Wake Up...

Mais tout de même, limiter cet album à du beurre dans les épinards des Québecois serait exagéré.


La patte unique et dissonante de Piggy à la guitare est largement présente sur tout l'album, donnant un certain cachet aux compos les plus plates (l'ambiance de mi-titre improbable sur Gasmask Revival par exemple).
Les expérimentations, même si elles sont moins présentes, sont réparties dans l'album, comme sur Rebel Robot (un des rares titres où l'on entend bien la basse de Jason, plutôt étouffée par ailleurs), Reactor qui rappelle beaucoup Inner Combustion par moments, Facing Up et Blame Us qu'on dirait issus d'un croisement entre Angel Rat et Dimension Hatröss, Divine Sun et Invisible Planet qui auraient pu figurer sur Nothingface, et enfin le très intéressant Strange and Ironic avec son riff saccadé qui sera pas mal réutilisé sur les albums futurs du groupe.


Au final, un album qui oscille entre le Voïvod du début des années 90 et le disque alimentaire. Et au delà, un album de vieux copains fêtant leurs retrouvailles en faisant ce qui leur plait comme ils l'ont toujours fait, avant que la vie ne leur joue un sale tour quelques années plus tard.


Pas dans leurs meilleurs sorties c'est sûr, mais un album tout de même tout à fait correct.

2 Commentaires

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Kalamazoo - 08 Août 2017: Merci pour la chronique qui évidement m'a fait replonger dans les méandres du Voivod.
Pour ma part j'entrentend (certain entrevois moi j'entrentend) une certaine linéarité .Il me manque les echos ,les résonances ,les effets de distorsions et de mouvement de volume qui co existaient et rendaient flippant Voivod.Sur cet album à la pochette passe partout et dommageable (quand on voit les anciennes) j'ai le ressenti que Voivod fait du rock j’entends du rock .Peu d'intros alambiquées ,peu de fioriture .Des couplets refrain qui s'enchainent certes. Ca fait beaucoup moins peur ahah !!Mais du coup il n'y a plus cette petite dis-torse ,ce crescendo ,etc etc qui marquait les morceaux .Dur dur d'en retenir un au milieu des autres .Mais honnêtement une carrière incroyable et pas vraiment un mauvais album à jeter Merci encore pour la chronique.
Al_Maazif - 07 Septembre 2017: Merci pour ton commentaire et désolée du retard

Oui on est en dessous d'Angel Rat ou The Outer Limit. Je trouvais injuste que l'album ce soit fait globalement descendre à sa sortie alors que ce n'est pas une bouse non plus, même s'il est moins bien que ces derniers.

Et en effet, un des rares groupe dont toute la disco vaut le coup
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Commentaire @ Vengeful

29 Octobre 2007
Les pionniers du metal québécois renaissent avec un nouvel alignement tout étoiles. Denis Snake Bélanger nous offre un retour avec sa voix unique et l’écriture des textes. Pas besoin de présentation pour M. Jason Jasonic Newsted qui propage son énergie au niveau de la basse et de la création de l’album. Après la première écoute, on remarque le changement de direction par rapport aux deux parutions de l’époque « Forest ». On entend un judicieux mélange de Outer Limits, de Angel Rat et de Nothingface mais propulsé à une dimension supérieure. Les tounes ont toutes des grooves différents et sont plus rock que ce à quoi Voïvod nous avaient habitués. C’est peut-être la nouvelle dimension que Jason ajoute par sa présence. La guitare de Denis Piggy d’Amour est encore une fois puissante à souhait avec des riffs qui nous hantent pendant des heures. Une pochette carton en relief abrite un livret, comme à l’habitude, rempli d’œuvres graphiques de Michel Away Langevin. Le nouveau Voïvod ne s’apprivoise qu’après une multitude d’écoutes. Ce qui en fait, pour moi, un album metal accompli. Un son et une production irréprochable viennent appuyer treize compositions solides et contagieuses. Un retour quasi irréprochable.

-M-A-

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