Mercyless nous gratifie de cette petite douceur en
2012, et continue de planter banderille sur banderille juste avant la sortie d’"
Unholy Black Splendor", l’album du grand retour du groupe sur le devant de la scène
Metal Extrême française. Nous revoilà partis en 1989, le groupe vient de sortir sa seconde démo "
Visions from the Past", et la perspective d’enregistrement d’un album est encore lointaine.
Mercyless, à cette époque, pardon,
Merciless, pour être précis, c’est d’abord un duo, Max Otero et Stéphane Viard, virtuoses en devenir de la six cordes, noyau en fusion d’une bande de potes. Le metal ressemble plus à un mode de vie qu’à un style musical aux contours délimités au millimètre (on joue du
Hard !!!) par des spécialistes du clavier numérique.
Les gars répètent et font la fête, vont en concert, font du trade avec le monde entier, participent à des zines, quand ils n’ont pas le leur, et de temps en temps enregistrent de nouvelles chansons pour sortir une démo, que certains appellent maquette, histoire de se faire connaître au-delà des limites du patelin qui les héberge.
Merciless règne sur Mulhouse et sa proche banlieue, ils traînent et jouent avec les Aleister, Mestema, Frayeurs, Scrotum, et autre
Penetrator : fers de lance de la nouvelle scène thrash qui essaie tant bien que mal de s’incruster dans une France perdue entre les miaulements de David et Jonathan, la poitrine de Sandy, les turpitudes de Felix Boutboul as Felix Gray, et l’omniprésence de Goldman, Sachs and co.
Ce soir, c’est à Nancy que les hostilités sont déclenchées, au Château de la Pépinière. Les gars ne sont pas regardants sur les lieux de leurs performances, il faut bien le dire. Donnez-leur un espace et du public, ils brancheront leurs amplis et leurs guitares et balanceront la purée comme des furieux. Mais à l’écoute de ce « bootleg », on perçoit déjà clairement le potentiel du groupe. Les mecs sont carrés et jouent proprement, ils ne viennent pas que pour amuser la galerie. La scène dès le départ apparaît comme leur terrain de chasse, et ils comptent bien le démontrer quel que soit le nombre de fans présents pour en découdre ; en effet, à l’écoute des réactions du public, on le sent un poil clairsemé pour l'occasion.
La tracklist fait la part belle aux deux démos sorties par le groupe, surtout la seconde, puisque de la première il ne reste plus que "Sudden Death", s'ajoutent deux morceaux qui n’ont pas revêtu leur forme définitive (Psychiatric Internment (avec son chant clair en intro) et Another
Desolation), une cover de
Slayer et deux featurings. Le contrat est rempli de manière efficace même si on aurait aimé, sans doute une version remaniée en termes de durée, de "Last Days of Christianity" pour profiter du talent de Stéphane Viard sur un solo de tueur, et se faire flageller par le riffing meurtrier du finish, mais bon, on se contentera de ces 9 titres exécutés avec une aisance outrageante. Les incursions de Max, frontman en puissance, sont toujours aussi savoureuses, en témoigne cet extrait : « ce soir je veux voir un bordel monstre ! ».
Le concert est de bonne qualité dans son ensemble, tant dans l’exécution que pour l’enregistrement. Et si on doit s’attarder sur un moment en particulier, la reprise "
Black Magic" de
Slayer, sur laquelle
Caro de
Penetrator vient s’arracher les cordes vocales, me paraît être tout désignée pour marquer les esprits.
En dépit de la passion que je porte au groupe, cet essai demeure dispensable pour peu qu’on ait en sa possession la compilation "
In Memory of Agrazabeth" et le "
Live Offerings". Il s’agit d’un moyen habile de voyager dans le temps et de se souvenir des racines d’un groupe qui avait alors un boulevard devant lui. Pour les nostalgiques, la prochaine fois que vous sortirez votre vieille compile Total Virulence, vous pourrez toujours y ajouter ce live pour prolonger le moment.
Enfin, pour terminer, la dénomination « Official Bootleg » a de quoi surprendre l’auditoire. En réalité, je pense qu’on peut l’entendre comme relevant d’une prise de son clandestine (à vos magnétos) issue du public, mais bénéficiant d’une sortie validée par le groupe. La pochette, comme l'inexistence d'un livret digne de ce nom, font en revanche bien plus bootleg que live officiel. A noter que cet essai sorti sur le label néerlandais The
Ritual Productions, spécialiste de BM underground, est strictement limité et numéroté à 500 exemplaires.
J'ai vu ce support plus d'une fois sur les tables de merch du groupe sans être foncièrement tenté par un achat, l'artwork de l'objet n'aidant définitivement pas à me convaincre. Mais ça c'était avant la crise du gig, quand nous étions capricieux. Aujourd'hui je tuerai pour me rendre à une cérémonie de Mercyless et rafler tout le merch ! Merci pour l'article buddy :)
Merci pour cette chronique, celle ci me touche particulierement puisque j'etais présent ce fameux soir au chapiteau de la "pep" (et non chateau). Quelle belle époque et que de concerts vu a cet endroit . Pas mal de super groupes sont passés sur Nancy a cette époque. Bon il ne me reste plus qu'a degoter cet album. Encore merci a toi pour cette chronique qui m'a replongé dans ces excellentes années !!!!
Merci pour ce papier, révélateur de l'époque décrite. Je rejoins Adrien86fr pour ce besoin de concerts actuel.
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