The Principle of Doubt

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Nom du groupe Mekong Delta
Nom de l'album The Principle of Doubt
Type Album
Date de parution 1989
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album55

Tracklist

Re-Issue in 2013 by Steamhammer
1.
 A Question of Trust
 03:27
2.
 The Principle of Doubt
 04:48
3.
 Once I Believed
 04:30
4.
 Ever Since Time Began
 04:25
5.
 Curse of Reality
 04:28
6.
 Twilight Zone (Lord Fouls Hort)
 03:29
7.
 Shades of Doom
 04:05
8.
 The Jester
 05:52
9.
 El Colibri
 01:16
10.
 No Friend of Mine
 03:47

Durée totale : 40:07


Chronique @ 8AZERTY8

09 Décembre 2014

une atmosphère de folie (au sens propre)

En 1989 un défi attend les légendaires Mekong Delta; donner un successeur à l'excellent "The Music of Erich Zann". Et le groupe de Thrash technique allemand a, dans l'ensemble, réussi son coup (on repassera pour le suspens) en sortant "The Principle of Doubt", toujours chez Aaarrg Records.

Si "The Music of Erich Zann" était déjà pervers et malade dans ses mélodies, emmenant l'auditeur aux confins de la folie, (Lovecraft quand tu nous tiens), sur "The Principle of Doubt" la bande à Ralph Hubert tire encore un peu plus sur la corde. La musique est ici encore plus tordue, vicieuse, labyrinthique et maladive, et c'est là que tout va fondamentalement se jouer pour l'auditeur; ceux qui (entre autres) ont apprécié le précédent opus risquent de ne pas être très dépaysés par un album où le groupe balance dissonances et autres contretemps par caisses de cents, mais pour les autres, surtout ceux qui sont allergiques aux inégalités rythmiques et aux intervalles "inhabituels", l'écoute risque d'avantage de relever de la séance de torture, ni plus, ni moins.
De plus, par intervalles inhabituels, entendez, au delà de l'aspect dissonant des guitares, que la voix de Wolfgang Borgmann est assez particulière, d'abord de par son timbre, souvent comparé à celui d'un palmipède, puis ensuite de par ses lignes mélodiques, véritablement tarabiscotées. Pour faire dans le profane, ça arrive au bougre de ne pas être très juste. (en raison justement de ces lignes vocales abusivement complexes, mais qui restent un élément central et indispensable à l'élaboration des mélodies et donc de l'atmosphère finale vraiment réussie).

Tous ces facteurs contribuent ainsi à créer une atmosphère de folie (au sens propre) réellement prenante pour peu qu'on arrive à rentrer dedans (ce qui sera sans doute la plus grosse difficulté). Le travail sur les instruments est vraiment conséquent, qu'il s'agisse du couple basse/batterie excellemment mis en valeur par la prod', ou des grattes légèrement en retrait ce qui crée une profondeur au tout vraiment appréciable. On retient ainsi de l'ensemble instrumental un talent de composition unique, créant un socle harmonique très solide sublimé par les lignes vocales de W.Borgmann (le travail sur la recherche de mélodies "atypiques" est impressionnant), et une maîtrise technique remarquable.

"The priciple of doubt" est donc la suite logique et réussie de "The Music of Erich Zann". De là à dire qu'il le surpasse, il y a un pas que je ne franchirai cependant pas. La complexité du tout peut parfois amener à décrocher sur certains passages, même si cela reste bref.
De plus le choix d'intégrer au milieu de l'album des reprises (comme le groupe à l'habitude de le faire) peut nuire à l'ambiance générale, ce qui est vraiment dommageable ("El Colibri").

Cet opus est ainsi peut être le plus obscur, tortueux, et torturé du groupe, qui se tournera après vers quelque chose de plus conventionnel et abordable (toutes proportions gardées) avec "Dances of Death" et "Kaleidoscope". Il reste ainsi l'un de ces géniaux ovnis du métal, qui font toujours débat entre ceux qui crient au génie et ceux qui ne comprennent rien à tout ce boucan. Ces derniers je les plains.

4 Commentaires

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LeMoustre - 09 Décembre 2014: Excellent disque, qui est le digne successeur, sans l'égaler toutefois, de TMOEZ. Joli papier qui est juste dans son jugement et permettra au profane de semer le doute (sur le principe, ah, ah) sur le bien fondé de la découverte. Merci. P.S. : Peut, c'est avec un "t" (avant-dernier paragraphe, deux fois).
8AZERTY8 - 09 Décembre 2014: Merci bien! Oui en effet, c'est un de ces disques qu'il faut "être prêt" à écouter, si l'on veut l'apprécier. D'ailleurs durant quelques escapades sur internet j'ai remarqué qu'il était souvent sous-estimé (en tout cas selon moi), voire carrément oublié. Peut être le fait qu'il soit sorti entre deux "piliers" de la discographie du groupe. Ah et merci pour la correction!
Hibernatus - 10 Août 2015: Tiens, j'avais raté ta chro, mal m'en a pris, elle est excellente. Bravo pour le style concis qui va droit à l'essentiel, c'est quelque chose que j'admire car j'en suis incapable! Je suis parfaitement en harmonie avec tout ce que tu dis, et tout particulièrement sur les lignes vocales, si choquantes et toujours au bord du gouffre, mais qui sont absolument nécessaires au bon équilibre et à l'ambiance des titres. Un chant de canard, non mais sans blague ? J'irais pas manger du magret chez des gens qui pensent ça, et si je croise un palmipède avec une telle voix, je m'enfuirai tellement vite que je serai sélectionné en athlétisme aux prochains JO...
8AZERTY8 - 20 Septembre 2015: Héhé, en effet le terme "palmipède" n'était peut être pas le plus approprié pour définir cette voix. Cependant tu as vraiment trouvé le qualificatif qui lui convient (à la voix) : au bord du gouffre. C'est exactement ça, comme un baroud d'honneur de quarante minutes. En tout cas merci pour le commentaire!
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