In a Mirror Darkly

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Nom du groupe Mekong Delta
Nom de l'album In a Mirror Darkly
Type Album
Date de parution 23 Avril 2014
Labels Steamhammer
SPV
Style MusicalThrash Technique
Membres possèdant cet album23

Tracklist

1.
 Introduction
 02:12
2.
 Ouverture
 05:04
3.
 The Armageddon Machine
 06:37
4.
 The Sliver in Gods Eye
 05:24
5.
 Janus
 06:40
6.
 Inside the Outside of the Outside
 05:42
7.
 Hindsight Bias
 06:15
8.
 Mutant Messiah
 07:12

Durée totale : 45:06


Chronique @ LeMoustre

26 Mars 2014

Mékong Delta renoue avec la réussite et l'inspiration de ses débuts

Mekong Delta, c'est avant tout l'un des précurseurs du techno-thrash, sous-style musical assez marginal apparu dans la deuxième moitié des 80's, et faisant la part belle à l'aspect technique des compositions. Du thrash d'origine, il en garde généralement la vélocité, en ajoutant breaks inattendus, cassures rythmiques, contretemps, et autres subtilités musicales. Le courant fut différemment perçu, en fonction de l'ouverture d'esprit du public, et de la difficulté d'appréhender ce type de musique par définition exigeant pour l'auditeur. Epiphénomène, il fut rapidement balayé au milieu des années 90 et n'a jamais rencontré un public large, en dépit de la créativité et de la qualité de quelques œuvres majeures, représentatives du mouvement (les Coroner, "Deception Ignored" de Deathrow, ou les albums du catalogue allemand Aaarrg Records, Holy Moses en tête, label spécialisé dans le style).

Mekong Delta, justement, fit partie de cette mouvance, avec le fabuleux "The Music of Erich Zann" ou son petit frère "The Principle of Doubt", amené par Ralph Hubert, leader artistique du groupe et du style. Auréolé au début de sa carrière par une aura mystique, avec des musiciens anonymes, cachés pour des questions d'appartenance à d'autres labels/groupes, et une musique empreinte de mélancolie classique et de technicité haut de gamme, Mekong Delta baissa ensuite qualitativement à partir de Kaleidoscope (1992), se noyant dans un méli-mélo de musique classique "metallisée" et aseptisée finalement peu digeste pour finir par splitter au milieu des 90's, à l'instar de ses voisins de style musical.

Reformé comme beaucoup au milieu des années 2000, Mekong Delta sort "Lurking Fear", plutôt réussi, mais sans plus, puis "Wanderer on the Edge of Time" en 2010, plutôt raté et lorgnant vers un heavy mou, abandonnant ainsi ces racines thrash metal et sa virulence attachante et si spécifique. Quoi penser d'un troisième album post reformation, dans ce contexte ?

Etonnamment, et en toute humilité, j'annonce un excellent album de nos Allemands ! Peut-être un grand album, le temps le dira, les disques de Mekong Delta ayant souvent besoin de temps pour être pleinement révélés.

Déjà, les racines thrash ressortent avec flamboyance, avec des morceaux majoritairement rapides (surtout en seconde partie d'album) comme à la grande époque. L'empreinte de la grande musique est toujours présente, bien intégrée dans la structure globale et la façon de jouer du groupe. Les instrumentaux, toujours prépondérants, apportent une plus-value réelle ("Introduction/Ouverture"), et renouent avec le plaisir d'écoute. Surprenant et bienvenu, surtout en rapport avec l'album précédent. La filiation avec le passé est ici pleinement réussie, on se prend même à rapprocher ce "In a Mirror Darkly" des meilleurs moments du groupe.

Ainsi, si l'ombre des grands albums de la formation est bien palpable (notamment "Dances Of Death" qui s'en rapproche le plus), quelques éléments nouveaux ressortent également, comme si Ralph avait été ouvert à d'autres influences, parfaitement en osmose avec le propos général depuis toujours (Dead Can Dance sur le début de l'émouvant "The Silver In Gods Eye"). Furieusement véloce ("Hindsight Bias" par exemple), et renouant donc avec l'ambiance des premiers albums, le groupe bénéficie de l'apport mieux intégré de Martin LeMar et de son chant haut perché, mais pas trop, et suffisamment bien placé pour apporter sa musicalité à des morceaux qui ne manquent ni d'accroche, ni de flamboyance (le fabuleux "Janus", typique du groupe). On ressort si ébouriffé de tant de plans, breaks, et autres interventions instrumentales, qu'une écoute, surtout distraite, n'est absolument pas adaptée à cet album, comme toujours dans ce style. Néanmoins, la musicalité est tellement présente, que ce peut être une bonne porte d'entrée pour le néophyte désireux d'expérimenter la chose.

Mékong Delta ne rabibochera sans doute pas les réfractaires d'un mouvement qu'il a largement contribué à créer, mais il saura sans souci convaincre les adeptes des premiers albums du groupe avec ce "In a Mirror Darkly" pétillant. Le triangle de la pochette retrouvé (clin d'œil au "Dark Side Of The Moon" des Pink Floyd), symbole du groupe (avec le violoniste désincarné - absent ici), l'ami Ralph a su aussi élever son inspiration au gré d'un ensemble de morceaux entraînants, complexes sans être compliqués, et avec l'aura mystique typique du groupe (ah, ces parties acoustiques et instrumentales dans "Inside the Outside Of The Inside", vous m'en direz des nouvelles). Fidèle à ses racines tout en conservant sa patte reconnaissable entre tous, chaque pièce ici présente possède sa propre identité, tout en formant un ensemble cohérent, et assez digeste finalement, pour l'auditeur attentif.

Après un Hirax renouvelé avec son percutant "Immortal Legacy", et avant, peut-être, un Holy Moses à venir d'ici quelques semaines, c'est le second retour réussi des vétérans du thrash en 2014. Ca fait du bien !

16/20

4 Commentaires

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Fifi666 - 26 Mars 2014: Belle chronique qui me donne envie de l'écouter. J'avais lâché le groupe après avoir été particulièrement déçu de la tournure aseptisée et molle prise à partir de Kaleidoscope (moi qui avait tant adoré Dances of Death...) Reste plus qu'à attendre la fin de mois. Je reviendrai alors pour mes premières impressions. Merci en tout cas.
scotch - 27 Mars 2014: Merci pour ta chronique. Effectivement ça donne envie ... y'a plus qu'à se le procurer !
Fifi666 - 28 Avril 2014: De retour pour mes premières impressions bien que je ne l'ai pas écouté en boucle ni n'ai assez de recul. C'est pas trop mal mais comme je le craignais, ce n'est plus trop ma tasse de thé. La folie et le feu de la période Dances of Death semble révolu. C'est tout de même fort bien exécuté et toujours aussi carré (peut être trop polissé d'ailleurs). Ca se laisse écouter cependant, j'ai particulièrement apprécié le titre "Janus". L'ensemble du disque est homogène sinon mais j'ai hélas pas trouvé le tout très accrocheur. La virtuosité et la technique n'ont pas nécessairement servi la musique ici. Par moment, j'avais vraiment aussi l'impression d'écouter des phases de copier / coller de Dream Theater, impression que je n'avais pas dans leurs productions précédentes. Et juste histoire de pinailler, je ne sais pas trop ce qu'ils ont fait mais le son de batterie de l'album à tendance à m'agacer ici. Donc pour moi, un album tout juste correct qui plaira probablement aux fans mais qui pour moi ne fera pas date.
LeMoustre - 28 Avril 2014: Le côté polissé est bien moins présent que sur les deux derniers, à dominante plus heavymetal, à mon humble avis. Egalement, plusieurs écoutes sont nécessaires, comme tu le sous entends. Il sera intéressant d'avoir ton avis d'ici quelque temps, pour voir si évolution il y a eu.
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