The Mystery of Time

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Nom du groupe Avantasia
Nom de l'album The Mystery of Time
Type Album
Date de parution 30 Mars 2013
Labels Nuclear Blast
Produit par
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album214

Tracklist

1. Spectres 06:09
2. The Watchmakers' Dream 04:14
3. Black Orchid 06:52
4. Where Clock Hands Freeze 04:35
5. Sleepwalking 03:52
6. Savior in the Clockwork 10:40
7. Invoke the Machine 05:30
8. What's Left of Me 05:07
9. Dweller in a Dream 04:45
10. The Great Mystery 10:03
Bonustracks (Deluxe Edition)
11. The Cross and You 04:14
12. Death Is Just a Feeling (Alternative Version) 05:24
DISC 2 (Instrumental Version) (Deluxe Earbook Edition)
1. Spectres
2. The Watchmaker's Dream
3. Black Orchid
4. Where Clock Hands Freeze
5. Sleepwalking
6. Savior in the Clockwork
7. Invoke the Machine
8. Whats Left of Me
9. Dweller in a Dream
10. The Great Mystery
Total playing time 1:01:47

Chronique @ Eternalis

07 Mars 2013

"The Mystery of Time" touche parfois du doigt l’excellence complète comme il se perd à des instants [...]

« Le temps est père de vérité »
Rabelais


Les arcanes du temps. Ses mystères. Ses peurs. Ses folies. Ses secrets. Ses chercheurs…
Ceux qui, autant fascinés que psychotiques, plongent dans les méandres de la démence pour tenter de découvrir les secrets et les fondements de cet élément si immatériel et fondamental de l’existence de toute chose. Le temps.
L’horloge. Le mécanisme de l’aiguille. L’égrenage continuel et irrémédiable des minutes nous rapprochant toujours un peu plus de la fin, depuis la première seconde. L’horloger serait-il le maître du temps ?

Après le conte d’un apprenti et d’un druide découvrant un nouveau monde, puis les affres de la célébrité revisités à travers une superposition du mythe de Faust, Tobias Sammet s’attaque à un nouveau défi avec le nouveau concept inhérent au monde d’Avantasia.
Après la trilogie couronnée de succès composée de "The Scarecrow", "The Wicked Symphony" et "Angel of Babylon", Tobias revient avec "The Mystery of Time", mettant en scène un scientifique basculant dans la folie en cherchant à découvrir l’origine du temps. Jusqu’à ce qu’il découvre la porte vers un nouveau monde…réel ou créé par sa propre conscience ?

Évidemment, ce nouveau concept est une excuse, une fois de plus, pour inviter les célébrités dont Tobias est fan depuis toujours, et c’est à nouveau une jolie brochette que nous a concoctée le teuton à la voix d’or. Si les guests peuvent paraitre très old school à première vue (Joe Lynn Turner de Deep Purple, Eric Martin de Mr.Big, Biff de Saxon, Russell Gilbrook d’Uriah Heep, l’inusable Bob Catley), le leader d’Edguy a une nouvelle fois composé des pièces musicales taillées pour les différentes voix, tout en variant énormément son propos et proposant un disque très hétérogène, touchant à de multiples ambiances. Tant et si bien qu’il est difficile d’y trouver une cohérence conceptuelle lors des premières écoutes, l’album passant de compositions épiques à des brulots speed ou des titres bien plus posés. De plus, il faut ajouter le fait que Toby a de nouveau travaillé avec un véritable orchestre symphonique (ce qui n’était plus arrivé depuis "Hellfire Club"), ajoutant une densité supérieure et une production encore plus chaude et organique que par le passé. Sur ce point, Sascha Peath a réalisé l’album en étant très fidèle à lui-même, avec un son très vivant et fluctuant, très loin d’une superproduction orchestrale comme on peut parfois les entendre aujourd’hui (Tobias a très souvent décrit son horreur d’un son trop linéaire et constamment « gros »).

Clairement, l’album n’est pas si simple d’accès qu’il le paraît, et se révèle beaucoup plus avec le temps que les bombes immédiates que pouvaient être "The Scarecrow" ou "The Wicked Symphony" ("The Metal Opera" officiant dans un speed purement germanique qui, de toute façon, est définitivement révolu). On ressent un feeling plus rock, une vibe proche justement d’"Angel of Babylon", mais clairement plus ambitieuse dans le propos.
Logiquement, "The Mystery of Time" touche parfois du doigt l’excellence complète comme il se perd à des instants dans des schémas trop répétitifs et connus de l’Allemand. Concernant l’instrumentation, Russell est un véritable tueur derrière sa batterie, impressionnant de technique sur certains passages (notamment sur "Where Clock Hands Freeze"), accompagné parfaitement par un Tobias toujours aussi joueur derrière sa basse (clairement audible) pendant que Sascha se taille les rythmiques et laisse les soli à Bruce Killick et, petite nouveauté, Arjen Lucassen qui signe une jolie collaboration entre ces deux géants du metal opera.

Difficile de parler de chaque titre, mais impossible de ne pas évoquer par exemple l’immense "The Great Mystery", longue pièce épique de dix minutes terminant l’album. Une ouverture magnifique de sensibilité et d’émotion en piano/voix autour de Tobias, puis l’apparition continuelle et progressive de Bob Catley et Joe Lynn Turner, à l’instar d’un "Runaway Train". Derrière les vocalistes, les guitares s’épaississent au fur et à mesure des minutes, puis surtout des chœurs féériques féminins ainsi que des envolées de cuivres sublimes. Les phases au piano s’entrecoupent de riffs très rock n’roll, s’intégrant étonnamment dans ce paysage très pur et soigné. "The Great Mystery" se coupe clairement en deux parties en son centre, pour monter en intensité sur la seconde moitié et laisser s’entrechoquer les duels de guitares pour terminer sur le retour des chœurs et de ce refrain emplis d’émotion et de beauté. A l’inverse, "Savior in the Clockwork" (l’autre titre de onze minutes) est paradoxalement le morceau le plus taillé pour la scène, très speed et armé d’une double pédale ravageuse (après une introduction symphonique très proche de Prelude). On y retiendra notamment les échanges vocaux, très impressionnants et se rapprochant de l’intensité du morceau "The Scarecrow".

Après ces deux monstres sans fausses notes, on passe d’un marteau-pillon "Invoke the Machine" à un sucré "Whats Left on Me" en quelques secondes. Le premier est le plus brut de l’album, duo explosif entre Tobias et Ronny Atkins de Pretty Maids, montrant son visage le plus agressif pour donner vie à un riff sans fioritures ni arrangements grandiloquents. Le second, avec Eric Martins, est (évidemment) une ballade composée pour le surdoué de New-York. Son groove et sa sensibilité sont complètement taillés pour ce titre qui aurait presque pu être une composition de Mr.Big, bien que l’ensemble soit bien plus symphonique et arrangé que ce qu’il chante dans son propre groupe (et cette basse), laissant d’ailleurs une intervention remarquable du lutin allemand, dont la voix évolue constamment. Impossible également de passer sous silence les passages speed de "The Watchmakers Dream", "Where Clock Hands Freeze" et "Dweller in a Dream", où Joe Lynn ou l’inévitable Michael Kiske se donnent à cœur joie de faire vivre le metal allemand dans ses fondamentaux. Le premier est plus surprenant, prenant autant au power metal qu’au rock des années 70 (ce refrain n’évoquerait-il pas Meat Loaf ?), notamment dans les soli très créatifs et étranges d’orgue Hammond, peu connu dans ce registre. Les soli y sont toujours extrêmement travaillés, l’ombre d’Helloween y planant toujours, tout autant sur "Dweller in a Dream", rappelant le "Wasteland" de la trilogie précédente. Pas grand-chose à rapprocher si ce n’est un certain manque de surprise sur ce type de composition (quoique Kiske n’avait pas chanté aussi aigu que sur "Where Clock Hands Freeze" depuis qu’il officie chez Helloween), le coulis symphonique de "WCHF" rappelant par exemple celui du "New Age Messiah" d’Edguy.
Seul restera le ratage complet de "Sleepwalking", Claudy Yang n’étant pas gâtée pour s’exprimer sur un titre aussi faiblard et raté, sorte de ballade d’une mollesse affligeante évoquant un "What Kind of Love" du pauvre. "Spectres" n’ouvre pas non plus le disque de la meilleure des manières, manquant d’impact dans son refrain et son solo, tout l’inverse de l’impérial "Black Orchid", sûrement le plus symphonique et novateur de l’album, Tobias et Biff trouvant un duo parfait pendant sept minutes. Entre phases au piano (instrument qui n’avait pas été aussi présent dans un album depuis bien longtemps), envolées symphoniques et refrain de haut vol, dont le caractère plus sombre pourrait être une évolution logique pour le prochain volet (son texte étant en plus primordial dans le concept).

Difficile de ne pas évoquer cet album en traitant chacun des titres, tous étant différents les uns des autres. Ceci est clairement la force et la faiblesse de l’album, se parant de passages magistraux tout autant que d’autres franchement dispensables. Cependant, l’interprétation est toujours aussi impériale, à l’instar de l’instrumentation et du son, qu’on ne pourrait prendre en défaut tant ils sont travaillés en amont par le chef d’orchestre du projet.
"The Mystery of Time" n’est pas l’album le plus fort d’Avantasia, mais il propose un nouveau voyage onirique dans un nouveau monde que, finalement, l’on a envie de découvrir un peu plus après chaque écoute. Des écoutes certes pas dispensées de défauts, mais provoquant magie et dépaysement.
« We are the kingdom of light and dreams. Gnosis and life. Avantasia. »

31 Commentaires

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DragonMaster - 07 Mai 2013: Il m'a perdu avec les derniers Edguy, mais franchement il est toujours aussi inspiré sur Avantasia. Ça tourne en boucle depuis un moment (une grosse playlist incluant les anciens albums). Sachant qu'il va venir faire un tour au Québec, je ne peux que l'apprécier encore plus :P.
MikeSlave - 04 Septembre 2013: Bon un album plaisant qui alterne les références aux albums précédents tant les titres sont hétérogènes. Bon le seul hic c'est que la voix de Sammet est par moments insupportable. Comme en live ses capacités vocales montrent leurs limites : pas de coffre, voix de tête nasillarde par endroits et plans chants répétitifs. Bon je suis dur mais la cuvée 2013 reste un bon cru mais un poil naif.
Je me répète mais je trouve l'artwork nul à chier.
DragonMaster - 09 Septembre 2013: Voix insupportable? J'imagine que ça dépend des goûts, mais je ne pourrais pas être moins d'accord.
MikeSlave - 04 Octobre 2013: Je dis : par moments. Autant sur Edguy le chant est nickel mais mis en concurrence avec les guest d'Avantasia Tobias y laisse des plumes.Surtout sur le dernier dont la production est moins puissante que sur Scarecrow par exemple.
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