A Paranormal Evening with the Moonflower Society

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17/20
Nom du groupe Avantasia
Nom de l'album A Paranormal Evening with the Moonflower Society
Type Album
Date de parution 21 Octobre 2022
Labels Nuclear Blast
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album39

Tracklist

DISC 1
1.
 Welcome to the Shadows
 05:05
2.
 The Wicked Rule the Night
 04:25
3.
 Kill the Pain Away
 03:43
4.
 The Inmost Light
 03:26
5.
 Misplaced Among the Angels
 05:16
6.
 I Tame the Storm
 03:52
7.
 Paper Plane
 03:53
8.
 The Moonflower Society
 05:14
9.
 Rhyme and Reason
 04:41
10.
 Scars
 04:13
11.
 Arabesque
 10:10

Bonus
12.
 Paper Plane (Tobias' Demo Version)
 04:37

Durée totale : 58:35



DISC 2 - (Artbook Edition)
1.
 Welcome to the Shadows (Instrumental)
 
2.
 The Wicked Rule the Night (Instrumental)
 
3.
 Kill the Pain Away (Instrumental)
 
4.
 The Inmost Light (Instrumental)
 
5.
 Misplaced Among the Angels (Instrumental)
 
6.
 I Tame the Storm (Instrumental)
 
7.
 Paper Plane (Instrumental)
 
8.
 The Moonflower Society (Instrumental)
 
9.
 Rhyme And Reason (Instrumental)
 
10.
 Scars (Instrumental)
 
11.
 Arabesque (Instrumental)
 

Chronique @ Eternalis

30 Octobre 2022

"A Paranormal Evening with the Moonflower Society" est un bel album, qui ne changera en aucun cas le petit monde de Tobi

Ecrire sur Tobias Sammet me concernant est plus une histoire de passion, de souvenirs et du rêve d’un petit garçon qui commence comme un adolescent rêveur et gravi la montagne années après années par son talent et son abnégation.
Évidemment, le petit Tobias a bien grandi. "The Metal Opera", "Mandrake" ou "Theater of Salvation" sont loin. La passion dévorante, l’énergie incandescente de la jeunesse et cette impétuosité caractéristique ont peu à peu laissé la place à une écriture plus raisonnée, plus confortable également et ne cherchant plus vraiment à frapper la fourmilière mais plutôt se faire plaisir avant toute chose.

“L’album n’est pas vraiment à la mode ou contemporain. Mais je m’en fous. On ne devrait jamais accorder trop d’attention aux attentes ou à la mode dans l’art et on devrait se foutre de ce qui est considéré comme cool. Il n’est question que d’honnêteté et d’émotions.”

Voici certains des mots présents dans les longues notes de l’earbook de "A Paranormal Evening with the Moonflower Society", décrivant le processus de composition, d’enregistrements, la “renaissance vocale” de Tobias mais aussi des descriptions musicales et conceptuelles sur chacun des titres (autant dire que le produit est complet).
Il faut être honnête, un nouvel Avantasia est aujourd’hui un voyage en terres connues. Suite thématique de "Moonglow", on reprend les mêmes invités et on continu le voyage de cet être astral se retrouvant isolé, différent et incapable de s’adapter à son environnement extérieur. On entend déjà souffler les auditeurs qui veulent voir en Avantasia un Ayreon, c’est à dire un Sammet invitant des musiciens de différents horizons, de jeunes espoirs, de grands talents pour faire un mélange moderne. Rien de tout cela. Tobias s’entoure désormais de ses amis et cherche avant tout à être honnête envers lui-même, ses envies et les étoiles de sa jeunesse. Bref, d’expérimentations, il n’y en aura point. De la maîtrise, ce "Moonflower Society" en regorge.

Si les premières écoutes apparaissent rapidement comme assez fades (toujours ce désir insatiable de nouveautés, de surprises), le temps fait son oeuvre et décèle de nombreux détails, de sublimes richesses et surtout une ambiance, une aura qui, quand on l’écoute à plein volume sur un système audio, prend toute sa dimension.
Là où Moonglow possédait beaucoup de longs titres, de structures progressives et prenait son temps, son successeur prend le contrepied. Les titres sont assez courts (beaucoup entre 4 et 5 minutes, parfois moins), les transitions ne s’attardent pas en envolées lyriques et le tout gagne énormément en spontanéité et efficacité. Il n’y aura guère que Arabesque, final dans la pure tradition “Sammetienne” de 10 min, et de plus écrit à l’époque de "Moonglow", qui viendra contredire ce constat.
"Welcome to the Shadows" ouvre le disque dans une ambiance sombre et étrange, entre Burton et John Carpenter, avec uniquement Tobias et un piano / synthé avant que n’explose un refrain purement Meat Loaf comme il aime tant le faire depuis "A Mystery of a Blood Red Rose" (ou même "Journey to Arcadia" si on remonte un peu). On sait un chanteur s’éclatant dans sa diction, comme un acteur, très théâtral durant les couplets avant un refrain grandiloquent fait pour le live. Même le solo de claviers, toujours aussi retro, confère cette ambiance cinématographique, très éloignée de l’épopée de "Ghost of the Moon". C’est en totale opposition que "The Wicked Rule the Night" surgit derrière, comme un des titres les plus heavy de la carrière du facétieux allemand depuis "Mysteria". Le monstrueux Ralf Scheepers vient prêter main forte pour évoquer ces monstres qui reviennent inlassablement nous hanter, nuit après nuit. Un refrain en acier, des couplets tout en agressivité, de la double pédale et des soli hurlants. Bref, une belle leçon de power metal en bonne et due forme, en quatre minutes chrono pour ne pas s’éparpiller. "The Inmost Light", en 3min30, revisite également le speed mélodique teuton avec l’inévitable Michael Kiske pour un titre dans la pure tradition, comme nous semblons avoir déjà entendu les tenants et aboutissants mille fois mais dont on ne pourrait imaginer qu’il soit totalement absent d’un opus de Avantasia. Kiske est toujours aussi unique quand il s’envole, il fait mouche à chaque fois et on remarque effectivement, comme pouvait l’expliquer le principal intéressé, que l’absence de tournée durant plusieurs mois a permis à Tobias de retrouver son chant aigu pour que les deux tutoient ensemble les sommets. Il en de même pour les mélodies ciselées de "Rhyme and Reason", très Edguy dans la forme, dont la principale surprise est de partager le micro avec Eric Martin sur ce genre de titre rapide. L’américain, habitué aux titres plus calmes mais s’éclatant en live sur les morceaux heavy ("Twisted Mind" pour ne citer que lui) est totalement à son aise sur ce genre de titre très européen dans lequel il parvient à insuffler un feeling nostalgique. Les chœurs féminins avant le refrain confèrent un aspect de comédie musicale à une composition dans le fond totalement heavy speed, avec l’un des solo les plus rapides du disque.
Dans le même esprit, "Paper Plane" permet à Ronnie Atkins de s’exprimer avec son registre plus pop, lui qui était attaché aux compositions les plus rugueuses depuis son introduction dans "Invoke the Machine". Le titre est peut-être le plus beau de l’album, très FM mais dans une aura pleine de mélancolie liée à l’enfance (“Like a trace of nothing, may the wind blow me its way, like a paper plane”), avec un sublime refrain et une ambiance bien plus intimiste que les récentes balades calibrées AOR de Tobias.

Vous avez dit balade ? "Misplaced Among the Angels" signe l’une des plus réussies de l’allemand depuis "Farewell" (rien que ça, mais les ballades dans Avantasia sont trop souvent là pour la checklist que leur intensité). Floor Jansen donne une sublime réplique à un Tobias en état de grâce vocalement pour un duo donnant des frissons sur son final. Une Floor qui montre son immense talent sur le “Nightwishien” (même s’il en défend) "Kill the Pain Away" et ses choeurs grandioses, sa mélodie accrocheuse et surtout son refrain qui aurait clairement pu sortir de l’esprit du génie finlandais sur ses derniers travaux. Là encore en moins de 4 minutes, avec une transition très rapide entre le solo, un mini break et une reprise unique du refrain. Efficacité on vous dit.
Si on trouvera un "I Tame the Storm" en pilotage automatique (du hard à la Jorn, avec Jorn) et un "Scars" très américain dans l’esprit avec Goeff Tate, assez proche justement du feeling de "Alchemy". Sa voix est tellement particulière qu’il donne une ambiance unique quand il intervient, tant qu’on apprécie son timbre de voix. Une ambiance unique également que donne Bob Catley à tous les titres qu’il interprète, ici le très théâtral "The Moonflower Society", véritable rayon de soleil à entendre. Le côté cabaret revient dans le phrasé de Tobias, les choeurs à la Meat Loaf, un refrain sautillant absolument irrésistible (et ce “Fire in the Night” suraigu de Tobias) et surtout une partie orchestrale en plein milieu qui nous plonge dans la féérie des contes et des rues enneigées.
"Arabesque" clôture les débats dans une ambiance côtoyant la cornemuse celtique et des arrangements évoquant le Moyen-Orient, comme "The Pharaoh" en son temps. Trop vocal magique regroupant Kiske, Lande et Sammet pour un voyage de 10 minutes presque trop courte, Tobias et Michael s’échangeant leurs parties respectives (Jorn incarnant la noirceur, une fois de plus), le second étant, pour ne pas changer dirons-nous, impériale dans ses envolées.

Un nouveau diptyque touche à sa fin. Un nouveau voyage. Et si le chemin est connu comme nous disions, les détours, les paysages et les éléments apportent toujours une certaine satisfaction. "A Paranormal Evening with the Moonflower Society" est un bel album, qui ne changera en aucun cas le petit monde de Tobias. Mais il n’a jamais eu cette ambition. Il est simplement l’exutoire créatif de son compositeur. S’il confère du plaisir par la même occasion, il en sera satisfait mais on sent un musicien ne cherchant plus à plaire ou ne courant plus après le succès d’antan. Son histoire est faite, le reste ne sera désormais que de nouvelles pierres sur des fondations qui ne bougeront probablement plus …

1 Commentaire

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Arthron - 30 Octobre 2022:

Les extraits étaient prometteurs du fait d'une diversité bienvenue (le heavy The Wicked Rule the Night et le théâtral titre éponyme). J'espérais un peu plus d'audace de la part de Tobias sur les lignes de chant féminin de Misplaced Among the Angels étant donné la présence d'une interprète aussi impressionante que Floor. M'enfin, le titre reste bien sympathique et le refrain particulièrement efficace.

Bref, un album que j'atttends avec impatience, après le déroutant Moonglow, plus difficile d'accès mais de qualité au moins équivalente aux productions précédentes d'après moi. Tobias continue de piocher dans ses inspirations pour donner des albums s'éloignant de plus en plus du power symphonique des débuts mais au charme certain.

Merci pour le papier

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