Ritual

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Nom du groupe OOMPH
Nom de l'album Ritual
Type Album
Date de parution 18 Janvier 2019
Membres possèdant cet album15

Tracklist

1.
 Tausend Mann und ein Befehl
 
2.
 Achtung! Achtung!
 
3.
 Kein Liebeslied
 
4.
 Trümmerkinder
 
5.
 Europa (ft. Chris Harms to Lord Of The Lost)
 
6.
 Im Namen des Vaters
 
7.
 Das Schweigen der Lämmer
 
8.
 TRRR - FCKN - HTLR
 
9.
 Phönix aus der Asche
 
10.
 Lass' die Beute Frei
 
11.
 Seine Seele
 

Bonus
12.
 In der Stille der Nacht
 
13.
 Lazarus
 
14.
 TRRR - FCKN - HTLR (Lord Of The Lost Remix)
 

Chronique @ Groaw

16 Fevrier 2019

Indiscutablement nostalgique, incontestablement maussade, Oomph! parvient de nouveau à séduire […]

Pionniers du metal industriel allemand et de la Neue Deutsche Härte, mouvement reprenant les bases du rock allemand et au caractère électro, omniprésents notamment sur Herzeleid de Rammstein, Oomph! a sans aucun doute révolutionné son genre. Très souvent comparé avec ses compatriotes de Rammstein de façon assez vulgaire, il ne faut pas oublier que c’est bel et bien le trio originaire de Wolfsburg qui est à l’origine de la musique du quintuor. D’ailleurs, notre trio germanique fête en cette année leurs trente ans de carrière, ce qui en dit long sur la notoriété du groupe et de son talent.

Même s’ils n’ont pas connu le même succès que Till et sa bande, Dero, Flux et Crap sont tout de même parvenus à trouver leur public et à créer une discographie quasi parfaite, à l’exception près de Des Wahnsinns Fette Beute, un je m’en foutisme complet qui fut le seul faux pas de la formation. D’ailleurs, le groupe n’a absolument rien à envier à Rammstein car ils ont toujours su se moderniser et innover, là où Till a simplement amplifier le mouvement et l’a rendue d’une certaine manière plus accessible et plus conventionnel.

Après un XXV plutôt encourageant mais néanmoins bien plus mélodieux et lisse que ses premières toiles, Oomph! revient quatre ans plus tard avec un album dénommé Ritual, une pochette délibérément sombre et angoissante qui évoque un peu plus encore le côté glauque et sordide de la formation. Un album qui fait déjà parler de lui comme étant la renaissance du groupe et en atteignant très rapidement la première place des charts allemands.

Les fans de la première heure risquent d’exalter de joie puisque la pochette n’a rien d’anodin par rapport à la musique proposée par notre trio, en témoigne les premières minutes de Tausend Mann Une Ein Befehl. On retrouve la voix grave et grinçante de Dero, un instrumental qui n’a rien d’anodin mais qui surprend dès les premières secondes avec cette puissance militaire, telle une mitraillette entrant en action et une rythmique bien singulière mais néanmoins groovy à souhait. Les chorus avant ce « Nie Wieder krieg » hurlé, un appel pour la fin de la guerre, auront le luxe d’ajouter un peu plus d’harmonie et de mélodicité à ce premier titre.

Les horreurs de l’hostilité ne seront pas que des illusions, comme nous le démontre Achtung Achtung!. Dero semble plus que jamais avoir envie d’en découdre avec un voix totalement malsaine et rocailleuse mais appelle à l’aide lors des refrains. Les « Vater » criés au loin semblent pourtant vains et nous font partagés les moments néfastes des conflits. Les riffs sont lourds, presque étouffants, comme si nous vivions ces abominations et que nous les subissions, comme si nous étions spectateurs d’une comédie macabre.

La guerre sera d’ailleurs la principale thématique de cet album, comme l’explique parfaitement TRRR-FCKN-HTLR aux sonorités électroniques, nous faisant voyager vingt ans en arrière avec un album éponyme froid et sinistre ou encore Europa, qui décrit d’une façon presque insignifiante mais néanmoins réelle de l’immigration et de ces milliers de passagers qui ont péri. Les chœurs apportent tout de même un peu de lumière à un titre définitivement funeste.

La variété du vocal de Dero étonne encore malgré toutes ces années. Capable de passer d’un chant clair à des hurlements malfaisants, les différentes facettes de l’artiste donnent une perspective des morceaux totalement différent et unique. On est d’autant plus stupéfaits d’entendre par ci par là des growls que l’on n’avait plus retrouvés depuis la période Defeckt, comme nous le confirme Lass’ die Beute Frei. Les quelques clins d’œil à des titres antérieurs est également la bienvenue : Kein Liebeslied en est un parfait exemple car il reprend un schéma assez similaire et une rythmique comparable à Labyrinth, non pour nous déplaire.

La redondance et la ressemblance entre certains morceaux est malheureusement indéniable mais n’oublions pas que nous avons affaire à un metal industriel, aux riffs assez répétitifs et aux variations rarement présentes. Mais ce qui pêchera une nouvelle fois est la production, parfois trop lisse et qui ne permettent pas de profiter d’une manière irréprochable des différentes mélodies. A noter également une longueur non-négligeable qui peut rebuter lors des premières écoutes mais qui se fera fort heureusement vite oublier.

Faire du neuf avec de l’ancien : voici comment nous pourrions résumer ce treizième album de notre trio. Indiscutablement nostalgique, incontestablement maussade, Oomph! parvient de nouveau à séduire avec des récits poignants et une ambiance morose. Outre des toiles plutôt passables ou manquant d’une certaine identité pour se montrer notables (Seine Seele, Europa), nos allemands démontrent qu’ils peuvent encore proposer une musique personnel et ravageur et nous entrainer dans un univers proche de notre réalité.

« À la guerre comme dans le monde, il faut de toutes sortes de gens : souvent celui qui n'a que des bras s'en sert avec plus d'habileté que celui qui combine plus lentement ses coups. »

3 Commentaires

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indusmetalhead - 17 Fevrier 2019:

Le meilleur album de Oomph! depuis Monster ! 

Celldweller55 - 22 Fevrier 2019:

Je suis d'accord avec indusmetalhead. Maintenant si on sent des influences de leur première période (incontestablement la meilleure) ça reste quand même moins inspiré que leurs incroyables Unrein or Defekt. Un autre pas dans la bonne direction néanmoins.

Groaw - 09 Mars 2019:

Pardon, je n'ai pas pris le temps de vous répondre.

En effet, cet album reste incomparable par rapport aux deux pépites que sont Unrein et Defekt et à mon humble avis, on ne retrouvera jamais chez Oomph! un album d'un tel accabit. Cependant, il me semble important de souligner que Dero varie enfin un peu plus son vocal et que côté instrumental, nous avons affaire à un ensemble bien plus sombre et plus agressif, ce qui en fait globalement un excellent album. J'y suis peut-être allé un peu fort avec la note, sans doute l'excitation y est pour quelque chose mais Ritual reste le meilleur album de Oomph! même depuis Plastik.

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