Riddles, Ruins & Revelations

Liste des groupes Metal Symphonique Sirenia Riddles, Ruins & Revelations
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14/20
Nom du groupe Sirenia
Nom de l'album Riddles, Ruins & Revelations
Type Album
Date de parution 12 Fevrier 2021
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album24

Tracklist

1.
 Addiction No. 1
Ecouter04:03
2.
 Towards an Early Grave
 05:27
3.
 Into Infinity
 04:41
4.
 Passing Seasons
 04:43
5.
 We Come to Ruins
 05:12
6.
 Downwards Spiral
 05:55
7.
 Beneath the Midnight Sun
 04:43
8.
 The Timeless Waning
 04:04
9.
 December Snow
 05:20
10.
 This Curse of Mine
 04:18
11.
 Voyage Voyage (Desireless Cover)
 04:18

Durée totale : 52:44

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Sirenia



Chronique @ ericb4

04 Fevrier 2021

Un dixième mouvement aussi chavirant que pétri d'élégance et des plus audacieux...

Mû par un un vent d'inspiration renouvelée et porté par un flamboyant « Arcane Astral Aeons », son neuvième album studio, le combo créé voilà deux décennies par le pluri-instrumentiste et vocaliste norvégien Morten Veland revient quelque trois années plus tard dans la course. Et ce, doté de son dixième album full length, « Riddles, Ruins & Revelations », une galette généreuse de ses 53 minutes où se dispatchent 11 pistes d'obédience rock'n'metal mélodico-symphonique gothique et moderne. Sortie tout comme son illustre devancière chez Napalm Records, cette fraîche offrande en partage tant l'empreinte stylistique que certains arpèges d'accords, tout en élargissant encore d'un cran le champ des possibles atmosphériques par d'inédites vibes électroniques ; quelques prises de risques consenties et parfaitement assumées par le collectif et qui ont pour corollaire la féconde inspiration mélodique de ses auteurs. Ce qui ne signifie nullement que nos acolytes aient tourné le dos à leurs fondamentaux metal symphonique, loin s'en faut...

Dans ce dessein, aux côtés du maître d'oeuvre continuent d'officier la mezzo-soprano française aux chatoyantes patines Emmanuelle Zoldan et le fin guitariste français Nils Courbaron (TANK, Nils Courbaron's Project, ex-Lyr Drowning), sans oublier l'expérimenté batteur britannique Michael Brush (Ark Ascent, Holy Tide, Magic Kingdom, ex-Control The Storm, ex-Hellbastard, ex-Merciless Terror, ex-Celestial Wish), intronisé au sein de l'équipe dès 2019. Avec le concours, pour l'occasion, de Joakim Næss, délicat vocaliste norvégien, déjà sollicité sur trois des albums emblématiques du groupe, à savoir : « Perils of the Deep Blue », « The Seventh Life Path » et « Dim Days of Dolor ».

De cette étroite collaboration émane une oeuvre à la fois volontiers headbangante, souvent enjouée, un brin tortueuse et des plus enivrantes, non sans renvoyer tour à tour à Delain, Amaranthe, Amberian Dawn, Diabulus In Musica, Volturian, ou encore The Murder Of My Sweet, soit à quelques encablures de leurs initiales portées ; une orientation artistique cristallisant toutefois davantage une évolution en termes d'arrangements instrumentaux et de complémentarités de registres qu'un réel changement de cap stylistique. Enregistré pour l'essentiel aux Audio Avenue Studios, à Stavanger, en Norvège, entièrement mixé et mastérisé par Morten Veland, l'opus jouit d'une belle profondeur de champ acoustique et de finitions passées au crible. De quoi nous intimer d'aller explorer en profondeur les entrailles du vaisseau amiral...


Les intentions actuelles de la troupe de nous livrer un visage alternatif à son message musical ne tarderont pas à se faire sentir, au risque de décontenancer l'aficionado de la première heure au moment même où le tympan de celui de la dernière cuvée y trouvera assurément matière à se sustenter. Ainsi, à la lumière de son refrain catchy mis en exergue par les puissantes inflexions de la sirène et les fulgurantes montées en régime de son corps orchestral, sous couvert de ses inaliénables rampes synthétiques et recelant un bref mais fringant solo de guitare, l'entraînant et ''amaranthien'' « Addiction No. 1 » n'aura nullement tari d'armes efficaces pour nous faire plier l'échine. Dans cette mouvance, eu égard à ses enveloppantes nappes organiques doublées d'une frondeuse rythmique et d'intarissables coups de boutoir, « Into Infinity » se pose telle une vibrante plage pop metal symphonique et moderne aux relents électro, à la confluence de The Murder Of My Sweet, Volturian et Amaranthe, la touche personnelle en prime.

Mais restés partiellement fidèles à leurs premières amours, et comme ils nous y avaient déjà accoutumés, nos compères ont à nouveau plus d'un tour dans leur sac pour nous rallier à leur cause. Une manière aussi habile qu'originale d'unifier les tendances et d'élargir un tantinet le champ de leur auditorat. Aussi ne saurait-on que malaisément se soustraire aux vibes enchanteresses imprégnant de concert « Towards an Early Grave » et « December Snow », deux mid/up tempi symphonique gothique aux riffs roulants et aux enchaînements intra piste ultra sécurisés, à mi-chemin entre Beyond The Black et Amberian Dawn (seconde période). Dans cette énergie, c'est d'un battement de cils que le polyrythmique et ''delainien'' effort rock'n'metal symphonique « Passing Seasons » imposera sa radieuse sente mélodique et sur laquelle se greffent les poignantes envolées lyriques de la déesse. Et comment ne pas se sentir happé par l'infiltrant cheminement d'harmoniques exhalant de « This Curse of Mine », une solaire offrande aux airs d'un hit en puissance, laissant entrevoir un break opportun prestement balayé par une bondissante reprise sur la crête d'un refrain qu'on entonnerait à tue-tête ?

Quand le propos se fait techniquement plus complexe, le collectif trouve là encore matière à nous assigner à résidence. Ce qu'atteste, d'une part, « We Come to Ruins », un mid/up tempo aux riffs aussi rugueux que tourbillonnants et qui, bien qu'infiltré d'omniprésentes et virevoltantes sonorités synthétiques, nous fait renouer plus encore avec l'adn metal symphonique du groupe. Dans ce champ de turbulences incessamment réalimenté en puissants coups de boutoir, les fluides impulsions de la mezzo-soprano font mouche où qu'elles se meuvent. Au carrefour entre Amberian Dawn et Draconian, « The Timeless Waning », lui, se pose tel un rageur, énigmatique et délicat effort symphonique gothique aux riffs corrosifs et ondoyants, susceptible de laisser quelques traces indélébiles dans les mémoires de ceux qui y auront plongé le pavillon.

En réponse à un souci de diversification oratoire et stylistique, le combo dévoile une autre corde à son arc. Aussi, à l'aune du tubesque et ''delainien'' « Downwards Spiral », s'esquisse un duo mixte en voix claires en parfaite osmose, les cristallines volutes d'Emmanuelle trouvant leur pendant dans les fluides modulations de Joakim Næss. En outre, un fin legato du lead guitariste parachève cet entêtant up tempo pop metal mélodico-symphonique. Par ailleurs, c'est dans une atmosphère un poil plus sombre et reposant partiellement sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête – la claire empreinte vocale de la belle faisant alors front aux growls caverneux de Morten – que nous immerge le fougueux manifeste metal symphonique aux relents dark gothique et électro « Beneath the Midnight Sun ». Déversant un refrain immersif à souhait tout en étoffant sa palette rythmique de moult variations qui en fondent précisément tant son caractère que son originalité, l'offensive plage ne ratera pas davantage sa cible.

S'étant par ailleurs adonnée au périlleux exercice des reprises, et en dépit de l'extrême popularité et des si nombreuses reprises de la piste empruntée, l'ayant revisitée à sa façon et eu égard à des arrangements orchestraux d'excellente facture, la troupe parvient une fois encore à maintenir l'attention intacte. Aussi, élégamment ''metallisée'' et finement interprétée par la maîtresse de cérémonie tout en préservant tant son architecture instrumentale que sa ligne mélodique et ses paroles, d'aucuns ne mettront qu'une fraction de secondes pour reconnaître et s'imprégner de l'ambiance chatoyante de « Voyage Voyage », hit de 1986 au retentissement international de la chanteuse française Claudie Fritsch, dite ''Desireless''. Une manière aussi inattendue qu'originale de se réapproprier ce tube de la chanson française, permettant précisément au quidam de la (re)découvrir sous un autre jour.


On ressort de l'écoute de la seyante et pléthorique galette aussi séduit par les qualités esthétiques et conquis par le brio technique affiché qu'interpellé par l'essaimage de ses touches modernistes ; un pari pour le moins risqué mais gagné in fine par Morten Veland et ses redoutables gladiateurs. A l'instar de son charismatique devancier, ce nouvel arrivage se voit donc, lui aussi, imprégné par moult sonorités électroniques que nos compères équilibrent toutefois, et plus encore dans le présent message musical, par quelques flashbacks placés çà et là sur notre route, histoire de nous faire renouer avec un passé magnifié. Se dessine alors un propos à la fois palpitant, intrigant et fortement chargé en émotion, à l'ingénierie du son rutilante et à la plume bien inspirée, dont certains exercices de style bousculeront certaines certitudes comme pour mieux nous retenir.

Si l'opus s'avère à la fois diversifié sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, un tympan déjà sensibilisé aux codes du genre aurait toutefois espéré voir inscrits l'un ou l'autre instrumental, ballade et/ou fresque symphonico-progressive au cahier des charges. De relatives carences néanmoins compensées par des mélodies le plus souvent accrocheuses mais nullement aguicheuses, d'efficaces séries d'accords et un espace sonore n'accusant pas l'ombre d'un effet de stéréotypie ou d'une quelconque zone de remplissage susceptible d'altérer la portée du message délivré. Bref, un dixième mouvement aussi chavirant que pétri d'élégance et des plus audacieux. Le subtil bouquet permettra-t-il au breuvage de se bonifier avec le temps? L'avenir seul nous le dira...

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