Dim Days of Dolor

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Nom du groupe Sirenia
Nom de l'album Dim Days of Dolor
Type Album
Date de parution 11 Novembre 2016
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album43

Tracklist

1. Goddess of the Sea 04:41
2. Dim Days of Dolor 04:40
3. The 12th Hour 06:37
4. Treasure n' Treason 04:54
5. Cloud Nine 05:14
6. Veil of Winter 05:29
7. Ashes to Ashes 04:36
8. Elusive Sun 05:22
9. Playing with Fire 05:05
10. Fifth Column 06:02
11. Aeon's Embrace 03:55
Total playing time 56:35

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Sirenia


Chronique @ ericb4

03 Novembre 2016

Un retour en force à l'instar de ce redoutable méfait...

Un an et demi suite au controversé « The Seventh Life Path », sous l'impulsion du pluri-instrumentiste, vocaliste et compositeur Morten Veland (Mortemia, ex-Tristania, ex-Elusive), Sirenia remet le couvert avec ce huitième album full length intitulé « Dim Days of Dolor », opulente galette de 56 minutes où s'enchaînent sereinement 11 pistes, sortie chez Napalm Records. Officiant toujours dans un registre metal symphonique gothique, dans la lignée de formations dominantes telles que Tristania, Epica, Mortemia, Nightwish, Theatre Of Tragedy, entre autres, le groupe a souhaité faire évoluer son projet, plus qu'il ne l'a entrepris jusqu'alors, à la fois nourri de ses succès d'antan et de quelques erreurs d'un passé récent. Et face à une concurrence de plus en plus sévère en la matière, il s'avéra même urgent de réagir pour ne pas finir par tomber dans un abyssal oubli, même pour une formation de cet acabit.

Dans ce dessein, pour conférer une tout autre direction atmosphérique à son message musical, Morten a fait appel aux talents d'interprète de l'expérimentée et polyvalente chanteuse française Emmanuelle Zoldan (venue remplacer au pied levé Pilar Giménez Garcia (dénommée ''Aylin''), ayant officié dans le groupe entre 2008 et 2015). Pour mémoire, celle-ci avait déjà participé aux enregistrements de l'album « An Elixir of Existence » (2004), aux choeurs sur l'ensemble des albums du groupe et a également chanté sur l'EP « Sirenian Shores » (2004). Elle a aussi interprété la chanson de Leonard Cohen "First We Take Manhattan" sur une version particulière du combo. On comprend dès lors qu'une lourde charge pèse sur les épaules de la charismatique et prolifique frontwoman. Et ce, même si les compositions, à la technicité éprouvée et à la mélodicité plus immersive aujourd'hui qu'hier, se révèlent à la hauteur des prestations de la belle et même si la qualité de la production est au rendez-vous de nos attentes, avec une attention particulière accordée au mix, équilibrant à parités égales instrumentations et lignes vocales. Ce qui a eu pour effet pour le combo de nous proposer, cette fois, un spectacle de grande ampleur, aux arrangements de bonne facture, un tantinet plus inspiré que son prédécesseur, cultivant une grisante dynamique rythmique, susceptible de nous faire changer notre fusil d'épaule. Serait-ce là l'aboutissement ultime des 15 ans d'éxistence de cette formation norvégienne ? Un regard circonstancié s'impose.

Contrairement à son prédécesseur, on est prestement happé par la puissance de la charge émotionnelle contenue et communiquée par certains passages, notamment parmi les plus cadencés, ceux-ci mêlant souvent des touches pop-rock mélodique à un metal symphonique bien inspiré et résolument accessible. D'un trait mélodique affiné, d'un mordant maîtrisé, ce sont-là autant de perles à enfiler sur un collier à destination des charts.

Tout d'abord, d'une stupéfiante énergie délivrée par une solide armée de choeurs toutes gorges déployées, à l'image de Leaves' Eyes sur « King of Kings », l'entraînant « Goddess of the Sea » s'annonce comme un hit en puissance au regard de sa structure harmonique et d'une ligne mélodique taillée au scalpel. Classiquement ''sirénien'' dans sa structure et rappelant l'atmosphère envoûtante de « Perils of the Deep Blue », ce titre fringant laisse entrevoir les claires et magnétiques gradations oratoires de la belle, magnifiant un refrain immersif à souhait. Idem pour son voisin, le flamboyant et cadencé « Dim Days of Dolor », titre pop-metal symphonique usant des mêmes armes de séduction pour parvenir à ses fins, avec la grâce des félines inflexions de la sirène pour nous sustenter. Et ce, sur l'ensemble d'une plage taillée pour les charts où se ralayent habilement couplets et refrains, au demeurant assez convenus mais efficaces, propices au headbang. Plutôt dans la logique mélodique d'un « The Enigma of Life », ce brûlot se dote d'un solo de guitare et s'enorgueillit d'une bondissante reprise sur la crête du refrain. Ce faisant, il ne ratera pas son effet. Quant à l'aérien et enivrant « Treasure n' Treason », titre rock mélodique/metal symphonique, dans la lignée d'Amberian Dawn à l'instar de « Innuendo » (2015), c'est un modèle de progressivité et de finesse mélodique, mis en habits de lumière par les rayonnantes volutes de la déesse.

Nous sont également proposés des moments plus incisifs, tumultueux, voire diluviens, qui recèlent quelques trésors que l'on se fera fort d'aller dénicher. Ainsi, non sans renvoyer à l'ambiance et aux effets de « The Holographic Principle » d'Epica, le roboratif et véloce « The 12th Hour » nous plonge dans une tourmente où s'harmonisent un ondulant serpent synthétique nightwishien, une lead guitare en liesse et des riffs corrosifs et mitrailleurs. Suivant une sente mélodique invitante, des choeurs massifs et des grunts caverneux viennent en renfort d'une empreinte vocale devenue lyrique, dans l'ombre de Simone Simons, flirtant avec les notes haut perchées, aptes à faire frissonner l'épiderme et chavirer nos âmes. Pour sa part, le vivifiant et atmosphérique « Veil of Winter », octroyé en duo mixte et en voix claires, projette une énergie communicative, que l'on reçoit notamment sur un refrain catchy, dans la lignée de Visions Of Atlantis. De même, le cinglant « Ashes to Ashes » distribue ses riffs acérés au fil des pérégrinations d'une sirène devenue prédatrice ainsi que d'innombrables rampes au synthé, dans la droite lignée de celles du groupe lui-même. Et la sauce prend, ici également. Quant au fulgurant « Playing with Fire », non sans rappeler After Forever, il nous fait déambuler sur les braises incandescentes de sa rythmique resserrée et de son riffing en tirs en rafale. Des growls taillés dans la roche s'insinuent dans une trame harmonique de bon aloi et selon un cheminement mélodiquement invitatoire à la captation de nos sens, largement entretenu par les attaques de la sirène.

Dans une énergie rythmique alternative, le combo nous assène de coups de griffes riffeux, nous perdant parfois en conjectures technicistes tout en parvenant à maintenir l'intérêt intact de bout en bout sur chacun de ces actes. D'une part, une puissante chorale introduit « Cloud Nine », titre metal symphonique à la rythmique syncopée et percutante, dans le sillage de Delain sur leur dernier album « Moonbathers » (2016), octroyant une ligne mélodique engageante, enjolivée par les puissantes et aériennes impulsions de la belle. On aurait cependant souhaité ne pas être interrompu dans notre lancée par quelques temps morts et des passages inutilement technicistes. Dans cette mouvance s'inscrit « Fifth Column », morceau à la mélodicité apparentée à Dark Sarah, ensemencé par des nappes synthétiques enveloppantes, offrant un tapis sur lequel se meut à loisir le timbre suave et hypnotique de la jeune diva. De subtiles variations de tonalité dont les envolées semi-lyriques s'en font l'écho transfigurent cette pièce d'orfèvre.

Enfin, rares sont les moments d'apaisement sur cet opus, mais on s'accommodera fort bien de ceux qui nous sont octroyés. A commencer par l'envoûtant mid tempo aux faux airs d'une ballade, « Elusive Sun », révélant ses atours au fur et à mesure du déploiement des patines oratoires de la maîtresse de cérémonie que suit son comparse en voix claire. Difficile de contenir une petite larme sur un refrain d'une radieuse esthétique mélodique que n'aurait pas reniée Within Temptation et consorts. De son côté, « Aeon's Embrace » se pose comme une ravissante ballade progressive, jouant sur de fines nuances de tonalité pour tenter de nous séduire, dans le sillage harmonique d'Evanescence. La présence de la talentueuse vocaliste sur ce piano/voix impose le respect, tant par sa justesse que par sa remarquable tenue de notes. Surtout, sans en faire trop, elle a cette rare capacité de se muer en bourreau des cœurs, parvenant sans mal à toucher notre fibre émotionnelle. Une ultime respiration placée sous le signe de la romance, pour conclure le dernier chapitre de l'oeuvre.

Une fois le parcours de la rondelle achevé, on éprouve un agréable sentiment de plénitude procuré par les moindres détails d'un travail dantesque réalisé en studio, le groupe ayant sculpté dans le marbre chacune de ses pièces. On est alors surpris de le redécouvrir, habité par une nouvelle énergie, dopé par les talents de son interprète, doté d'une kyrielle de compositions rigoureuses dans leur principe d'émission, où sa signature artistique transparait dans chaque portée de chacune des partitions de ce manifeste. Et ce, même si l'on retrouve quelques accords ou ambiances empruntés à l'une ou l'autre formation majeure du metal symphonique, difficiles à esquiver, par ailleurs. S'il peut apparaître classique dans sa forme, répondant aux critères stricts du metal symphonique, voire peu original dans son concept, cet album est toutefois apte à véhiculer quelques émotions auprès d'amateurs du genre et pas seulement. Sans être novateur dans son style, le groupe s'est montré quelque peu innovant au regard de l'évolution de son projet. C'est dire qu'au vu de son potentiel, remis au goût du jour, le goupe peut dès lors croire en ses chances de gagner le si convoité peloton de tête de ce registre metal à chant féminin. Du moins, on ne peut que le lui souhaiter...

6 Commentaires

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frozenheart - 11 Novembre 2016: Reçu aujourd'hui! Aux premiers abord cet opus tient toutes ses promesses que ce soit au niveau des voix (quel superbe travail sur les choeurs), que de l'instrumentation et des atmosphères. Merci Eric, pour cette belle chronique.
L'une des meilleurs surprise Metal, Gothic, Symphonique de cette fin d'année.
ericb4 - 11 Novembre 2016: Oh, mais de rien! Tout à fait d'accord avec ton sentiment concernant les qualités de cet album. D'ailleurs, j'irais jusqu'à le mettre dans le top 5 des opus de metal sympho/gothique à chant féminin de cette année. C'est dire si le groupe s'est relevé de ses cendres...
Topher - 12 Novembre 2016: Quelle surprise ! Je n'avais pas lu les news et j'ai commenté le titre Dim Days of Dolor en me disant "tiens la musique m'agace, elle envahit trop, mais ça me rappelle la première chanteuse".

Je suis un grand fan du 1er album, puis j'ai décroché au fur et à mesure. Blazé de titres comme Dim Days Dolor... (faut dire que je ne suis pas fana des groupes à chanteuse en général, à part Tristania et Nightwish).

Par contre, The 12th Hour je m'y retrouve. Parce que je réentends les notes du 1er (chuchotements de voix, passages électro, du guttural...) et surtout je trouve que les chants et la musique se laissent de la place.

Merci pour ta chronique. Par contre, comme je connais à peine les références dont tu parles, je me pose la question, est-ce que l'album est plutôt à l'image de The 12th Hour ou plutôt du titre éponyme ?
ericb4 - 12 Novembre 2016: Merci à toi. Selon moi, si on devait faire un choix, cet album serait plutôt à rapprocher du titre éponyme que de The 12th Hour, tant dans le style que dans la dynamique de fond et concernant la mélodicité générale de l'opus.
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