Rebirth

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Nom du groupe Angra
Nom de l'album Rebirth
Type Album
Date de parution 13 Novembre 2001
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album341

Tracklist

1. In Excelsis 01:03
2. Nova Era 04:52
3. Millennium Sun 05:11
4. Acid Rain 06:08
5. Heroes of Sand 04:39
6. Unholy Wars 08:14
7. Rebirth 05:18
8. Judgement Day 05:40
9. Running Alone 07:14
10. Visions Prelude 04:32
Bonustrack
11. Bleeding Heart 04:04
Total playing time 56:55

Chronique @ Eternalis

04 Janvier 2009
"Rebirth" : un titre d’album et un concept symbolisant parfaitement l’état d’esprit d’un combo alors en pleine restructuration. Angra, groupe aujourd’hui culte du heavy speed progressif (et symphonique, et ethnique et…plus encore !) avait vu nombre de fans démissionner en masse lors de l’annonce du split des Brésiliens, laissant comme des idiots Raphael Bittencourt et Kiko Loureiro, vestiges d’une époque désormais révolue. Une époque appartenant au passé et à l’histoire, que les deux géniaux guitaristes auraient sans doute beaucoup de mal à faire oublier (finalement, pas tant que ça mais ce n’était pas gagné à l’époque). C’est ainsi que la face du monde découvrit un chanteur talentueux, officiant dans Symbols, totalement inconnu sur le vieux continent : Eduardo (Edu pour les intimes !) Falaschi. "Rebirth" fut donc un des albums les plus attendus de l’année 2001, et l’attente fut en partie récompensée. Je dis en partie car cet opus ne pourra être considéré que comme un simple hors d’œuvre en vue de ce qu’ils allaient réaliser par la suite. L’intro "In Excelsis" renoue avec l’aspect symphonique partiellement disparu sur Fireworks, et plonge l’auditeur dans une musique sombre et épaisse, inhabituelle pour le groupe, avant de se terminer sur une mélodie au violon (samplé !) plus fluette, typique du groupe. Puis "Nova Era" déboule. Le thème de la renaissance et d’une nouvelle existence est partout présent ("Nova Era brings the ashes back to life […]Angels will arise Back to life!" ), montrant clairement que ce n’est que le début d’une nouvelle vie riche et fructueuse. Le morceau nous accueille sur un rythme typique speed, sur lequel Edu montre ses talents. Il est clair que son chant est différent, plus grave, plus retenu et moins angélique, et "Rebirth" est, je pense, le seul album où cela pourra poser quelques problèmes, sans doute par manque d’expérience. Mais ce qui marque d’entrée, c’est le niveau technique largement revu à la hausse (et qui ne fera dès lors que grimper avec le temps). Le groupe est propulsé par la nouvelle base rythmique de folie que constitue Aquiles Priester à la batterie (un monstre de rapidité et de technique, ayant un style certes plus clinique que son prédécesseur mais également des possibilités quasi-infinies) et surtout le surdoué Felipe Andreoli à la basse, très clairement le meilleur bassiste de la nouvelle scène mélodique et multi-instrumentiste sachant autant faire claquer les futs que gratter la guitare en plus de son instrument de prédilection. Et évidemment, ces guitaristes de génie jouent des solos que seuls eux sont capables de composer, techniquement effarants et pourtant empreints d’énormément de mélodie et de feeling (faisant toute la différence avec un Petrucci à mon avis !). Bref, si ce n’est pour le moment pas exceptionnel, une bonne partie des doutes sont levés, notamment sur les nouveaux musiciens, surpassant même les membres fondateurs. "Acid Rain" se posera comme le symbole de nouvelles ambitions. Une intro magnifique de chœurs, un riff tordu et jouissif, un déluge de solos ahurissants, un refrain d’anthologie et surtout une sophistication de tous les instants, à l’instar du sublime "Unholy Wars", au rythme effréné, au départ très brésilien grâce à l’apport de percussions avant de voir un batteur en état de grâce, et un Edu réalisant sa meilleure performance de l’album. Et que dire de ce break magnifique où Felipe vient poser un solo de basse absolument divin, merveilleux ? Mais si tout cela se veut d’une perfection presque énervante (« Nous sommes toujours là » semblent-ils nous dire au détour de chaque prouesse technique !), cet album ne pourra que souffrir en vue des réalisations antérieures. Je veux dire que, pris indépendamment, il s’agit d’un chef d’œuvre mais ce ne sera pas le cas pour le fan de toujours. Personnellement, j’ai toujours eu le désagréable sentiment qu’il s’agissait d’"Angels Cry" remasterisé avec Edu au chant. Je me suis longtemps amusé à chercher les points communs et le plus fragrant reste, selon moi, la structure identique des deux albums. Je m’explique : intro-titre speed- titre avec une montée en puissance- titre très orchestré… Cela peut paraître réducteur mais il est impossible de ne pas comparer "Acid Rain" à "Angels Cry", où encore le plus rude et syncopé "Judgement Day" à "Street of Tomorrow". De plus, ils sont placés toujours au même endroit, respectivement le quatrième et huitième morceau pour ces titres. Alors, intrinsèquement, il n’y a aucun problème mais le fan y verra un certain auto-plagiat. Sans doute était-il temps de remettre la machine en marche avec de nouveaux musiciens car, preuve en est, les deux albums suivants, "Temple of Shadows" et "Aurora Consurgens", sont, à ce jour, les deux plus grandes réalisations du groupe, et pas loin d’être les meilleures d’un genre en mal d’inspiration ces derniers temps.

9 Commentaires

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Eternalis - 05 Janvier 2009: "Reason" est pour moi (et je le dis dans ma chro de "Time to be free") le meilleur album qu'il est composé depuis "Angels Cry" car complètement différent et très riche!
Bref, un autre chef d'œuvre du brésilien!!!
MetalOursonne - 05 Janvier 2009: Merci pour ta chronique Eternalis .. La p'tite metalleuse belge que je suis ne connais pas cet album de Angra (enfin pas encore) ni les albums à la base de tes échanges avec HRPASSION - toujours intéressants à lire d'ailleurs. Vu ton enthousiasme, il me semble judicieux que je l'écoute cet album, et sans tarder .. Le moins que l'on puisse dire c'est qu'il t'inspire !
Eternalis - 06 Janvier 2009: Angra est sans doute le groupe de prog qui m'inspire le plus...et qui m'impressionne le plus!!
Je ne peux que te les conseiller!!
raussy - 09 Août 2009: J'avais un peu laisser tomber Angra après Holy Land et Angels Cry, car contrairement à HRPASSION, j'accroche moins à la voix d'André Matos, qu'à celle d'Edu Falaschi. Rebirth est pour moi un excellent album, que je viens tout juste de découvrir, et qui tourne et retourne sur ma platine.



Si un membre de Som ne m'avais pas fait écouter par hasard le titre "Nova Era", je ne pense pas que j'aurais continué Avec Angra. Mais là gros coup de foudre pour ce titre, et par la suite pour l'album.



Du coup après "Rebirth", en peu de temps, je me suis procurée "Temple of Shadows", tout aussi bon, et "Aurora Consurgens", agréable mais sur lequel mon "coup de foudre", n'est pas aussi intense que pour les 2 albums précités.
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Chronique @ dark_omens

04 Mars 2014

Renaissance...

De sombres nuages s’amoncelaient sur la destinée d’Angra après la déconvenue d’un Fireworks tant décrié. Cet orage s’annonçait terrible et lorsqu'il survint, il plongea le groupe dans les affres les plus affreuses d’un atroce doute. Les pluies vinrent alors frapper l’embarcation brésilienne de plein fouet, les vents se levèrent, la tempête était terrible. Et dans cet ouragan, aux bourrasques médiatiques insensées, divisant les détracteurs les plus farouches et les adeptes les plus fervents des musiciens de la terre de braise, les voix de la discorde finirent par tonner au sein même de l’équipage. Le navire, en perdition, vint alors se fracasser violemment sur les récifs. L’esquif se brisa en deux. Andre Matos, Ricardo Confessori et Luis Mariutti quittèrent le bateau et s’en allèrent au large, vers d’autres péripéties, sur une chaloupe baptisée Shaman.*

Restés seuls à la barre du canot de fortune Angra, Rafael Bittencourt et Kiko Lourreiro, deux excellents musiciens, soit dit en passant, sont alors confrontés à un dilemme. En effet, cette particularité, aux sons de ces atmosphères tribales et ethniques, ce talent si atypique pour la composition classique de mélodies si singulièrement belles, s’en est allé. Après le naufrage, arrivé à bon port, les deux hommes décident d'embarquer dans leur périple Edu Falaschi au chant, Aquiles Prister à la batterie et Felipe Andreoli à la basse pour parer la défection de ces mutins.

Première œuvre de ce nouvel équipage, ce Rebirth, au nom d'une rare pertinence, apparaît immédiatement comme une synthèse consentie d’une volonté de rassemblement autour des forces les plus indéniables du groupe. Tentant, dans une démarche tout à fait compréhensible, d’assimiler un auditoire autour de ce qui fit les spécificités les plus spéciales du groupe, les musiciens composent donc ici une œuvre très consensuelle.

D’emblée Nova Era s’inscrit donc dans cette démarche. Dans la plus pure tradition d’un Power Metal dit "symphonique" très habituel, ce titre, agrémenté des poncifs de rigueur tels que rythmes rapides, refrains accortes et mémorables, quelques parures orchestrales, nous ramènent, agréablement, à nos meilleurs souvenirs brésiliens.

A noter que les éléments orchestraux font un retour succinct, mais remarquable, sur l’ensemble de cette œuvre et pas uniquement sur cette première piste. Ainsi les chœurs grandiloquents qui entament un Acid Rain ou un Running Alone, ainsi que l’usage de sonorités d’instruments classiques, offrent à ce disque une sympathique grandeur, oubliée depuis Holy Land. Certaines autres chansons, plus intimistes, plus mesurées, nous font aussi découvrir les mélodies de jolis préambules avant que ne s’exprime l’énergie de titres plus typiquement Power. Il en va ainsi de Millennium Sun audacieusement placé, presque, à la proue ; mais aussi de Rebirth. Même les phrasés ethniques aux sons de ces percussions et de ces mélodies qui firent l’excellence de Holy Land sont, timidement, proposés dans un morceau ambitieux, Unholy Wars, qui n’est pas sans nous évoquer le délicieux passé, pas si lointain, du groupe.

La question qui se pose est, aussi, de savoir comment s’en sortent les nouveaux matelots ? Si entrer dans la peau d’aussi symboliques musiciens, dont l’ombre hantera toujours Angra, que sont Ricardo, Andre et Luis, n’est pas chose aisée, il convient de dire qu’ils se débrouillent admirablement. On pourra, sans doute, reprocher à Edu certaines intonations aiguës, succinctement, similaires à celle d’Andre et d’autres, pour qui se souvient de l’extraordinaire technicité de Ricardo sur un Crossing, par exemple, pourra se plaindre des talents plus "classique" d’Aquiles.

Pourtant, le défaut majeur de ce Rebirth n’est pas dans ces imperfections (si tant est qu’il y ait imperfections), sommes toutes relativement anecdotiques, mais dans un ensemble, certes, plus convaincant et plus direct que Fireworks, mais dont les titres sont moins charismatiques et moins efficaces qu’autrefois.

Rebirth est donc un très bon album, dans lequel il est assez facile de s’immerger, avec un plaisir évident, tant ces morceaux sont attachants, mais qui souffre d’une comparaison forcément défavorable face à un Holy Land qui restera, quoiqu’on en dise, aux yeux de l’histoire, un des albums les plus novateurs de son époque. Quoi qu’il en soit, Rebirth marque le retour en grâce, mérité, d’un groupe captivant. Reste à savoir si ce groupe d’exception saura retrouver, complètement, de sa superbe et, surtout, son caractère le plus rare, et ne pas sombrer dans une excellence merveilleuse mais nettement moins unique.

Ce Rebirth tendrait à prouver que non...

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