ØMNI

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Nom du groupe Angra
Nom de l'album ØMNI
Type Album
Date de parution 16 Fevrier 2018
Labels Ear Music
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1.
 Light of Transcendence
 04:36
2.
 Travelers of Time
 04:26
3.
 Black Widow’s Web
 05:48
4.
 Insania
 05:31
5.
 The Bottom of My Soul
 04:18
6.
 War Horns
 04:42
7.
 Caveman
 05:52
8.
 Magic Mirror
 06:57
9.
 Always More
 04:43
10.
 ØMNI - Silence Inside
 08:29
11.
 ØMNI - Infinite Nothing
 05:13

Durée totale : 01:00:35


Chronique @ Eternalis

17 Fevrier 2018

"OMNI" est un grand disque, pétri d’influences, d’une richesse rare et produit de main de maitre

Ce qui est pratique avec Angra, c’est qu’il y a toujours quelque chose à raconter en préambule de leurs albums. Les innombrables changements de personnels n’ont pas altéré la passion du groupe brésilien, même s’il faut avouer qu’il en a fondamentalement changé le visage. Néanmoins, le line-up semble toujours évoluer dans un microcosme établi, les musiciens jouant aux chaises musicales entre leurs différents projets.
Si "Secret Garden" avait subi un renouvellement important avec le départ d’Edu Falashi et l’arrivée de Fabio Lione (qui était à ce moment encore évasif sur son avenir dans le groupe), l’intégration de Kiko Loureiro, guitariste fondateur, compositeur principal (avec Rafa bien évidemment) et figure de proue du groupe depuis les débuts, dans Megadeth a jeté un froid sur l’avenir des brésiliens. Mais il en faut plus au navire insubmersible qu’est Angra et c’est Kiko qui décida lui-même de son successeur, à savoir Marcelo Barbosa, connu pour être dans les rangs d’Almah, groupe…d’Edu Falashi. Quand on dit que leur monde est petit !

"OMNI" représente un défi. A de multiples niveaux. Celui de la vie sans Kiko, comme ce fut le cas sans André Matos quand il était le capitaine du navire dans les années 90. Même s’il est resté en lien avec le groupe, qu’il le rejoindra probablement à l’avenir et qu’il a composé un titre ("War Horns") avec ses compères (et qu’il est remercié en premier dans le livret), c’est Rafael Bittencourt qui a dicté la marche à suivre et écrit l’intégralité du concept que représente ce disque. Un concept sur l’unité, sur une idée de globalisation, d’ensemble avec comme idée de fond de réaliser un album dans lequel toutes les époques, toutes les influences et toutes les aspirations d’Angra à travers les années seraient représentées. Tout en y incluant de nouveaux éléments. Passé, présent, futur.
Pour cela, loin d’imposer ses uniques idées, Rafa a fait participer les autres membres puisque mis à part un seul titre ("Always More", qui aurait pu être sur son opus solo d’ailleurs), toutes les compositions sont le fruit de trois, quatre voire cinq compositeurs. Nés de multiples jams et répétitions, les morceaux sont un véritable effort collectif et en ce sens, "OMNI" est un disque varié, mature, d’une immense richesse et flirtant parfois avec l’expérimental, comme une extension de "Secret Garden" qui repoussait beaucoup plus loin les frontières d’un "Aqua", avec le recul, bien terne. Si nous devions rapprocher "OMNI" d’un album, ce serait probablement "Aurora Consurgens" dans cette variété et ces éléments parfois étranges, surprenants et sortant du cadre d’un power progressif très classieux qui nous émerveillent tant sur "Temple of Shadows" ou "Angels Cry". Même l’artwork, très loin de l’univers habituel du groupe, démontre une volonté de casser les codes.

Comme à son habitude, l’opus démarre sur les chapeaux de roue avec cette fois-ci un "Light of Transcendence" redoutable, rapide et rappelant le Angra des débuts, "Angels Cry" en tête. Les mélodies sont superbes, les riffs ciselés, la double pédale de Bruno Valverde (quel batteur ce jeune homme !) martèle un tempo rapide mais très riche et surtout Fabio Lione a pris ses aises avec sa voix si reconnaissable. Le break est incroyable d’efficacité, le riff est monstrueusement lourd, Bruno impressionne dans ses cassures rythmiques, le solo est comme le groupe sait le faire (techniquement impressionnant mais toujours au service de la mélodie) puis une incursion symphonique à couper le souffle surprend tout le monde avant une reprise du refrain. Non, Angra n’est pas mort, très loin de là ! S’enchaine directement "Travelers of Time" qui renvoie plutôt à l’époque de "Holy Land" avec toutes ces percussions et un riff bien plus tribal. Le production semble muée pour s’adapter à chaque fois au mieux à la musicalité du titre et on ne peut en ce sens que saluer l’énorme boulot effectué par Jens Bogren qui réalise encore une fois des miracles. Les « speederies » à la fin du titre et les immenses chœurs en latin qui en déferlent ne manqueront pas d’évoquer Rhapsody tandis que Rafa vient donner de la voix comme il l’avait déjà fait sur le disque précédent. Autant dire que l’entrée en matière avec ces deux titres très différents est quasi parfaite. Les choses vont ensuite bien changer et Angra va montrer que, loin de n’être que des réminiscences du passé, "OMNI" est aussi un album tourné vers l’avenir.

"Black Widow’s Web" en est une démonstration radicale. Trio vocal entre Fabio, Sandy (une chanteuse populaire brésilienne) et Alyssa White-Gluz (qui est décidément invitée un peu partout en ce moment), le morceau est une allégorie sur les pièges du web et des réseaux sociaux tissant leur toile dans nos vies pour finalement nous piéger et nous détruire. Si Sandy possède une voix innocente et fluette, Alyssa est la première tentative du groupe à placer du chant extrême et noircir à ce point leur ambiance. Si le refrain reste dans la pure veine de ce que nous connaissons, le break incorpore des passages syncopés et très techniques qu’un Textures ne renierait pas avant d’enchainer avec un duel de soli impressionnant. L’ambiance se fait juste après onirique, très organique et « brésilienne » avant que ne ressurgissent le refrain et le chant hurlé d’une Alyssa parfaite dans son rôle de veuve noire.
Sans écrire un paragraphe sur chaque titre, le reste du disque est de cette trempe, chaque morceau possédant des éléments forts et distincts, apportant des influences nouvelles ou au contraire ancrant Angra dans son histoire. "Caveman" par exemple, débute sur un riff quasiment djent (Animals as Leader est, de l’aveu de Rafa, une vraie influence) avant que ne déboule des chœurs chantés en portugais sur lesquels ont été invités des percussionnistes brésiliens de la région de Bahia pour un métissage culturel et musical que seul Angra nous offre depuis tant d’années. "Insania" se veut plus symphonique dans son approche, avec une partie de basse incroyable comme Felipe Andreoli aime se délecter et un jeu de Bruno qui fait bien plus penser à un percussionniste qu’à un batteur metal dans la façon d’aborder ses parties. Quant à "War Horns", écrit avec Kiko au Fascination Street Studio (pendant qu’ils étaient en studio), il s’agit d’une folie technique (les trois guitaristes se déchainent) sur fond de texte évoquant les guerres nucléaires et les génocides. La partie soliste est un condensé de plans extraterrestres joué par Kiko lui-même, très modernes encore une fois et ponctués d’un riff mécanique et d’une rugosité inédite chez eux.

Là où de nombreux groupes peuvent se calmer avec l’âge, Angra fait le chemin inverse et explore de multiples horizons. Si "Magic Mirror" (presque sept minutes) est une petite pépite clair-obscur comme chaque opus en possède, le titre éponyme, divisé en deux parties pour un total de presque quatorze minutes, a de quoi surprendre. "Silence Inside", la première partie de plus de huit minutes (née d’un jam entre Felipe à la guitare, Bruno avec un pad d’entrainement et Rafael à la…poubelle à pédale !) s’ouvre sur une mélodie acoustique avant qu’un riff énorme et très Textures encore une fois n’alourdissent l’ambiance. Rafa et Fabio se partagent le chant, le rythme est pesant et léger à la fois, les mélodies acoustiques très organiques se confrontent à des leads très saturés et sombres, comme pour créer une dualité constante, une confrontation entre les éléments. Le break se veut expérimental, torturé et rappelle sensiblement l’ambiance d’un "Ego Painted Grey" (sur "Aurora Consurgens" justement). Quant à la seconde partie ("Infinite Nothing"), c’est un ensemble symphonique et instrumental qui, à la manière de "Gate XIII" sur "Temple of Shadows", termine "OMNI" sur une note cinématographique et théâtrale.

Il ne faut pas se le cacher, "OMNI" est une perle musicale, alliant respect des traditions et ouverture sur un nouveau monde. Sans jamais se trahir ni renier ses débuts, Angra avance vers d’autres horizons, malgré les embuches, les tempêtes et l’instabilité du line-up. Certains reprocheront que ce n’est plus vraiment Angra, que seul Matos le rendait si différent (la version japonaise d'"OMNI" comprend d'ailleurs une reprise de "Z.I.T.O"), qu’Angra sans Kiko n’est plus vraiment Angra ou encore que Fabio Lione est très connoté par son passif pour jouer dans un groupe aussi légendaire et distinct que l’ange de feu. Mais ce serait sans écouter le fond des choses, sans comprendre que, intrinsèquement, "OMNI" est un grand disque, pétri d’influences, d’une richesse rare et produit de main de maître. Finalement, ce n’est plus si courant ces derniers temps.

37 Commentaires

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Fonghuet - 28 Fevrier 2018:

Il est bon Omni, et la chanteuse pop, très belle voix et pour une fois; pas d'air dans la voix, enfiiiin!

 

frozenheart - 28 Fevrier 2018:

Tout à fait d'accord avec toi Fonghuet!

Tiens en revenant sur les groupes et albums tels que Battle Beast et Beast In Black, qui abuse des synthé et rythmiques techno pop, le dernier album des tchèques Sebastien à mon grand regret en possède sur quelques morceaux! Sinon les autres sont excellents et de très bon niveau!

edenswordrummer - 01 Mars 2018:

Sebastien a sortit un nouvel album ? L'information m'a échappé, qu'est ce qu'il vaut ? 

frozenheart - 01 Mars 2018:

Mis à part deux ou trois titres aux sonorités pop et claviers kitsch, dans son ensemble ce nouvel album de Sebastien est très réussi et aussi bon que Dark Chambers of Déjà Vu!

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