Puritanical Euphoric Misanthropia

Liste des groupes Black Symphonique Dimmu Borgir Puritanical Euphoric Misanthropia
Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Dimmu Borgir
Nom de l'album Puritanical Euphoric Misanthropia
Type Album
Date de parution 12 Mars 2001
Labels Nuclear Blast
Enregistré à Studio Fredman
Style MusicalBlack Symphonique
Membres possèdant cet album1234

Tracklist

1.
 Fear and Wonder
 02:48
2.
 Blessings Upon the Throne of Tyranny
 05:19
3.
 Kings of the Carnival Creation
 07:45
4.
 Hybrid Stigmata - the Apostasy
 06:57
5.
 Architecture of a Genocidal Nature
 06:08
6.
 Puritania
 03:01
7.
 Indoctrination
 05:57
8.
 The Maelstrom Mephisto
 04:41
9.
 Absolute Sole Right
 06:23
10.
 Sympozium
 05:12
11.
 Perfection or Vanity
 03:27

Bonus
12.
 Burn in Hell (Twisted Sister Cover)
 05:05

Durée totale : 01:02:43


Chronique @ Lunuy

01 Avril 2012

La forteresse noire ajoute un orchestre complet et des gadgets high-tech à son arsenal

Il fallait bien que quelqu’un ose le faire un jour, non ? Et si la bande à Silenoz et Shagrath ne l’avait pas fait, on saurait en droit de supposer qu’une autre formation norvégienne estampillée « Black Metal » l’aurait fait tôt ou tard, cet ajout d’orchestre à son arsenal. Évidemment, à sa sortie, les esprits les plus austères ne devaient pas avoir beaucoup apprécié la manière dont ont été utilisés les gros sous de Nuclear Blast : son massif au jus numérique ; promotion importante à coups de clips sur fond d’image de synthèse ; layout du livret dans un pur style BD d’horreur... 'y a de quoi rendre des personnes jalouses parmi les intégristes du Black Metal « pur », plus friands de la musique de Gorgoroth, au point que ces intégristes en aillent à vomir leur haine sur ce disque dans des recoins de la Toile Internet – par souci de ne pas créer de polémique, nous n’en dirons pas plus. Reconnaissons déjà le côté novateur et courageux de Dimmu Borgir ; novateur dans la mesure où les Italiens de Graveworm s’étaient déjà adjoints un petit orchestre sur leur album As the Angels Reach the Beauty, certes deux fois moins important que celui de nos Norvégiens ici.

Si le concept et le fond des paroles n’ont guère changé, ce n’est pas le cas du line-up : Nagash ayant pris le large, Vortex s’occupe de la basse ; le meneur de Old Man’s Child, Galder vient remplacer Astennu à la lead guitare et Nicholas Barker, Tjodalv à la batterie. D’ailleurs la précise et monstrueuse performance de Nicholas n’échappera à personne sur cet opus, à se demander où l’ex-batteur chauve de Cradle Of Filth est allé chercher cette hargne et cette énergie... oui bon, la régie, pas la peine de siffler dans mon oreillette, je connais la petite histoire !
Toujours est-il que sa batterie directement mise (trop ?) en avant par le mixage renforce l’aspect monolithique et martelant de PEM qui, de par ses nombreux arrangements et sa production rendant parfaitement toutes les fréquences, constitue l’exemple-type de ces disques qu’il vaut mieux ne pas trop écouter avec un casque sur les oreilles sous peine de louper des sonorités. Dès la première chanson “ Blessing Upon the Throne of Tyranny ”, Dimmu Borgir montre son goût pour l’expérimentation et les bidouillages artificiels, avec des ajouts ponctuels de samplers et des altérations vocales via l’usage du vibrato, allant parfois plus loin que ce qu’avait fait Limbonic Art sur son Ad Noctum Dynasty of Death.

Contrairement au mélodieux et planant Spiritual Black Dimensions, Puritanical Euphoric Misanthropia cogne dur. Ainsi le jeu de Galder est nettement moins libre que ne l’était celui d’Astennu, ce qui est loin d’être un handicap, car l’opus est construit autour de groove écrasants et d'accélérations brutes de décoffrage plutôt que sur des riffs variés ou des soli acrobatiques. La lourdeur et la brutalité règnent au point de souvent laisser les orchestrations au second plan comme en témoigne la première partie d’ “ Absolute Sole Right ”. S’il on excepte l’intro et l’outro, les grosses cordes classiques sont davantage à l’honneur sur les passages plus lents et plus étirés, comme dans le magnifique “ Sympozium ”, l’un des meilleurs morceaux composés par le trio Silenoz, Shagrath et Mustis, résumant tous les atouts du combo, dont le chant clair de Vortex, les parties symphoniques et metalliques s’enchaînant admirablement durant le refrain crescendo.

Toutefois, PEM accuse des morceaux centraux assez moyens. Pas vraiment de « ventre mou » ici mais plutôt une épine dorsale un peu fragile, à commencer par “ Hybrid Stigmata – The Apostasy ”, ses accords principaux de violons intéressants mais banaux et ses envolés vocales tonitruantes un peu faciles... c’est une chance que le milieu du morceau, plus dynamique, relève un peu le niveau. Tout le contraire du quasi-indus “ Puritania ” qui balance un groove semblable au tangage brutal subi par un bateau en pleine tempête et cherche par son beat et sa suite d'effets obsédants à évoquer la pure folie ; dérangeant mais à la longue soûlant tant les intonations vocales de Shagrath répétées et modifiés par l’attirail synthétique en deviennent presque risibles. On pourra aussi reprocher le (mauvais) sous-emploi du chant clair et des arrangements pianistiques sur “ Architecture of a Genocidal Nature ”.

Ainsi, quelques tricotages ou incursions dans le middle-tempo ne sont pas toujours très heureux sur ce disque, bien que les détonateurs “ Indocrination ” et “ The Maelstrom Mephisto ”, s’ouvrant tous les deux comme un “ Master of Disharmony ”, brutalement et sans crier garde, s’en sortent mieux dans leurs deuxièmes parties laissant libre cours au maître d’œuvre Mustis. Ah, tiens, j’entends quelques langues de vipère murmurer au fond de la salle : « Le morceau “ Kings of the Carnival Creation ” est peut-être un hit, mais sa structure est copiée sur le “ Master of Disguise ” d’Arcturus ! Ils ont juste modifié la progression du tempo et les arrangements ». Peut-être, et après ? Vortex fait partie du combo, non ? A-t-il protesté ?

Bref, on pourrait débattre encore et encore sur la manière dont est utilisé l’orchestre, que ce soit au niveau de la richesse de ses sonorités ou de son imbrication dans les compositions, mais force est de constater que Dimmu Borgir a su s’en servir assez habilement pour agrémenter ses breaks ambiants ou ses accords en puissance. De fait, PEM ne tombe pas dans le piège des ambiances boursouflées et ne perd pratiquement jamais en cours de route son souffle destructeur, ce qui ne sera malheureusement pas le cas de son successeur.

16/20


14 Commentaires

14 J'aime

Partager

BEERGRINDER - 02 Avril 2012: Je n'ai jamais vu ce disque comme un truc commercial, à sa sortie c'était considéré comme du Black sympho au gros son, assez original et plutôt brutal.
Il était album du mois voire de l'année dans pas mal de mags, à juste titre à mon sens, je suis un grand fan des vieux Gorgoroth, mais ici on est pas du tout dans cette optique et la comparaison n'a pas lieu d'être, mais ça me parait tout à fait logique que les tenants purs et durs d'un Black épuré n'apprécient pas ce disque, de mon côté Bestial Warlust, Urgehal ou Sarcofago trouvent autant grâce à mes yeux que cette période de Dimmu Borgir.

Pour moi PEM un grand bond en avant après un Spiritual Black Dimension de bonne facture mais qui sentait la fin de cycle. On peut regretter le mix très en avant de la batterie, pour moi c'est au contraire un gros point fort du disque.

Enfin je trouve Death Cult Armageddon de qualité également, et je n'y vois aucune ambiance boursoufflée, c'est simplement dans la continuité avec une prod moins exagérément énorme.
Fabien - 03 Avril 2012: Je profite de ce focus sur la période 1997-2003 pour dresser aussi mon petit tour d’horizon, puisqu’ayant découvert le groupe dès son premier album, mon regard peut éventuellement être intéressant. Je me souviens qu’en 1997, Enthrone Darkness avait été une sacrée surprise et avait permis à Dimmu Borgir d’atteindre un palier important dans sa carrière. Aujourd’hui encore, je le considère comme l’une de ses œuvres majeures. Bien qu’il soit fondamentalement un bon album, Spiritual Black n’avait quant à lui pas reçu un accueil aussi enthousiaste deux années plus tard, et je pense aussi qu’intrinsèquement, il n’égale pas l’excellence de son prédécesseur. Son problème aujourd’hui est aussi d’être coincé entre deux œuvres majeures, ce qui nous amène à l’incontournable Puritanical en 2003 où le groupe franchissait un nouveau cap et réussissait parfaitement l’intégration d’un orchestre symphonique, tout en recueillant des éloges amplement méritées. Je considère ce disque comme un aboutissement dans sa carrière. A titre personnel, j’aime beaucoup le titre Puritania, et d’ailleurs à cette époque, Silenoz avouait avoir été influencé par les ambiances martiales d’A Grand Declaration of War lors de la composition de ce morceau. Pour terminer sur Death Cult en 2003, je fais partie de ceux ayant moyennement apprécié ses arrangements orchestraux ‘hollywoodiens’ et m’être détourné du groupe depuis cette période. Ceci dit, à titre plus personnel, je dois avouer que Stormblast (1996) et Enthrone Darkness sont les deux albums que je ressors le plus volontiers depuis ce paquet d’années. Fabien.
Fabien - 03 Avril 2012: En cette fin de décennie 90, il y a eu effectivement un certain vent electro issu de Norvège, que l'on peut relier à cette scène post-black que le pays connaissait à l'époque. Je m'y étais pour ma part intéressé d'assez près et, sur le long terme, peu d’œuvres ont finalement résisté à l'épreuve du temps sur ma platine. Je pense notamment à 666 International de Dodheimsgard ou à Department of Apocalyptic Affairs de Fleurety que je n'ai finalement pas conservés, bien que je me souvienne très bien de quelques titres comme Sonar Bliss ou Shotgun Blast que j'avais particulièrement appréciés. Ceci dit, 666 international pourrait fort bien réintégrer ma collection, wait and see. L’œuvre majeure de cette tendance electro reste justement à mon sens Animatronic de The Kovenant, franchement novatrice et hypnotique en 1999, bien que tout comme toi, je trouve son parallèle avec Puritania peu judicieux. Quant à Grand Declaraton of War, je lui voue un culte tout particulier, au delà d'éléments electro bien insuffisants pour décrire ses innombrables contours. J'avais dans les jours suivant sa sortie rejeté ce disque de Mayhem, pour finalement en devenir accroc au fil des mois. Honnêtement, je ne cherche à convaincre personne, mais je souhaite à chacun de ressentir autant d'émotions que l'album me procure depuis ce jour où j'ai enfin pénétré son univers, et Dieu sait pourtant combien De Mysteriis m'avait renversé six années auparavant et combien il compte pour moi. Conceptuellement, A Grand Declaration est d'ailleurs très proche de son redoutable prédécesseur Wolf Lair's Abyss. Fabien.
vargv - 23 Novembre 2012: le meilleurs albums de dimmu borgir pour moi !
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ Eternalis

30 Novembre 2008
L’Album, celui que l’on nomme avec un grand A, celui qui reste gravé dans les mémoires et qui s’incruste telle une pierre précieuse dans le temps et les esprits, celui que personne n’ose ne serait-ce que penser à l’oublier, l’Album.

Dimmu Borgir avec ce cinquième effort studio transgresse totalement sa musique et offre une vision alors entièrement nouvelle du black metal (devenu très courante en très peu d’années). Il propose un art incorporant l’esthétisme dans l’extrémisme, la beauté dans la laideur, l’éclat dans la noirceur, l’angélisme à l’intérieur même des ambiances démoniaques. Il mélange les contraires, rallie les antinomiques et en sublime chaque partie pour arriver à un résultat absolument exceptionnel et unique.

Dès l’intro cinématographique "Fear and Wonder", la musique nous happe, l’atmosphère à la fois dramatique et poignante nous emporte dans un monde propre et nouveau. L’orchestre propose un air légèrement répétitif et destiné à l’évasion de l’esprit, les violons dansent dans une mascarade infernale…puis le climat se noircit. L’horizon s’intensifie et explose dans un déchainement de brutalité sur "Blessing Upon the Throne of Tyranny".

Le son est à couper le souffle, d’une incision proprement démentielle et d’une puissance à vous déchirer les entrailles. La batterie se déchaine dans un blast d’une vitesse à outrance, les riffs taillent l’esprit de l’auditeur en lambeaux et Shagrath, comme le démon des enfers, déclame une prophétie des ombres glaçante tandis que de magnifiques lignes de piano transcendent ce titre aujourd’hui classique. Mais ce n’est que le début.

Un léger souffle parcourt l’introduction de "King of the Carnival Creation", les claviers font leur entrée, puis le blast d’une rapidité une nouvelle fois hallucinante. Ce morceau représente, avec le suivant, sans aucun doute la perfection absolue du black metal symphonique. Qui pourra dire ne pas sentir des frissons lui parcourir le corps à l’écoute du magique "Hybrid Stigmata - The Apostasy" ?
Une courte introduction orchestrale avant l’intrusion diabolique d’un hurlement inhumain de Shagrath, mais en gardant un tempo légèrement moins élevé. Les riffs ambitieux de Silenoz et Galder, à la fois majestueux et acérés, sentent autant la pourriture des âmes que la magnificence des Dieux. Les vocalises claires de Vortex, telles les paroles d’un ange, viendront éclaircir une atmosphère d’une si grande beauté nocturne.

Mais ne croyez pas que les norvégiens ont totalement oublié leurs racines, comme en témoigne le génial "Puritania", d’une lourdeur sans précédent et composé d’atmosphères black metal des plus angoissantes et terrifiantes, autant dans les orchestrations quasi électroniques que dans les multiples voix hurlant dans notre tête dans un manifeste idéal de folie et de schizophrénie, pour terminer sur des grésillements extrêmement malsains.

La vitesse démesurée d’"Indoctrination" anéantira vos oreilles, pour finalement laisser place à un intermède entièrement symphonique d’une rare grandeur, une nouvelle fois très dérangeant et confrontant l’auditeur à un mal-être indéfinissable. Car il s’agit bien là de la réussite de cette œuvre baignée par les dieux des ténèbres, à savoir allier (pour la première fois ?) musicalité et misanthropie constante, à savoir hurler à la face de la religion une critique constructive et non pas uniquement virulente, comme en témoigne l’artwork absolument magnifique et unique.

Comment ne pas succomber face au break impromptu mais néanmoins impressionnant de "Architecture of a Genocidal Nature" rappelant le Alice Cooper des débuts (avec un peu d’imagination bien entendu) au niveau de l’atmosphère véhiculée par le chant cauchemardesque de Shagrath ?
Alors les puristes crieront au scandale mais ils ne montreront que leur incroyable étroitesse d’esprit face à l’art, matérialisation de l’évolution et des émotions humaines ne devant s’imposer aucune limite créative, ethnique ou éthiques.

Se terminant comme il a commencé, dans une ambiance angoissante, mystérieuse et uniquement orchestrale sur "Perfection or Vanity", Puritanical Euphoric Misanthropia est le voyage de l’âme vers un monde artistique complètement différent et en perpétuel mouvement, le rejet de la médiocrité vers une entité supérieure, la négation de la banalité vers une unicité céleste.

Il représente ce que la musique a de plus grand et noble en elle, il est la représentation de la supériorité et de la grandeur, un mythe incroyablement grand et unique !

14 Commentaires

9 J'aime

Partager

Skwig - 16 Fevrier 2009: j'me fonds un peu dans la masse, mais je trouve que cet album est tres réussi,mais avec un feeling, disons...

Beaucoup trop commercial.

C'est bien composé, ça part bien, ça blaste, etc..

Mais si l'on enlevait les millions de dollars en bruitages et en orchestre, on obtiendrait un album vraiment magnifique.
alex6776 - 21 Septembre 2010: suis-je donc le seul qu'une bonne production n'enleve en rien l'autenticité d'une oeuvre et qu'au contraire, ne fait que l'améliorer en rehaussant sa qualité d'écoute? jdoit pas etre asser "trve"
Selfdestruction - 28 Avril 2011: Découvert cet album qu'aujourd'hui...et oui il n'est jamais trop tard! Et je suis d'accord avec les avis concernant ce qui sonne "trop parfait" mais je vais le prendre comme The Gathering de Testament : un album avec une prod. monstrueuse mais tellement réussi que franchement...je vois pas où est le mal! J'adore. Merci pour la chro!
Tyrcrash - 16 Mars 2012: Excellente chronique, un poil trop généreuse dans la note, mais on va dire que c'est l'enthousiasme du chroniqueur sincere :)

Dimmu Borgir nous livre, ici,à mon sens, ses orchestrations les plus aboutis, et les plus personnelles. Et cette Prod dont tu as bien souligner les attraits! Point noir pour certain, elle ne fait à mon sens qu'augmenter l'impact implacable de l'album.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Chronique @ dark_omens

09 Avril 2014

Une balade merveilleusement obscure et grandiloquente...

En digne héritier de ce legs "symphonique" maudit, sur lequel les rigoristes traditionalistes d’un Black Metal à la pureté originelle intacte, définis implicitement par ces obscurs règles tacites, n’ont de cesse de vomir leur haine expiatoire, Dimmu Borgir va édifier les fondements d’une nouvelle église qui, avec ce Puritanical Euphoric Misanthropia, trouvera, une première pierre noire dont beaucoup s'inspireront.

Et pour faire de ses propos les versets de cette nouvelle vénération, il commence par s’adjoindre les services d’un véritable orchestre philharmonique. Si l’entreprise est inhabituelle, elle offre d’emblée une dimension solennelle prodigieuse à cet album. Bien entendu pour offrir la quintessence de ce dispositif classique, le groupe se doit de magnifier le son, souvent décharné, de ses productions où, soit par essence, soit par défaut, le mixage est souvent brut, souvent âpre, souvent difficilement accessible pour le néophyte. De ce fait, cette harmonisation d’un son, désormais, moins ardu, et plus abordable, apparaît comme une hérésie supplémentaire aux oreilles de ces austères conservateurs déjà évoqués mais constitue une porte d'entré évidente pour les béotiens qui s'engouffreront très largement dedans.

Ces détracteurs ont sans doute d'excellente raison de hurler face à cette trahison pourtant la diversité émotionnelle admirable qu’en retire un ensemble dont chaque note s’impose avec justesse est incontestable. En un édifice d’une simplicité évidente, Dimmu Borgir déclame un couplet dévot à une majestueuse beauté laide. Enchevêtrant ses constructions de manière désinvolte, le groupe assoit son aura avec une insolence déconcertante. Si l’on peut regretter ce son trop parfait, ces constructions trop "accessibles", cette extrême laideur ténébreuse d’un Black Metal, trop succinct; ce Puritanical Euphoric Misanthropia ne peut laisser quiconque indifférent.

Et après ce préambule, aux harmonies tourmentées, Blessings Upon The Throne Of Tyranny déchaîne les troubles délicieux d’un intense malaise. Ce morceau emblématique développe toute l’ampleur "novatrice" de ce concept "nouveau". Aidé en cela, aussi, par un Nicholas Barker techniquement impressionnant et irréprochable qui hérite, enfin, d’un traitement sonore digne de son talent (défauts dont il ne cessait de se plaindre auprès des frères ennemis de Cradle Of Filth auprès desquels il officiait il y a peu encore), mais aussi soutenu par un Shagrath dont la voix écorchée est déchirante, par un Mustis dont les nappes, pianos et claviers embellissent magnifiquement le propos, par un Silenoz dont les riffs, certes, basiques sont entêtants. Dimmu Borgir hypnotise littéralement un auditoire abasourdi. En ajoutant une capacité délicieuse à l’écriture de breaks et d’intros, symphoniques ou non, superbes (l’excellent Hybrid Stigmata - The Apostasy, Sympozium…), mais aussi un don inné pour disséminer parcimonieusement quelques voix claires (Kings Of The Carnival Creation, Hybrid Stigmata - The Apostasy…), le groupe célèbre superbement un genre et lui permet de s’ouvrir à une ère moderne dans laquelle sa place sera prégnante. A l’évidence ces titres, primaires mais variées, sont d’une richesse que quelques mots ne peuvent décrire aussi exactement qu’ils le mériteraient et chaque tentative reste soit insuffisante, soit vaine.

Au cœur de cet arsenal noir et symphonique, pourtant déjà impressionnant, Dimmu Borgir enrichit également son œuvre avec l’usage de quelques riffs et de quelques rythmiques Thrash (Architecture Of A Genocidal Nature notamment), mais aussi d’une reprise (Burn In Hell) de Heavy, genre dont il revendique des influences, de Twisted Sister. Lorsque se clôt un magistral et monumental Perfection Or Vanity instrumental, le sentiment profond qu'engendre cette balade merveilleusement obscure et grandiloquente qui vient d’être la nôtre, ne nous quitte guère.

0 Commentaire

2 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Mika_Helvetia

21 Novembre 2008
Après l'incontournable Enthrone Darkness Triumphant, suivit de Spiritual Black Dimensions, Dimmu Borgir continue sa puissante marche Symphonique avec Puritanical Euphoric Mysanthropia ! Pour certains puristes il s'agit là d'un nouvel opus destiné uniquement à la vente, alors que pour d'autres il s'agit tout simplement d'un bon album bien différent de ce que Dimmu nous avait composé auparavant.

Pour ma part cet album a su bien me séduire avec ses riffs très épurés et ses mélodies aux claviers toujours aussi présentes et efficaces. Résonances ténébreuses et compositions glaciales et électrisantes sont au rendez-vous sur la batterie endiablée de Nick Barker (ex-Cradle Of Filth). On notera aussi les excellentes prestations vocales de ICS-Vortex. A noter également la présence très appuyée de violons d'où ressortent un sentiment macabre sur cet album.

Des titres assez remarquables comme Hybrid Stigmata-The Apostasy et Kings Of The Carnival Creation (avec la voix de Vortex...), le misanthropique Puritania aux résonances quelque peu électriques, Architecture of a genocidal nature aux pianos somptueusement composés et le morceau très Heavy ; Burn In Hell !

Bref un album qui a fait enrager plus d'un True mais qui a su en séduire plus d'un (même chez les true à vrai dire)...

0 Commentaire

0 J'aime

Partager
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ amonamarth78

16 Avril 2009
Dimmu Borgir a l'honneur de vous présenter le magnifique, le sublime, le légendaire, le mythique : Puritanical Euphoric Misanthropia. Le chef d'oeuvre ultime du Black Symphonique (Avec In The Nightside Eclipse bien évidemment). L'alliance parfaite de la brutalité du Black Metal à la puissance de la musique classique.

Tout d'abord une production énorme. Des guitares sublimes, une basse monstrueuse et une batterie surpuissante (peut-être un peu trop d'ailleurs) un chant black démoniaque et un chant clair si pur et si envoutant (Vortex a une voix à pleurer sur cet album). Derrière tout ça un claviériste hors pair sachant faire et défaire des ambiances diaboliques, futuristes, mélancoliques et brutales.

L'album s'ouvre sur une intro très sombre.
Comment ne pas évoquer "Blessings upon The Throne of Tyranny" avec ses pianos magnifiques.
Vient ensuite le carnage avec "Kings of Carnival Creation"
Le chant si pur de Vortex et cette basse si grondante...l'ambiance diabolique de ce titre est à tomber.
"Hybrid Stigmata-The Apostasy" avec ses violons tragiques et son riff énorme au début. "Puritania" et son ambiance Spatiale et occulte. "Indoctrination" avec son coté théâtral et orchestral magnifique.
"The Maelstrom Mephisto" et la longue plainte de Vortex...sublime !
"Sympozium" qui nous emmène vers la fin du voyage avec "Perfection Or Vanity" sublime titre instrumental qui termine l'album en beauté ! Un seul mot : Remarquable !

Un Mythe !

19.5/20

2 Commentaires

0 J'aime

Partager
Spirit_Of_Deathiny - 19 Août 2010: Très bon album mais je trouve que la chronique (sans vouloir vexer) est nul à ch..nan je deconne, mais elle est pas terrible à mon gout.
alex6776 - 21 Septembre 2010: parceque c'est pas une chronique c'est un commentaire! :P et puis pourquoi a la fin tu donne 19,5/20 mais que comme note jaune/orange tu lui met un 18/20?
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Commentaire @ Tfaaon

08 Décembre 2010
J'ai récemment consulté le profil d'un "SOMien" que je ne nommerai pas, critiquant le manque d'objectivité de certains chroniqueurs dans leurs chroniques... (par rapport à l'aspect "true", la production, ou encore la musique tout simplement...)

Et quand je lis les chroniques relatives à cet album , j'ai tendance à être d'accord avec lui...

Je m'explique.

Je suis devenu fan de Dimmu Borgir à l'écoute du Stormblast "bis" et d'Enthrone Darkness Triumphant. J'ai été charmé par ce black bien produit (chose rare), laissant entendre de bons riffs de gratte, de belles mélodies de clavier, et des parties vocales loin d'être désagréables à l'écoute. Ayant vraiment adoré ces deux LP, je me suis dit que je pourrais regarder les chroniques SOM de la disco de Dimmu, pour essayer de me faire plaisir une fois de plus en achetant un autre putain d'album de nos amis norvégiens.

Vous devinez la suite... Je tombe sur les chroniques de cet album. "Culte" "Génial" "Mythique" "Chef-d’œuvre" , et j'en passe.
Ayant vraiment adoré ce que j'avais écouté de ce groupe, je me suis dit que l'album phare du Dimmu Burger (pardon... je vais aller m'immoler) ne pourrait pas me décevoir, surtout compte tenu de ces fameuses chroniques.

Assez de blabla, parlons de "Puritanical Euphoric Misanthropia" .

Eh bien, je dirais que le ton est donné dès le titre de cet album : outrancier.

Une outrance de vitesse, particulièrement pour la batterie. Les parties de Nicholas sont en effet bien fades par rapport à la prestation qu'il avait donné chez Cradle of Filth. Dans cet album, il ne lâche pas ce qui semble être une triple pédale, et ne fait que marteler comme une brute pendant 9 des 11 pistes de cet album. (les 2 autres étant de très beaux instrumentaux)
Quel contraste, quel manque de feeling affligeant par rapport à la géniale performance de Hellhammer sur Stormblast II. Nicholas, qui cite Hellhammer dans ses influences, aurait dû justement s'influencer de son maître pour ne pas livrer une performance proche de la boite à rythme affolée.

Une outrance également dans les modifications vocales: la voix ultra modifiée de Shagrath lui fait souvent perdre tout son côté malsain et agressif, pour ne pas dire qu'elle est ridicule à certains moments.
Même reproche pour la "performance" de Vortex. Peut-on seulement parler de performance quand ces parties chantées ne font pas plus d'une minute si on les additionne ? A mon sens, non. Sa voix est doublée voire triplée, et là où certains chanteurs arrivent à un résultat très beau (Layne Stayley de Alice IN Chains, RIP), Vortex peine à être vraiment convaincant. (Il le sera plus sur Death Cult)

Les parties guitares sont souvent excellentes, mais se répètent au fil de l'album et de ses chanson bien longues, faisant qu'on a du mal à différencier les pistes, et laissant la désagréable impression qu'on a déjà entendu le riff de la chanson qu'on écoute dans celle qui précédait.
La disto est froide, les riffs tranchants comme des lames de rasoirs, on peut donc jouir en écoutant cet album, qui recèle de beaux moments de bravoure métallique et de créativité, malgré les critiques que je viens d'émettre!
J'en aurais une autre : le mix. Je trouve que les grattes ne sont pas assez en avant, souvent "gobées" par le blastbeat de Nicholas, ou les parties orchestrales de Mustis, ou par les deux en même temps. Dommage.

Je dois cependant avouer que les chroniqueurs SOM n'avaient pas (trop) exagéré sur un point: l'excellente prestation de Mustis.
Il accompagne parfaitement l'orchestre démoniaque Borgirien, lorgnant vers Danny Elfmann, John Williams ou encore Hans Zimmer, sans tomber dans le honteux plagiat. Respect.

En conclusion, nous avons affaire à un album dense, trop dense. Tellement dense qu'il peut se révéler indigeste dès qu'on passe le cap de "Puritania".
Bien heureusement, cette galette détient son lot de pépites.
(Mention spéciale à l'intro, suivie de "Blessing upon the throne of tyranny" et "Kings of the Carnival Creation". On notera le caractère hautement philosophique de ces titres... sic! C'était mieux en norvégien...)

Un album où Dimmu s'est laissé emporter par sa créativité, et a poussé trop à l'extrême les recettes qui l'ont rendu célèbre, à juste titre. (cf: début de la chronique sur Stormblast "bis" et Enthrone)

Tout pousser à l'extrême, pour obtenir une musique extrême, pour des gens extrêmes... N'est-ce pas ça le métal, après tout ? Dimmu, victime du syndrome métallique... C'est assez paradoxal. (Pardon pour ce cliché douteux sur le métal... Mais il était nécessaire pour exprimer mon idée.)

En espérant ne pas recevoir de menaces de mort des mille et un fans de Dimmu qui voient en cet album un chef-d’œuvre intouchable et considèrent le Stormblast bis comme une daube commerciale.


24 Commentaires

0 J'aime

Partager

 
El_Totor - 12 Janvier 2012: Que le mix ne soit pas à ton gout, je le comprends, écoute le ptet au casque (y a des albums que je trouve meilleurs sur chaine ou meilleur au casque).
Mais spiritual aurait beau etre mieux mixé, je le trouve moins puissant et moins grandiose, plus "mielleux" (j'exagère un peu). Après, c'est subjectif le fait de trouver un riff meilleur qu'un autre, mais ça dégage plus je trouve, et ça comble à mon gout bien d'eventuelles lacunes.
Tfaaon - 14 Janvier 2012: j'ai écouté au casque et sur chaîne hifi , et on peut pas blamer le MP3 , car j'ai le cd .
nan , même au niveau des compos, je trouve que Spiritual , Stormblast, Enthrone ou même le dernier , sont meilleurs. :)
 
El_Totor - 05 Avril 2012: Ta remarque sur les notes est très juste. Le défaut de ce site, c'est que chaque album moyen se voit attribuer un 15 ou un 16. Beaucoup devraient plafoner à 12 ou 13 ce qui est déjà respectable. En revanche, pour le dimmu en question, je pense qu'il mérite un véritable 17. Mais bon, on est plus à l'école non plus :)
Tfaaon - 06 Avril 2012: les notes de toute façon, c'est censé être un indicateur .
Et de toute façon, elle reste celle du chroniqueur .
C'est du ressenti personnel, et c'est normal que des gens ne soient pas d'accords .
en tout cas, content de voir que je ne suis pas seul à penser ça de cet album .
je suis un énorme fan de Dimmu, mais cette prod' gache pas mal le plaisir . heureusement, il y a les autres albums ! :P
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire