Prove You Wrong

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Nom du groupe Prong
Nom de l'album Prove You Wrong
Type Album
Date de parution 24 Septembre 1991
Labels Epic Records
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album116

Tracklist

1.
 Irrelevant Thoughts
 02:37
2.
 Unconditional
 04:45
3.
 Positively Blind
 02:43
4.
 Prove You Wrong
 03:31
5.
 Hell If I Could
 04:00
6.
 Pointless
 03:07
7.
 Contradictions
 04:10
8.
 Torn Between
 03:11
9.
 Brainwave
 03:01
10.
 Territorial Rites
 03:31
11.
 (Get a) Grip (on Yourself) (The Stranglers Cover)
 03:05
12.
 Shouldn't Have Bothered
 02:39
13.
 No Way to Deny It
 04:41

Durée totale : 45:01


Chronique @ JeanEdernDesecrator

16 Juillet 2019

Une galette attachante où affleure l'essence de la musique de Prong

Il est des trilogies mythiques qui restent dans l'histoire : la Trilogie du Seigneur des Anneaux, la Sainte Trinité, Les Camping 1,2 et 3. Et il y a la Trilogie des 3 meilleurs albums de Prong : "Beg to Differ", "Prove You Wrong" et "Cleansing".

Le logo de Prong est un Trident, trois dents, illustré en version guirlande de Noël industrielle, sur la très jolie pochette de ce troisième album studio .

Prong était depuis ses débuts un trio, avec un grand T, autour du guitariste Tommy Victor et du batteur Ted Parsons ; le bassiste originel Mike Kirkland ayant quitté le groupe, c'est Troy Gregory qui fait office de troisième larron. L'expression "power trio" leur allait comme un gant : tu es un power trio quand ta musique est tellement puissante que tu n'as pas besoin d'un quatrième musicien. Puissant, leur précédent album "Beg to Differ", l'était assurément, à cheval entre thrash, indus et hardcore, et était un des précurseurs de ce qu'on nommera plus tard le Groove Metal.

Encore peu connu, Prong était néanmoins attendu au tournant par les initiés pour ce nouvel album, car il était évident que tout leur potentiel n'avait pas été exploité. La logique aurait voulu qu'ils fassent un album de thrash industriel surproduit, un Metallica Ministrisé par exemple, pour consolider ses acquis. Il n'en fut rien, témoin le premier titre "Irrevelant Thoughts" certes très thrash indus, dont les 2'37'' à la structure lapidaire donnaient l'impression d'un premier jet jouissif, mais rêche et à peine dégrossi.

Une fois cet intermède introductif tant attendu et espéré terminé, Tommy Victor et sa bande se sont fait un malin plaisir à brouiller les cartes, mélanger les genres et expérimenter. Guitare crunch 60's presque bluesy sur "Prove You Wrong", rock entrainant et soutenu sur l'addictif "Unconditionnal", drivé par la basse du petit nouveau, Prong joue les apprentis sorciers, et ça marche.
Parlons-en du bassiste, Troy Gregory, connu pour avoir remplacé Jason Newsted dans Flotsam And Jetsam après son départ pour la fusée Metallica. Il n'est pas planqué derrière les flights cases, comme l'a été l'ami Jason, mais en première ligne, tellement sa basse vrombissante est présente sur ce disque. C'est pas Flea ni Les Claypool, mais tant au niveau son (énorme) que composition et placement, c'est en ce qui me concerne un des albums toutes catégories où cet instrument est le plus au service de la musique. Voilà pour Troy, il a été remercié après cet album, et c'est bien dommage, merci pour lui.

Puisque nous en sommes à la section rythmique (et non pas la Sexion d'Assaut), je ne résisterai pas à l'envie de construire une statue à l'effigie de Ted Parsons. Son jeu de batterie, très rock, tantôt tribal, toujours groove avec des accélérations sporadiques assez hardcore, et des roulements à faire gicler du f…, pardon, je m'emporte, est un modèle pour ce qui est de donner du relief à une composition. L'autre caractéristique immédiatement reconnaissable de ce batteur est le son de caisse claire très travaillé et riche en harmoniques, sauf que lui n'a pas dépassé la limite au-delà de laquelle on a la caisse claire "Ptoingg" inventée en l'an de grâce 2003 par Lars Ulrich sur "St Anger".

Et le boss alors ? Tommy Victor se taille la part du lion, car ses parties de guitare n'ont jamais été aussi personnelles et inventives. Ni avant cet album, ni après d'ailleurs. On sent qu'il a voulu repousser ses limites, et celles de Prong, dans les dissonances industrielles ( "Hell If I Could", "Irrelevant Thoughts"), les sons incongrus, les solos noisy ("Pointless"). Cela ne se fait pas sans pertes, car certains passages sont parfois un peu mous ou semblent hors sujet, et globalement, il faut bien reconnaître que Prong a perdu en puissance ce qu'il a gagné en originalité. Comme par exemple sur la reprise des Stranglers "Get a Grip (On Yourself)", qui tombe un peu à côté de la poêle.
Le chant de Tommy, gros point faible du groupe, a fait des progrès significatifs, et il a une plus grande importance que sur les autres albums du groupe. Il fait tout de même un fashion faux pas sur "Brainwave", en plaçant un chant de gobelin de queue de peloton sur ce titre, en outre musicalement très efficace dans un hardcore à la Suicidal Tendencies.

Ce troisième album studio de Prong recèle quelques morceaux de bravoure, où le propos musical est lourd de sens : "Contradictions", "Shouldn't Have Bothered" ou l'instrumental "Territorial Rites" sont des perles de metal dépressif, à l'intensité à la limite de la grandiloquence. On y trouve aussi une pelletée de riffs qui tuent, comme le riff moteur de "Torn Between".

"Prove Tou Wrong" est moins metal que les autres albums du groupe, c'est aussi le moins accessible pour les adeptes du cassage de cervicales. Il reste néanmoins une des galettes les plus attachantes du groupe, celle où affleure le plus l'essence même de la musique de Prong. Plus de vingt-cinq ans après sa sortie, les innombrables écoutes dans mes esgourdes ne l'ont toujours pas émoussé.

4 Commentaires

11 J'aime

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toto72 - 16 Juillet 2019:

Excellente chronique (encore une de ta part !) pour un un album qui l'est tout autant . " un chant de gobelin de queue de peloton "  tu m'as fait ma soirée la mdr !

Lordmike - 17 Juillet 2019:

Perso mon préféré restera Beg to Differ. Putain ce disque. Je le trouve vraiment cool le chant, il colle nickel avec la musique.

Cet album est pas mal mais je le trouve trop fourre tout.

PhuckingPhiphi - 17 Juillet 2019:

J'ai toujours trouvé qu'il y avait à boire net à manger dans Prong, groupe qui m'a souvent laissé perplexe autant par son originalité que par sa propension à m'enthousiasmer un instant, puis à me plonger dans l'indifférence le suivant. Il faudra que je rejette une oreille à cet album à la lumière de ta chronique un de ces quatre, l'iilumination finale arrivera peut-être enfin… ou pas !

Merci pour la kro ! :)

JeanEdernDesecrator - 20 Juillet 2019:

Merci pour vos commentaires ! C'est vrai que sur ce LP, Prong est un peu fourre-tout, fouillis. Je préfère toutefois largement ce Prong là que celui qu'on a ces dernières années, depuis son comeback, où Tommy Victor n'ose plus trop chercher au fond de son grenier bordélique. Si j'aime autant ces trois albums, "Beg To Differ", "Prove You Wrong" et "Cleansing", c'est qu'ils proposent trois facettes bien distinctes du groupe, en même temps qu'une évolution musicale remarquable.

J'aurais pu rajouter le premier LP "Force Fed", qui est aussi hautement recommandable, même si son coté "son pourri - brut de décoffrage" le place à part dans la disco du groupe. Mais ce sera l'objet d'une prochaine chronique...

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