Private Music

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16/20
Nom du groupe Deftones
Nom de l'album Private Music
Type Album
Date de parution 22 Août 2025
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album30

Tracklist

1.
 My Mind Is a Mountain
 02:50
2.
 Locked Club
 02:52
3.
 Ecdysis
 03:28
4.
 Infinite Source
 03:32
5.
 Souvenir
 06:10
6.
 cXz
 03:12
7.
 I Think About You All the Time
 04:08
8.
 Milk of the Madonna
 04:08
9.
 Cut Hands
 03:01
10.
 ~ Metal Dream
 03:02
11.
 Departing the Body
 05:59

Durée totale : 42:22

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Deftones


Chronique @ Groaw

18 Septembre 2025

private music poursuit un voyage où force et fragilité se répondent depuis maintenant trente ans

Mon entrée définitive dans l’univers du metal s’est faite aux alentours de mes douze ans lorsque j’ai reçu mon premier disque de KoRn, à savoir Life Is Peachy. A cette époque, j’ai eu une énorme claque musicale avec ce qui était la musique la plus violente et sombre que j’avais écoutée. Avec le recul et désormais chroniqueur depuis presque dix ans, principalement sur des styles bien plus extrêmes entre death et metalcore, cette phrase est devenue totalement risible. Pourtant, le neo metal m’a suivi pendant toute mon adolescence jusqu’à la fin de mes années lycée et m’a permis de me relever d’un harcèlement scolaire où mes principales pensées étaient le suicide et l’envie de mourir (désolé pour cette introduction pas très gaie …).

De nombreux groupes m’ont suivi dans cette épreuve aussi éprouvante que douloureuse : entre Slipknot, Limp Bizkit, Linkin Park ou encore Deftones, chacune de ces formations ont été des piliers dans ma reconstruction et ma renaissance. Alors que j’ai rendu une certaine forme d’hommage à deux de ces collectifs, à l’exception du septuor Iowien que je porte moins dans mon cœur à cause d’une évolution artistique en dents de scie, je n’ai pas eu encore l’occasion de proclamer l’estime que je porte à Chino Moreno et sa bande. C’est donc ce que je compte rattraper maintenant avec la chronique de leur tout dernier opus.

Mais avant de passer directement à ma critique, une petite présentation du quintet me semble plus que nécessaire. Né à Sacramento en 1988, Deftones fait partie de ces rares formations à avoir su dépasser l’étiquette du neo metal, ce courant souvent décrié mais incontournable des années 90. Les musiciens ont contribué à leur manière à poser les bases du genre, tout en s’en affranchissant rapidement grâce à une identité sonore bien plus nuancée. Leur premier album Adrenaline (1995) posait déjà les jalons d’une énergie brute, mais c’est avec Around the Fur (1997) puis surtout White Pony (2000) qu’ils ont marqué leur empreinte avec un mélange unique de riffs lourds, de textures atmosphériques et du chant polymorphe de Chino Moreno capable de passer de la rage viscérale aux envolées planantes.

Cette ambition artistique leur a permis de rester pertinents là où beaucoup de leurs contemporains se sont essoufflés. Si la discographie connaît quelques zones d’ombre entre un Saturday Night Wrist (2006) souvent jugé en demi-teinte ou un Gore (2016) qui a divisé les fans, elle est globalement saluée pour sa constance et son audace. Leur dernière décennie, marquée par des disques solides comme Koi No Yokan (2012) et Ohms (2020), confirme la place du groupe en tant que figure majeure du metal alternatif moderne, respectée autant par les nostalgiques du néo metal que par les amateurs de sonorités plus éthérées.

Entre chefs-d’œuvre intemporels et disques plus fragiles, la discographie de Deftones trace un chemin sinueux souvent parsemé d’embûches. Private Music, dixième album studio des Américains, viendra-t-il en accentuer les ombres ou en éclairer les sommets ? Lors de nos premières impressions, l’opus semble marcher sur un fil assez familier entre une lourdeur plutôt mesurée et une atmosphère toujours aussi songeuse, et continue à afficher une capacité unique à mêler une intensité viscérale avec des moments qui semblent hors du temps. Comme à leur accoutumée, nos artistes séduisent par des textures toujours aussi riches en densité et en nuances, un entrelacement poétique et sensuel très semblable à ce que proposait Koi No Yokan et Ohms.

Pour autant, la magie de ces ambiances contemplatives n’opère pas sur chaque morceau et quelques failles peuvent apparaître. L’ouverture ''My Mind Is a Mountain'' frappe par sa puissance et ses riffs imposants mais il est impossible de louper sa ressemblance avec Diamond Eyes, ce qui réduit incontestablement l’effet de surprise. Le morceau est très bon mais il offre le sentiment de revisiter un terrain bien connu. souvenir pâtit de sa longueur et de son outro « spatial » qui paraît presque interminable et où les variations sont inexistantes. La structure du morceau dévie des expérimentations subtiles qui font généralement l’atout du groupe et la redondance finit par émousser l’impact émotionnel que l’on pouvait attendre.

À l’inverse, certaines compositions réussissent à capturer l’essence même du quintet avec une élégance saisissante. "I Think About You All the Time" se distingue par sa mélodie sensible, romantique et aérienne, où la douceur du chant se marie à des guitares suaves et offre une véritable parenthèse orgasmique. La fluidité du morceau et la légèreté de ses arrangements en font un moment à part où la tension qui émane de plusieurs instrumentaux cède d’un coup la place à une respiration passionnelle. "Departing the Body" clôt l’ouvrage sur une note méditative et tisse lentement tension et relâchement. La progression de la mélodie associée à la subtilité du chant de Chino et de son étonnant grain rauque crée un souffle mystique qui permet de refermer l’album avec un sentiment de libération et de suspension du temps, même si l’effet cathartique reste plus subtil que sur les classiques de la formation.

Private Music n’est aucunement une révolution dans la discographie de Deftones mais il confirme un groupe qui continue de jongler avec ses contrastes, entre ombre et lumière, entre lourdeur et poésie. Si plusieurs morceaux auraient gagné à être resserrés et si diverses textures rappellent parfois des territoires déjà explorés, cette dixième offrande révèle aussi des fulgurances mélodiques et atmosphériques qui rappellent pourquoi le quintet américain demeure une figure incontournable du metal alternatif. La toile est donc une belle réussite, qui s’adresse autant aux fans de longue date qui y retrouveront l’âme du combo qu’aux nouveaux auditeurs, sensibles à l’équilibre entre profondeur et rêverie.

1 Commentaire

8 J'aime

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Scoss - 14 Octobre 2025:

Super chronique et désolé pour les difficultés que tu as rencontrées durant ton adolescence. J'espère que ca va mieux depuis :)

Pour ma part je trouve cet album très réussi et je le placerai dans le haut de leur discographie (avec White Pony, Around The Fur et Diamond Eyes).
J'adore l'enchaînement des morceaux, sans interludes, qui au premioer abord donne un album nerveux qui s'écoute d'une traite mais révèle ses subtilités au fil des écoutes.  Je l'ai énormément écouté depuis qu'il est sorti, j'ai à la fois des mélodies qui me restent en tête alors que je n'ai pas l'impression d'avoir encore assimilé l'album, du coup je ne m'en lasse pas.

My Mind is a Mountain m'avait peu convaincu en single, mais il prend une autre dimension en ouverture de l'album. Les 4 morceaux finaux touchent au sublime dans la carrière du groupe, car ils sont tous différents mais s'enchaînent parfaitement (semblant parfois être 4 mouvements d'une même composition).

Bref un de leurs meilleurs albums selon moi potentiellement dans leur top 3 (le temps le dira)

 

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