Koi No Yokan

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Nom du groupe Deftones
Nom de l'album Koi No Yokan
Type Album
Date de parution 13 Novembre 2012
Produit par Raskulinecz Nick
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album150

Tracklist

1. Swerve City 02:44
2. Romantic Dreams 04:38
3. Leathers 04:08
4. Poltergeist 03:31
5. Entombed 04:59
6. Graphic Nature 04:31
7. Tempest 06:05
8. Gauze 04:41
9. Rosemary 06:53
10. Goon Squad 05:40
11. What Happened to You? 03:53
Total playing time 51:43

Chronique @ Scoss

03 Mars 2013

Koi No Yokan est en soi très loin d'être un mauvais album, il est même plutôt bon, cependant il manq

Lorsqu'il s'agit d'aborder le cas Deftones, l'objectivité n'est qu'une valeur lointaine, presque utopique, tant les réalisations du groupe de Sacramento véhiculent des émotions et des avis différents selon les individus. Autant être clair: seuls Around the Fur, l'album de la confirmation, et White Pony, l'album de la consécration, font l'unanimité auprès des fans, et encore pas nécéssairement selon les mêmes critères pour chacun. Puis, depuis un album éponyme bien accueilli par la critique en son temps mais boudé par les fans car trop insipide, et un Saturday Night Wrist plus calme et éthéré, le groupe a divisé ses fans. Et si c'était justement ce qui fait que le groupe est toujours là, contres vents et marées, constamment attendu au tournant après chaque sortie (peut-on en dire de même de, pour ne citer qu'eux, Korn?), comme si l'éternel « conflit » Chino Moreno vs Stephen Carpenter se transposait à leur public et continuait de déchaîner les passions autour de tel ou tel aspect de leur musique?

2012 Deftones est donc toujours là et sort leur très attendu nouvel album Koi No Yokan. Très attendu, car le groupe s'était vu renaître en 2010 avec le sublime Diamond Eyes (là encore il ne s'agit que d'un avis personnel) qui maniait habilement gros riffs et ambiances éthérées, désespoir sensuel et violence pour un résultat dépassant toutes les attentes. Très attendu également, car le groupe avait mis l'eau à la bouche des fans avec deux « singles » en avant première, l'intense et torturé Leathers dès septembre et le beau et envoûtant Tempest aux accents Rock Atmosphérique en octobre.

C'est donc avec impatience et enthousiasme, qu'une fois l'objet acquis, on enfourne l'objet dans son lecteur CD et qu'on s'apprète à se délecter de ce cru 2012 de Deftones. Et c'est là qu'on se dit qu'on a peut être été un peu trop enthousiaste... L'album démarre sur Swerve City, morceau énergique et inspiré, donnant la bougeotte et proposant un intéressant break de guitare Post-Rock. Puis le morceau s'interrompt brutalement et sans aucune transition, démarre le soporifique Romantic Dreams qui d'un seul coup laisse le soufflet retomber. La déconcentration s'installe et on traverse cette première écoute sans vraiment rien retenir de l'album à part les singles déjà connus.

Alors certes un album de Deftones, et tout simplement un bon album en général, ne révèlent pas leur potentiel dès les premières écoutes, mais cette fois-ci cela ne fonctionne pas vraiment. D'autres morceaux intéressants se révèlent après plusieurs écoutes mais finalement rien d'incontournable. La bande de Chino et Stephen a ici fait l'erreur de livrer au public deux des meilleurs titres de la galette avant la sortie de l'album. Le reste pâtit forcément de la comparaison et des attentes placées dans l'album. On retiendra tout de même l'énervé Poltergeist, son riff « meshugguesque » tranchant avec son refrain et le magnifique Gauze qui rappelle Diamond Eyes avec son ambiance travaillée, son tempo lent et son magnifique refrain, tandis que les guitares alternent entre gros riffs acérés et accords mélodiques.

Les morceaux s'enchaînent trop vite, donnant l'impression de passer du coq à l'âne (vraiment entre Swerve City et Romantic Dreams ça ne colle pas) et que l'album a été composé/réalisé/mixé dans l'urgence comme si le groupe voulait continuer à surfer sur le succès de Diamond Eyes. Egalement Koi No Yokan ne dispose pas de morceaux qui tuent, le genre de morceau qu'on se passe en boucle une centaine de fois avant de se rendre compte que celui juste après tue encore plus et qu'on finit par aimer l'album. Certes, comme cité précédemment, Leathers et Tempest sortent du lot mais l'effet de surprise était déjà dissipé par leur statut de singles avant la sortie du disque.

Pourtant l'album fourmille de bonnes idées notamment l'utilisation de riffs de guitares syncopés sur de nombreux titres, ou alors la basse de Sergio Vega qui se permet quelques mélodies (le couplet de Swerve City, solo de basse sur Graphic Nature). Rosemary, ballade légèrement progressive, développe également des structures intéressantes. Chino continue d'officier dans son registre, alternant voix plaintives et hurlements, douce mélodies et cris furieux et saccadés, faisant au final ce que l'on attend de lui quitte à parfois sonné un peu cliché (Entombed notamment). Les guitares son travaillées entre riffs acérées et mélodies réverberées. Cependant le son de guitare est assez troublant, car inconstant, passant d'un son rond et chaud à un son clinique et froid (rappelant indéniablement Meshuggah) parfois au sein d'un même morceau . Le son général de l'album est de très bonne qualité mais manque légèrement de profondeur et de puissance.

Koi No Yokan est en soi très loin d'être un mauvais album, il est même plutôt bon, cependant il manque de véritable hit (à l'image de Digital Bath ou Be Quiet and Drive) ou bien de morceaux de génie complètement originaux (Passenger notamment). Le disque recèle plusieurs bon morceaux malheureusement entrecoupés d'autres beaucoup plus ennuyeux (Romantic Dreams, Entombed, Graphic Nature, What Happened To You). De nouvelles idées font leur apparition dans la composition et la structure des morceaux, malheureusement pas assez exploitées ou bien noyées dans des parties plus banales. Néanmoins on ne peut que saluer Deftones pour sa longévité et sa (relative certes) constance et qui, même avec un Koi No Yokan en demi-teinte, continue à nous faire rêver.

10 Commentaires

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Anath - 21 Mars 2013: Moi j'ai franchement adoré cet album , quelques longueurs mais rien de bien méchant :)

Par contre quelqu'un sait si Koi No Yokan signifie quelque chose ? oO
Scoss - 21 Mars 2013: @Punkindrublic: je ne mets pas de notes, je préfère me concentrer sur le contenu, et donner un avis (qui a l'air) objectif. Et puis j'ai aussi vite remarqué que les gens s'arrêtaient à la note sans lire la chronique.

@Anath: Koi No Yokan est l'équivalent japonais du "Love at First Sight" ou du Coup de Foudre comme on dirait chez nous. Cependant cela recouvre une dimension plus spirituelle, plus philosophique plus comme une "Prémonition d'amour"
White_Pony_07 - 22 Mars 2013: @Romano 32 : Je suis totalement d'accord avec toi lorsque tu qualifies cet album de "merveilleux"!





J'ai pour ma part tenté d'écrire ma première chronique en m'attaquant à cet album peu de temps après sa sortie (mais j'ai un problème et elle n'est toujours pas validée...je rêvais pourtant d'être la première à me lancer sur la chronique de ce magnifique opus, dommage). Mais c'est avec plaisir que j'ai lu cette excellente chronique : Merci donc à Scoss pour cette chronique!



Enfin, pour ma part c'est un excellent album, mais pour moi, chaque album de Deftones l'est...car je trouve chaque album différent, tous ayant leur propre identité...

J'aime chez Deftones cette capacité à procurer tant d'émotions par leur style variant à chaque opus. Je trouve que chacun de leurs albums adoptent un son propres à eux-mêmes, nous permettant de varier les tonalités au sein d'une même discographie.

Deftones, pour ma part en tout cas, s'empare de mes émotions, et je ne pense pas être la seule personne sur qui Deftones exerce cet effet. Ils incluent dans leur musique (ce n'est que mon avis) une réelle profondeur de sentiments qui font que leur musique est prenante, si ce n'est plus.



"En tout cas je trouve ca trés intéressant d'avoir vos avis et surtout personne ne semble apprécier l'album de la même manière et rien que pour ca Deftones est trés fort!", cela rejoint un peu ce que j'ai essayé d'exprimer et je suis entièrement d'accord avec toi! Ce qui est, je trouve, une preuve supplémentaire que Deftones s'en prends directement aux émotions...
Metatron_bleu - 30 Juillet 2019:

Encore un album à côté duquel je suis passé. Les chroniques Rock Hard étaient dythirambiques. J'ai acheté le CD juste là dessus. Et bien pour une fois, j'ai été en désaccord complet avec le magasine. J'ai trouvé ça mou et dissonant. 

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Chronique @ White_Pony_07

07 Avril 2013

Deftones démontre une fois de plus son talent

Deux années se sont déjà écoulées depuis cette merveille musicale nommée Diamond Eyes. Sortie attendue de tous les fans de ce groupe mythique qu'est Deftones, son successeur sera Koi No Yokan.
Alors qu'en est-il ? Sans plus attendre, jetons-nous dans la gueule de ce monstre affamé...

Arrêtons nous tout d'abord quelques instants sur cette pochette mystérieuse. On pourrait croire à un couloir, dont les murs seraient couverts de miroirs. Les nuances de vert et de rouge nous laissent imaginer une pièce se trouvant au loin. On aimerait pouvoir s'y aventurer et s'enfoncer dans cette obscurité. Le tout est illuminé de petits points de lumière comme une pluie d'étoiles.
Simple mais intriguant et plaisant.

Les avis à propos de cet opus sont partagés. Chef d’œuvre pour certains, bon album sans plus pour d'autres, je suis personnellement du premier avis. En effet, Deftones nous amène ici un album riche en émotions et varié, dans la continuité de Diamond Eyes. Voguant entre morceaux dynamiques et entraînants tels que Swerve City ou Poltergeist, ou morceaux lents et envoûtants comme Rosemary, Koi No Yokan nous porte avec des mélodies simples mais efficaces, un son lourd et profond. Arborant sur certaines pistes des sonorités pesantes et pourtant très épurées l'instant d'après, les titres s'enchaînent avec fluidité, ne nous laissant aucun répit, alternant agressivité et douceur, lourdeur et légèreté. Aucun morceau n'est de trop, tout est parfaitement en place, dans une parfaite harmonie.

Chino varie son chant, nous berçant de sa voix posée pour ensuite nous assener une violente claque avec des cris perçants dont lui seul à le secret, à l'image de Leathers. Il nous envoie ainsi ce mélange de mélancolie et de colère, nous atteint, jouant une fois de plus avec nos sentiments.
On pourrait peut-être déplorer sur ceKoi No Yokan, une basse parfois un peu en retrait, mais ce petit défaut se fait vite oublier face à la sensation de bien être que nous procure cet opus.
On pourrait également reprocher à Deftones de nous avoir donné les titres Leathers et Tempest en tant qu'avant goût, car en effet ceux-ci se classent parmi les meilleurs surprises de cet album. Ils auraient donc mérités d'être découverts lors de l'écoute complète. Mais après tout, Koi No Yokan regorge de bonnes surprises.
Les californiens ont ici misés sur l'atmosphère et non sur la technicité. C'est d'ailleurs un pari réussi, on se laisse très vite prendre au jeu, laissant notre corps suivre le rythme. On se surprend même à chantonner. Toutes les subtilités ne se dévoilent pas à la première écoute, c'est après s'être plongé plusieurs fois dans les entrailles de ce cd qu'on apprend à apprécier pleinement chaque instant.

En conclusion, Koi No Yokan joue avant tout sur les émotions comme je l'ai déjà fait remarqué et touche profondément par ces rythmes variés à la fois lourds et entraînants, qu'ils soient lents ou dynamiques. Koi No Yokan est le genre d'album qui vous prend aux tripes, qui instaure en vous un étrange malaise enivrant. On ne fait pas qu'écouter la musique, on entre en elle. Elle vous emporte et vous vide complètement pour injecter en vous un sentiment de liberté pure. Deftones éteint votre cerveau, ce n'est plus lui qui contrôle votre corps mais la musique, voguant entre passages déchaînés à se décrocher la tête et passages pesants à tomber par terre.
Deftones démontre une fois de plus son talent et son ingéniosité ainsi que sa capacité à sans cesse se renouveler. On-t-il atteint la perfection? Heureusement celle-ci n'existe pas, chacun ayant sa propre perception des choses, chacun ayant son point de vue. Et pour cette raison, chacun ne ressentira pas les mêmes émotions à l'écoute de ce Koi No Yokan.

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Hacktivist - 07 Avril 2013: Depuis le temps que j'attendais de pouvoir te lire. Franchement, je suis pas déçu. C'est vraiment, super bien écrit. Après, il faut que j'écoute en détail, car je ne connais que très peu Deftones. Mais ta chronique donne envie d'en d'avoir plus sur ce chef d'œuvre. Merci pour la chronique :)
White_Pony_07 - 07 Avril 2013: Hé merci beaucoup c'est gentil, ça me touche,
ça fait plaisir :)
Si je t'ai donné envie de l'écouter alors tant mieux car c'est le but, j'ai donc à peu près bien rempli ma mission :)
J'espère que cet album te plaira et surtout qu'il te donnera envie de te plonger dans la discographie de Deftones plus en détails ;)
Pour ma part si tu aimes cet opus, je te conseillerai d'écouter la discographie à reculons alors, eum comment t'expliquer ça ^^" Ce que je veux dire c'est que si tu tombes amoureux de ce Koi No Yokan et que tu veux faire plus ample connaissance de Deftones, passe alors à Diamond Eye et ainsi de suite, enfin après, tu peux aussi piocher au hasard...mais personnellement je suis fan de chacun de leur album alors je ne peux pas te proposer un en particulier ^^
Tu vois ce que je veux dire? J'ai un peu de mal à t'exprimer ce que je veux te dire...
Hacktivist - 07 Avril 2013: Je vais tout écouter alors. Merci :)
White_Pony_07 - 07 Avril 2013: J'espère que tu aimeras ;)
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