Gore

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Nom du groupe Deftones
Nom de l'album Gore
Type Album
Date de parution 08 Avril 2016
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album62

Tracklist

1. Prayers/Triangles
2. Acid Hologram
3. Doomed User
4. Geometric Headdress
5. Hearts and Wires
6. Pittura Infamante
7. Xenon
8. (L)MIRL
9. Gore
10. Phantom Bride
11. Rubicon

Chronique @ Silent_Flight

14 Avril 2016

Gore est [...] un album plutôt rapide à cerner, qui se bonifie au fur et à mesure des écoutes

Tout fan de musique qui se respecte sait qu’un nouvel album de Deftones nécessite au minimum une semaine d’apprivoisement pour être jugé à sa juste valeur. Surtout que le public à l’habitude depuis les débuts du groupe de Sacramento d’être surpris un peu plus à chaque sortie, loin de tout code, de toute prévisibilité, loin de tout de ce qui se fait d’autre dans la musique. Oui, Deftones est unique en son genre, c’est pourquoi il fait partie de ces artistes qu’on aime ou qu’on déteste, sans demi-mesure.



Gore est le huitième rejeton du quintet, succédant au terrible Koi No Yokan, qui n’avait pas fait l’unanimité en raison d’un son plus léger mais qui pour ma part, fait partie du top 3 de sa discographie (rien que pour  «Swerve City» et «Entombed») . Produit par le groupe lui-même et co-produit par Matt Hyde, qui a déjà bossé avec Monster Magnet, Fu Manchu et Hatebreed, Gore est une nouvelle fois le fruit de confrontations entre Stephen Carpenter et Chino Moreno pour savoir dans quelle direction orienter l’album, le premier s’estimant être le seul noyau metal restant de la bande, le second étant un mordu d’electro/new-wave/ambient, dont les nombreux side-projects et collaborations ne suffisent visiblement pas. Toujours autant d’appréhension donc de la part des fans qui se jettent sur la moindre interview en rapport avec l’album à venir, et toujours se soulagement en écoutant les premiers singles. 



Pour ne pas tourner davantage autour du pot, Gore est, à l’instar de Diamond Eyes, un album plutôt rapide à cerner, qui se bonifie au fur et à mesure des écoutes. Le premier détail qui surprend est cette production plus rock, pour ne pas dire «à l’arrache», supprimant pour le coup une puissance dans les morceaux qui nous était familière. Le mix réducteur du couple basse/batterie est d’ailleurs le point noir qui m’empêche de ressentir les gros frissons habituels, ceci dit attention, les morceaux sont d’une qualité telle qu’il est évident qu’on à affaire à du bon Deftones. Plus varié que jamais (encore plus que Saturday Night Wrist), Gore pourrait donner l’impression que le groupe s’est paumé dans son orientation, mais l’efficacité des morceaux en fait un album plus cohérent qu’il n’y parait. «Prayers/Triangles» entame l’aventure sobrement avec un refrain au chant un peu trop poussif avant qu’«Acid Hologram» nous confirme que Stephen Carpenter a eu son mot à dire pendant la composition (contrairement à ce qu’il a affirmé dans certaines interviews). Un air de Koi No Yokan plane sur ces deux premiers morceaux avant que la suite ne nous renvoie au Deftones rentre-dedans de Diamond EyesDoomed User») ou au mysticisme de Saturday Night Wrist («Geometric  Headdress», «Hearts/Wire»). Première partie d’album agréable, mais je dirais que les choses sérieuses débutent avec l’excellent «Pittura Infamante», qui signe le retour d’un riff-qui-tue comme nerf central d’une chanson de Deftones. Parce qu’on les aime, ces morceaux directs, malgré tout, ils se doivent d’être encore présents, personne n’a oublié ce que procurent «My Own Summer» ou «Be Quiet and Drive», il ne faut pas se leurrer. «Xenon» et «(L)MIRL» (le seul morceau avec la basse bien présente, hélas) sont également du pur Deftones aérien/puissant, avec des mélodies dont on se lasse difficilement. «Gore» est le morceau badass que tout le monde attendait, avec un son de gratte de dix-huit tonnes, des cris dans le couplet et un refrain entrainant (on peut tenter un rapprochement avec «CMND/CTRL» sur Diamond Eyes). Sur «Phantom Bride», Jerry Cantrell a été invité pour poser un solo qui, en ce qui me concerne, est bien… pourri. Pardon d’être aussi expéditif, mais déjà qu’un solo dans Deftones, c’est chose compliquée, mais alors une espèce d’enchainement de tirés de cordes à la noix avec un son aussi garage, c’est gâcher un morceau qui aurait pu être beau, qui en plus nous gratifie d’une ultime minute pachydermique. Bref, nous avons là l’unique morceau à côté de la plaque de l’album, avec un invité pourtant prestigieux, dommage. Rien de bien grave puisque nous arrivons à la pépite de Gore, «Rubicon», qui illustre à perfection l’attirance que peuvent avoir des personnes pour Deftones, à savoir des gros riffs mélodiques et un chant qui véhicule des émotions sans trop en faire. Ils n'auraient clairement pas pu faire un meilleur final, un vrai bijou.

En dépit de quelques points noirs qui nous empêchent de parler de tuerie, comme le mix faible encore un peu dur à digérer et le manque de morceaux marquants sur le long terme, Gore demeure un très bon album de Deftones car varié sans jamais entrer dans l’incohérence. Le temps nous fait accepter l’omniprésence du couple Carpenter/Moreno -d’ailleurs, si une (Jason) bonne âme avait le temps de m’éclaircir sur l’utilité de Frank Delgado, je lui serais très redevable- car après tout, ce qui compte avec ce groupe, c’est le résultat.

SF.

5 Commentaires

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Evergrey69 - 15 Avril 2016: Toujours au top !
Punkindrublic - 16 Avril 2016: Merci pour ta review, très bien écrite.

Fan de Deftones depuis des années, j'ai pris mon pied avec les derniers albums du combo de sacramento Diamond eyes et Koi ...
Comme tout bon fan qui se respectent j'attendais celui la comme un gosse la veille de noel. Manque de bol au lieu d'avoir eu le super joué d'enfer que j'attendais, j'ai l'impression d'avoir eu le pull a mamie qui gratte ...

Le virage atmosphérique pris par le groupe ne m'a jamais dérangé bien au contraire, j'ai pu trainer ma bulle pendant des années avec les précédents albums. Mais la .. la magie n'opére qu'un bref instant, la ligne mélodique de "prayers" est très sympa mais la voix de chino notament sur le refrain ne colle pas vraiment et l'immersion est a moitié réussi.

"Doomed user" permet de rétablir un peu les choses et de nous dire "AHH ca y est on y vient"

Heart and wires LE morceau de l'album est parfait, tout colle parfaitement, la mélodie est magnifique, la voix de chino nous transporte pendant 5 min de bonheur.

Mais voila le soufflet retombe assez vite, aucune autre piste n'a la puissance ou l'atmosphere fantastique de "Hearts wire, on écoute les autres puis on se dit
"merde on a deja la moitié, ca sent moyen.

"Gore" à l'honneur de redistribuer les cartes, Un riffs a nous éclater les servicales sur le refrain, et des couplets calmes laissant l'auditeur accroché au paroles du prophete.
Mais voila c'est cool, ça envoi, mais c'est trop convenu, la structure est classique de chez classique, dommage pour un morceau qui aurait pu réconcilier n'importe quel barbus avec le groupe.

Et malheureusement derriere LE titre le plus attendu après l'annonce d'une collaboration avec Jerry Cantrell accouche d'une souris morte et je te rejoins la dessus ... Pourri.

Voila, pour conclure, malheureusement sur moi ca ne fonctionne pas et j'en suis le premier déçu. L'impression que certaine pistes ne sont pas assez travaillé, que la petite guerre d'orientation entre chino et sthepen qui, autrefois, était bénéfique au groupe avec "Digital Bath" déjà à l'époque white pony, puis "Royal" "Beauty school" sur diamond eyes et son titre éponyme.
Bien sur il y'en a d'autre je ne cite que mes morceaux favoris ^^, mais la à part un tire vraiment "intouchable", le reste aurait pu etre plus mélodieux ou plus nerveux suivant les titres.

Je ne dis absolumennt pas que mon avis est bon, si vous avez kiffé tant mieux, vous avez de la chance et j'aimerais etre autant enthousiaste que vous, mais voila après 2 écoutes chez moi ca ne passe pas.
dayedayedaye - 16 Avril 2016: @Punkindrublic : j'ai été dans le meme cas que toi ... Tres decu de mes premieres écoutes , mais comme beaucoup de monde je suis fan de deftones ( moins des dernieres production ) , je me suis forcer a l'écouter et du coup je suis en train de changer d'avis ;-)
 
David_Bordg - 17 Avril 2016: Ce Deftones est excellent! Il demande juste un petit effort d écoute supplémentaire.
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Chronique @ JeanEdernDesecrator

17 Décembre 2017

Un album ni gore, ni flamand rose

"Gore ! Gore ! Beurargl !" A l'annonce du nom du nouvel album de Deftones, j'ai éructé ces quelques mots, les yeux injectés de sang. Argh, du Deftones brutal et sanguinolent, qui envoie du pâté de la première à la dernière minute. Car c'est le rêve de tout metalleux au sujet de son groupe favori : un nouvel album sorti de nulle part qui fait du gros qui tache, débarrassé de toute compromission pécuniaire. Une pochette dégueulasse, des beuglements de porc, de la double grosse caisse à fond les ballons, des grattes ultra agressives. Un nouveau Reign In Blood, quoi.

Car les meilleurs titres de Deftones étaient très souvent les plus agressifs. Ou les plus calmes. Au vu de la pochette, un frisson désagréable m'a parcouru les cervicales, que j’échauffais pour le headbanging : Flamands roses ? Même pas morts ? Même pas Gores ?

Quand on pense à Deftones, on pense à la petite voix fragile et torturée de Chino et à un mur du son de guitare lourd comme un parpaing. Cette recette simple est pourtant en train de changer, et avec perte et fracas. Les commères de la contrée metallique ont déjà eu vent de grosses "divergences musicales" entre le chanteur Chino et son guitariste Stephen Carpenter, au point que ce dernier aurait dans un premier temps refusé de jouer sur le nouvel opus du groupe. Le combo ayant aussi perdu son bassiste originel Chi Cheng, décédé en 2013, on pouvait se douter que l'ambiance ne devait pas être à la franche rigolade non plus.

Deftones comme groupe de metal, les illusions sont perdues dès "Prayers/Triangles", premier titre, et single du nouvel album Gore. C'est du rock lancinant et morose, qu'un refrain un peu plus corsé vient élever un peu. J'ai pensé balancer le cd par la fenêtre, comme d’habitude me direz-vous, mais je me suis retenu. Après, il faut redescendre chercher la galette, aller la racheter parce qu'elle est rayée, cassée et écrasée par un bus qui passait par là...
J'ai laissé passer les titres, comme un procureur écoute, désabusé, les excuses pathétiques d'un voleur de banlieue. "Acid Hologram", "Geometric Headress", ou encore "Heart/wires" poursuivent dans le même style pas Gore du tout. Trahison ! Seul "Doom User" monte un peu le ton, et sonne du coup à côté de la plaque, un comble. Je me demande si je n'ai pas perdu foi en le metal, et si le groupe ne m'a pas perverti, à l'insu de ma probité musicale séculaire.

Le morceau "Gore" arrive enfin, et je n'attends déjà plus rien ; ils sont capables d'en faire une bluette sur un chaton écrasé par un adolescent avec son bmx. C'est un morceau plus burné, mais le groupe a fait bien plus méchant sur 20 morceaux par le passé. Donc, pas de quoi égorger un flamand rose. "Phantom bride" et "Rubicon", finissent de peaufiner ce Deftones bienveillant, un peu mal dans sa peau et aventureux.

Il faut reconnaitre qu'en s'affranchissant du metal, la musique du groupe a élargi son spectre et est devenue plus personnelle. Ceux qui attendaient un retour aux bases en seront pour leurs frais, et je devrai me rabattre sur le dernier Slayer, qui s'y entend pour faire du bourrin comme au bon vieux temps jadis.
Comme une jouvencelle qui attend en pure perte son prince charmant, j'attendrai toujours d'un groupe metal un album coup de poing, intransigeant et rétrograde. Un peu décu, jusqu'au prochain...

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