Persecution Mania

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18/20
Nom du groupe Sodom (GER-1)
Nom de l'album Persecution Mania
Type Album
Date de parution 01 Décembre 1987
Labels Steamhammer
Produit par Harris Johns
Enregistré à Music Lab Berlin
Style MusicalThrash Metal
Membres possèdant cet album455

Tracklist

1.
 Nuclear Winter
 05:23
2.
 Electrocution
 03:15
3.
 Iron Fist (Motörhead Cover)
 02:43
4.
 Persecution Mania
 03:39
5.
 Enchanted Land
 03:59
6.
 Procession to Golgatha
 02:01
7.
 Christ Passion
 06:11
8.
 Conjuration
 03:42
9.
 Bombenhagel
 05:09

Bonus
10.
 Outbreak of Evil
 03:32

Durée totale : 39:34


Chronique @ furaxyn

23 Octobre 2012

De l’hiver nucléaire, surgit le stormtrooper Sodom au côté des guerriers Destruction et Kreator

Faisons simple : Persecution Mania est à Sodom ce que Schizophrenia est à Sepultura, un deuxième album où le style du groupe a changé de direction avec bonheur. Après avoir concocté un très brut et necro Obsessed by Cruelty qui sera considéré quelques années plus tard comme une référence de la seconde vague du Black Metal, (cf. Euronymous de Mayhem), le combo germanique laisse entrevoir de plus hautes ambitions thrash metal axées sur les thèmes guerriers en sortant le terrible maxi Expurse of Sodomy en automne 1987. Peu de temps après, au berlinois Musiclab Studio, Sodom dispose de l’aide précieuse de Harris Johns pour l’enregistrement de son long fait d’armes, de moyens suffisants pour faire parler clairement la poudre.


Pan ! “Nuclear Winter”, son riff principal blackisant, son refrain dévastateur et son break angoissant à la “Praise of Death” de Slayer remue l’épée de Damoclès et met tout de suite dans l’ambiance. “Electrocution” qui le suit prouve quant à lui que le style de Sodom est encore imprégné des motifs linéaires et glaciaux déjà usités sur son EP de 1984, In the Sign of Evil. En effet, la basse de Tom Angelripper grésille comme une admirable guitare rythmique et ce chanteur d'exception maîtrise désormais parfaitement sa voix rocailleuse.

Chris Witchunter derrière les fûts ne lance la double pédale qu’occasionnellement mais judicieusement et nous gratifient par ses descentes de toms d’effets rouleau compresseur bienvenus sur le titre éponyme qui nous entraîne lui dans le Vietnam en flammes. Le nouveau venu à la guitare Franck Blackfire est tout sauf un manchot, délivrant des soli parfaitement exécutés et offrant tour à tour un côté lumineux ou apocalyptique aux morceaux.

Besoin de varier quand même un peu le registre ? Hop ! Comme sur l'album précédent mais de manière plus prononcée, le groupe nous avoue son penchant pour le rock endiablé : on commencera avec une reprise musclée et solide du “Iron Fist” de la bande à Lemmy bien intégrée au disque et on balancera une bonne charge punky en fin d’album, “Bombenhagel” se payant même le luxe de se clôturer par un double clin d’œil à l’auditeur.
Seule ombre au tableau, “Enchanted Land” est un morceau inférieur aux autres, trop commun. À l’inverse, l’instrumental pachydermique “Procession of the Golgotha” distille son ambiance funèbre sans souci pour précéder “Christ Passion”. Ce dernier, rappelant lui aussi Slayer de par sa structure, après son début galopant tire volontairement en longueur pour coller à son thème.

Avec cette œuvre inspirée, racée et puissante, le trio teuton fait honneur au patronyme biblique dont il s’est affublé et se pose comme un sérieux concurrent face aux autres fers de lance de la scène thrash allemande de l’époque, les guerriers Kreator et Destruction en tête. Devant le succès de Persecution Mania, Stemhammers Records incitera le groupe à écrire un deuxième album de la même texture mais le stormtrooper ne s’en laissera pas conter et empruntera une voie plus heavy sur Agent Orange.

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Alors comme ça, notre joli monde est censé disparaître à la fin de cette année 2012 ? Autant sortir ce genre de vieilleries sorties un quart de siècle plus tôt pour avoir une noire vision de notre (prétendu) avenir...

Mortal Way of Live
Rapture of the earth
Lift up your heads
In the day of his wrath”

17,5/20

12 Commentaires

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Elevator - 25 Octobre 2012: @ MCGRE : merci beaucoup pour ta gentillesse, mais je pense pouvoir me faire offrir l'original bientôt donc je vais en profiter !
@ BARON : sourd toi-même !!! (rires)
swit35 - 26 Octobre 2012: Acheté dernièrement, encore sous cellophane... il faut que je me dégoupille ça vite fait !
swit35 - 27 Octobre 2012: Oui disons que je connais cet album mais sans le posséder physiquement. De Sodom je n'avais que le Mortal Way of Live et l'Ep Ausgebombt. Je régularise mes grandes lacunes !
Archiviste - 18 Juillet 2013: excellente chronique pour un excellent album, tout est bien résumé. Persecution Mania, Agent Orange et Better Off Dead, cette trilogie est vraiment la clef de voûte du Sodom oldschool
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Chronique @ Arawn

25 Fevrier 2006
Avec ce deuxième album Persecution Mania qui contient tout les morceaux du mini Expurse of Sodomy, Sodom persiste et signe dans son thrash teuton agressif et à fond les ballons. Si Persecution Mania ne vous dit rien et que vous êtes un minimum fan de thrash, cela ne sera sûrement pas le cas des titres « Bombenhagel » repris par War et « Sodomy and Lust » repris par Cradle of Filth et Exhumed qui sont entrés dans le panthéon des titres inévitables du thrash. D’ailleurs tout comme on rendra hommage à Sodom par différentes reprise plus tard, celui-ci rend dans cet album hommage à Motörhead qui influenca grandement l’accélération rythmique des groupes de metal par la reprise du non moins célèbre « Iron Fist ».

S’il est indéniable que Sodom prends un virage radicalement thrash par rapport aux albums précédents plus thrash / black, la principale différence avec les albums précédents tient dans l’omniprésence des soli exécutés par Frank Gosdzik alias Blackfire qui tenait sans doute à faire une entrée remarquée dans le groupe. C’est réussi puisque les soli qui commençaient à apparaître timidement dans le premier album deviennent ici un élément inévitable des titres et se rallongent fortement. Pour ce qui est de la voix, elle se fait de plus en plus grave pour quitter peu à peu le registre thrash black des premiers albums tout en gardant son côté rocailleuse agressive caractéristique de Tom Angelripper.

La recette suivie dans Persecution Mania est assez simple, on part d’une base constituée d’un riff thrash rapide et agressif. On l’entrecoupe de ci de là de passage moins speed mais plus naturellement entraînant et moins sombre comme dans Nuclear Assault ou en cassant carrément le rythme comme dans Enchanted Land puis on repart de plus belle en arrosant éventuellement le tout d’un long solo cataclysmique et on recommence. Toutefois, au milieu de titres assez voisins dans l’esprit, se niche « Conjuration » aux relents à la fois beaucoup plus thrash’n’roll dans la rythmique mais en même temps plus sombre dans la sonorité et la voix qui se révèle aussi excellent que surprenant. Pour le reste, il n’y a pas grand-chose à redire, les compositions sont dans leur ensemble bien moins linéaires que celle des albums précédents, ce qui est logique vu qu’elle ne poursuivent pas le même but lancinant et noire, et s’avère donc bien plus efficace et accrocheuse pour le thrasher de base.

Un grand moment de Sodom !


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Autocannibalisme - 12 Mars 2012: Entièrement d'accord avec Rheindarst. J'ai directement accroché à cet album, contrairement à Agent Orange, que j'adore, mais qui possède un coté un peu trop Rock and Roll à mon gout (et que j'ai surtout mis très longtemps de coté avant de réellement l'apprécier). Persecution Mania reste à mes yeux le meilleur album de Sodom.
corpsebunder50 - 19 Mai 2012: Le titre cité dans la chronique comme "Nuclear Assaut" est "Nuclear Winter" si je puis me permettre
corpsebunder50 - 19 Mai 2012: Sinon cet album est une tuerie, la grosse machine thrash lancée à plein régime. Enorme!!!
Baal666 - 19 Octobre 2012: la rythmique de depart du morceau persecution mania et violente!!!
le son de la batterie me fait penser à un helico de combat qui approche tellement ça depote.
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Chronique @ dark_omens

04 Mai 2014

Un tournant dans la destiné de Sodom...

Après un très bon Obsessed by Cruelty à la production quelque peu indigente et trahissant encore quelques relents de ces parfums délicieusement nauséabonds d'un Black Metal embryonnaire à fortes consonances Thrash, les Allemands de Sodom, en cette année 1987, nous proposaient de continuer à errer dans leur univers créatif, divinement sauvage et cahoteux, et ce, au travers d'un nouvel effort intitulé Persecution Mania.

Le premier point important, s'agissant de cette œuvre, concerne cette volonté tangible et manifeste de musiciens, à l'évidence, désireux de s'éloigner de ces racines Black Metal qui furent pourtant les leurs il y a peu encore. Sodom nous propose donc ici une musique dont les constructions s'inspirent principalement de ce Thrash typiquement saxons dont sont, aussi, coutumiers ces artistes.

Comme pour entériner cette nouvelle posture artistique, la production est, désormais, plus claire et plus limpide. En meilleure adéquation avec ce nouveau dessein musical, elle permet aux propos de Sodom d'abandonner les profondeurs sombres et caverneuses qui siéent tant à l'art noir. Les chants de Tom Angelripper s'égarent moins dans les soubresauts écorchés du particularisme Black Metal, sans pour autant, par ailleurs, perdre de cette spécificité rauque et rocailleuse. Même la pochette de ce nouvel opus délaisse les sempiternels poncifs "evil" du genre pour se contenter de la froide attitude implacable et inexorable d'un militaire armé, pourvu d'un casque et d'un masque à gaz.

Dernier indice attestant de cette nouvelle intention créative assumée, les textes de ce disque sont plus concernés et moins immédiatement blasphématoires. Toutefois, ils n'en demeurent pas moins forts et provocateurs pour autant.

Indéniablement Persecution Mania est donc un album empreint d'une volonté, a priori, plus mature et moins primaire.

Le résultat de ces divers changements et de cette réflexion nous offre une musique captivante dans laquelle l'agressivité âpre s'exprime au cœur de titres souvent vifs et efficaces. Pour ne citer que ceux-là, évoquons le furieux Electrocution entrecoupé d'un remarquable break, les excellents Persecution Mania et Nuclear Winter.

Au delà des points déjà abordés, il nous faudra aussi mentionner l'excellence des travaux de Frank "Blackfire" Gosdzik dont chacune des interventions, en de superbes soli de guitares, subliment les morceaux de ce Persecution Mania (Electrocution, l'instrumental Procession to Golgotha (dont les relents ritualistes et oppressants, dans lesquels le guitaristes s'illustre formidablement, nous évoquent immanquablement le préambule et la conclusion de Proselytism Real (Obssesed by Cruelty (1986)), le très réussi Christ Passion...).

Si la musique de Sodom est ici souvent sérieuse et rugueuse, en de rare occasion, elle consent à quelques écarts. Tant et si bien qu'au détour d'un Conjuration ou d'un Bombenhagel, la formation s'autorise à composer des morceaux dont les accents Rock sont si présents qu'il n'est pas totalement aberrant de parler, les concernants, de Thrash'n Roll. Pour parfaire cette orientation Rock, Tom Angelripper et ses acolytes vont même jusqu'à nous proposer un Iron Fist extrait de l'album du même nom sortis en 1982 par Motörhead. Nul besoin de dire à quel point le mythique chanteur de ce groupe, Lemmy Killmister, aura toujours été un fervent défenseur du style incarner autrefois par Chuck Berry ou Elvis Presley.

Persecution Mania est donc un album qui, indiscutablement, marque un tournant important dans la carrière de Sodom. Débarrassé de ses derniers éléments Black mieux produit, plus mature, plus efficace, plus subtile et nuancée que son prédécesseur, et alourdis de passages de guitares séduisants, ce disque de Thrash Metal belliqueux et teuton demeure un des excellents chapitres de l'histoire de cette mouvance.

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