Lost Forever Lost Together

Liste des groupes Metalcore Architects Lost Forever Lost Together
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18/20
Nom du groupe Architects
Nom de l'album Lost Forever Lost Together
Type Album
Date de parution 11 Mars 2014
Produit par Fredrik Nordström
Enregistré à Studio Fredman
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album86

Tracklist

1. Gravedigger 04:05
2. Naysayer 03:25
3. Broken Cross 03:52
4. The Devil Is Near 03:25
5. Dead Man Talking 04:04
6. Red Hypergiant 02:09
7. C.A.N.C.E.R 04:17
8. Colony Collapse 04:31
9. Castles in the Air 03:42
10. Youth Is Wasted on the Young (ft. Murray Macleod of The Xcerts) 04:09
11. The Distant Blue 05:12
Bonustracks (Australian Deluxe Edition CD/DVD)
12. The Shadow of Doubt 02:06
13. Untitled II 01:51
Total Playing Time 43:01

Chronique @ Eternalis

09 Mars 2014

Le groupe a grandi, inéluctablement…

Les clichés ont la peau véritablement dure et il est souvent difficile de se projeter complètement sans parfois se fendre en des raccourcis qui se veulent néanmoins souvent radicaux.
La frange metallique séparant le metalcore du reste est l’un de ceux-ci, consistant à dire que le metalcore n’est de toute façon qu’un ersatz nauséabond surfant sur un succès immédiat pour bien souvent s’essouffler après quelques petites années. Certes, il y a toujours des groupes cherchant à repousser les limites, que ce soit Protest the Hero qui apporte une folie salvatrice dans le genre, la vague djent envahissant de plus en plus les bacs ou encore les non-conformistes Enter Shikari qui s’évertuent à proposer une approche complètement nouvelle et ouverte de la musique core.

Cependant, qu’étions-nous en droit d’attendre d’Architects qui stagne sacrément depuis quelques années ? "Nightmares" puis surtout "Ruins" avaient entrouvert beaucoup d’espoir mais la suite avait été moins reluisante, malheureusement à cause d’une inspiration en berne, d’un manque d’inspiration important et surtout de cette faculté à rentrer dans un rang ultra calibré qui n’apportait rien de nouveau à un genre que l’on déclare fini tous les deux mois. Après un "The Here & Now" complétement imbuvable et vide, je dois avouer, dans toute l’honnêteté qu’il m’incombe d’avoir, que j’ai totalement laissé de côté le suivant, c’est-à-dire "Daybreaker". Ainsi, la réception de la promo de "Lost Forever / Lost Together" ne fut pas accueilli avec plus d’enthousiasme que cela, ne pensant sincèrement pas que les britanniques avaient remonté la pente, surtout après les avoir vu en concert en 2013 et les ayant trouvé particulièrement répétitifs dans leur manière de jouer et haranguer la foule. Une fois de plus, l’erreur est totale car oui, Architects s’est bien renouvelé…et de quelle manière mes aïeux !

Musicalement, il ne faut pas s’attendre à une révolution. D’un point de vue sonore non plus, la production est en béton armé même s’il est très appréciable que le groupe ait enfin accepté d’aérer le son, de le rendre plus humain et charnel, particulièrement sur les nombreux passages plus émotionnels et planants qui hantent ce sixième album.
On retrouve certes une musique agressive, des passages robotiques et très techniques à l’instar du genre et des précédents opus mais Architects a insufflé une âme si primordiale qui manquait singulièrement à "The Here & Now" ou encore "Hollow Crown". Samuel Carter a travaillé avec finesse ses vocaux et il est la principale preuve de ce changement d’intention, de cette nouvelle rage mais surtout de cette tristesse latente, de cette mélancolie qui emplit "Lost Forever / Lost Together" et lui confère une force émotionnelle dont ses prédécesseurs étaient complètement démunis.
"Naysayer" en est une magnifique preuve, de son ouverture tout en brutalité pour ouvrir son refrain par une légère introduction atmosphérique avant de laisser éclater tout le travail harmonique élaboré par le vocaliste. Tom Searle, désormais unique guitariste, s’en sort très bien et alterne les riffs brise-nuque syncopés à de nombreux passages plus aérés et mélodiques, sans jamais tomber dans les mélodies mielleuses qui accompagnent trop souvent le metalcore moderne. Il en ressort une incroyable force émotionnelle, une énergie à arracher les tripes, notamment de ce refrain simplement parfait, simple et viscéral, très humain et symptomatique d’un groupe ayant grandi et étant devenu avant tout adulte.

"Red Hypergiant" va plutôt voir du côté d’Enter Shikari ou d’Hypno5e dans sa manière de poser un interlude semi-électronique, tirant sa source d’une ligne narrative et d’une légère boucle répétitive servant à faire redescendre la pression. Une mélodie en émerge rapidement, puissante et forte mais parvenant à ne pas être trop appuyée avec, une fois encore, un équilibre presque parfait. "C.A.N.C.E.R" poursuit à l’inverse sur le rythme d’un bulldozer afin de mettre en avant le formidable travail de production (et ces basses vrombissantes qui sied si bien au style) et la brutalité dont est encore capable le groupe. Très nerveux vocalement, le morceau permet encore à Sam de placer des envolées semi-claires d’une intelligence et d’une force émotionnelle époustouflante, rappelant sensiblement dans l’intention ce qu’Anders Frìden a tenté de faire sur le dernier In Flames. "GraveDigger" est également une pièce de choix, judicieusement placer en première place de l’album pour présenter ce que va devenir l’album de référence du groupe, néanmoins pour ceux étant allergique au metalcore trop traditionnel. D’une très fine mélodie acoustique déboule un riff énorme mais surtout un lot de chorus mélodiques et de nappes atmosphériques permettant de placer sur orbite un refrain encore impérial. On sent que ces parties ont été très travaillées, autant dans l’impact sur album, la souffrance qui en découle et l’effet que cela pourra provoquer pour les futurs concerts. "The Devil is Near", plus traditionnel, forme un pont entre le metalcore plus typique (les fameux « hey hey » en début de couplets…) et le style plus personnel et fouillé que les anglais ont cherché à explorer sur ce nouveau disque et permettra à ceux surpris de trouver quelques repères avec le passé, bien que, comme dit précédemment, le changement se veut plus dans le fond que dans la forme, dans l’intention et la manière de jouer/chanter plutôt que dans le style à proprement parler. On sent simplement une rage et une envie d’en découdre qui fait du bien et qui change radicalement du pilotage automatique dont souffrent beaucoup trop de combos. Le final très aérien de "Castles in the Air" ou encore le côté très mélodique et éthéré de "The Distant Blue" sont autant de pistes vers un avenir encore plus aventureux qu’Architects se devra de prendre pour faire encore évoluer son propos et devenir unique, afin de sortir définitivement de tous les carcans et de tous les stéréotypes inhérents au style. "Lost Forever / Lost Together" est un premier pas plus qu’honorable, maitrisé de bout en bout et avec de véritables pépites. Le groupe a grandi, inéluctablement…

9 Commentaires

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OliMetal4Life - 10 Mars 2014: Déjà avec leur album Daybreaker, je trouvais qu'ils commençaient à avoir une certaine maturité musicale et à se démarquer un peu de la vague metalcore, en incorporant plus d'atmosphère et de partie plus typé Mathcore... on dirais que cet album continue dans la même voie! Bien hâte de le recevoir!
raph_cello - 11 Mars 2014: Salut ! Merci pour la chronique. Pour ma part, je m'ennuie assez sur cet album... je le trouve particulièrement mou par rapport à Hollow Crown et les mélodies me touchent moins que Daybreaker... Je ne veux pas être mauvaise langue, mais je suis très déçu. Je ne voyage pas. Cela dit, je suis content que certains y trouvent leur compte ! A+
FallenWorld - 02 Juillet 2014: Je ne supporte aucun album d'Architects, jusqu'à l'arrivée de ce dernier. Ta chronique met à jour l’émergence du groupe (je trouvais bien creux leurs autres albums). Il y a une atmosphère triste et envoûtante, qui nous tire vers de plus hautes sphères, comme avec Broken Cross, Colony Collapse (la meilleure selon moi) ou encore Distant Blue. Bref, un bon album de metalcore, bourrin et magnifique.
Pipotron3000 - 05 Avril 2015: Je me rappelle d'une époque où, dès que l'on mettait des samples ou des synthés, c'était plus du métal. Qui était aussi l'époque où les black métalleux et les death metalleux se tapaient sur la gueule ;) Maintenant, certains groupes mélangent death/black...et même avec des synthés :D
Le metalcore a probablement été mis au ban, donc a grandi en cercle fermé. Avec donc ses stéréotypes.
Maintenant que le metalcore s'ouvre au reste du métal, forcèment il s'enrichit. Et le métal dans son ensemble aussi :D
J'ai bien aimé Daybreaker (même si je suis un vieux con élevé au thrash et au heavy/power ;) ). Et je m'en vais écouter celui-ci aussi.
Merci pour la kro !!!
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