Life Is Peachy

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Nom du groupe Korn
Nom de l'album Life Is Peachy
Type Album
Date de parution 15 Octobre 1996
Produit par Ross Robinson
Enregistré à Indigo Ranch Studios
Style MusicalNéo Metal
Membres possèdant cet album762

Tracklist

DISC 1
1. Twist 00:49
2. Chi 03:54
3. Lost 02:55
4. Swallow 03:38
5. Porno Creep 02:01
6. Good God 03:20
7. Mr Rogers 05:10
8. K@#0%! 03:02
9. No Place to Hide 03:31
10. Wicked (ft. Chino Moreno of Deftones) (Ice Cube Cover) 04:00
11. A.D.I.D.A.S. 02:32
12. Lowrider (War Cover) 00:58
13. Ass Itch 03:39
14. Kill You 08:37
DISC 2
1. Chi (Live)
2. All Washed Up (Live ft. The Urge)
3. Hilikus (Live ft. Incubus)
Total playing time 48:14

Chronique @ bojart

28 Novembre 2009
Pionnier du néo-métal depuis 1994, Korn s'est forgé un belle carrière dans le monde musical (au passage, ils ont vendu leurs âmes au capitalisme). A la clef? Une présence constante dans les cinq premières places du Billboard 200(les charts nord-américains). Leur métal à la fois brutal et mélodique a, pendant 9 ans (je ne compte pas la piteuse période 2004-2009) conquis le coeur de metalheads,qui pour la majeur partie d'entre eux, étaient mineurs.

Korn est née en Californie en 1992, à une époque où le grunge d'Alice In Chains et le thrash de Slayer trustaient les chart US...c'est là que cinq types habitant les quartiers mal famés de Los Angeles (Jonathan Davis,Brian Welch,David Silveria,Fieldy et James Shaffer), allaient inventer un nouveau genre de métal, bien différent du thrash et du heavy, un style destiné à se corrompre par la suite, j'ai nommé le néo-métal! Réglez votre basse plus bas qu'une basse standard, ce qui donnera l'impression d'un grognement sinistre et sourd une nuit de pleine Lune. Ajoutez des passages instrumentaux loins des pont aux synthés du heavy ou des solos habituels du thrash. Saupoudrez de samples divers et variés sans oublier de rajouter une batterie lourde aux percussions cristallines...voila quelle est la recette de Korn,qui ravira le plus grand nombre.

Second opus du quintet californien,"Life Is Peachy" débute par cinquante secondes où Jonathan nous gratifie de bruits sauvages comme pour illustrer que l'homme reste un animal,certes évolué,mais un animal quand même! Durant l'écoute,on passe du riff saturé et du chant torturé de "Chi"; De la composition aigre-douce et des vocaux pénétrants de "Swallow" au mid-temp suave et aux refrains surchauffés de "No Place to Hide" en passant par le rythme haletant et la mélodie maladive de "Good God". Les compositions,les chants,les thèmes abordés sont autant de preuves que cet album respire l'originalité. Korn était passé du statut de semi-professionnel à celui de pro haut la main! Oubliées les imperfections du premier album car ici, sur "Life Is Peachy", les titres suivent le même concept et aucuns morceaux ne sort du schéma directeur; Pas plus "Lowrider" et son joli mélange de vitesse et de chants mi-bestiaux mi-humains que "Kill You" avec ses couplets sublimes et ses refrains interprétés à la fois avec force et délicatesse...

Les thèmes de l'album, je l'ai dit, sont variés et touchant. Je prends l'exemple de "Lost", morceau où s'exprime un homme prisonnier de son passé et qui subit son présent; De "Mr.Rogers" dénonçant la pédophilie; De "K@#0%!", le premier single très caustique de la galette, où la règle du jeu est de raconter une histoire cohérente tout en utilisant le plus de grossièretés possible! Et enfin,je prends l'exemple de "A.D.I.D.A.S.", second single, dans lequel Jon'Davis parle librement de ses fantasmes sexuels, A.D.I.D.A.S. étant l'abréviation du refrain :"All Day I Dream About Sex!". A noter un titre bonus, la version studio du titre "Twist" qui introduit l'album et où l'on constate que Jonathan à réussi sa performance en une prise! Je le précise car cela est rare de nos jours!

L'un des meilleurs albums du groupe californien, bien loin de la médiocrité des trois derniers albums. Sorti à une époque où le syndrome de la planche à billets n'avait pas totalement gangréné le métal, "Life Is Peachy" est un incontournable pour ceux souhaitant découvrir le néo-métal du milieu des années 90.

18 Commentaires

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bojart - 07 Octobre 2010: TALITM? bof, bof
Celldweller55 - 07 Octobre 2010: Oui c'est mon favori. Mais je ne suis pas du tout un inconditionnel de Korn
metalcrusher - 30 Juillet 2012: J'adore cet album !!!
voodoochild - 15 Juin 2015: Merci pour la chronique! Comme malheureusement beaucoup trop de groupes, KoRn était bien meilleur à cette époque là que maintenant...
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Chronique @ ArchEvil

12 Juin 2015

True Nu Metal is Dead...

Effacons le doute tout de suite : Contrairement à son homologue Californien Deftones, Korn ne fera jamais mieux que son éponyme. Et l'effet de fraîcheur de la découverte n'en n'est finalement pas la première raison.

Donc allons droit au but : Life Is Peachy est moins bon, beaucoup moins bon que son grand frère. On concevra sans trop d'hésitation qu'un tel monolithe noir respirant le malaise juvénile, au vu de sa relative simplicité d'arrangement, nécessitait un groupe soudé, inspiré et un contexte particulier.

Pourtant, en 1996, cette nouvelle symbolique Néo avait un sens. Ses acteurs encore en fort petit nombre avaient trouvé une recette qui tue. Celle-ci touchait un public jeune, parlait à ses préoccupation directe, décrivait ces cours de collèges grises et enbrumées par l'angoisse et les substances, encore loin du caprice, du consommable et du superficiel.
Korn particulièrement aurait reçu son certificat du porte parole des jeunes rebelles et ados en détresse, le sac à dos badigeonné au marqueur, trimballant l'envie, l'ennui et la boule au ventre. Nous sommes encore à des années lumières des simulâcres que la scène chiera par camions entiers, représentants de l'immense et presque soulageant seppuku artistique du Nu Metal.

Deux ans avant, Korn sortait un monstre. L'album éponyme était un monolithe noir à l'acné assumée. Bien plus que la fusion et l'alternatif des RATM ou Faith No More, il fit fuir les metalheads aguerris. En contrepartie, il récupéra un public nouveau, construisit une fanbase qui allait devenir une nouvelle foule de consommateurs au service d'un filon à côté duquel un éditeur rentable ne passe rationnellement pas.

Quelle importance après tout? Tout ça n'est pas encore arrivé. Et Life Is Peachy n'a pas encore marqué le début du déclin vertical du genre. Il est juste moins bon...


En abordant le disque, ce n'est pas ce qui saute aux oreilles. Le son gras singulier de Korn est bel et bien présent. Le couple imparable Silveria-Fieldy n'a pas lâché ce don pour le groove malade. Ni head, ni munky n'ont arrêté le jeu bruitiste.
Jon Davis a gardé son expression nuancée et efféminé.
Les différences arrivent plus tard, et justifient à elles seules la petite déception.

Le premier indice est au niveau du son : le premier Korn était pourvu d'une production organique qui faisait voler la tripaille tout en restant relativement claire. La présence des effets sur les cordes était équilibrée, ce qui n'empêchait pas l'overdrive de créer un climat poisseux.
Life Is Peachy en rajoute des tonnes. Les guitaristes au jeu tendant toujours plus vers la non-mélodie se parent d'une nappe de boue que l'on aurait pu croire propre au Sludge. L'album est crade, très crade, mais souvent vainement.

Car Korn imbrique ces petite mélodies naïves dans ses morceaux et le fait avec plus ou moins de maladresse. Si ces dernières se montrent cohérentes sur des titres comme Ass Itch, No Place to Hide respirerait presque la caricature sur son couplet.
Le jeu global se testant sur des rythmiques parfois funky et hip hop vient lui aussi poser un décalage frustrant avec l'atmosphère âcre et huileuse. Et enfin, le plus décevant, les morceaux ont cette foutue tendance à se suivre et à se ressembler. Les tubes comme A.D.I.D.A.S sont certes efficaces, mais cette structures en boucle qui apparaît dans l'album finit par gonfler.

Pour contrer ce point-ci, une série d'interludes et parenthèses diverses qui ratent leur cible : Un feat avec Chino Moreno qui sentait bon sur le papier, et qui s'avère finalement être une fusion rap metal sous ecstasy parfaitement dispensable. K@#0%! et son flot d'insultes qui ne parvient pas à combler un refrain foiré ou un Lowrider se voulant humoristique et pulpeux mais qui n'apporte même pas de bouche d'aération. Seul porno-creep s'en sort avec brio.

Tout ça craint vraiment quand tu sais ce que le groupe a pondu deux ans avant... La faute à des expérimenations peu senties et bordéliques, mais aussi certainement à une inspiration légèrement tarie.

Bon, voilà, la liste amère est sortie, on peut lancer la machine à ovations :

Life Is Peachy, en dépit de tout, préserve l'aura noire de Korn. La recette est un peu essouflée mais définitivement présente. L'atmosphère de début de disque ne trompe pas : durant tout sa première partie, l'album fait un sans faute. Twist est une folle mise en bouche à l'acide, le riff est caverneux et sale, le slap fieldien attaque la nuque, david silveria fait preuve d'une versatilité encore absente du précédent. Swallow est rampant, le riff de Good God et sa nappe de guitare assomment et lost et son power-chord défiguré et opaque crée un climat d'enfermement.
Le sommet arrive sur Mr Rogers, une sordide histoire de voisin abuseur d'enfant, où le riff s'assombrit, où les nappes guitaristiques se font lancinantes, où les cassures rythmique prennent sans arrêt l'estomac, où les légers silences se supportent comme des enclumes , ce titre est une perle toxique et dépressive noyée sous les flangers et coups de butoir du talentueux Fieldy.

On avance... jusqu'à la fin. A l'image du terrifiant Daddy, Kill You se veut être une longue pièce exutoire. En dépit du numéro de pleurnichard un peu facile, nous avons ici un titre au riff captivant et puant le viol d'innocence, ce savoureux alliage conçu de terreur infantile et du paradoxe entre l'hostilité du riff et la voix androgyne et fragile de J.Davis, ce que Korn manie à la perfection.

En fait, la semi-déception que l'on peut ressentir à son écoute ne provient pas vraiment de l'absence de contenu. Elle est surtout liée à l'avenir du groupe.
Et puisqu'il n'y aura plus de chronique de ma part pour ce groupe enterré depuis longtemps, petite rétro - prospective de leur carrière :
- Follow the Leader se rapproche de l'amour pour la pop de J.Davis, Korn se lisse et perd beaucoup de son encre visqueuse.
Son caractère simple et immature oublie sa spontanéité et devient un talon d'achille.
- Issues est l'album le plus abouti du groupe, un autre monolithe un peu moins noir que leur première mouture mais parfaitement dans l'esprit et équipé des meilleurs riffs et de certains des plus grands titres du groupe (dont le chef d'oeuvre 'No Way' ). Dernier coup de maître.
- L'histoire de Korn s'arrête là. Juste au correct Intouchable... Il sortent un album "faussement retour au sources" qui sera l'une des pires conclusions stylistiques de l'histoire du metal. Le reste ne sera qu'une longue suite d'épisode ratés par un cadavre spasmophile, malgré les essais et prises de risques parfois fructueuses de See You on the Other Side.

Indifférence totale désormais. Parfois, il semble que la puissance de Korn fut étroitement liée à l'histoire chaotique et douloureuse de ses membres, en particulier son frontman. Ce fut également un argument de commerce valable pour le public visé. Désormais engraissé, embourgeoisé, vidé de sa substance, popisant et niais, Korn est mort.

The End... (mommy why?)

Là tu gicles : Mr Rogers.
Toujours du grand Korn : Chi, Lost, Swallow, Good God, Kill you.
Redondant, naïf mais efficace : A.D.I.D.A.S, Ass Itch, No Place to Hide.
Parfaitement inutile : Wicked, K@#0%!, Lowrider.

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Deminion - 13 Juin 2015: Je suis d'accord avec la chronique, même si je ne suis pas aussi sévère sur cet album. Par contre, je ne suis pas d'accord avec la fin de la chonique avec la partie retrospective. Le dernier album, Paradigm Shift, est bon je trouve, des riffs qu'on croirait sortis d'Issues cotoyant des nappes electro, pas toujours bien géré, mais un album meilleur que tout ce que le groupe avait fait depuis Intouchables je pense. T'en penses quoi de celui-là d'ailleurs ?
ArchEvil - 13 Juin 2015: Pour paradigm shift, en effet ils retournent vers un son plus gras, vers des guitares plus présentes, fieldy retrouve son attaque... Seulement, TALTIM faisait un peu pareil, et c'était un album médiocre. Ce n'est pas qu'une question de retrouver des riffs à la Issues, c'est une question d'ambiance, de leurs trouvailles noisy, des variations vocales de Davis, du côté résolument assumé et imparfait de Korn. Paradigm Shift est pour moi une énième tentative de 'retour à la gloire' avec des moyens modernes et une inspiration morte. Il sonne très pro, très cadré et calculé, et c'est tout. Après, les seuls groupes de nu metal que j'apprécie réellement sont au nombre colossal de 3 ( 2 et demi si l'on considère SOAD un peu à part ) et il ne s'agit généralement que de leur début de carrière. La scène s'est énormément standardisée, popisée. Et ce dernier Korn a le son et la conviction de cette scène actuelle.
Vinterdrom - 16 Juin 2015: Merci pour le papier, matou. Un texte dans lequel, à quelques point près, je retrouve mon ressenti de l'époque (non seulement par le contenu, mais aussi par sa construction antithèse / thèse qui y fait énormément). Un 1er album éponyme sorti comme un monstre du placard, infernal de noirceur et de déviances (en plus d'être novateur et d'avoir foutu des mines défaites à mes potes hardos & metallos de l'époque, qui ne comprenaient pas ce que je leur faisais écouter), bien secondé également par une série de clips bien malsains, et j'attendais donc beaucoup de cette suite. Beaucoup trop, c'est certain, la première écoute ayant fait chuter mes espoirs dans un abysse de déception, la faute à des morceaux qui apparaissaient de prime abord plus directs, avec un travail moindre sur les ambiances, un impact moindre sur le mental (à l'exception du terrifiant "Mr Rogers", ses attaques bien vicelardes, qui mérite son paragraphe pour lui seul), et à toute cette série d'intermèdes où le groupe tente des choses nouvelles, certes, mais se plante systématiquement, rendant par là-même la progression du disque désagréablement heurtée. Puis avec le temps (et surtout en cuttant l'inutile, je m'étais fait une copie K7 pour pouvoir écouter l'essentiel d'une traite sans être emmerdé), j'ai apprivoisé l'approche certes moins subtile de ce "Life is Peachy" (car oui, sous apparente grossièreté, l'éponyme savait faire preuve de subtilité), jusqu'à trouver cette surenchère sonore, cette surdose de couches graisseuses et de vociférations de malade bien jouissive, autant qu'oppressante (l'enchaînement Lost / Swallow / Good God, en virant Porno Creep au milieu, me foutait à terre). Cet opus a ses qualités mais, comme tu l'écris, c'est juste qu'il est moins bon que son prédécesseur (le final complètement téléphoné de "Kill You" en est un exemple on ne peut plus symptomatique). En tous, cas, ça nous rajeunit pas tout ça...
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Commentaire @ taylor13

14 Avril 2009
Un journaliste, à la veille de la sortie de "Life Is Peachy", aurait pu demander: "Que peut-il arriver à un groupe qui à déjà sorti une tornade?"
La réponse semble évidente: "Une seconde tornade!"

En effet, "Life Is Peachy" est dans la continuité de l'éponyme, à tel point que cet opus est presque considéré par certains comme un Ep, à l'image de "Smells Like Children" de M. Manson. Pourtant il apporte des différences non négligeables.

Tout d'abord, par rapport à ce que l'on entend, c'est sûr, Korn a trouvé sa voix, et cet album le prouve en étant plus cru: soit plus bourrin soit plus calme, il n'existe pas de "mid tempo". Produit une seconde fois par Ross Robinson, cet album se fait encore plus "roots" que le premier, comme si celui-là était sorti avant l'autre. La nouveauté est sur les interludes (au nombre de 3 avec "Twist"), ces interludes apparaissent comme des jams entre deux morceaux, toujours aussi "roots".

Egalement le "scat" est plus présent que sur le premier et sûrement que sur les autres albums, ce qui souligne la violence du projet. En somme cet album est plus sauvage.
Les paroles sont encore plus noires que sur le premier opus (est-ce possible?).

A sa sortie il a été "détruit" par les critiques positives, pourtant il présente quelques petits défauts: le son est trop étouffé, mais c'est certainement dû à l'enregistrement; les compositions ne sont pas toujours parfaites (comparez "A.D.I.D.A.S" et "Ass Itch" c'est très très surprenant); mais le pire, c'est sûrement que
J.Davis refait son numéro de chanteur torturé sur "Kill You", qui se situe à la dernière piste tout comme "Daddy" sur l'éponyme.

Par rapport à ce que l'on voit, l'artwork est encore plus noir que sur le premier et seul "Take a Look in the Mirror" l'égalera, quoique moins original et moins symbolique.

Cet album est donc tout aussi mythique et authentique que son aîné, et reste une référence dans le monde du "néo".

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