Lean into It

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Nom du groupe Mr Big
Nom de l'album Lean into It
Type Album
Date de parution 26 Mars 1991
Produit par Kevin Elson
Enregistré à Rumbo Recorders
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album153

Tracklist

Re-Issue in 2010 by Atlantic Records with 4 Bonustracks (Remastered Edition).
1.
 Daddy, Brother, Lover, Little Boy (the Electric Drill Song)
 03:54
2.
 Alive and Kickin'
 05:28
3.
 Green-Tinted Sixties Mind
 03:30
4.
 CDFF-Lucky This Time
 04:10
5.
 Voodoo Kiss
 04:07
6.
 Never Say Never
 03:48
7.
 Just Take My Heart
 04:21
8.
 My Kinda Woman
 04:09
9.
 A Little Too Loose
 05:21
10.
 Road to Ruin
 03:54
11.
 To Be with You
 03:27

Bonus
12.
 Love Makes You Strong
 03:28
13.
 Alive and Kickin' (Demo)
 04:56
14.
 Green-Tinted Sixties Mind (Demo)
 03:42
15.
 To Be with You (Demo)
 01:17

Durée totale : 59:32


Chronique @ Eternalis

29 Novembre 2008
Tiens, et bien on dirait que les grands classiques du hard ont besoin d’avis dont ils sont pour le moment dépourvus.
J’ai jeté mon dévolu sur ce second opus du groupe new-yorkais possédant dans ses rangs le virtuose Billy Sheenan à la basse (accompagnant systématiquement Steve Vai sur ses tournées, c’est dire le niveau !) et Eric Martin au chant, connu aujourd’hui pour ses albums solos de plus ou moins bonnes qualités.

Mr Big sort son premier album éponyme en 1989 contenant déjà des tubes donnant la couleur comme "Addicted to that Rush" ou "30 Days in the Hole" en proposant un hard très mélodique mais également bien plus technique que la moyenne, notamment grâce aux solos inspirés et souvent inattendus de Paul Gibert.

Mais je doute qu’en cette année divine pour le hard (rien que Metallica, Guns’n Roses, Nirvana, Death…et ma naissance !) quelqu’un aurait parié sur ce groupe qui arrive avec une maturité incroyable et un opus bourré à ras la gueule de hits et de mélodies de toute beauté et inoubliables. Propulsé par un son assez énorme et clair pour l’époque, le quatuor déboule avec "Daddy, Brother, Lover, Little Boy". Qui osera dire qu’il n’aura pas tiré une "tronche comme ça" à l’écoute du solo de gratte accompagné par…des perceuses ! Outre ce solo d’exception, il y a ce refrain qui nous tient des jours durant et cette voix magnifique, toute en puissance mais en finesse, très pure et en même temps très rock n’ roll, chaude et sincère.

"ALive and Kickin’" suit avec son riff d’ouverture dur et tranchant mais dévoilant rapidement des phases mélodiques uniques et superbes. Idem pour "Grenn Tinted Sixties Mind" au riff d’ouverture si pur et presque symphonique dans le rendu.
Puis arrive ce qui reste pour moi une des plus belles ballades de tous les temps : "Lucky This Time". Un premier riff étonnamment rêche et direct, avant de laisser place à des arpèges d’une douceur infinie et à une basse sensuelle et tourbillonnante, puis cette voix ! Magnifique, un refrain à faire fondre en larmes le plus courageux des « hardos » ("Open your Heart Tonight…" ) qui prend aux tripes et ne les lâche plus. Et le mieux dans tout cela, c’est que le groupe reste unique et ne ressemble à aucun autre, fait quasiment absent de nos découvertes actuelles, où tout est devenu interchangeable et sans saveur.

Car les saveurs ne manquent pas ici. La technique est à elle seule si impressionnante qu’elle confère à l’album plusieurs niveaux d’écoute selon l’humeur. L’intro par exemple de "Voodoo Kiss" à la guitare acoustique est ahurissante de complexité et en deviendrait presque drôle. Pour ensuite nous plonger dans un univers bluesy et plus léger, où Eric Martin se révèle également crooner de talent.
A l’opposé, un morceau comme "My Kinda Woman" semble être conçu pour les stades et entendre des milliers de poumons crier en chœur ce refrain une nouvelle fois tellement accrocheur et poignant à la fois.
Deux autres superbes slows viendront s’ajouter avec "Just Take my Heart" (la chanson la plus FM de l’album, mais non moins merveilleuse) et la sublime conclusion qu’est "To Be with You", devenu le moment privilégié des concerts où le public et Eric se trouvent plus proches que jamais l’un de l’autre (à voir dans le Live tout aussi indispensable sortie l’année suivante où le potentiel des membres est présenté à son paroxysme car intégrant tous les délires et solos en question-réponse entre Billy et Paul !).

Il s’agit probablement de mon album de Hard préféré, toutes époques confondues, autant par sa beauté que sa technique, sa composition et l’interprétation impressionnante de ses membres et plus particulièrement de son chanteur. Une technique d’ailleurs que l’on n’est pas loin de retrouver chez les groupes de Prog de la même époque, spécialement Dream Theater.
Les textes sont quand à eux en parfaite adéquation avec le reste, c'est-à-dire rock n’roll (les "babys" à répétition apportant un charme certain et indémodable).
Culte, n’ayant pas pris une ride et ayant traversé le poids des années sans aucun mal, ce "Lean into It" est sans aucun doute LE chef d’œuvre de cette année où un certain Black Album dévasta tout sur son passage, pour le meilleur et pour le pire…

11 Commentaires

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MattMaiden - 21 Septembre 2012: j'ai un album instrumental de Paul Gilbert mais je ne me suis pas encore intéressé à Mr Big : grâce à cette fort intéressante chronique je pense combler cette lacune dans les semaines/mois à venir ! Merci !
samolice - 29 Septembre 2012: Merci pour la chro.

Histoire de donner un coup de main à Rambo (qui n'en a pas besoin), je me range de son côté. Cet album est à mon goût très bon mais un gros cran en dessous du précédent. En fait, aprés les 3 premiers titres qui sont énormes, je trouve le reste en dessous ("Take my heart" excepté).

J'ai acheté récemment "Bump Ahead" que je n'avais jamais entendu et j'ai été agréablement surpris même si là encore, je trouve que c'est un cran en dessous de ce deuxième album. Et je ne parle pas de "Wild world" qui me file de l'urticaire!
Bref, si à chaque album ça descend d'un cran, je ne vais peut être pas poursuivre l'aventure
rambo53 - 29 Septembre 2012: Dans mes bras!
Mais le dernier est vraiment très très sympa peut être même au dessus ou tout du moins du niveau de celui là je t'invite à te pencher dessus Sam'.
samolice - 12 Novembre 2014: Oups, désolé Rambo, mais avec 2 ans de plus et de nombreuses écoutes, je dois avouer que ce deuxième album est devenu mon préféré du groupe. Comme quoi, avec le temps... Chro du premier à venir
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Chronique @ dark_omens

02 Mai 2016

Un deuxième album tout aussi indispensable...

Alors que les Américains de Mr Big avaient parfaitement les aptitudes pour exprimer une musique d'une redoutable technicité, ils firent pourtant le choix, en des temps qui allaient bientôt devenir plus propices aux courants plus tourmentés ou plus extrêmes naissants, d'user d'une spontanéité émouvante et insouciante. De ce dessein dévolu à une simplicité apparente et touchante, ils composèrent un remarquable premier album éponyme nous dévoilant un Hard Rock aux accents Rock très prononcés et dans lequel le travail mélodique fut prégnant et, surtout, très réussi. Un opus, d'ailleurs, si abouti, si parfaitement maitrisé et si précieux en son genre que son successeur ne pouvait susciter d'autre sentiment que celui d'une impatience compréhensible. Et en cette année 1991, ces espoirs furent concrétisés et l'attente cessa enfin dès lors que sortit ce second manifeste baptisé Lean into It.

Et que nous propose donc cette nouvelle œuvre si ce n'est une délicieuse continuité qui exprime toutes ces subtiles subtilités en d'excellents titres tels que le prompt et entrainant Daddy, Brother, Lover, Little Boy (The Electric Drill Song), tels que le plus posé ALive and Kickin' aux relents légèrement Bluesy, tels que le délicieusement nostalgique Green-Tinted Sixty Mind, tels que Never Say Never, ou encore, par exemple, tels que Road to Ruin? Autant de chansons dans lesquelles chacun des membres du groupe fait preuve de cette splendide dextérité et de cette superbe maestria qui caractérise cette formation. Aussi, inutile d'en énoncer chaque détail en une longue litanie dans laquelle d'encenseurs adjectifs viendraient ponctuer de longs paragraphes décrivant les qualités de musiciens de Paul Gilbert, Bily Sheehan, Pat Torpey et surtout Eric Martin. Epargnons-nous le calvaire d'écrits aux telles évidences et profitons donc simplement de ce disque.

Bien évidemment, exercice stylistique immuable s'il en est, les ballades sont, une fois encore, présentes ici. Et, à ce titre, si CDFF - Lucky This Time et Just Take My Heart sont de très jolis moments ou Eric Martin pourra admirablement user de cette touchante fêlure dissimulée au creux d'une voix si chaude et habitée, l'acoustique To Be with You nous propose un voyage plus poignant encore. Ce morceau emblématique dévoile, en effet, admirablement l'âme nue du quintette et trouve un formidable écho en chacun de ceux qui sauront être ouverts à ce genre d'expérience. Un moment de magie d'une douceur infinie et où le temps suspend son vol, en somme. Une chanson qui va littéralement, et légitimement, asseoir internationalement la notoriété de Mr Big. Une reconnaissance justifiée si l'on considère que ce To Be with You, selon votre humble serviteur, est à ranger auprès d'autres pierres telles que Still Loving You (Scorpions), I Want To Know What Love Is (Foreigner), Love Conquers All (Deep Purple) ou, encore, telles que, par exemple, All I Care For (Gotthard). Un sac de rubis dans lequel chacun, objectivement, mettra ce qu'il jugera digne d'y être préservé.

Avant de conclure cet exposé, arrêtons-nous un instant sur la photographie ornant la pochette de cet album. Une représentation en noir et blanc de l'accident de la gare Montparnasse qui eut lieu en 1895 et qui vit un train, sur une ligne en surplomb, dont la locomotive traversa la gare, détruire ses murs avant de s'écraser plusieurs mètres en contrebas au pied du bâtiment. Une tragédie spectaculaire. Une illustration étonnante.

En définitive, la difficulté consistera donc à désigner qui de ce Lean into It ou de son prédécesseur est le meilleur. Objectivement, difficile à dire. Néanmoins, force est de constater qu'avec ces deux opus Mr Big nous propose un diptyque de grande qualité où ses divers talents sont incontestables. Le reste, après tout, n'étant qu'affaire de goûts.

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samolice - 11 Mai 2016: Merci pour la chro d'un album franchement épatant. J'ai longtemps préféré aveuglément son prédécesseur avant de comprendre que celui-ci était peut être encore plus abouti. Total, j'ai aujourd'hui une préférence pour ce "Lean into it". Et ce, même si je zappe désormais systématiquement "To be with you", un bon titre mais que j'ai trop entendu. Au passage, quelle démonstration de Nuno sur ce titre. Avis aux amateurs de la six cordes...
dark_omens - 11 Mai 2016: Nuno? Tu confondrais pas avec More than Words?
samolice - 11 Mai 2016: Oh putain oui carrément!!!!! La honte bouhhhhhhhh. Pourtant Paul Gilbert, c'est bien dans Mr Big :-)
Je pars dans mon coin et je reviens pas avant 6 mois...
dark_omens - 12 Mai 2016: T'en va pas (comme disais Elsa). Tu es l'un des rares avec qui je peux encore avoir un semblant de discutage. Donc, ne me quitte pas (comme disait Jacques).
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