Mr. Big

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Nom du groupe Mr Big
Nom de l'album Mr. Big
Type Album
Date de parution 20 Juin 1989
Produit par Kevin Elson
Enregistré à Fantasy Studios
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album121

Tracklist

1.
 Addicted to That Rush
 04:47
2.
 Wind Me Up
 04:12
3.
 Merciless
 03:57
4.
 Had Enough
 04:58
5.
 Blame It on My Youth
 04:14
6.
 Take a Walk
 03:57
7.
 Big Love
 04:49
8.
 How Can You Do What You Do
 03:59
9.
 Anything for You
 04:38
10.
 Rock & Roll Over
 03:50

Bonus
11.
 30 Days in the Hole (Humble Pie Cover)
 04:13

Durée totale : 47:34


Chronique @ samolice

16 Novembre 2014

Le petit homme deviendra vite BIG

Dave Lee Roth, Steve Vai, Billy Sheehan et Greg Bissonette, ça vous dit quelque chose?

THE line up !

1988. Sheehan n'est plus avec Roth. Il a néanmoins bien appris sa leçon auprès du maestro et pense pouvoir refaire le même coup fumant. Avec l'aide de Mike Varney, doté d’un doctorat en shred, il recrute le chanteur Eric Martin, du ... Eric Martin Band - on est jamais aussi bien servi que par soi même -, dont les deux albums ont permis de mettre en évidence ses qualités vocales.
Le guitariste Paul Gilbert (Racer X) et le batteur Pat Torpey (Impellitteri, Stan Bush, Ted Nugent, Jeff Paris) sont ensuite contactés. Avoir côtoyé Steve Vai change une vie (de musicien). Il lui faut du lourd, du très lourd à la gratte! Sheehan a rencontré Gilbert plusieurs années auparavant, au Guitar Institute of Technology de L.A., alors que ce dernier n'avait que 19 ans. De 13 ans son ainé, Sheehan avait été impressionné et n'avait jamais oublié le jeune feu follet. Le choix s'imposait donc.

Bref, pas de petits souriceaux ou de poulets de trois jours ici.
Avec le recul offert par ces quasi trente dernières années, y'a bien que ça qu'elles nous offrent ces s--opes, je crois qu'il n'est pas faux de dire que c'est bel et bien ce fada de Roth qui a lancé la mode des supers groupes avec la sortie de son premier opus « Eat’ Em and Smile » (1986).

Eric Martin, Paul Gilbert, Billy Sheehan et Pat Torpey . camarades connaisseurs, ça a quand même de la gueule non ?

Après une longue hésitation, la (Big) troupe choisit son patronyme en hommage au titre de Free, titre que le groupe se décidera à reprendre sur l'album « Bump Ahead » en 1993, et se met au boulot. Les compositions avancent à un rythme de TGV - hors période de grève -. Selon Martin, l'essentiel de l'album a été composé en une semaine, ce qui en dit long sur la motivation et l’inspiration des musiciens. Un véritable effort de groupe, même si aucun titre n'est co-signé par les quatre zicos.

En 1989, aux USA, les combos dont les membres arborent des fringues plutôt du style cuir "sobre" ne sont pas nombreux, même si les vagues hair métal – Poison ou encore Ratt pour dire vite - et Fm – Bon Jovi pour dire encore plus vite - commencent à s’essouffler. Mr Big est de ceux là - cf. au verso de la cover -. Déjà, point de claviers sur ce skeud. Un premier bon signe ? Dans le même esprit, notons la présence d’une pochette d'album décalée, elle aussi pas vraiment dans l'air du temps, ce qui deviendra une sorte de gimmick pleinement revendiqué par le groupe.

Des musiciens affamés, à l’époque tous guère plus épais qu'une tranche de nori, qui délivrent une musique à classer entre big rock ("Wind me up", "Merciless" ; "Big love") et hard rock tantôt fougueux ("Addicted to That Rush"; "Blame it on my youth"; "Take a walk"; "Rock n roll over"), tantôt teintés fm ("Had enough" ; "How can you do what you do", morceau composé par Martin avec Jonathan Cain de Journey, et les deux ballades). Servis par des mélodies immédiates, des refrains soignés, et un groove imparable, les onze titres pour 43 minutes et quelques (hors bonus) de cet album ne déçoivent jamais. Mieux encore, ils emballent la plupart du temps.

Eric Martin, pas facile de se faire un nom quand on possède deux prénoms, confirme tout le potentiel entrevu lors de ses débuts en solo. Sa voix dégage le mélange émotion-puissance que nécessite ce type de musique. Il offre des lignes vocales toujours suffisamment originales pour tenir l'auditeur en (Van) haleine. Paul Gilbert, pas facile de se faire un nom quand on possède deux prénoms, dispute à l'époque à Vito Bratta (White Lion) ou Nuno Bettencourt (Extreme), le titre de fils spirituel de Van Halen. Gilbert, pas encore affublé des ridicules écouteurs taille XL qu'il porte en permanence sur scène aujourd'hui, régale. Pas besoin de vous faire un dessin ou de vous nommer des titres, c'est champagne et caviar tout du long (bon allez comme je suis bon prince, posez vos esgourdes sur "Wind me up" ou encore sur l'intro, le jeu en rythmiques et le solo de "How can you do what you do", probablement les deux titres ou l'influence de maître Eddie est la plus présente). Signature sonore du groupe, la basse de Sheehan est placée toujours très en avant dans le mix - tout est dit dés l'intro de "Had Enough" ou encore sur celle de "Blame it on my youth" -. Il faut dire que le bonhomme n'est pas n'importe qui, et que ce n'est donc pas en faisant n'importe quoi qu'il est devenu un boss de la 4 cordes – y’a bien 4 cordes sur une basse, j’ai un doute quand je l’écoute ? -.

Ainsi donc, avec ce premier effort, en dépit d'une musique somme toute "classique" et d'une trame couplet-refrain-couplet-refrain-break-refrain plutôt convenue, Mr. Big réussit le tour de force d'affirmer une personnalité indéniable en faisant cohabiter mélodies entêtantes et un haut niveau de technicité. Mr Big, c'est un peu l'équivalent musical de la série des bouquins "l'informatique pour les nuls" : le groupe donne l’impression qu’il n’y a rien de plus simple que de jouer des trucs franchement complexes !
Tout est ainsi dit dés l’entame du disque avec l’épatant "Addicted to That Rush". En à peine plus de 40 secondes. La frappe de Torpey, le jeu en tapping de Sheehan, la réponse de Gilbert et enfin la voix de Martin, l’alchimie est immédiatement présente.

Ne voulant pas jouer la carte du groupe pour midinettes – Bon Jovi, qu’es tu devenu … -, Mr Big insiste pour sortir "Addicted to That Rush" comme single en lieu et place d’une ballade ("Had enough" et "Anything for you") ou même d’un "Wind me up" plus radiophonique. Atlantic Records acquiesce mais prévient le groupe qu’un tel choix pourrait se répercuter sur les ventes au point de ne pas pouvoir intégrer le Billboard 200 US. C’est pourtant à une honorable 75eme place que l’album commence sa carrière - ce qui laissera sans voix un Sheehan convaincu au téléphone que le responsable du label lui a annoncé une 175eme place qu’il juge déjà remarquable -, ceci s’accompagnant quelques mois plus tard d’un disque certifié or (et d’une meilleure place de 46eme au Billboard).
Il ne leur manquera finalement que le tube imparable, ingrédient indispensable pour quiconque veut décrocher la (Big) timbale. Le (Mr) Big tube viendra plus tard, lors de l’album suivant, avec le single "To Be with You", numéro 1 dans les charts de pas moins de 15 pays en 1991. Jackpot assuré!


La production de Kevin Elson manque aujourd'hui d'un poil de tranchant sur les guitares et de puissance pour la batterie mais reste cependant de bonne facture. A sa sortie, le disque marqua mes esprits (si c’était une chro d’un skeud de thrash, j’aurai écrit qu’il me troua la rondelle). Il est ainsi resté longtemps mon préféré du groupe. Aujourd'hui, je serais moins affirmatif, ma préférence allant de plus en plus vers le suivant. Preuve probablement que l'ensemble a un peu vieilli et que certaines compositions manquent d'un je-ne-sais-quoi d’originalité ou de « qualité » ("Merciless" ; "Rock & roll over").
Léger bémol également en ce qui concerne les deux ballades, "Had enough" et "Anything for you". La première ne décolle (légèrement) que lors d'un refrain efficace et la seconde aurait méritée d'être plus bluesy pour emporter complètement mon adhésion. Je passe rapidos sur les paroles de Martin, navrantes, je n’attendais heureusement pas un essai philosophique.

Au Japon, la petite troupe soulève une lame de fond tsunamiesque et devient Big en un temps record. Les musiciens resteront à jamais attachés à ce pays (leurs cinq premiers albums y sont or ou platine). D’ailleurs, l'album suivant vaudra également son pesant de sushis, mais ceci est une autre histoire/chronique.


Permettez-moi pour finir d’avoir une pensée pour Pat Torpey qui lutte actuellement contre la maladie de Parkinson, et qui ne peut plus accompagner ses camarades actuellement en tournée. Saloperie de Parkinson que je ne connais hélas que trop bien (miss you daddy). Good luck mec.

Vous pouvez sécher vos larmes et repartir vaquer à vos occupations.

7 Commentaires

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ZazPanzer - 16 Novembre 2014: Thumbs up pour cette chronique un peu plus personnelle que d'habitude Sam. Bel hommage à ce superbe album qui a marqué son époque et que je passe toujours avec autant de plaisir.
J'avais lu cette info sur Pat dans RockHard, 55 piges, dur...
samolice - 17 Novembre 2014: Merci camarades. Si vous le permettez, une remarque un peu hors sujet : j'ai ré écouté plusieurs fois ce week end le premier album d'Extreme dont je gardais un magnifique souvenir et que je classais quasiment au même niveau que ce Mr Big. Et là, surprise, le manque d'originalité m'a sauté aux oreilles alors que c'est précisément cette personnalité affirmée que je retiens avant tout chez Extreme (pour les albums suivants). tout cela pour dire que ce premier Mr Big affirme lui déjà une patte personnelle vraiment sympathique. Voilà, c'était la minute "l'art de prendre 5 lignes pour ne rien dire".
MarkoFromMars - 17 Novembre 2014: Supergroupe, superdisque, supertexte, superchroniqueur, supermerci à toi superSam'.
samolice - 17 Novembre 2014: Superderien amigo
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Chronique @ dark_omens

21 Octobre 2015

Indispensable...

Loin du bruit et de la fureur d’une scène en pleine mutation, Mr Big affirme avec certitudes ses convictions au son d’une musique d’une simplicité déconcertante. Entendons-nous bien, lorsque j’évoque la simplicité de ce groupe, je ne mets aucunement en doute le talent de musiciens dont on sait qu’ils étaient, et sont sans doute encore, d’une technicité redoutable. Pour s’en convaincre il suffit d’écouter le travail incroyable d’un Pat Torpey et ce dès les premières notes de charley d’un Addicted to That Rush. Il suffit de se délecter de la magnificence d’un Paul Gilbert dont les soli et la subtilité de certaines interventions, d’une justesse formidable, soulignent intelligemment le chant. Il suffit de se régaler des cavalcades adroites d’un Billy Sheehan dont l’habileté est indéniable. Et comment ne pas évoquer Eric Martin ? Comment ne pas parler de cette voix si chaude, aux fêlures fragiles et touchantes ? En réalité, affubler la musique de Mr Big de l'étiquette "simple", c'est surtout afin d'évoquer cet état d’esprit, cette spontanéité, qui semble animer ces musiciens. Et c'est aussi pour la mettre en opposition avec cet intellectualisme d’aujourd'hui dont le discours consiste à nous expliquer, avec le plus grand sérieux du monde, que l’empilement de toujours plus d’instruments en des phrasés toujours plus orchestraux et grandioses mettent en exergue, de façon évidente et formidable, l’émotion. Une conception que l'œuvre complète de ces quatre New-Yorkais dément avec une fermeté farouche. L'aspect épuré que nous offre ici batterie, guitare, basse et voix, ni plus, ni moins, s'approche d'une certaine forme de vérité, d'une certaine forme de grâce. Le reste n’étant qu’affaire de talent.

Et du talent Mr Big en a assurément. Comment, en effet, rester sourd à celui-ci, au son de ce Hard Rock chaleureux ? Comment rester insensible à cette volupté délicieusement communicative ? Voilà des interrogations dont les réponses restent des plus mystérieuses car, me concernant, dès l’entame d’un Addicted to That Rush énergique au rythme soutenue, les aptitudes immenses de ces immenses musiciens me transportent immédiatement ailleurs. Un voyage délicieux vers un plaisir infaillible Partant de cette constatation, est-il réellement nécessaire d’insister encore sur l’efficience, sur la justesse, sur les dons de chacun de ces hommes, et surtout de la manière dont chacun prend subtilement part à l’œuvre soulignant brillamment le travail de l’autre ? Est-il encore réellement nécessaire de le faire alors que des titres aussi bons qu’un Wind me Up, qu’un Merciless, qu’un Blame It On My Mouth viennent témoigner de manière incontestable de cette indéniable excellence ? Evidement non.

La reprise de 30 ’ Days In The Hole d'Humble Pie, enregistré Live, scelle définitivement cette plénitude jubilatoire contagieuse, qui est la nôtre depuis les première note de cet album éponyme.

On ne peut décemment pas évoquer Mr Big sans parler de ces titres les plus intimistes, de ces ballades où la voix chaude et délicate d’Eric, tutoyant une grâce presque irréelle nous mène en des contrées où les émotions qui nous étreignent, qui nous bousculent, qui nous transpercent, nous montre à quel point nous sommes vivants. En effet , lensorcelant Had Enough nous entraîne dans des cheminements émotifs forts, et ce grâce à ses couplets épurés aux instruments doux et discrets, à ses voix profondes et attristés, avant qu'en un crescendo n’arrive un refrain salutaire et poignant. Anything For You est, certes, plus classique mais ne nous déçoit aucunement. Loin s'en faut.

Cet album éponyme de Mr Big est donc un album admirablement réussi, admirablement intemporel, admirablement incontournable, admirablement riche en émotions. Une œuvre dont les immenses qualités inscrivent d’emblée nos cinq Américains dans l’Histoire, avec un grand "H", du Hard Rock.

Indispensable, évidemment.

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frozenheart - 21 Octobre 2015: Merci darko pour cette chronique d'un album culte! Qui de plus arrachais tout sur son passage en cette période propice au Hard Rock et avant l'arriver des groupes Grunge. Quel dommage aussi pour pat Torpey atteint de la maladie de Parkinson et qui ne jouera certainement plus avec Mr Big et de son instrument.
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