L'époque complexe dans laquelle sortit
Bump Ahead (1993) fut une ère dominée par d'autre genres plus extrêmes répondant davantage aux états d'âmes d'un auditoire anxieux. Un contexte qui, indiscutablement, porta, préjudice à cette œuvre. Néanmoins, au-delà de ces considérations liées à la situation d'alors, rappelons nous aussi qu'il nous proposait une entame sous les auspices embarrassantes d'un premier titre (Collorado Bulldog) certes très bon mais sans doute un peu trop atypique dans le parcourt de ces Américains.
En cette année 1996, force est de constater que son successeur
Hey Man démarre, quant à lui, sous ceux, plus insolites encore, d'une noirceur inaccoutumée. En effet, le sombre Trapped in Toyland aux refrains délicieusement alourdis de pianos angoissants et aux mélodies inquiétantes, une fois encore, nous surprends agréablement.
Un plaisir, malheureusement succinct, puisque, à nouveau, la remarquable technicité de ces musiciens très aguerris va ici transpirer en des compositions parfois un peu trop sophistiquées.
Jane Doe inutilement compliquée et décousue avec ses riffs et ses passages aux ambiances lointainement "funky", ou encore, par exemple, un Out Of The Underground aux climats bien trop épars, en témoignent.
N'y a-t-il donc plus aucun d'espoir au cœur du
Hard Rock proposé sur le quatrième album studio de la formation emmené par
Eric Martin et ses complices?
Une lueur, peut-être. Un
Take Cover et un Little
Mistake qui seront plus classiques et intéressants, mais qui manqueront, malheureusement, d'un peu d'agressivité.
Ce nouvel effort comprend aussi trois ballades assumées et bien davantage dès lors qu'on y ajoutera, par exemple, un
Mama D. très électrique mais aussi parfois très intimistes ou un bluesy If
That's What It Takes. Ces moments de bravoures dévolus, de manière affichées, à la romance et à une certaine "légèreté", eu égard aux talents de ces musiciens et surtout de son chanteur, sont, le plus souvent, dans l'ensemble, toujours aussi prenant (les très beaux
Goin' Where the Wind Blows, The
Chain ou le plus discutable et convenu
Dancin' Right into the Flame). Toutefois, conjuguées aux titres moins percutants et aux morceaux moins convaincants de cet opus, il instaure un climat général un peu poussif. Une certaine langueur ronflante et une monotonie inhabituel faisant naitre sinon un sentiment profond d'ennui tout au moins une inattention induite par une écoute distraite.
Venant encore s'ajouter aux divers griefs évoqués ici, le manque d'inspiration de Mr Big semble d'autant plus fâcheux. Les titres les plus convaincants, en effet, ne parviennent pas à nous procurer une satisfaction indélébile.
Il n'y a donc plus d'espoir pour ce
Hey Man. Et si peu pour Mr Big si ce n'est ces faibles lueurs...Belles mais si pâles. Si vacillantes...
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