Hating Life

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14/20
Nom du groupe Grave (SWE-1)
Nom de l'album Hating Life
Type Album
Date de parution 25 Mars 1996
Labels Century Media
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album63

Tracklist

1.
 Worth the Wait
 03:42
2.
 Restrained
 03:44
3.
 Winternight
 03:03
4.
 Two of Me
 02:39
5.
 Beauty Within
 03:47
6.
 Lovesong
 03:12
7.
 Sorrowfilled Moon
 04:23
8.
 Harvest Day
 03:44
9.
 Redress
 03:30
10.
 Still Hating Life
 01:16

Durée totale : 33:00


Chronique @ Goneo

03 Décembre 2020

La seule véritable expérimentation de Grave à ce jour

Le choc ! Jørgen Sandström (guitare voix) quitte le navire pour rejoindre Entombed. Malgré cela, Ola Lindgren prend la place au chant (en plus de faire la basse, et la guitare sur l'album) et Jens "Jensa" Paulsson reste à la batterie pour nous sortir ce "Hating Life".

Une époque assez particulière, les groupes font beaucoup d'expérimentations, le monde metal découvre le Neo avec Korn, l'indus de Fear Factory et bien d'autre choses. Pantera et Machine Head ont amené un nouveau sous-genre, le "Power Thrash", aujourd'hui ce terme n'est plus employé, remplacé par "Groove metal". Je vous parle de cela car ce "Hating Life" en est un descendant. Grave va prolonger son évolution prise sur Soulless pour aboutir à sa version de ce "nouveau thrash", une musique plus axée sur le groove. Il ne sera pas le seul à tenter l'expérience ; Comecon avec "Fable Frolic" en 1995, Unleashed avec "Victory" (dans une moindre mesure tout de même), Massacre avec "Promise", Mercyless avec "Cold", Massacra avec "Sick" etc... Pas mal de groupes purement death metal vont donc plus ou moins ce "trashyser" au milieu des années 90.

Considéré comme leur pire album, ce "Hating Life" divise. Tout d'abord, sachez que la pâte GRAVE est toujours présente, la production y est lourde et puissante. L'album s'ouvre sur "Worth the Wait", un très bon morceau qui sonne comme un titre de "Wolverines Blues" de Entombed, catchy, un peu crasseux, une bonne entrée en matière. "Restrained" qui suit est purement groovy, complètement "panteresque", c'est très réussi, difficile ne pas bouger la tête avec de tels riffs.

Globalement, la rythmique est mid tempo, groove oblige, l'influence de Pantera se ressent tout au long de l'album dans ses riffs de guitare (le pont de "Lovesong", par exemple). Mais Grave n'est jamais très loin, "Harvest Day" rappelle des sonorités des précédents albums. Sur "Redress" un passage me fait terriblement penser à un "Demanufacture" de Fear Farctory ; d'ailleurs ce titre annonce la fin de l'album car il ne reste plus qu'une outro. Il passe vite, 30 minutes à peine, mais quoi en penser ? J'écoute enfin cette oeuvre en 2020, déjà 24 ans nous séparent.

Si Grave qui ne déviera pas du death metal par la suite, celui-ci reste la seule véritable expérimentation qu'ils ont faite. Et ça marche ! sans être un bijou du style, c'est correct, je ne trouve pas qu'il y ait des morceaux foncièrement mauvais ; l'album s'écoute en entier sans que je fronce les sourcils. Je peux cependant comprendre la déception des fans de la première heure. D''ailleurs, il y a pas mal à redire...

Des compos relativement pauvres musicalement, comme "Two of Me", trois pauvres riffs de cinq notes tout au plus, cela manque un peu de consistance. Ce reproche pourrait s'appliquer à presque tout l'album. Il y a aussi un manque de finesse d'écriture comme sur "Beauty Within", qui aurait pu être une très bonne chanson mais qui se voit un peu trop hachée et manque de fluidité. J'aurais aussi aimé un aspect death metal, un peu clairsemé sur l'ouvrage, afin d'apporter un peu plus de variation et de relief à tout ça. Puis Grave a quand même perdu sa voix (Jørgen Sandström) et ce n'est pas rien, surtout dans un groupe de trois musiciens. Sinon, Lindgren assure, la voix colle bien, sans être fantastique, elle fait bien le travail.

Les thèmes abordés tournent souvent autour de la mort, de l'emprisonnement, du mal-être, des problèmes mentaux ("Beauty Within"), ou d'un amour perdu ("Winternight"). De ce côté-là, Grave ne change pas ses cartes, on reste sur des paroles sinistres, tristes, tout en émettant des réflexions sur ce que peut être la mort.

Finalement je trouve que cet opus s'en sort bien mieux que les idées reçues que j'en avais. Il s'écoute facilement et certains passages sont réussis.

J'aurais mis le temps à me le procurer, je ne pense pas me tromper en disant qu'actuellement c'est l'album de Grave le plus difficile à obtenir (à un prix raisonnable). Aucune réédition n'a été faite depuis sa sortie.

Le groupe se séparera un an après ce quatrième album, mais c'était sans compter sur Ola Lindgren qui reformera le groupe pour sortir "Back from the Grave" en 2002. 13/20

6 Commentaires

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Goneo - 05 Décembre 2020:

D'ailleurs j'étais en train de chercher un groupe de death metal ayant vraiment réussis une de ses "expérimentations", outre le fait que certainement je ne les connais pas toutes, il me semble que le fragments de Loudblast s'en sort pas mal, mais après..... rien me vient.

Merci pour vos commentaires, je pense que le fait de rééllement le découvrir avec autant de recul change la donne. Et bizarrement cet album passe mieux dans la voiture que en écoute attentive au casque. Ayant complété leur discographie j'ai pus entreprendre une réécoute en partant du premier album (de même pour Six Feet et unleashed) , et j'essaye de combler les chroniques manquantes.

krakoukass56 - 05 Décembre 2020:

On peut aussi citer la mue de Carcass dans ces années-là, bon eux c'est plus une rock'n'rollisation qu'une "powerisation" (je préfère ce terme là perso, toujours eu du mal avec le "power" qui désigne du heavy mélodique européen, enfin bref), mais pour eux aussi y'a eu des fans de laissés sur le carreau.

Merci aussi Goneo, je ne clique pas systématiquement sur "j'aime", mais je zieute, je zieute.
 

BEERGRINDER - 09 Décembre 2020:

"""" D'ailleurs j'étais en train de chercher un groupe de death metal ayant vraiment réussis une de ses "expérimentations", """ Je dirais Hypocricy dont certains de ses albums atmosphériques sont énormes.

Balze - 13 Décembre 2020:

J'ai eu ce Hating Live dans le très beau Boxed set "Death Unhallowed" de 2010.

Autre marque de la tentative de démocratisation/recherche d'oreilles face à la concurrence caractéristique d'un certain death de cette époque, la lisibilité du logo.

Perso j'étais assez tiède face au changement "jump tha fuck up" chez Grave, changement que je lisais comme une compromission.

Maintenant, je m'en fous, j'écoute tout chez Grave, ne fût-ce que pour l'intérêt historique. Allez, je me l'injecte à l'instant avec plaisir. Merci pour la chro.

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