Contradictions Collapse

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Nom du groupe Meshuggah
Nom de l'album Contradictions Collapse
Type Album
Date de parution 1991
Labels Nuclear Blast
Style MusicalMetal Expérimental
Membres possèdant cet album118

Tracklist

Re-issue in 1998 with bonus tracks.
1. Paralyzing Ignorance 04:28
2. Erroneous Manipulation 06:21
3. Abnegating Cecity 06:31
4. Internal Evidence 07:27
5. Qualms of Reality 07:10
6. We'll Never See the Day 06:03
7. Greed 07:06
8. Choirs of Devastation 04:00
Bonustrack
9. Cadaverous Mastication 07:32
Bonustracks (1998 Re-Issue)
9. Cadaverous Mastication 07:32
10. Sickening 05:47
11. Gods of Rapture 05:11
12. Aztec Two-Step 03:36
Total playing time 49:06

Chronique @ eulmatt

18 Octobre 2008
D’où sortent ils ces énergumènes qui ne font rien comme leurs compatriotes, à l’époque la plus prestigieuse du metal extrême suédois ? A se demander si ces vikings ne viennent pas tout simplement de se mettre au thrash metal au moment où celui-ci trépasse partout dans le monde. Certes, la vague techno-thrash ça et là parvient à se poser en héritière envisageable du mouvement, et Meshuggah pourrait de loin être assimilé à cette branche.
Signé par un label allemand encore modeste à l’époque mais très dynamique, Nuclear Blast, Meshuggah parvient à tirer son épingle du jeu parmi l’effervescence qui règne au sein de la scène extrême.
Sa recette: un metal complètement novateur au niveau de la construction rythmique, destructuré et déconcertant. Son socle référentiel reste quand même le thrash metal, des riffs épais et tranchants joués la plupart du temps sur un rythme mid-tempo. Le chant de Jens Kidman, un peu monocorde, sonne déjà entendu, par contre, un drôle de batteur s’épanouit derrière les fûts (malgré une caisse claire au son affreux): Tomas Haake semble s’amuser à brouiller les pistes, à taquiner le contre-temps, s’évader dans un faux rythme pour un temps certain, pour revenir là où on ne l’attend pas. Mais ce plaisantin n’agit pas seul. Dans la famille des musiciens tortueux (et géniaux, il faut le dire), il y a son acolyte Fredrik Thordenhal qui remet le deuxième effet kiss cool. Nullement troublé par la batterie, il balance ses riffs de fer sans toujours suivre la rythmique, pour se recaler pile poil sur un temps que l’auditeur n’a pas senti venir. Je fais grâce des soli atypiques qui empruntent au jazz pour un rendu complètement surréaliste (comme le solo introductif de Abnegating Cecity...).

Et le rendu dans tout ça ? Bien entendu on se doute que cette musique n’est pas très organique et qu’une certaine aridité se dégage de l’ensemble. Le caractère abstrait de Contradictions Collapse affleure de partout, et déstabilise assez pour ne pas rendre son écoute fluide et aisée. De ce côté c’est réussi, après, l’effet hypnotique qui deviendra par la suite la quête du graal de Meshuggah n’est encore qu’à son balbutiement. Pour ma part cela me convient plutôt, car l’ossature somme toute classique et thrashisante constitue un précieux refuge et l’assurance d’une accroche plutôt agréable. Il en va ainsi de morceaux comme l’initial Paralyzing Ignorance, son accélération tranchante et son refrain thrashy hargneux à souhait, venant contrebalancer des couplets au séduisant déhanché. Internal Evidence, Cadaverous Mastification ou l’étrange mais magnifique Choirs Of Devastation parviennent notamment à garder un équilibre qui peut s’avérer un peu précaire à certains moments de l’album.

Bref, ce premier album est déjà du Meshuggah pur jus, avec cette approche impayable et reconnaissable entre mille, mais s’appuyant encore suffisamment sur son héritage thrash pour offrir ce qu’il faut de puissance et d’impact aux amateurs d’un metal solide mais traditionnel. Pour les inconditionnels du metal expérimental et destructuré des Suédois, propice aux crises d’epilepsie sonore, cet album peut paraître encore un peu trop conventionnel.
Au delà, pour les historiens du metal, une approche aussi novatrice en 1991 est vraiment remarquable; et rien que pour cela, Contradictions Collapse mérite une attention particulière.

4 Commentaires

9 J'aime

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katchoke - 20 Octobre 2008: un peu dommage qu'il n'y ai pas de plus grande ouverture sur la carriere futur de meshuggah, il est vrai cet album est trés particulier, mais pas aussi original que ses prédécesseurs comme destroy erase improve ou chaosphere (albums monstres ceci dit).
ici le contre temps, la déstructuration et les riffs tortueux et innatendus, ne se font pas autant sentir que maintenant, mais cet album représente l'effervescence de ce style propre à meshuggah.
inventer un nouveau genre est quelquechose de rare voir d'inexistant aujourd'hui, meshuggah l'a fait et rien que pour ça, chapeau les norvégiens!
bonne chronique en tout cas!
 
donthatethecore - 03 Décembre 2011: Je m'attendait a plus au vu de ce que tu as écrit.
Mon préféré reste catch tirthythree, avec celui là juste aprés.
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