Les riffs y seront toujours aussi épais et les chants toujours aussi gras défendant toujours le Heavy Boogie Blues si caractéristique de ce trio texan. Voilà, en substance, quelle pourrait être le résumé abrupt de cet
Antenna, nouvel effort de
ZZ Top, sortis en cette année
1994. Et de rajouter encore que rien n'y sera de la qualité d'un
Eliminator, terre inaccessible de perfection. Restant juste à savoir s'il saura, à minima, éviter l'écueil désastreux que fut son pathétique prédécesseur. Et ainsi, en à peine quelques lignes répondant à cette dernière interrogation cruciale, la chronique serait alors écrite et prête à être publiée. Toutefois pouvons-nous nous contenter d'une telle concision et d'une analyse aussi imparfaite s'agissant d'un groupe aussi mythique que
ZZ Top? Certainement pas. Faisons, une fois n'étant pas coutume, l'effort de minutie qui incombe à la tâche de chroniqueur.
D'emblée le constat déterminant qu'il faudra faire, concernant ce plaidoyer, est qu'il accentue encore cette tendance à s'éloigner définitivement de ce visage électro que nous avait offert
Eliminator, Aftreburner et, dans une moindre mesure,
Recycler, se rapprochant ainsi plus encore des racines Blues du groupe, et notamment en nous proposant des morceaux aux tempi plus lancinants, ainsi qu'un esprit général s'inscrivant davantage dans celui de ces atmosphères enfumés et bleues propice aux travaux d'illustres personnages tels que B.B.
King ou Muddy Waters. Rien de fondamentalement surprenant si l'on considère que cette expression issue de la musique traditionnelle afro-américaine fut une des composantes dont la musique de
ZZ Top s'inspira avant cette fatidique année 1983 où tout bascula. Rien d'insolite si ce n'est que le message est désormais clair. Le groupe ne souhaite pas dénaturer plus que de mesure son identité en délaissant trop son aspect Rock Sudiste d'autrefois. Ceci étant, des titres tels que l'excellent
Pincushion tout en délicieuse lourdeur, le très bon Brakaway ou l'intéressant Cover tour Rig ne sauraient leur donner tort.
En outre d'autres morceaux plus entraînants et vifs, si tant est que la musique de ces américains puisse l'être, tels que les bons PCH, World off Swirl, Cherry
Red ou, par exemple, Lizard
Life viennent, eux aussi, nous conforter dans cette bonne impression générale ressentie ici.
En définitive le seul défaut majeur de cet opus réside, peut-être, dans ce choix étrange d'avoir entamé ce manifeste par deux chansons relativement pesantes et d'avoir relégué les titres les plus sémillants en deuxième partie. Lui donnant, ce faisant, une accessibilité moins immédiate et moins pertinente que ne le fut celle offerte par un sublime Gimme all you Lovin'. Reconnaissons toutefois qu'un tel reproche est, somme toute, assez accessoire et n'entrave pas excessivement la bonne tenue d'un album relativement séduisant.
Pour conclure et pour répondre à la question initiale,
Antenna, sans accéder aux vertus intouchables d'
Eliminator, évite donc très nettement le naufrage que fut
Recycler.Il nous propose, de surcroit, une expression nettement plus bluesy que celle de ces trois prédécesseurs. Ce qui n'est pas un défaut en soit, si tant est que le genre ne soit pas rédhibitoire pour l'auditeur, mais qui constitue tout de même un positionnement fort de la part de la formation texane. Il affirme, en effet, ainsi son attachement à ce qu'il fut autrefois tout en n'oubliant ce qu'il était récemment encore.
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