Amplify

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Nom du groupe Dying Passion
Nom de l'album Amplify
Type Album
Date de parution 07 Mai 2012
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Path to the Land of Visions
Ecouter08:28
2.
 Thousand Eyes
Ecouter05:51
3.
 My Best Friend
Ecouter06:23
4.
 Back of Beyond
Ecouter04:40
5.
 See the Bottom
Ecouter07:10
6.
 Illusion
Ecouter04:33
7.
 Electra
Ecouter04:35
8.
 A Strange Something
Ecouter04:00
9.
 Two of Us Alone
Ecouter06:24

Bonus
10.
 Čí to Husičky
 03:59

Durée totale : 56:03

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Dying Passion

  • ?í to Husi?ky


  • Chronique @ ericb4

    22 Janvier 2018

    Un inattendu et seyant trait d'union entre passé et présent...

    Sans crier gare, et pas moins de trois années suite à un subtil et si singulier « Absorb », son cinquième album full length, le prolifique sextet hongrois revient dans la course avec, sous le bras, un inattendu « Amplify ». Pléthorique opus de 56 minutes, le second de la série à sortir chez Epidemie Records, où s'égrainent 10 pistes de durées variables, dont un titre bonus, l'un des rares à avoir été entonnés en langue hongroise. Indice révélateur d'un soudain retour aux sources? Peut-être bien... En effet, loin d'avoir tourné le dos à ses fondements doom gothique, le groupe originaire de Sumperk, créé il y a 17 ans déjà, y revient au galop, avec toutefois davantage de maturité compositionnelle et des arrangements plus affûtés, en rapport direct avec l'évolution stylistique de l'ambitieux projet.

    Ayant poursuivi ses travaux dans des voies alternatives, depuis quelques années déjà, Dying Passion a opté pour une mise en parallèle de tendances rock et metal que tout pourrait opposer. Une recette qui, jusqu'alors, a tenu toutes ses promesses. A la lumière de sa précédente offrande, si elle s'est orientée vers un metal symphonique gothique aux relents prog et hard rock, voire heavy, cette fois la troupe s'est davantage tournée vers une approche doom, et même dark gothique, avec des relents prog rock, brit pop, et un zeste de folk. Et ce, sans avoir abandonné sa récente et seyante ligne symphonique. Une manière originale d'unifier les tendances. Aussi, à l'écoute du skeud se combinent des sources d'influence aussi éclectiques que savamment harmonisées, à l'image de The Gathering, The Flaw, Sarah Jezebel Deva, Angtoria, ou encore Amorphis.

    D'emblée s'observe un enregistrement de bonne facture, réalisé au studio local Šopa, doublé d'un mixage parfaitement ajusté, signé Stanislav Valášek, coproducteur de l'opulente rondelle. En émane une galette aux rares notes résiduelles et aux enchaînements sereins. Une ingénierie du son particulièrement soignée susceptible de mettre en valeur la vivifiante et enivrante livraison octroyée par nos six gladiateurs, dont deux nouvelles têtes. En effet, le guitariste Stanislav Jelínek et la frontwoman Zuzana Jelínková, les maîtres d'oeuvre du projet, accompagnés du claviériste Pavel Vantuch et du batteur Jan Kylar, ont requis les talents du guitariste Dušan Mikulec (en remplacement de Martin Zemánek) et du bassiste Filip Chudý, succédant à Stanislav Pavlík. Afin de renforcer la dimension folk de l'oeuvre, le combo a convié trois musiciens de studio (Miroslav Kolacia au violon et à l'alto ; Miroslav Havlík au violoncelle ; Josef Kozumplík à la trompette), emprunté les growls de Korny et la charismatique empreinte vocale d'Eliška Jelínková sur l'outro.

    Le plus souvent, nos acolytes ont tenu à rester fidèles à leurs récentes aspirations stylistiques. A commencer par la fibre metal symphonique et qui leur sied à merveille. Ainsi, à l'image de son précédent effort, le collectif hongrois n'a nullement tari d'inspiration pour nous convier à une fresque symphonico-progressive à la touche atmosphérique gothique de grande ampleur, aux nombreux effets de surprise, que pourraient lui envier bien des cadors du genre. Aussi, non sans rappeler Sarah Jezebel Deva à l'époque de « A Sign of Sublime », le plantureux « Path to the Land of Visions » nous serre de plus en plus fort à la gorge au fil de sa progression. Ce faisant, la bande des six varie à l'envi ses phases rythmiques, ne baisse que rarement l'intensité de ses frappes, tout en nous propulsant dans une ambiance à la fois sombre et tourmentée, savamment entretenue par un duo mixte en voix de contrastes bien harmonisé.

    Ayant parallèlement fait évoluer son projet vers un univers rock progressif évanescent, là encore, le sextet ne manque pas d'arguments pour nous retenir plus que de raison. Il Ie prouve déjà à l'aune de l'enivrant « Electra » ; titre estampé The Flaw à la souple rythmique, à la frappe mesurée, où grésillent les guitares saturées, au fil d'accords subtils qu'il faudra venir chercher pour en apprécier toute la saveur. Cela étant, on aurait peut-être souhaité une chute moins brutale en bout de course, en déconnexion avec l'atmosphère brumeuse de la pièce. D'autre part, une bien longue tirade instrumentale, alimentée par une trompette en tapinois à la Pale Fountains doublée d'un délicat slide à la guitare acoustique, installe le floydien « Two of Us Alone ». A mi-chemin entre rock progressif et brit pop (dans le sillage de Thirteen Senses), ce vampirisant effort déploie des trésors d'ingéniosité mélodique pour tenter de nous rallier à sa cause. Et la sauce prend, une fois encore.

    Lorsque le combo se plaît à combiner les styles, il le fait avec tact mais sans trembler, et souvent le spectacle est au rendez-vous de nos attentes. Illustration : chaotique mid tempo sympho gothique aux riffs plombants et doté d'un refrain immersif à souhait, « Thousand Eyes » nous plonge dans un climat oppressant, voire dépressif, que vient interrompre un rai de lumière inattendu. A mi-chemin entre The Gathering et Amorphis, cette évanescente offrande nous fait renouer, pour un temps, avec les premières amours du groupe. Une manière habile d'aspirer le tympan de l'aficionado de leurs débuts tout en ayant fait évoluer leur propos vers le symphonique.

    Comme pour nous signifier de regarder dans le rétroviseur, nos compères ont parfois rendu leur propos plus trouble, énigmatique, empreint d'étrangeté. Ainsi, dans la veine de Memoria, c'est dans une atmosphère résolument brumeuse, empreinte d'une tenace torpeur, que nous mène « My Best Friend ». Evoluant sur une engloutissante sente mélodique, la ténébreuse piste tend à nous désarçonner, sans chercher à nous égarer pour autant. Sous-tendu par de glaçants gimmicks guitaristiques et une densification instrumentale insoupçonnée, ce morceau ne se domptera qu'au bout de plusieurs écoutes circonstanciées. Calé sur un cheminement mélodique linéaire, l'ample titre atmosphérique gothique « See the Bottom », pour sa part, oscille entre de timides phases d'accélération et d'incontournables et plombants ralentissements rythmiques. Aussi, aurait-on souhaité une progressivité plus précoce du corps instrumental et davantage de modulations vocales sur une piste semblant n'avoir d'autre alternative que d'évoluer sur de mornes plaines. Peut-être le bémol de l'opus.

    Quand il touche aux moments intimistes, le collectif hongrois parvient, une fois encore, à magnétiser le tympan du chaland. Troublante, frissonnante, enveloppante, « Back of Beyond » s'offre telle une caresse céleste que l'on ne quittera qu'avec l'indicible espoir d'y revenir. L'appui d'un violoncelle mélancolique ajoute à la profondeur d'âme de cette fondante ballade folk aux airs d'un slow qui emballe. On humera avec non moins de plaisir le parfum de mélisse se dégageant de la jolie ballade pop « A Strange Something », véritable invitation au voyage que n'aurait nullement reniée The Gathering. Ce faisant, les délicats arpèges au piano mis en regard des troublantes inflexions de la belle ne rateront pas leur cible, celle de nos émotions les plus secrètement enfouies. Enfin, l'aérien « Čí to Husičky », par le truchement de la voix limpide et candide de sa jeune interprète, se fait des plus attachants. Difficile également de ne pas succomber sous le joug des fondantes portées contenues dans cette ensorcelante et authentique offrande.

    Dans cet univers ouaté, il est un passage singulier, jouant à plein sur les variations atmosphériques, qui ne saurait être éludé. Ainsi, évoluant dans un désert suffocant, où l'horizon ne se dessine qu'imparfaitement, l'orientalisant low tempo « Illusion » se fait à la fois écrasant et empreint de mystère. Le méfait parvient alors à nous attirer par sa lumière mordorée, et même à aimanter le pavillon à l'aune de ses sulfureuses séries d'accords et d'un refrain éthéré, à la fine mélodicité, dans la lignée d'un The Gathering des premiers émois. Une salvatrice oasis dans cette immensité sableuse, en somme.

    C'est à un album empreint de maturité compositionnelle et scripturale auquel nous avons affaire, tel une foisonnante synthèse des 17 ans de l'oeuvre du groupe. Diversifié dans ses atmosphères, pluriel en ce qui touche à ses jeux rythmiques et ses lignes de chant, le message musical recèle en prime un poil d'originalité, une technicité éprouvée et une mélodicité qui a gagné en efficacité au fil du temps. Tantôt accrocheur, tantôt énigmatique, harmonisant opportunément les tendances, le généreux opus n'a trahi ni le fan de la première cuvée, ni le nouvel entrant. Cependant, tout comme ses prédécesseurs, en raison de son caractère éclectique et parfois ténébreux, le skeud ne se livre que malaisément à la première écoute. Plusieurs passages seront donc requis pour en apprécier la teneur, avant l'adoption de l'inattendu et seyant trait d'union entre passé et présent...


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