With Sympathy

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Nom du groupe Ministry
Nom de l'album With Sympathy
Type Album
Date de parution 01 Août 1983
Labels Arista
Style MusicalMetal Industriel
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1. Effigy (I'm Not an)
2. Revenge
3. I Wanted to Tell Her
4. Work for Love
5. Here We Go
6. What He Say
7. Say You're Sorry
8. Should've Known Better
9. She's Got a Cause

Chronique @ adrien86fr

23 Avril 2012

Sincères condoléances..

« Le serpent qui ne peut changer de peau meurt. Il en va de même des esprits que l’on empêche de changer d’opinion : ils cessent d’être esprits. » Cette brillante citation du philosophe naturaliste allemand Friedrich Nietzsche extraite de son ouvrage « Aurore » de 1881 semblerait souligner à juste titre la nécessité vitale pour l’artiste et plus largement pour l’Homme de laisser libre court à son inspiration du moment et de rejeter comme ils le méritent les carcans idéologiques et sociétaux ambiants synonymes d'un conformisme aveugle et stérile inhérent à la démarche prétendument créatrice ou à la direction d’une existence se devant irrémédiablement de satisfaire l’instinct et l’intuition avant tout autre prérogative intéressée. Ainsi, certaines entités musicales se sont distinguées dans le mainstream d’alors bien avant de trouver gloire et reconnaissance dans le style auquel on les associe unanimement aujourd’hui, à l’image d’un certain Ministry qui s’essaya non sans une certaine réussite relative avouons-le aux plaisirs pluridimensionnels de la New Wave à l’occasion solennelle de sa première offrande discographique.

Ministry prend initialement forme dans les bas fonds sordides de Chicago en 1981 autour du vocaliste/guitariste américano-cubain d’origine norvégienne Alain « Al » Jourgensen (ex Special Affect), du percussionniste Stephen George et du claviériste John Davis, trio de musiciens constituant alors le core du line-up du futur combo de metal industriel anti impérialiste. Objet de quelques changements de personnel qui verront notamment les entrées et sorties furtives au sein de ses rangs des bassistes Lamont Welton et Marty Sorenson ainsi que des keyboardists Paul Taylor (futur Titanium Black), Robert Roberts et Mark Pothier ; Ministry sort au cours de l’année 1981 deux singles au format 12’’ intitulés « Cold Life » et « I’m Falling » sur le référentiel label local Wax Trax ! Records avant de travailler sur la réalisation d’un premier full length et de signer pour ce faire sur le label Arista cher à Clive Davis. Promu par les simples « I Wanted To Tell Her », « Revenge » et autres « Work for Love », le premier album du groupe américain alors réduit au duo de têtes pensantes Alain Jourgensen et Stephen George sort le 1er aout 1983 sous le patronyme raffiné et courtois de « With Sympathy ».

Curiosité malsaine. Tel s’avère être l’indéniable état d’esprit animant celui qui choisit et assume d’investir à ses risques et périls ce premier effort on ne peut plus insolite du légendaire et enragé Ministry en sachant pertinemment que ce disque affectera sans doute à jamais son image jusqu’alors immaculée du sacro-saint géniteur des indescriptibles « The Land of Rape and Honey » (1988) et autres « The Mind Is a Terrible Thing to Taste » (1989) pour ne citer que quelques uns des plus grands moments discographiques du gang indus contestataire de Chicago. Loin d’une rythmique assourdissante ponctuée de saccades bruitistes ultra décibellisées et des traditionnelles invectives apocalyptiques de Jourgensen, l’introductive « Effigy (I’m Not An) » fait irrémédiablement dans l’art fin et distingué d’une New Wave classieuse et groovy d’obédience synthpop ne pouvant que remporter l’aval des amateurs de sons synthétiques made in 80’s ayant fait le succès des inénarrables Depeche Mode, Ultravox et New Order entre autres. Elégant et sensuel s’il en est, ce titre s’avère être également le témoin hébété d’un Alain Jourgensen on ne peut plus maniéré vocalement parlant, feignant avec une certaine réussite reconnaissons-le l’accent british des beaux quartiers histoire de crédibiliser au maximum la démarche conceptuelle inhérente à ce premier essai sonore enregistré aux Syncro Sound Studios de Boston. Symbole de temps révolus où le mainstream et la légèreté qu’on peut immémorialement lui rattacher était parfois voire assez souvent à même de rimer avec qualité et efficacité ; relevons la très bonne facture musicale générale de « With Sympathy », précieux full length initial d’un combo en devenir agréablement articulé autour d’hymnes délicats et on ne peut plus efficients à l’instar de « Revenge » au sein de laquelle le dandy d'un jour Jourgensen se complait allègrement dans la vindicte sentimentale, le très funky et Motown « I Wanted To Tell Her » et son savoureux groove occasion bienvenue d’une pertinente collaboration vocale avec l’afro-américaine Shay Jones ou encore des frivoles et spontanés « Here We Go » et autres « What He Say » ; ode caractérisée au nightclubbing faisant notamment la part belle à de magnifiques lignes de slapping basse et de cuivres.

Opus inspiré empreint d’une facture globale remarquable bien que trahissant le fruit d’une entreprise musicale conformiste et intrinsèquement peu originale lorsque l’on saisit la mesure du degré de popularité des sonorités de synthèse post-disco en ce début de décennie 80 des deux côtés de l’Atlantique et même ailleurs, il convient également de louer la variété salvatrice de « With Sympathy » lui conférant à juste titre une personnalité riche et harmonieuse propre à ces disques à part que l’on sait chérir fièrement et qui constituent à eux seuls de véritables univers pluridimensionnels et fantasmagoriques dans lesquels il fait parfois bon de s’évader nonchalamment. En effet, ce surprenant premier album se voulant véhiculer d’un point de vue général et peut être ostentatoire des atmosphères plutôt badines et insouciantes laisse néanmoins un espace vital à des morceaux plus sombres et réfléchis tels que le délicieux et mélancolique « Say You’re Sorry » et ses sublimes parties de saxophone exécutées par le dénommé Bob Suber mettant notamment l’emphase sur la névrose clinique pouvant immanquablement découler d’une existence principalement axée sur les plaisirs faciles et les différents vices de chair et de substances propres aux affres d'une vie nocturne orthodoxe. Dans un registre relativement comparable, remarquons l’excellente et intimiste « Should Have Known Better » et sa rythmique tribale, rappelant ci et là le très bon « Nightclubbing » de Grace Jones (1981), complainte candide et nostalgique permettant encore et toujours à un auditeur définitivement conquis de constater l’affectation vocale du natif de la Havane dont le snobisme et la volonté de sonner plus british qu’un gentleman de Kensington and Chelsea n’est plus à démontrer. Epilogue decrescendo d’un disque pour le moins pittoresque à considérer au choix comme un égarement incompréhensible et conformiste de Ministry ou tel une indicible petite perle de New Wave/synthpop valant son pesant d’or, le minimaliste et placide « She’s Got a Cause » rappellera indéniablement dans certaines de ses sonorités quelques unes des phases du mythique « Tubular Bells » de Mike Oldfield. 1983 ; Al Jourgensen et son ministère glamour et synthétique ont des étoiles et des paillettes plein la tête. Aube ingénue et naïve d’un futur trauma aux conséquences irréversibles.

Inspiré comme doit l’être tout premier effort discographique qui se respecte mais surtout redoutable d’efficacité et varié à souhaits grâce aux divers accents et sonorités que l'on peut percevoir avec grand plaisir au gré de ses neuf titres, « With Sympathy » qui atteindra accessoirement la 94ème place du Billboard 200 constitue une démarche initiale réussie et on ne peut plus intéressante émanant de la créativité musicale d’un groupe alors méconnaissable pour celui qui n’a jamais flatté sa paire de tympans via l’écoute de ce véritable disque-ovni du cultissime Ministry ayant donc osé l’expérience synthétique de la nouvelle vague. Certes peu original et parfois même maniéré dirons à raison certains au vu du contexte culturel et géographique au sein duquel il fut élaboré, ce premier opus aujourd’hui devenu rare et quasi introuvable parvient néanmoins à dégager avec brio des atmosphères et ambiances infaillibles mais surtout indescriptibles que l’on associera sans peine aux classieuses et irretrouvables années New Wave. Digne d’intérêt pour les mélomanes adeptes du bon goût et de l’élégance dans la musique populaire, « With Sympathy » s’avère être cependant un release absolument indispensable à la curiosité des prétendus fans de Ministry.

7 Commentaires

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Razort - 25 Avril 2012: Les années 80... Définitivement les pires années de l'humanité niveau pétage de câble culturel (et pas que.)
Rassurez moi, celui qui chante, c'est pas Al...?
adrien86fr - 25 Avril 2012: Si c'est bien Al (crédité Alain (lol) Jourgensen dans le livret du CD) qui chante, méconnaissable tant d'un point de vue vocal que physique d'ailleurs..
MikeSlave - 30 Mai 2012: Evolution hallucinante au regard du clip et à la lecture de ton article.J'en reste coi.
Comme ZAZ je m'en tiendrai à mon cd de Psalm 69.
Thanx pour ce papier qui participe à l'édification de la masse des fans de Ministry " metal".



Cris001 - 21 Mars 2018:

L'album "With Sympathy" n'a évidemment rien à voir avec la suite. Qu'est-ce qui a déterminé Al à changer de braquet ? En tout cas, on l'a échappé belle, d'une carrière en daube...

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