We Are Not Your Kind

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16/20
Nom du groupe Slipknot (USA-1)
Nom de l'album We Are Not Your Kind
Type Album
Date de parution 09 Août 2019
Style MusicalNeo Thrash
Membres possèdant cet album105

Tracklist

1.
 Insert Coin
 01:39
2.
 Unsainted
 04:21
3.
 Birth of the Cruel
 04:36
4.
 Death Because of Death
 01:21
5.
 Nero Forte
 05:15
6.
 Critical Darling
 06:26
7.
 Liar’s Funeral
 05:27
8.
 Red Flag
 04:12
9.
 What’s Next
 00:54
10.
 Spiders
 04:04
11.
 Orphan
 06:02
12.
 My Pain
 06:48
13.
 Not Long for This World
 06:36
14.
 Solway Firth
 05:56

Bonus
15.
 All Out Life (Japanese Edition)
 

Durée totale : 01:03:37


Chronique @ Eternalis

18 Août 2019

Une seule chose compte : la musique tue. Et c’est peut-être la chose la plus inattendue de 2019.

Depuis ses débuts, Slipknot fait partie de ces groupes que l’on adore détester. De multiples facteurs ont joué en ce sens, à commencer par son public initial relativement jeune, à l’émergence du neo metal qui était rejeté en bloc par les puristes au milieu des années 90 ou encore par les choix artistiques du combo. Neuf membres (dont la moitié semblaient inutiles), des masques, une signature chez Roadrunner... il n’en fallait pas moins pour vendre un premier opus officiel à des millions d’exemplaires, déchainer des passions et attiser la haine.
Quid vingt ans plus tard ? C’est toujours sensiblement la même chose ...

Pour avoir survécu, évoluer, traverser les époques et même créer son festival, Slipknot a gagné le respect d’une certaine frange qui ne lui promettait que le chaos, même si d’autres le rejette toujours.
Sixième album des américains, "We Are Not Your Kind" marque un tournant très clair dans beaucoup d’esprits. Là où le gang de Des Moines a longtemps été reconnu pour, malgré le nombre de ses membres, rester loyal à son line up initial, les choses ont volé en éclats depuis quelques années, notamment la mort de Paul Gray. A suivi le renvoi houleux de Joey Jordison (batterie), fondateur et principal compositeur des débuts, sur lequel la lumière a été mise récemment et qui laissait peut-être entrevoir une tentative de rapprochement du principal intéressé, pourtant occupé désormais avec Sinsaneum. C’est désormais Chris Fehn qui a carrément attaqué en justice le groupe pour un manque de rémunération ces dernières années, Slipknot rejetant l’accusation car il ne serait qu’un « employé » et non un membre à part entière. Triste spectacle sur la scène juridique d’un si gros groupe, n’en ayant peut-être plus que le nom et étant désormais trop gros pour vivre comme le groupe de potes chaotiques et dégénérés qu’ils étaient jeunes. Slipknot est, à l’instar d’un Metallica ou d’un Kiss, bien plus qu’un groupe de musique désormais.

Bref, c’est un nouveau départ artistique voulu par les machines créatrices que sont aujourd’hui Shawn Crahan et Jim Root, les principaux chefs d’orchestre du Slipknot actuel. Malgré ce que dira Corey Taylor, il est évident que le combo de l’éponyme et de "Iowa" a changé, que l’ultraviolence et la folie déglinguée des débuts a forcément place avec l’âge et l’expérience à une violence plus contrôlée, moins schizophrène et forcément plus ambiante et sous-jacente. "All Hope Is Gone" fut l’opus du changement, mettant les guitares à un autre niveau, les lignes vocales plus au centre des compositions et délaissant le côté neo des débuts pour un rendu définitivement plus metal et moderne. Si "The Gray Chapter" fera plus parler de lui pour son contexte que sa créativité (malgré de bonnes idées générales), "We Are Not Your Kind" se devait d’être d’un autre tonneau, surtout après cinq ans et un futur toujours plus en pointillés.
Disons le d’entrée, ce sixième album est la meilleure chose créative qui pouvait arriver au groupe, l’opus le plus à même de marquer les fans depuis "Iowa" et celui que nous n’attendions probablement plus des hommes masqués.

Véritable effort de groupe, né des jams entre un Jay Weinberg fulgurant (et moins démonstratif que Joey), un Jim Root omniprésent et un Shawn Crahan qui voulait conférer une couleur très particulière au disque, "We Are Not Your Kind" surprend par sa richesse, sa variété et la production énorme qui le propulse comme l’album ayant le meilleur son que Slipknot n’ait jamais eu.
Entre compositions simples d’accès taillées pour le live, passage expérimentaux, instants d’agression pure ou encore pérégrinations ambiantes, l’album réussi presque partout et surtout mieux que lors des dernières tentatives, comme "The Subliminal Verses" qui essayait beaucoup mais était déjà plombé par sa production catastrophique (merci Rick Rubin).
"Unsainted" et son sublime clip, intronisant les nouveaux masques et un Corey jouant à ressembler au Joker de Heath Ledger, s’ouvre sur des chœurs féminins intriguant et surtout une ligne de chant clair parfaitement maitrisée et entêtante à souhait, impossible à se défaire. Ouvrir un album sur une ligne de chant clair...il fallait oser et ils le font avec brio, jusqu’à l’apparition d’un premier riff dans le pur style du combo, les percussions étant déjà au premier plan, Jay casse le rythme et Corey délivre sa furie sur les couplets brutaux à souhait. Un titre dans la pure tradition, parfait pour ouvrir et qui devrait s’imposer sur les setlists pour les (très) nombreuses dates à venir. C’est ensuite que les surprises vont arriver, et presque toujours bonnes !

Chaque titre va en effet posséder sa personnalité propre, sans avoir la sensation comme ce fut trop souvent le cas d’être dans un tout trop grand pour lui. Les morceaux sont variés et c’est finalement cette variété qui donne une personnalité à un album bien moins compact que par le passé. L’indus revient au premier plan sur "Birth of the Cruel" qui offre une idée de ce qu’aurait dû être "Vol.3" avec des choix artistiques différents. Craig et Sid, même s’ils sont discrets, apportent une plus-value aux titres, comme par exemple sur le radical "Critical Darling" et son riff torturé, peuplé de sons très typés soundtrack apocalyptiques. On avait pas entendu Corey chanté comme ça depuis des années, avec un hurlé presque rappé évoquant le Machine Head de la fin des années 90, vindicatif au possible mais passant sans soucis sur un refrain très mélodique (et juste, ce qui n’était justement que trop rarement le cas sur les deux premiers albums). Que l’on apprécie ou pas la direction vocale prise par Corey Taylor ces dernières années (et encore plus après l’explosion de Stone Sour), force est d’admettre qu’il est impeccable techniquement parlant derrière son micro. Impossible de ne pas évoquer non plus le hurlant "Nero Forte", véritable explosion de riffs tordus et de patterns très techniques m’ayant curieusement évoqué Nevermore, notamment sur l’intro. Inspiré et agressif, le titre explore une nouvelle facette de sa violence, avec notamment un break écrasant aux percussions impressionnant de lourdeur. Corey vocifère et rie comme un damné sur cette partie, comme le reste d’une démence qui n’est jamais si loin que ça, même si la lumière ressurgit périodiquement sur le refrain. Une démence qui explose littéralement sur "Red Flag", surement le titre le plus violent du disque et véritable boule de nerfs auditive. Percussions stridentes, riffs qui ressurgissent sans vergogne de l’éponyme, samples complètement aliénants et lignes vocales hurlés comme à l’époque d’un "Eyeless", nous voici avec une bombe de violence qui est aussi surprenante, rapide que jouissive.

Dans ce cas, sommes-nous avec un disque si violent qu’il rappelle uniquement les débuts ? Absolument pas ! Puisque à côté des titres nommés, Slipknot a à l’inverse concocté ses titres les ambiants, mélodiques et contemplatifs jamais écrits jusqu’à maintenant. Entre les deux intermèdes étranges et presque vaporeux que sont "Death because of Death" ou "What’s Next", l’intrigant "Spiders" ou encore le déchirant "A Liar’s Funeral", il est peu dire que les neuf surprennent. "Spiders" s’imprègne d’un piano horrifique (vague et lointain héritage d’une ambiance à la Alice Cooper) et d’une ligne de basse pressante, sur lequel Corey nous raconte simplement une histoire. "A Liar’s Funeral" fait quant à elle écho à un "Snuff" obscurci à l’extrême, débutant comme une ballade avant de s’épaissir jusqu’aux hurlements déchirés plusieurs fois (« Burn, burn, burn the liars ») qui résonnent comme l’un des très grands moments du disque. "My Pain" va encore plus loin, sept minutes obscures sans véritable structure, ressemblant plus à une expérimentation sonore sans but, errance de studio ayant trouvé sa finalité en fin d’album. Il continu sur l’introduction de "Not Long for this World", très mélodique et centré autour du chant clair de Corey, là aussi accompagné de multiples sons bizarroïdes et surtout d’un riff syncopé moderne et d’une partie de batterie renvoyant au djent (surtout la fin bruitiste).
Autant de nouvelles influences, de tests globalement réussis car ils surprennent, sortent d’une certaine monotonie dans laquelle Slipknot tombait trop souvent sur ses fins d’albums. Là où certains y verront un manque de violence et de gnaque, on pourra à l’inverse y voir l’envie de sortir des sentiers battus, d’explorer de nouveaux territoires musicaux sans se limiter à uniquement ce que les fans attendent sagement. L’ensemble se termine sur le très nerveux "Solway Firth", comme un point d’honneur de ce qu’est la base et le point d’ancrage du groupe : violence.

Slipknot réussi avec brio son retour sur un terrain que nous n’attendions pas : la prise de risques et la créativité. Varié, excellemment produit et libéré des multiples carcans dans lesquels il s’était lui-même enfermé, le groupe parvient à se réinventer et à proposer son album le plus abouti et clairement le plus intéressant depuis Iowa. Pas certains que l’ensemble des fans soient de cet avis mais l’unité artistique qui découle de "We Are Not Your Kind", titre au combien symbolique de cette volonté de ne pas être le produit marketing qu’il était en passe de définitivement devenir, est à saluer. Ne restera qu’un artwork qui laisse une fois de plus songeur mais cela reste un élément sur lequel plus personne n’a d’espoir avec le temps.
Une seule chose compte : la musique tue. Et c’est peut-être la chose la plus inattendue de 2019.

13 Commentaires

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Celldweller55 - 25 Août 2019:

Il y a une grosse faute au niveau de l'accord de tes verbes dans la première phrase du deuxième paragraphe.

 

edit : En fait il y en a beaucoup d'autres, je suggère humblement une relecture ;)

ELECTROMA666 - 26 Août 2019:

Un tres bon album ,riche est tout en nuance ,il evite les longueur qu 'on pouvait trouver dans chapter 5 mais en garde la rage et le côté sombre .ps j adore la parti rapé fâché dans critical darling qui rappel a fond les debut du band. Mais le poin négatif que je trouve a slipknot ,c est que corey chante trop façon stone sour et ce depuis vol 3...

Goneo - 02 Septembre 2019:

Très bon retour de Slipknot, un album bien mieux que le précédent. Merci pour la Chro.

HeadCrush - 03 Octobre 2019:

Merci pour cette chro.J'ai acheté cet album parce que mon nain m'a envoyé une analyse de ce disque si pleine d'exaltation que je me suis dit qu'il devait y avoir un truc.

Bon album, prod parfois trop "clinique" au  niveau du son, de la séparation instrus / voix recollés au mix mais on s'en fous parce que oui, les effets sonores sont les bienvenus, oui les titres et parfois leur intro (Liar's funeral au hasard) sont bons, oui Nero forte dechausse les dents si le casque est à donf.

Comme bien des groupes, ils ne referont plus ce qu'ils ont un jour fait alors non, ce n'est pas et ne sera pas à comparer à IOWA ou Vol.3 mais, ce sont parce que ces albums ont été fait que la maturation du groupe nous offre aujourd'hui ce très bon We are not your kind et perso, je les en remercie.

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