The Ultimate Sin

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Ozzy Osbourne
Nom de l'album The Ultimate Sin
Type Album
Date de parution 22 Fevrier 1986
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album456

Tracklist

1.
 The Ultimate Sin
 03:44
2.
 Secret Loser
 04:09
3.
 Never Know Why
 04:28
4.
 Thank God for the Bomb
 03:54
5.
 Never
 04:19
6.
 Lightning Strikes
 05:14
7.
 Killer of Giants
 05:42
8.
 Fool like You
 05:20
9.
 Shot in the Dark
 04:26

Durée totale : 41:16


Chronique @ largod

06 Mai 2013

Le huitième péché capital

Déjà presque 20 années de carrière pour John Michael « Ozzy » Osbourne en cette année 1986. Et autant d’années d’abus en tous genres et de coups du sort pour ce charismatique artiste à la voix singulièrement reconnaissable et inimitable.

Si vous cherchez un modèle de vertu, passez votre chemin.
Ozzy brûle le chandelier de son existence au point d’être un survivant comme Keith Richards ou Iggy Pop de la génération sex, drug and rock’n roll. Chanteur et icône vivante de Black Sabbath, le jeune trentenaire avait fondé en 1978 lors d’un break de 3 mois Blizzard of Ozz, projet solo susceptible de calmer le jeu avec Tony Iommi et le reste du groupe. Ces derniers n’étant pas plus sobres que lui lorsqu’il s’agissait de se garnir le gosier ou les narines, les tensions ressurgirent à nouveau lors de l’enregistrement et la tournée de « Never Say Die », dernière contribution collective de l’époque pionnière du Sabbath originel. Haine viscérale d’Iommi pour l’archange Ozzy et jalousie maladive du guitariste gaucher semblent finalement être à l’origine de ce fracassant divorce artistique bien plus que les abus de drogue et d’alcool du divin tatoué.

Le phénix va renaitre de ses cendres dès 1980 avec un Blizzard of Ozz constitué du batteur Lee Kerslake, du claviériste Don Airey, du bassiste et parolier Bob Daisley et du guitariste Randy Rhoads (RIP). Ces deux derniers auront joué un rôle déterminant dans l’envol de la carrière solo d’Ozzy. Que dire de l’incroyable Randy, si ce n’est que son talent confinait au sublime et que sa fin tragique marqua à jamais l’histoire de cette musique. Son style et son aptitude à l’écriture de riff et soli se marièrent à merveille avec l’excentricité du vocaliste et le don inné de Bob Daisley à les mettre en mots. Bob Daisley ne sera finalement pas crédité sur ce quatrième album « Bark at the Moon », du moins lors de sa sortie, alors qu’il avait écrit tous les textes à l’exception de « Shot in the Dark », co-composé par le nouvel engagé à la basse, Phil Soussan. Le succès des premiers albums « Blizzard of Ozz » et « Diary of a Madman » coïncidèrent avec celui des tournées du groupe désormais renommé Ozzy Osbourne, avec Rudy Sarzo à la basse et Tommy Aldridge aux fûts. Après le décès accidentel de Randy Rhoads en mars 1982, Ozzy dénicha une nouvelle perle à la guitare en la personne de Jake E Lee qui faisait ses armes au sein de Ratt et de Rough Cutt. Daisley et Jake coécriront avec Ozzy le fabuleux « Bark at the Moon » de 1983 même si le seul nom d’Ozzy apparait en tant qu’auteur-compositeur des 8 titres de ce troisième album.

Auréolé d’une réussite désormais reconnue en Europe comme aux States, le groupe, qui accueille sur le tabouret du forgeron Randy Castillo (RIP) en provenance de Lita Ford, nous offre donc ce nouvel album à l’artwork particulièrement réussi et léché.
D’ailleurs, « The Ultimate Sin » s’écoute sans peine et avec un plaisir évident tant la musicalité et la production d’ensemble lui donne un cachet puissant et racé. On est désormais bien loin de l’univers glauque et lourd de Black Sabbath. Le style d’Ozzy flirte désormais vers un hard-rock US mélodique et propre sur lui.

La seule pointe de lourdeur encore audible se trouve sur la power ballade « Killer of Giants » introduit par quelques nappes de claviers et une guitare sèche. L’atmosphère dégagée n’atteint tout de même pas les frontières du Doom et l’ami Jake E Lee envoie avec feeling un gros solo avant d’accélérer avec brio et dextérité sur la fin du titre. Signalons le classique morceau de heavy « Ligthning Strikes » au riffing presque malsain secondé par un Phil Soussan inspiré et à la qualité de chant indéniable malgré un refrain fait pour le marché américain. A nouveau le solo de Jake E Lee illumine le titre avec un toucher aérien. C’est d’ailleurs le solo qui sauve un « Fool like You » popisant qui démarrait néanmoins sur une entrée en matière proche de WASP avec ce riff de deux-tons de voiture de police.
« Shot in the Dark » s’avère être dès les premières notes le titre ultime de l’album et un chef d’œuvre inaltérable dans la discographie d’Ozzy. La basse de Phil Soussan transpire de groove alors que Randy Castillo (RIP) frappe dur et sec. Jake E Lee propulse un riffing en sustain sur lequel vient se poser le chant du maître. Enorme et intemporel morceau.

L’inquiétant title track quant à lui, emmené par une section rythmique de plomb et un riffing technique et ravageur, trace la route jusqu’au terme d’une outro presque sauvage. Dans la même veine heavy, « Never Know Why » hérite d’une trame de bulldozer et d’un chant décharné. Jake E Lee envoie à nouveau du lourd avec son riff en écho alors que quelques nappes de claviers de Mike Moran apportent un peu de légèreté à l’ensemble.

Enfin, le triptyque « Secret Loser », « Thank God for the Bomb » et « Never » témoignent de l’étendue du talent des musiciens.
En particulier Jake E Lee qui installe son style personnel fait de puissance dans l’attaque des cordes mais aussi d’ingéniosité dans la mélodicité de sa rythmique. Bien entendu, beaucoup iront chercher une copie de feu Randy Rhoads (RIP). Néanmoins, c’est sur cet album que Jake se distingue enfin au travers d’une performance de très grande classe. Souvent félin, toujours élégant et mélodique, le jeune prodige joue de la guitare avec l’énergie du désespoir et un impact explosif sur son auditoire.
Ozzy quant à lui n’a peut-être jamais aussi bien chanté. Oubliant les mauvaises passes d’un destin hors du commun, il soutient la trame mélodique ou relance la machine avec un bonheur non dissimulé et une aisance des grands jours.
Le refrain de « Secret Loser » par exemple s’avère dantesque, s’appuyant sur le groove de Phil Soussan et un riffing proche de Loudness. Le solo en deux parties et la reprise de rythme de Lee sont tout simplement époustouflants. L’entrée en matière de « Thank God for the Bomb » aboutit sur un riff finalement très simple et d’une diabolique efficacité, bonifié par le chant et le refrain d’un Ozzy les puisant du fin-fond de ses entrailles. Le riffing sur « Never » s’avère quant à lui aussi démonstratif que les interventions de Jake E Lee sur un solo cosmique. Soussan et Castillo (RIP), sur la double grosse-caisse notamment, signalent leur incontournable contribution sur ce titre dont on retiendra le pré-chorus d’école.

Il existe donc en ce bas monde des individus touchés par la grâce divine.
Malgré une vie de débauche et d’excès, Ozzy continue son bonhomme de chemin au gré de ses rencontres et en apportant à ses fidèles apôtres le pain musical quotidien qui viendra nourrir leur faim insondable de décibels salvateurs. Mettons de côté les attaques infondées sur le pseudo satanisme de tel ou tel artiste ou de tel ou tel groupe. Aux dernières nouvelles, personne n’a encore pu prouver l’existence du Malin ou de Dieu sur cette Terre qui ressemble plus à un champ de ruines par certains côtés qu’à un modèle de civilisation où règne la Vertu.
La religion catholique parlent des sept péchés capitaux, ceux qui à terme ont vocation à en entraîner bien d’autres. Dans cette catégorie, force est de constater qu’Ozzy en dépit des abus qu’il a pu commettre ferait un bien singulier huitième, comme un vice ultime. Celui qui vous inhibe de tous les autres et vous permet d’avancer un peu plus vers la sagesse.

Didier – Mai 2013
Trapped in a lonely body
I'm losing control
Can't show my emotions
And I'm losing my soul

17 Commentaires

18 J'aime

Partager

Steelizer - 14 Mars 2017: Excellente chronique, différente par le style et l'écriture de celles qu'on trouve en général sur Spirit of Metal. En tous cas, elle donne envie de se remettre cet Ultimate Sin entre les oreilles...
Heu, y aurait pas une ch'tite erreur quand tu dis : "...nous offre donc ce nouvel album à l’artwork particulièrement réussi et léché.
D’ailleurs, « Bark at the Moon » s’écoute sans peine ".
C'est bien de Ultimate Sin qu'on parle ici ?
Sinon, encore bravo pour le travail...
largod - 15 Mars 2017: Bien vu... drôle de coquille d'autant plus que mon texte d'origine sous word est correct avec "The Ultimate Sin". Je ne comprends pas...
Steelizer - 15 Mars 2017: Les mystères de l'informatique... ;-)
MCGRE - 15 Mars 2017: Je n'avais pas lu cette chro du Mr Didier et même cet album ne faisait pas partis pour moi des incontournables d'Ozzy hé hé , bref après lecture va s'en suivre nouvelle écoute mais je me fait aucun soucis car ta plume et ton analyse pour moi c'est sacré .
Merci Didier .
Greg.
    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire