Down to Earth

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Nom du groupe Ozzy Osbourne
Nom de l'album Down to Earth
Type Album
Date de parution 16 Octobre 2001
Labels Epic Records
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album346

Tracklist

1. Gets Me Through
2. Facing Hell
3. Dreamer
4. No Easy Way Out
5. That I Never Had
6. You Know... (Part 1)
7. Junkie
8. Running Out of Time
9. Black Illusion
10. Alive
11. Can You Hear Them ?

Chronique @ AlonewithL

08 Mars 2011

un changement d’orientation qui aura immanquablement ses dévots, mais aussi ses non-croyants

Dreamer, le christ-roi du heavy metal revient sur terre en 2001, avec un 8ème opus, intitulé « Down to Earth ». Il aura fallu attendre pas moins de 6 ans depuis le dernier venu, « Ozzmosis », pour que l’on concrétise une nouvelle réalisation de la part de notre homme-vampire. Celui-ci n’hésitant pas à s’arroger les traits de Nosferatu (illustre personnage du film d’horreur allemand des années 1920), ou encore à figurer en tant que Christ sur la croix; scène probablement inspiré du scandale de l’affiche du film « Larry Flint » de 1996. Notre Ozzy, mit sous rayons X, chercherait-il encore à nous choquer? A nous dévoiler son fort-intérieur?

Que dire? Les fans étaient las d’attendre un nouvel objet de sa part. De plus, la tournée « Reunion » avec « Black Sabbath », leur avait fait croire au retour d’Ozzy au sein de la prestigieuse formation. Il n’en fut rien. A sa décharge, on pourrait signaler entre temps la création du « Ozzfest » peu après la sortie d'« Ozzmosis », en 1996; où se produiront bon nombre de formations prestigieuses, chaque année. Autant le « Ozzfest » a servi à promouvoir des formations talentueuses, sur n’importe quel registre de metal, autant Ozzy a promu des talents au niveau de ses musiciens. Le dernier en date s’appelle Robert Trujillo, ex-« Suicidal Tendencies », et futur « Metallica ». Ce n’est pas un inconnu, mais « Dreamer » va lui servir de tremplin. Le bassiste n’est pas le seul à faire son entrée, le batteur Mike Bordin (« Faith No More ») est aussi de la partie. Le guitariste Joe Holmes (ex-«Lizzy Borden ») aurait pu être inclus dans la liste des participants. Celui qui a remplacé Zakk Wylde, trop occupé avec son projet « Black Label Society », dans les tournées à partir de 1995, préfère partir de son plein gré en 1998, alors qu’il avait déjà participé à la co-écriture de certains titres du nouveau « Down to Earth ». Zakk Wylde fera lui parti de l’équipe, mais ne participera aucunement à l’écriture. Ce que ne se privera pas Tim Palmer, nouveau producteur, mais aussi claviériste et multi-instrumentiste s’investissant directement à l’album. Toute cette agitation, avec le retard cumulé, va avoir un prix. Un changement de line up, mais également un changement d’orientation qui aura immanquablement ses dévots, mais aussi ses non-croyants.

Un opus qui s’avère intéressant d’entrée avec « Gets Me Through ». On perçoit bien le son serpenté et acéré de la guitare de Zakk Wylde. Elle se tumulte, se dandine avec volubilité autour du chant. Un chant qui garde sa marque de fabrique Dreamer, lent et expressif. De ces vibrations bien en chair, percutantes, qui transportent un morceau, on en retiendra quelques titres comme « Junkie ». Nonchalant et donnant de bons effets planants stoner (à quoi s‘étonner vu le nom du titre), même si le volume et la puissance n’est pas des plus marquantes; ou encore en plus imprégnant et vicieux, le redoutable « Black Illusion », quoiqu’un peu répétitif. Le plus étrange, et celui qui fait preuve du plus de diversité sera indéniablement « Can You Hear Them?», dont l’entame fait place aux puissants battements militaires créés par Tim Palmer. Puis la musique se déroule, confuse et sinistre. Une noirceur, une démence, qui contrastent fortement avec les breaks moribonds, sans véritable attache.

Le chant crispé d’Dreamer est toujours aussi efficace. Il est encore capable de nous fasciner et de nous saisir. Il fait une grosse impression sur « Alive », titre doté d’un superbe refrain avec retour de voix. Le couplet règne cependant dans une torpeur un peu gênante. Les instruments n’agissent qu’en fond. Et malgré les saccades de guitare au refrain et pré-refrain, on ne remarque plus la dextérité de Zakk. Du moins, elle ne paraît plus aussi évidente à l’écoute, comme si elle avait été relayé à un rôle plus secondaire, sous utilisée.

C’est un peu le même constat à l’écoute de « That I Never Had ». Le son est poussif, ronflant. Même si on rapporte ce petit coup de trique en fin de piste, l’entrain, le dynamisme n’est pas au rendez-vous. Sur « No Easy Way Out », la guitare excelle au niveau des couplets, mais elle perd totalement pied dès l’arrivée du refrain. Beaucoup trop doux pour elle, trop moderne, trop standardisé. Ce gain de modernité s’observe sur un morceau assez abrasif et stimulant. « Facing Hell » porte beaucoup d’atouts: un chant réellement impliqué; une guitare et une basse lançant des coups de buttoirs tranchants; une batterie régulière et parfaitement audible, même si le jeu de Mike Bordin apparaît assez monotone; mais aussi des sonorités synthétiques produites par les claviers de Tim Palmer.

La partie scandaleuse de l’album ne reposera pas dans ses titres les plus ombrageux que sont « Facing Hell » et « Can You Hear Them? ». Non! Il faut aller voir à l’autre extrémité, du côté des ballades. On s’aperçoit alors qu’Ozzy a tenté une ouverture à un grand public. Quel titre a fait la promotion de l’album et a de plus réalisé un buzz phénoménal? Je vous le donne en mille, la ballade « Dreamer ». Titre ultra standardisé, visant l’exportation chez les personnes impressionnables et grands habitués de MTV. Le morceau est correct en soi. Mais même pour une ballade, cela devient complètement méconnaissable. Le loup Ozzy est devenu agneau, mouton des prés. Bêlant sous les sonorités les plus soft de la musique variétés, avec fond d’orchestre violons pour couronner le tout. Les instruments ont perdu leurs crocs, laissant un piano divaguer avec Ozzy, qui en est allé jusqu’à pacifier son timbre vocal. C’est soft, trop soft. Niveau ballade, « Running Out the Time » paraissait plus élaboré, dégageant davantage de profondeur et d’émotions. Mais ce n’est pas celui là qui a été retenu. « You Know…But » n’est pas quant à lui vraiment une ballade, plutôt un interlude au vu de sa durée (un peu plus d’une minute). On pourra être interloqué par cette ingérence acoustique quasi inutile en plein milieu de l’album, en plus juste avant « Junkie » qui sonne pourtant complètement différemment.

10 ans après avoir érigé le monument « No More Tears », 6 ans après avoir offert un « Ozzmosis » de bonne couture, mais se plaçant à un stade en dessous, « Dreamer » dégrade de plusieurs échelons avec son « Down to Earth ». Le son perd en volume et en consistance. Les morceaux peinent généralement dans des compositions assez hasardeuses, avec un Zakk Wylde qui se sentirait de moins en moins chez lui. Ozzy fait des clins d’œil en direction des brebis égarées du milieu de la pop. Son renouement avec les charts internationaux et sa participation la même année à une émission de télé réalité, passant sa famille aux rayons X, s’apparenterait davantage aux trente deniers de Judas. Ce n’est pas pour cela qu’il faudra crucifier ce « Down to Earth ». Loin de cette idée. Un album plus innovant, avec une bonne poignée de bons titres, il faut le reconnaître. Attendons plutôt le chant du coq à la lumière d’une nouvelle aube.

13/20

10 Commentaires

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AlonewithL - 08 Mars 2011: ce correcteur automatique Works me fait plus de fautes que je n'en fait. (rires)
rockyouaxel - 08 Mars 2011: Merci pour cette chronique , il est que cet album n'est pas le meilleur d'Ozzy..mais il y a quand même de bons titres comme "Get me through"et "No Easy Way Out" et malheureusement,des titres qui passent plus difficilement, je veux parler de "Can You Hear Them"..

Enfin en tant que grand fan d'Ozzy j'aurais plus poussé la note vers les 15/20



ZazPanzer - 08 Mars 2011: Excellente chronique.

Comme Chuk, je n'arrive plus à écouter d'Ozzy récents, et pour moi il a touché le fond avec cet album. Quant aux deux derniers, malgré plusieurs tentatives, je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout ni de l'un, ni de l'autre. Tu fais référence aux Osbournes Show, j'ai eu l'occasion d'en voir quelques épisodes de la première saison à l'époque où j'allumais encore la télé, ça résume bien ce disque. A l'instar de John Lennon, le terrible et grandiose Madman est devenu un pantin manipulé par sa moitié, avide de $. Quelle tristesse de voir finir un mythe du Rock de cette façon.

Je pense aussi que musicalement, c'est son entourage qui lui nuit. Si les musiciens qui le secondent sont naturellement bons, tu remarques comme moi que Zakk est maintenant bien plus investi dans BLS que dans Ozzy, résultat Osbourne récolte les chutes de BLS. Et quand le grand blond n'est pas dispo, on prend un gars au pif pour pondre des riffs qui n'ont aucune âme. Ce qui manque à Ozzy maintenant, c'est un vrai groupe, un suivi, une ligne directrice dans sa musique. Malheureusement je crois que ça n'arrivera plus.

Je regrette quand même d'avoir loupé Bercy vus les reports, mais j'avais peur d'être trop déçu.
AlonewithL - 08 Mars 2011: C'est vrai que Sharon aime ça les $ou$ou$. C'était aussi ce que l'on reprochait quand elle présidait le Ozzfest.
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