The Spider's Lullabye

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Nom du groupe King Diamond
Nom de l'album The Spider's Lullabye
Type Album
Date de parution 06 Juin 1995
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album187

Tracklist

1. From the Other Side 03:51
2. Killer 04:17
3. The Poltergeist 04:30
4. Dreams 04:39
5. Moonlight 04:33
6. Six Feet Under 04:02
7. The Spider's Lullabye 03:40
8. Eastmann's Cure 04:32
9. Room 17 08:17
10. To the Morgue 04:58
Total playing time 47:19

Chronique @ AlonewithL

11 Septembre 2010

Espérons que vous ne soyez pas atteint d’arachnophobie

Le projet phare du plus inquiétant des personnages danois a failli succomber à des événements liés au destin. Oui une suite de déconvenues auraient bien pu isoler définitivement le King et son projet solo. Tout ceci a débuté au tout début des années 1990, dès la sortie de « The Eye »; l’album n’emporte pas le succès escompté et une ambiance délétère finit par gagner le groupe. Le contrat passé avec le label Roadrunner est rompu. Hal Patino et Pete Blakk sont tout bonnement virés pour problème de drogue. On aurait pu considérer cela comme un grand ménage de printemps, si le père Andy La Rocque, la première roue du carrosse, n’avait pas pris les valises à son tour.
A cet instant « King Diamond » n’est plus qu’une coquille vide. Mais après la pluie, le beau temps. Le roi privé de ses vassaux reprend les choses en main après un petit break et tente à nouveau de reconstituer sa cour, retrouvant presque aussitôt ce cher fidèle d’entre les fidèles Andy La Rocque, aux commandes de la formation. Et les têtes passent et se succèdent. Tout aussi prestigieuses comme celles de Snowy Shaw ou de Sharlee d’Angelo. Le line up se stabilise et se consolide enfin aux alentours de l’année 1994. Le king fait confiance aux parfaits inconnus que sont Darrin Anthony, Herb Simonsen et Chris Estes, pour remonter la pente raide. Il s’en suivra d’un album des plus extraordinaires, « The Spider‘s Lullabye », 6ème album studio, sorti en 1995. Le premier qui ne soit pas bâti autour d’un concept; élaboré ici en une série de petites histoires effrayantes, à écouter la nuit avant de s‘endormir. Comme si le king avait cherché à reprendre ses repères avec quelque chose de bien plus simple et tout aussi efficace.

Des tirs salvés, de plus en plus insistants ouvrent ce nouveau départ. Une voix venue d’ailleurs, de l’au-delà sans doute, fait son irruption, suivie d’une autre plus profonde à l’apparence humaine. Les claviers jouent un rôle aussi important que les guitares. Ils créent une ambiance sinistre, de cathédrale noire. Sur le refrain du titre « From the Other Side » ils subliment la voix spectrale du king, qui se soulève, titillant les aigües. Voici une parfaite illustration du heavy metal paranormal que réalise astucieusement « King Diamond ». Cette première impression de parcourir les salles d’une manoir hantée, aux multiples pièges et aux portes dérobées, va nous accompagner tout au long de l’album.
Certaines portes nous emmènent directement dans les profondeurs infernales, là où les flammes ne se consument jamais . Tel est le cas du titre « Six Feet Under », intense, particulièrement brulant et de « Killer » où les riffs et le chant haineux vous prennent à la gorge. L’autre voix, « ghost », sera bien plus accueillante au refrain. Comme si l’on avait moins à craindre d’un fantôme que d’un être vivant.

On retrouve un aspect plus proche au heavy metal commun, toujours affublé de la marque du King sur les titres « Dreams », plus solide et constant sur les parties rythmiques, et sur l’incomparable « Eastmann’s Cure ». On y retrouve également cette dualité de voix bien connue, passant entre la rage d’un sorcier, à celle insensible d’une âme errante privée de corps. « The Poltergeist » nous invite froidement à assister à une marche funèbre, une marche qui tend à devenir une marche hérétique, après le recueillement du début passé. Un véritable déboulement de guitares et de riffs contrôlés, sous les ordres des voix transcendantes du roi, prêts à vous jeter au milieu du bouillon, bien que des passages brumeux viennent s’y intercaler par endroits.

Continuons à nous aventurer et visitons des endroits encore plus reculés. « Moon light » n’a rien de vraiment inquiétant contrairement aux autres titres, ça n’en reste pas moins l’un des plus réussis. Les claviers scintillent et inondent la pièce de leur lumière. La guitare ne joue sans réelle agressivité. Elle se contentera de tronçonner régulièrement la piste, comme intimidés par le chant devenu étincelant. Le simple visiteur égaré que nous sommes risque de se retrouver piégé dans le titre de éponyme. « The Spider’s Lullabye » nous met directement face à nos redoutables peurs, espérons que vous ne soyez pas atteint d’arachnophobie. L’ambiance est des plus glaciales, glauque. On s’immerge dans un espace confiné sans sortie visible. Une situation qui amuse notre King pris d’un instant de folie. Cette terrible épreuve sera renouvelée sur le long et intimidant « Room 17 », pièce où l’on s’attarde trop, sans saisir l‘imminence du danger. Quelque chose de véritablement mortel à l’écoute et des plus élaborés.

Comme toute bonne fin qui se respecte, rien ne vaut un passage à la morgue ("To the Morgue"), dans le cas improbable où les autres pièces ne vous aurez pas achevé. Un titre aussi riche et envahissant que « Room 17 » que l’on croirait comprendre un temps comme un simple hymne. Mais le refrain n’est en fait qu’une formule visant à vous faire connaître, vous aussi, l’éternel repos.

La mort est immortelle, il est inutile de le rappeler. Ce ne sont pas les frasques des membres de sa garde, ou les phases d’infime faiblesse qui achèveront notre sombre seigneur. Il a su se relever à chaque fois encore plus fort, et cet illustre album est là pour nous le prouver. Comme la formule monarchiste, véritable pied de nez à l’au-delà, le dit si bien: « Le roi est mort, vive le roi ».

16/20

13 Commentaires

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HeadCrush - 12 Septembre 2010: @ Kask: c'était de l'humour, humour que King lui même utilisait sur scène se prétendant "aussi brillant que l'enfer ( I'm King Diamond and I shine like Hell)).
Yann.77 - 19 Septembre 2010: AloneWithL et ZazPanzer :

effectivement j'ai le digipak sorti à l'époque et autant le contenant est extra autant le contenu (je parle bien sur du son, pas de la musique) est super faiblard comme effectivement beaucoup d'autre, je pense en particulier à "them", sinon les remasters offres quand même un meilleur son (je trouve) même si c'est pas transcendent...

Alone est-ce que ça vaudrait le coup de racheter le remaster, ou autant garder mon vieux CD???
AlonewithL - 19 Septembre 2010: Moi j'ai bien aimé le remaster, ça donnait plutôt bien sur la seul sono disponible de ma bagnole (je l'écoutais en boucle pendant une semaine durant mes trajets quotidiens, pour la chrono, je me suis quand même permis de le mettre sur quelque chose de plus approprié).
Le remaster offre un bon son, c'est indéniable. Mais bon si tu as déjà l'oeuvre d'origine et que tu connais par coeur les morceaux, je ne sais pas si ça vaut vraiment la peine de s'offrir en plus le remaster. C'est pire que d'acheter une compil.
Après c'est toi qui vois.

Je me répète mais pour moi je n'ai rien remarqué de si désagréable dans le son du remaster.
ZazPanzer - 20 Septembre 2010: @Yann : tu m'étonnes, le son du Them est une horreur particulièrement la batterie. C'est super frustrant car Them est pour moi le meilleur King, les compos sont à pleurer et tous les musiciens sont au top, notamment la section rythmique. Les parties de batterie sont certainement ce que Mikkey Dee a enregistré de plus fin dans toute sa carrière.
Pour les remaster, j'avais racheté le live de 87 tournée Abigail, j'ai franchement pas vu de différence à part les niveaux de sortie. Le son de base et le mix ne bougent pas. Mais ce n'est qu'un avis. Je me suis toujouurs demandé comment King faisiat pour avoir des albums au son si merdique alors qu'il bosse avec Andy la Rocque qui s'est également fait un nom ds la Prod. Il doit aimer le son underground, ça fait plus evil ;-)
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